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Théodore Elitter, qui finit si misérablement, et Auguste Durand, le sympathique éditeur et compositeur parisien.
KappeloQS aussi d'autres soirées plus directement liées à l'histoire ordinaire de la salie Favart, puisqu'elles marquent quelques reprises importantes, par exemple, le 19 avril, Fra Diavolo, avec Montaubry gui, dans ce rôle où il devait exceller plus lard, donna d'abord prise à certaines critiques. On jouait précisément cet ouvrage !e i2 mai, lorsque se produisit un incident bizarre et effrayant à la fois, dont le récit fit le tour de la presse k cette époque, n Vers la fin du premier acte, on vit tout à coup une jeune femme enjamber le rebord de la deuxième galerie pour se précipiter dans la salle ; l'insiinct de la conservation la retint un instant, et, se cramponnant au velours, elle demeurait suspendue dans le vide. On put la ressaisir enfin, et elle se trouva mal, ainsi d'ailleurs que bon nombre de speclatrices, témoins de cette scène. Revenue à elle, la malheureuse déclara se nommer Estelle D,, âgée de vingt-huit ans et demeurant faubourg Saint-Honoré ; et, ce disant, elle retira vile de son corsage uneletire qu'elle déchira. On sut alors qu'un désespoir d'amour l'avait déterminée à se suicider, et l'on constata en effet que dans son domicile elle avait tout préparé pour recevoir sa dépouille mortelle, jusqu'au linge où elle devait être ensevelie »
Moins troublée, heureusement, fut la représentation du 25 juin pour une reprise des Mousquetaires de la Reine avec interprèles nouveaux : Montaubry (d'Entragues), Mocker (Biron), Barrielte (Roland), Leprince (Créqui), Davoust (Gontaut), Duvemoy {le grand-prévôt), Ooutan (Narbonne), Ed. Cabel (Rohan),
M"" Paure-Lefebvre (Berthe de Simiane), Henrion (Athénaïs), Casimir (la grande-mallresse). Une autre reprise, celle de VAmbassadrice, servit le 18 juillet pour le début, dans le râle d'Henriette, d'une ancienne élève du Conservatoire, M"' Cordier, qui revenait des États-Unis et se voyait honorablement accueillie à câté de Jourdan, Nathan, Ponchard, M"" Lemercier, Révilly, et Oasimir, Enfin, le 22 septembre, reparut un ouvrage qu'on semblait négliger depuis quelque temps, le Songe d'une nuit d'été, avecMontaubry (Shakespeare), Crosti (Palstaff), Warot (Latimer), Nathan (Jérémy), M"' Bélia, (Olivia), et une débutante, M"' Monrose (Elisabeth), petite-flUe du comédien de ce nom et élève de Duprez et de Mocker. «. Son noble profil, écrivait alors Henri Boisseaux, a les arêtes finement découpées que les anciens donnaient à leurs déesses. H y règne en même temps cette passion tempérée par de charmants sourires, dont le regard et la bouche de Marie Stuart savaient si bien le secret. » (7 !)
Au cours du récit qui précède, presque tous les débutants de l'année 1859 ont été mentionnée, savoir, par ordre de date : M'" Breuillé, M"" Enjalbert, M'" Cordier, M. Ambroise, M"« Marietta Guerra, M"" Monrose, M"* Emma Bélia; à ces noms il convient d'ajouter M'" Faigle qui, le 27 juin, débuta modestement dans le Chalet (rôle de Betly) ; M. Oaussade, sorti en 1859 du Conservatoire, où il avait obtenu le deuxième prix d'opéra-comique et le deuxième accessit de chant, et qui débuta le 22 août dans les Chaises à porteur (rôle du chevalier); M"' Geoffroy, venue des BouiFes-Parisiens, oii elle jouait sous le nom de Coralie Guffroy, jeune et belle personne qui débuta le 26 septembre dans la Pagode (rôle de Na-
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didja) ; enfin M. Holtzem, qui débuta le 3 octobre dans la Filte du Régiment (rôle de Tonio). AiBSÎ se trouvait compensée la perte de quelques artistes coinme M"° Dupuy, qui, engagée à la Monnaie de Bruxelles, revint, il est vrai, l'année suivante à la salle Favart. comme M"' Delacroix, également engagée àBruxelles ; comme Delaunay-Ricquîer, enlevé par le Théâtre- Lyrique auquel il appartenait, quand il épousa le 27 octobre sa camarade M"° Lhéritier. Vers le mémo temps, d'autres mariages d'artistes étaient signalés (outre celui de Faute avec M"' Lefebvre) : celui de Bertbelier avec M'" Boin et celui de M"* Ugalde, née Beaucé, avec M. Varcollier.
Mais, de tous ces déplacements, allées et venues, le plus fâcheux pour la prospérité du théâtre devait être celui qui, décidé alors, s'effectua au début de l'année suivante, le départ de Faure. Ce départ, suivi 4e près prir la retraite du directeur Roqueplan, contribua à déterminer une crise pressentie depuis quelque temps déjà, et qu'un succès plus fructueux du Pardon de Ploërmel eût peut-être seul conjurée.
Quelque succès qu'il ait obtenu, l'ouvrage de Meyerbeer n'en fixe pas moins une date dans l'histoire de la salle Favart. Nombre de compositeurs avaient essayé d'élargir le cadre de l'Opéra- Comique ; avec VEioile du Nord et le Pardon, Meyerbeer le fit presque éclater. Au lendemain de cette rude poussée, les nouveHes œuvres coulées dans le moule ancien devaient sembler grêles et médiocres ; de là un temps d'incertitude et d'insuccès. Plus tard, nous montrerons la victoire déanitive remportée par ceux dont le génie souple et mesuré a su mettre à profit les conquêtes du présent pour les renouer adroitement à la saine tradition du passé. La
fusion des deux styles est le principe qui domiijera la seconde période de l'histoire que nous avons entreprise. L'opéra mixte s'imposera au goût. des musiciens comme à la faveur du public, et c'est de ce . genre tempéré que relèveront les œuvres nouvelles dont le succès sera le plus brillant et le plus durable, l,aUa Roukh, Mignon, Carmen, Lahmé et Manon,
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