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ÉPOQUE DE SACCHINI, ETC

danserai demain mon pas de Therpsichor (sic) dans le ballet de Psyché. » A chaque moment, Clotilde feignait des indispositions pour se dispenser du service. Elle envoya, par huissier, sa démission que le préfet refusa. Le lo mars i8 lo, Picard découvre qu'elle se prépare à partir pour un voyage sans le prévenir et contrairement à son engagement, et il l'avertit qu'elle est surveillée par la police qui saura bien la faire revenir à Paris, en quelque endroit qu'elle se trouve.

Les artistes du chant de cette période sont moins turbulents que ceux de la danse. Lays, séminariste défroqué, ne fut terrible que par son sansculottisme pendant la Révolution ; Lainez était un digne homme qui avait commencé sa carrière de chanteur en criant des bottes d'asperges dans les rues de Paris; Dérivis père, plus incom mode, se fit mettre plusieurs fois à TAbbaye, mais c'était en somme un utile pensionnaire. Madame Branchu resta au service de l'Opéra depuis 1801 jusqu'en 1826, sans qu'on s'occupât de sa vie privée. Elle fut une magnifique Alceste, une Vestale incomparable, une dramatique Hypermnestre. Les rôles d'Amazili dans Fernand Cortc^

de Laméa, dans les Bayadères^ ne lui furent pas moins favorables. Son dernier rôle important est celui de Statira dans VOlympieào, Spontini. Madan^e Branchu avait débuté dans l'Antigone d' Œdipe à Colone.CtiXt élève de Garât, mariée en 1804 au danseur qui lui donna son nom, naquit à Saint-Domingue, au Cap-Français, en 1789, d'un homme de couleur, officier de cavalerie. C'était une grande femme, assez grasse, dont les traits un peu masculins ne manquaient pas pourtant de noblesse et d'expression. Douée d'une voix puissante et très étendue, elle pratiqua d'abord la tragédie hurlée comme on l'entendait alors ; mais dans la Vestale elle modifia sa manière d'après les conseils de Spontini. Madame Branchu mourut à Paris en i85o.

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