‹ Histoire de l'Opéra-Comique. La seconde Salle Favart--1840-[1887] (volume 3)Chapitre 31 sur 49 · LA DIRECTION DB «. PERHIN · texte numérisé non relu

LA DIRECTION DB «. PERHIN

Oonservatoire (3 juin), Scapia de Gilles raviseeur, commençant ainsi par jouer sur les planches de cette salle Favart, qui vingt-huit ans plus tard devait disparaître sous sa direction ; M"' Emma Chevalier (19 juin), Zerline de i^ra Diavolo, actrice déjà expérimentée, qui revenait de Belgique et de Hollande, après avoir fait, elle aussi, ses études au Conservatoire de Paris; M. Joannis (i»' juillet), Biju du Postillon de Lonjumeau, quiquittaitla Comédie-Française pour rOpéra-Comique ; euflu M"' Lefèbvre, élève de Banderali, lauréate du Concours de 1849, où elle obtint le premier prix de chant et le premier prix d'opèra-comique;son début, le 12 octobre, dans Carlo de la Part du Diable, la mit tout de suite au premier plan ; bientôt elle chanta la Sirène, puis succéda à M"* Ugalde dans la Fée aux Roses, Spirituelle et charmante artiste, aussi agréable cantatrice que fine comédienne, celle qui devait un jour épouser le célèbre baryton Faure amarqué au cachet de son talent bien des râles anciens et bien des créations, car elle est restée longtemps au thé&tre, soit à la salle Favart, . soit au Théâtre-Lyrique où elle chantait encore à la fin du second Empire.

fiette longue mais nécessaire ënumération prouve avec quel soin, d'autres diraient quelle chance, Emile Perrin recrutait sou personnel; il s'appliquait non seulement à rendre brillantes les œuvres nouvelles qu'il montait, mais intéressantes encore les anciennes qu'il reprenait. C'est ainsi que, le 28 novembre, on remit en scène l'Éclair avec des interprètes de choix, M"" Grimm et Meyer, M. Boulo, qui succédait à Roger et à Chollet, et M. Jourdan, qui venait d'épouser sa camarade de théâtre, M"* Levasseur. Cette excellente distribution donna un regain

d'éclat à l'ouvrage, et la critique put dire,saDS exagâration, qu'une pareille reprise valait un succès nouveau. Mais l'année 1850 réservait au public d'autres aurpriaes en œuvres et en artistes ; c'est l'année des Porcherons, du Songe tVune nuit d'Été, de Giralda, de la Chanteuse voilée; c'est aussi l'année qui a vu les débuts d'une incomparable chanteuse, l'honneur de notre école française, M"' Miolan-Oarvalho, alors M"* Félix Miolan.

On connaît la chanson de Vadé :

Voir P&rts sans voir la Goartille Où le peuple joyeux fourmille, Sans visiter les Porcherons, Ce rendez- vous des bons luroas, C'est voir Etome sans voir le Pape.

Le pape est toujours à Rome, et les curieux ne manquent pas d'aller fléchir les genoux devant lui. Les Porcherons ont disparu, le cabaret aussi bien que l'opéra-comique de ce nom, et c'est en 1866 qu'on a pu entendre pour la dernière fois la pièce amusante de Th. Sauvage et la jolie partition d'Albert Grisar.

Ce fut un grand succès lors de la première représentation, le 12 janvier 1850, succès dont l'interprétation eut d'ailleurs sa part, car il y avait là une réunion d'artistes remarquables : Mocker, comédien intelligent et chanteur agréable, qu'on applaudit fort en dépit d'un rhume qui paralysait ses moyens le premier soir, car il avait payé tribut à la température sibérienne dont Paris se trouvait alors gratifié ; Hermann-Léon, excellent dans un rôle de Lovelace indien où l'on risquait de n'échapper au ridicule que pour tomber dans l'odieux; Bussine, plein de verve

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