NOUVEAUX CHANGEMENTS DE SALLE
ENDANT l'espace de temps qui sépare la période qui vient de finir de la période qui va commencer, l'Académie royale de musique change trois fois de domicile. Après l'assassinat du duc de Berry (i 3 février 1 820), elle va donner des représentations à la salle Favart(du 19 avril 1820
au II mai 1821), puis à la salle Louvois, aujourd'hui détruite. Cette salle Louvois avait été construite par Erongniart, en 1 791, dans la rue Louvois. Elle se trouvait à gauche du magasin actuel de décors de l'Opéra-Comique.
Le i3 août 1821, l'Opéra entre enfin dans la salle nouvelle que l'architecte Debret venait d'édifier rue Le Peletiersur le terrain de l'ancien hôtel Ghoiseul, occupé en dernier lieu parl'Etat- Major de la garde nationale. M. Debret avait employé dans sa construction une partie des bois de la salle démolie, par exemple les colonnes corynthiennes des avant-scènes et des loges du milieu. Malgré cette économie bien entendue, le théâtre provisoire de la rue Le Peletier coûta 2,287,495 francs et dépassa la somme votée par les Chambres. Les députés laissèrent le dépassement de crédit à la charge de la liste civile.
La salle de la rue Le Peletier fut la première à Paris qui s'éclaira au gaz. Cette belle salle, si élégante dans ses proportions et d'une acoustique si merveilleuse, devait bientôt rencontrer ses jours de gloire. Aux noms vénérés de LuUi, de Rameau, de Gluck, de Sacchini, de Spontini,