‹ Histoire de l'Opéra-Comique. La seconde Salle Favart--1840-[1887] (volume 3)Chapitre 7 sur 49 · AVANT · texte numérisé non relu

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suite, d'ailleurs, la fortune coutioua de se montrer relativement favorable, en dépit dea circonstances difficiles de la guerre au dehors et de l'émeute au dedans ; car l'Opéra-Comique vécut là pendant toute la durée de la Révolution.

Un rival pourtant lui était né avec le théâtre Feydeau, où s'exploitait un genre analogue sous la direction administrative d'un ancieDCoifTeurde la reine Marie-Antoinette, Léonard Autié, et sous la direction artistique de deux musiciens célèbres, Cherubini et Viotti. Mais nous n'avons pas à conter l'histoire de ces temps singuliers oii, malgré le bruit des émeutes, malgré le sang versé sur l'échafaud et sur les champs de bataille, des maîtres appliquaient leur génie à développer un art charmant dont l'éclat rejaillissait sur la pairie. Ces maîtres s'appelaient Dalayrac, Berton, Kreutzer, Méhul, et l'on peut dire qu'à celte troisième période correspond aussi une troisième manière pour l'Opéra-Comique, dont le cadre s'élargit, dont la forme devient plus savante, plusiafÛDée, et qui est bien prés alors d'atteindre' à son apogée.

QUATBiiME STATION. — Théâtre Feydeau (1801-18^9).

Oe qui était arrivé une première fois en 1762 se produisit une seconde en 1801 : les rivaux deviurent amis et la concurrence disparut. Par un acte du ■7 thermidor an IX, les deux troupes de Favart et de Feydeau fusionnèrent et adoptèrent le titre officiel d'Opéra-Comique, qui depuis s'est conservé, en dépit des changements d'installation et de directeurs.

C'est à Feydeau qu'on a ouvert le 16 septembre

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10 LES STATIONS DE l'0PÉR*-C0MIQOE

1801; en 1804 on fait une halte à Favart, puis au Théâtre-Olympique, rue de la Victoire, la salle Favart ayant été fermée pendant quelque temps pour cause d'embellissements et de réparations, et de nouveau à Favart, que l'on quitte définitivement pour Feydeau l'année suivante.

Les seuls changements dignes de remarque en cette période sont relatifs au mode d'administration. Jusque-là, les artistes, constitués en société, formaient une espèce de république. L'arrivée aux affaires d'un maître comme le Premier Consul ne pouvait manquer d'avoir son contre-coup sur les choses de l'art et d'aboutir à des combinaisons nouvelles. L'Opéra-Comique, jadis humble vassal et tributaire de l'Opéra, auquel il lui fallait payer une redevance annuelle, par exemple, de 25,000 livres en 1716, de 35,000 livres en 1718, de 40,490 en 1767, devient à son tour un seigneur armé de privilèges. Mais en échange, il perd une partie de sa liberté et se voit soumis par un décret du 6 frimaire an XI à la surveillance d'un surintendant. Désormais le théâtre est classé et ses artistes deviennent tour à tour, suivant les caprices de la politique, comédiens de l'Empereur , ou comédiens du Roi. En 1824, le surintendant se changea même en véritable directeur : Guilbert de Pixérécourt et, après lui, Ducis, administrèrent k leurs risques et périls, c'est-à-dire avec des fortunes diverses, ce théâtre où venait de se produire une suite de chefs-d'œnvre. A cette période, qu'on pourrait appeler officielle, correspondait en effet, si l'on étudie le caractère général du répertoire, non pas un mouvement de recul, mais un retour vers la grâce et la simplicité. C'est le beau temps de Nicolo et de Boieldieu. Déjà même Hérold et Auber paraissent à

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l'horizon et prennent possession de la scène où ils doivent faire briller ces qualités spéciales qui demeurent l'apanage du génie musical français, le charme, la finesse et l'esprit.

ciNQuiÈMB STATION. — Théâtre Ventadour(î829-ÎS32),

A la date du 12 avril 1829, le théâtre Feydeau,

construit au siècle précédent par les architectes Legrandet Molinos, au n" 19 de la rue Feydeau, ferma ses portes, qui ne devaient plus se rouvrir, car il fut démoli bientôt après. C'est ainsi que, huit jours plus tard, rOpéra-Gomique se transporta dans la salle Ventadour, que l'administration lui avait destinée, puisque la salle Feydeau menaçait ruine et que la salle Pavart avait été concédée à une troupe italienne.

De toutes les stations de l'Opéra- Comique, celle-ci fut la plus courte, et peut-être aussi la plus désastreuse. De cette époque datent pourtant deux ouvrages célèbres : Fra DitiDoio (1830) ei Zampa (1831); mais ils ne suffirent pas à sauver une entreprise contre laquelle les plaintes, dès le début, avaient été presque unanimes. On blâmait le quartier choisi, qu'on trouvait peu central ; on se plaignait de la disposition de la salle, de ses dimensions peu en rapport avec le genre exploité : les critiques se traduisaient naturellement par une baisse de recettes et des pertes d'argent.

Le directeur Ducis n'y résista pas, et disparut dès le ISjuiu 1830. Survientla révolution de Juillet, fermeture ; au mois d'août, Singier, ancien directeur des théâtres de Lyon, essaye d'administrer, mais il laut faire à la salle de notables réparations et modifications, nouvelle fermeture; le 8 octobre 1831,

13 LS9 STATIONS DE l'OPÉRA-COUIQUE

Lubbert le remplace et succombe à son tour, nouvelle fermeture ; au mois de janvier 1832, Laurent tente l'aventure, mais le choléra éclate, nouvelle fermeture : c'était la sixième en l'espace de moins de quatre années.

aisiÈHE STATION. — Théâtre des Nouvea^tés{^S32-i8iO].

La salle Ventadour avait été si funeste qu'on dut songer à la quitter sans regret. Mais où aller ? On ne pouvait s'installer à la salle Favart, toujours consacrée à des représentations italiennes. Il fallut se rabattre sur une salle de modestes proportions, construite place de la Bourse, eu 1827, et qui venait de fermer ses portes le 15 février 1832, après avoir exploité un peu tous les genres, môme la musique; c'était le théâtre des Nouveautés, qui devint plus tard le Vaudeville. Faute de mieux, sans doute, on s'y résigna, et bien eu prit aux artistes, d'abord réunis en société sous lagérancede Paul Dutreich, puis, en 1834, administrés par un véritable directeur, Crosnier; car les huit années passées là cogiplent parmi les plus brillantes de l'Opéra-Comique. Il suffit de citer les nomsd'Hérold, d'Auber, d'Halévy, d'Adam et de rappeler le titre de quelques ouvrages représentés pendant cette courte période, savoir ; le Pré aux Clercs (1832), le Chalet (1834), l'Éclair [1835), le Postillon de Lonjumeau (1835), le Domino noir (1837),

Tout à coup, une circonstance imprévue ramena rOpf'.ra-Comique sur l'emplacement occupé par lui au siècle dernier. La salle Favart, qu'il avait quittée en 1801 pour la salle Feydeau, était aux mains d'une troupe italienne, lorsqu'un incendie la consuma dans la nuit du 13 aq 14 janvier 1838, après une représen-

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tation de Don Giovanni. Elle fut reconstruite au bout de deux ans, et le directeur Grosaier ne perdit pan cette excellente occasion d'échanger sa petite salle de la Bourse cootre la spacieuse salle Favart.

SEPTIÈME BTATlON. — SccOTide sallB Foeart {18i0-1887).

Cette fois l'Opéra-Comique semble toucher au port; et nous-ménies, arrivant au seuil de la période que nous nous proposons d'étudier avec quelques détails, nous arrêtons cette revue rapide d'une histoire longue, ardue, compliquée, mais dont le tableau suivant indique fidèlement les grandes lignes. C'est, en somme, la liste des divers emplacements occupés depuis l'origine jusqu'à nos jours, avec les noms que tour à tour le théâtre a portés :

Avant i7fiS. — Looes db la, Foibb, sous les titres de : Théâtre de la Foire Saint-Germain, Théâtre de la Foire Saint-Laurent, et même Opéra-Comique.

Du 3 février 1 762 au 4 avril 1 783. — SallS de l'Hôtel DE BooRoooNB (rue Mauconseil), sous le titre de Comédie Italienne ou Théâtre Italien.

. DuSSaoril i183 au 20 juillet Î80i. — Première SALLE Favart (jardins de l'Hôtel de Choiseul ou place des Italiens), sous les divers titres de : Comédie Italienne, Théâtre Italien, Théâtre de la rue Favart, Théâtre de l'Opéra-Comique national, Théâtre de l'Opéra-Comique.

Du 16 septembre 1801 au 2S juillet 180 i. — Sallb Fevoeau (19, rue Feydeau) , sous le titre définitif de ;

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Théâtre de l'Opér a-Comique, mais avec la meûtion théâtre national, impérial ou royal, suivant la forme du gouvernement.

Du 23 juillet ÎSOiau 2 octobre 180k. — SallePàvart {place des Italiens, rue Pavart).

Du 3 octobre Î8ûk au 23 octobre iSOk. — Théâtre Olyhpiuue (rue de la Victoire).

Du^k octobre 180k au i juillet 1805. — Salle Fa-

Du 2 septembre 1805 au 12 avrHl 1829. — Sallr Feydeau (19, rue Feydeau).

Dii20 avril 1829 au 'iS mars iSSS; — Salle Ven- TADouR (place Ventadour).

Du 22 septembre iS39 au 30 avril 18kO. — Salle des NonvEAOTÉs (place de la Bourse).

Du 16 mai 18i0 au 20 juin 1853. — DedsiÈME SALLE Fatabt (place Boieldieu).

Du96 juin 1853 au i juillet 1853. — Salle Venta-

DOOB.

Du 5 juillet 1853 au 15mai i881. — Deuxième salle Favabt.

A cette liste, nous en joignons une autre qui n'a jamais non plus été dressée et qui nous semble compléter heureusement la première : c'est celle desdi-

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