‹ Histoire de l'Opéra-Comique. La seconde Salle Favart--1840-[1887] (volume 3)Chapitre 44 sur 49 · C. Vadé · texte numérisé non relu

C. Vadé

Beatrii . . .

L&saerre

Caye

Parmi tous ces noms deux soot à noter particulièremeat : Barbot, qui venait de province après avoir passé par l'Opéra, avait débuté récemment, le i 1 mara, dans le rôle de Georges de la Dame blanche ; Michot débutait au Théâtre -Lyrique dans le rôle de Richard. Ajoutons que sons les traits de Blondel, le premier se tailla un double succès de chanteur et d'instrumentiste, car il jouait lui-même sur le violon les variations du sultan Saladin.

A cette reprise succéda, le 3 juin, un acte de M. Duprato pour la musique, de E. Grange et La Rouaat pour les paroles, Pâquerette. C'était une bluelte sans importance. Le compositeur n'avait pas eu, en la traitant, la main aussi légère que pour les Trovatelles, et sa Pâquerette, après 17 représentations la première année, une la seconde et une la troisième, se trouva fanée, morte et oubliée.

Pour ramener la chance, M. Perrin se hâta de recourir à de nouvelles reprises, et l'on vit ainsi repaie.

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raitre le 1" septembre Zampa, et le 7 novembre Jean de Paris, ouvrages négligés tous les deux depuis dix ans. Jean de Paris servait au début d'un barytoo, Stockhansen, qui, dans le rôle du sénéchal, n'avait pas le physique de l'emploi , mais rachetait cette imperfection par la qualité de sa voix; le succès de Jean de Paris fut assez vif, mais non tel cependant que celui de Zampa. L'œuvre d'Herold fut acclamée en effet, et le buste de l'auteur coiu-onné, à ta an du spectacle, au milieu de l'enthousiasme général. Les critiques relevèrent bien quelques erreurs dans la distribution des rôles: celui de Zampa était, disaientils, trop bas pour Barbot, celui de Camille trop sérieux pour M"" Ugalde ; Jourdan était un Alphonse trop remuant, Mocker un Daniel trop distingué, M"* Lemercier nne Rila trop jeune; seul, Sainte-Foy personnifiait Jï merveille Dandolo; mais la musique d'Herold ht tout accepter, si bien que l'œuvre obtint 41 représentations en 18.Î6, 15 en 1857 et 12 en 1858, époque où de nouveau elle s'éclipsa jusqu'en 18S3, Pendant ce temps, le Théâtre -Lyrique remportait une grosse victoire avec une pièce originairement destinée à ta salle Favart où, du reste, elle devait revenir, mais repoussée d'ailleurs avec une persistance qui n'est point pour donner tort aux auteurs, lorsqu'ils se plaignent de l'impéritie ou des dédains des directeurs : les Drapons de Viltars. Lockroy et Cormon étaient des librettistes de talent; MaiÛart comptait à son actif le succès de Gastibeha. Et pour^ tant leur œuvre fui présentée successivement à trois directeurs qui tons les trois ta refusèrent : Emile Perrin, parce qu'il la jugeait «trop dramatiifUQ > (c'esl d'un des autenrs lui-même que nous tenons le fait); Sévestre, an Théâtre-Lyrique, parce qu'it Ea

croyait mieus à sa place à rOpôra-Comique ; PellegrîD, parce que sod prédécesseur l'avait coQâamnée. M- Carvalho, plus avisé, s'ea empara.

M. Perrin n'eut pour se consoler d'avoir perdu les Dragons de VUiars que les 23 représentations d'un opéra-comique en deux actes, le Sylphe, paroles de Saint-Georges, musique de Clapisson. Ce sylphe et natTireHenient un beau jeune homme qui chantait à minuit sous la fenêtre de la rêveuse Aogèle et, dans l'ombre du feuillage, lui avait conseillé d'épouser le marquis de Valbreuse; le mariage célébré, la voix du sylphe ne s'était plus fait entendre. Or, certain cousin amoureux vient tenter de rôder autour de la marquise, on le berne d'abord, puis on l'écoute, et quand le danger devient imminent, le sylphe se retrouve. C'est le marquis lui-même qui, sylphe en chair et en oa. se jette aui pieds de sa femme pour se faire pardonner s(hi mauvais caractère qui avait un instant failli troubler la paix du ménage. Cette baliverne, ornée musicalement d'oripeaujx médiocres, avait été représentée à Bade le 7 août précédent avec M"" Duprez, Mira, MM, Montjauze, Prilleux et Legrand. Elle convenait peut-être à nn public cosmopolite et peu sévère en ses jugements; le public parisien fut plus difficile, et, le premier soir (27 novembre), il réserva tous ses applaudissements portir les deux principaux interprètes : d'une part, M"' Duprez qui avait épousé le 13 septembre un accompagnateur de l'Opéra et s'appelait désormais M" Vandenheuvel ; de l'autre, Faure qui dans cette pièce aceompliftsalt un vrai tour de force, car il chantait sur la scène en voix de baryton et dans la coalisas en voix de ténor, délicieusement d'ailleurs, et avec une égale facilité dans les deux registres. Un

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mois après, il était nommé professeur de chant au Conservatoire en remplacement de Ponchard, démîssîoaaaire : nul plus que lui ne le méritait.

Avant de quitter l'ouvrage de ClapissoD, rappelons que la première représentation donna lieu à une innovation pratiquée à l'exemple de l'Opéra et diversement commentée alors par la presse. Le nom des auteurs fut proclamé non plus par l'un des artistes, mais par le régisseur, M. Palianti. Les raisons en faveur de cette innovation ne devaient pas, du reste, prévaloir longtemps, car nous savons tous que la vieille coutume a reparu plus tard et se maintient encore.

L'année 1856 devait finir par le grand succès d'une petite pièce, Maître Pathelin, paroles de Leuven et Ferdinand Langlé, musique de Bazin [12 décembre). Tout le monde connaît la farce de maître Pathelin, ce chef-d'œuvre de îa scène française au moyen âge, et son adaptation pour la Comédie-Française par Biiieys et Palaprat. Ce qu'on sait moins, c'est que l'aventure avait fourni déjà la matière d'un opéra-comique en deux actes, joué le 21 janvier 1792 au théâtre Montausier, l'Avocat Pathelin, paroles de Palrat, musique de Chartrain. L'ouvrage eut du succès et pourtant ne fut pas imprimé; peut-être les préoccupations politiques du moment contribuèrent-elles à cet oubli; ce qu'il y a de certain, c'est que le souvenir en disparut à ce point que Fétis, dans sa Biographie, ne l'a pas mentionné parmi les œuvres dramatiques de Chartrain, lequel cependant fut loin d'en écrire un grand nombre. Plus lieureuse, la partition de Bazin fut jouée et gravée ; nul biographe ne l'oubliera, car elle compte parmi les plus gaies de son auteur, et elle se maintint pendant quatorze ans au répertoire de la

salle Favart, où elle faillit môme être reprise en 1877 pour les débuts de M. Boyer, fournissant un total de 235 représentations. En 1887, Maître Pui/ieh'n a reparu au théâtre du Château-d'Eau , mais hélas! sans la distribution primitive; on n'avait rencontré ni Couderc, qui dans le rôle de Pathelin atteignait la perfection, ni Berthelier, qui devait devenir un des plus célèbres comédiens de notre temps, et qui débutait ' alors sous les traits d'Aignelet, déjà plein de gaieté communicative, de verve malicieuse et de fantaisie originale.

Ce début venait grossir la troupe des recrues dont nous avons déjà parlé, M"" Gabel, MM. Barbot et Stocbhausen; il y faut joindre les noms de Prilleuï qui venait dn Théâtre-Lyrique et débuta Je 20 juin dans le Maçon ; d'Azôma, baryton qui arrivait de province après avoir appartenu jadis aux chœurs de rOpéra-Comique et qui débuta le 1" août dans Frontin du Nouveau Seigneur; d'Edmond Cabel, beaufrère de la cantatrice, jeune lauréat du Conservatoire, qui débuta dans l'Ambassadrice; enfin, de M"" Lhéritier, qui débuta dans la même pièce le 26 novembre, après avoir obtenu aux précédents concours du Conservatoire les premiers prix de chant et d'opéracomique, plus un second d'opéra et un second d'harmonie. Ainsi se trouvait comblé le vide laissé par les quatre partants de cette année 1856, Bussine, le vieux Ricquier, M"" Blanchard et le ténor Puget.

Dans ce iîlan sommaire, quelques soirées méritent d'être rappelées : par exemple, celle du 17 mars, représentation gratuite où fut, après les Porcherons, exécutée et bissée une cantate composée par Halévy sur des vers de Michel Carré et Jules Barbier, à l'occasion de la naissance du prince impérial. Citons

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encore, le 8 juin, une représentation composée de Richard et du Pré aux Clercs, au profit des inondés du Midi; le 15 juin, une nouvelle représentation gratuite, eu l'honneur du baptême du prince impérial, où fut redonnée, après Richard et ies Noces de Jean~ nette, la cantate d'HaléTy déjà mentionnée; le 3 jnillet, une représeutation extraordinaire au bénéfice de M"' Casimir, dont on se rappelle les succès passés; elle joua encore une fois Colombine dans le Tableau pariant, et, pour un soir, Roger reparut dans Haydée, avec ce rôle de Lorédan qu'il avait si brillamment créé huit années auparavant. Une autre représentation extraordinaire eut lieu le 4 septembre, en faveur de l'Association desartistes dramatiques, avec M"Ristorl qui interpréta la Médée de Legouvé, traduite en italien, avec M"' Déjazet qui dit la Lisette de Déranger, avec la troupe du Gymnase qui joua le Chapeau d'un Horloger; le Chien. du Jardinier complétait ce Spectacle.

Surtout n'oublions pas deux soirées curieuses : celle dti 16 mai qui n'eut pas lieu faute de gaz au moment de la représentation ; et celle du 1 août qui n'eut pas lieu davantage pour cause de refus de service de M. Faure, disait brutalement l'affiche. L'éminent artiste s'expliqua dans une lettre adressée au Figaro, et menaça de •; déférer l'apprécialion de ce lait au tribunal de- commerce. » Fort heureusement le directeur et son pensionnaire n'en vinrent pas à cette estrëmité; ils s'entendirent paciSqucment et les avocats n'eurent pa^ plus à plaider cette affaire que les magistrats & la juger.

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