LA. DIRECTION DE U. PEBRIK
bizarre, les deux pièces se ressemblaient au foad. Sans faire absolument prévoir la carrière {glorieuse que devait parcourir son auteur, (a Chanteuse voilée fut jugée farorableiiient ; le mauque d'expérieuce était largement compensé par le charme des idées mélodiques, l'élégaoce de la forme, et la bonne tenue de l'orchestre. C'était un succès, qui se maintint du reste, et l'ouvrage figurait encore au répertoire en 1863; depuis il s'est retiré... au Conservatoire, où les concours de rhaat ramènent assez fréquemment un air demeuré fameux par les vocalises dont il est émaillé : de cette charmante partition voilà maintenant tout ce qu'il reste.
Le succès de la Dame de Pique, représentée le 28 décembre, devait laisser infiniment moins de traces encore. Scribe avait tiré d'une nouvelle de Pouschkine cette pièce en trois actes qui devait faire naître chez le spectateur « les émotions les plus vives de crainte et d'espoir, de terreur et de plaisir. « Or, pour Halévy qui venait, en l'espace de quatre ans, de donner sur la même scène troÎB pièces devenues centenaires, la Dame de Pique fut justement la mauvaise carte qui gâta son j eu et interrompit la série gagnante. Sans doute, le premier soir, on avait traîné le compositeur sur la scène et chaleureusement applaudi des interprètes excellents comme Couderc, Battaille, Boulo, Ricquîer, M°* Ugalde et M'" Meyer; mais bientôt la Revue et Gazelle musicale demeura seule à prodiguer ses louanges intéressées. Elle le fit d'ailleurs avec une conscience qui, jusqu'à la dernière heure, ne se démentit point. Il semblait à ses yeux que tout fût bonheur quand il s'agissait d'Halévy. Une indisposition de M"' Ugalde interrompt-elle les représentations « toujours si brillantes « Ae la Dame
de Pique, TÎte, le Val d'Andorre ■ remplace la pièce eo vogue et le public accourt avec autant d'empressement que si elle eût figuré sur l'afûche. > Ici, « la salle de l'Opéra-Comique se trouve littéralement, et sans figure, beaucoup trop petite pour l'affluence du public qui s'en dispute l'entrée ». Là, « les recettes se soutiennent à un taux fabuleux. » Il est même encore question de « son influence prestigieuse s à la date du 30 mars, c'est-à-dire alors que la pauvre Dame de Pique n'avait plus à vivre que douze soirées, fort espacées, et allait déûnitivemeot s'éteiadre après 47 représentations.
En cette année ltJ50, le nombre des nouveautés avait été assez grand pour qu'on s'occupât assez peu des reprises d'ouvrages anciens. Deux seulement doivent être mentionnées, celle de Jeannot et Colin, dont nous avons parlé, et celle de l'Amant jaloux, à la date du 18 septembre. La vieille pièce de Grétry avait été exhumée par Batton, qui dirigeait une classe d'ensemble au Conservatoire, et voulait donner à ses élèves un sujet d'études. A cet effet, il avait pris la peine de revoir la musique, et d'en renforcer l'orchestration; il n'en fallait pas davantage pour remettre en campagne les adversaires et les partisans de ces sortes de « rafraîchissements b. Avec son nom, favorable aux jeux de mots, le malheureux Batton semblait une cible toute trouvée; on le prit à partie en prose et même en vers, comme le prouve certain couplet de chanson qui se terminait par ce jugement peu flatteur :
C'est de la sottise en bâton 1
Malgré les envieux et les mauvais plaisants, Batton eut le plaisir de voir le succès lui donner raison, dans
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une certaine mesure ; l'Amant jaloux, cette année et la Buirante, obtint en effet 24 représentations. Toutefois cette reprise fut la dernière, et l'on peut terminer ici cette première période de l'administratioii Perrin, où, sauf de rares exceptions, les œuvres remarquables s'étaient succédé arec une continuité qui pouvait passer pour merveilleuse et qui ae devait se renouveler qu'en partie pendant les années suivantes. ,