‹ Histoire de l'Opéra-Comique. La seconde Salle Favart--1840-[1887] (volume 3)Chapitre 33 sur 49 · LK DIRECTION DB H. FBRRIN · texte numérisé non relu

LK DIRECTION DB H. FBRRIN

ODt TU éclore, que les glaces de janvier rajeuniront, car la pièce a tous les éléments d'un ouvrage qui doit vivre et rester au répertoire «. Quant à la Revue et Gazette musicale, rien n'est plus amusant que de voir le tour apologétique auquel elle a recours pour parler de celui dont elle disait tant de mal autrefois. Mais il faut ajouter que Brandus et Adolphe Adam avaient fait la paix, et que maintenant l'un éditait l'autre. De là, ces entrefilets élogieux qu'on semait habilement dans les numéros du journal : a Giralda continue d'attirer la foule à l'Opéra-Comique; c'est un des succès les plus complets et les plus productifs que ce thé&tre ait jamais obtenus. » Ou bien encore : * Toujours même affluence à Giralda; le public s'y presse, comme dans les meilleurs jours de l'hiver, et il sort en répétant presque tous les motifs de la partition. » C'est ainsi qu'on avait traité les Mousquetaires •de la Reine, le Val d'Andorre et la Fée aux Roses; on ne voulait point qu'Adam fût jaloux d'Halëvy, et on les associait au bénéfice de la réclame.

On n'eut pas les mêmes égards pour M. Oh. Poi- BOt, qui, sur un livret d'Alboize, avait composé la musique d'un petit acte intitulé le Paysan et représenté peu après, le 16 octobre. Dans ses Essais, Grétry a décrit, non sans amertume, les déboires, les mécomptes, les mauvais procédés même qui attendent les pauvres aspirants à la gloire musicale. M. Poisot dut en faire la triste expérience, lui qui, s'étant avisé d'introduire dans son instrumentation une harpe et un cor anglais, se vit tout d'abord refuser ces instruments, sous prétexte que la coutume n'était point d'en user dans les levers de rideau. Le cor anglais finit par lui être concédé... pour la première représentation, à condition qu'il disparaîtrait aux sui-

'Tantes. Puis la presse décocha à l'artiste des traits comme ceux-ci : a M. Charles Poisot, gui débutait par cette petite partition à l'Opëra-Oomique, a été reçu comme un jeune soldat qui arrive dans un régimeut et dont il est de tradition de se moquer un peu . S'il ne s'est pas révélé tout d'un coup par une instrumentation foudroyante et obligée par le temps qui court, si môme il s'est fait aider un peu, dit-on, dans cette partie de l'art, qui n'est pas tout l'art, il est juste de dire qu'il nous a fait entendre de la mélodie naturelle et déclamée avec vérité. » Somme toute, la partition était agréable et commentait assez finement cette vieille histoire transportée en Allemagne et rajeunie pour la circonstance, de Michau, le meunier de Lieusaint, anobli par Henri IV pour prix de l'hospitalité reçue, anecdote dont CoUé avait tiré une pièce à succès. Mais il faut croire que les tribulations du compositeur avaient été grandes, car désormais il ne reparut plus à l'Opéra-Comique. Il se consacra à l'enseignement, publia de nombreux ouvrages et devint directeur du Conservatoire de Dijon. Quant aux théâtres, il ne connut plus que ceux des amateurs ; le Coin du feu, les Terreurs de M. Peters (1850), les Deux Billets (1858), Rosa la rose (1864), furent joués dans les salons ; le compositeur y eut moins de peine, il faut dire aussi moins de gloire.

Un autre débutant fut mieux accueilli, le 26 novembre : c'était le futur auteur des Noces de Jeannette, prix de Rome en 1844, Victor Massé. Il avait reçu , et la faveur était grande pour un inconnu , un petit acte de Scribe et de Leuven intitulé d'abord Lazarilla, puis la Chanteuse voilée; dix années auparavant, un autre prix de Rome, Montfort, avait obtenu le même honneur avec Polichinelle, et, coïncidence

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