‹ Histoire de l'Opéra-Comique. La seconde Salle Favart--1840-[1887] (volume 3)Chapitre 6 sur 49 · AVANT · texte numérisé non relu

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bibliothécaires et des curieux, mais qui, pour la plupart, ont été jusqu'à notre temps l'objet de nombreuses et brillantes reprises.

Lors de la fusion des deux troupes en 1762, l'opinion publique estimait, et Bachaumont l'indique en ses Mémoires, qu'un élément absorberait l'autre, c'est-à-dire que legenre italien triompherait du genre français. Le contraire se produisit ; le talent de nos auteurs créa un irrésistible courant, et ce triomphe fut en quelque sorte consacré par des lettres patentes du 31 mars 1780, qui substituaient au nom de Comédie-It'alienne celui à' Opéra-Comique. Toutefois, l'usage ancien prévalut pendant plusieurs années encore. Les almanachs des spectacles, source précieuse, car c'est à quelques égards un miroir où se reflètent les habitudes artistiques de l'époque, nous montrent le peu de âsité.des dénominations adoptées. C'est ainsi, pour nous résumer en quelques mots sur ce point, que jusqu'en 17621e théâtre prend le nom de l'endroit où il fonctionne. Théâtre de la foire Saînt~Germain, Théâtre de la foire Saint-Laurent, et aussi même Opéra-Comique, comme en font foi une affiche de 1724 et un billet de spectacle de 1754, reproduits par M. Arthur Heulhard dans son intéressante histoire de la ivoire Saint-Laurent et dans sa curieuse biographie de Monnet. Lors de l'installation à l'Hôtel de Bourgogne (1762), il devient Comédie-Italienne ou Théâtre Italien. Après la construction de la salle Pavart (1783) il s" appelle encore tantôt Théâtre Italien, bien que l'élément italien diminue au point de disparaître tout à fait, tantôt Théâtre de la rue Faoart, tantôt, comme en 1794, Théâtre de VOpéra-Comique national. Cette dernière dénomination n'est définitivement acceptée par tous qu'en 1801.

LES STATIONS DB l'oPÉBA-COUIQUE

TR0I6IÈUE STATION. — Première salle Favort (i783-180î).

L'Hôtel de Bourgogne, qui avait abrité pendant vingt et un ans la fortune de l'Opéra-Comique, fut abandonné le 4 avril 1783. Le vieux bâtiment ne répondait plus aux besoins du répertoire et du public ; il paraissait trop petit, mal aménagé ; de plus, le suc; ces avait permis aux artistes qui, depuis la fusion, l'administraieut réunis en société, de se faire construire une salle nouvelle et digne d'eux : ce fut la première salle Favart, élevée par l'architecte Heurtier sur les terrains de l'Hôtel de Choiseul, entre les rues Pavartet Marivaux, à côté du boulevard qui depuis, et en souvenir de l'ancienne Comédie-Ziaiienne, prit justement le nom de boulevard des Italiens. Par son aspect général, ce théâtre présentait quelque analogie avec celui que, sur le même emplacement, le feu a détruit en 1887, Il pouvait contenir à peu près le même nombre de spectateurs, environ dix-huit cents. Dé hautes colonnes ornaientlepéristyle, et la façade regardait déjà le côté opposé au boulevard, cela pour une raison d'amour-propre que M. Arthur Pougin a rappelée dansson utile Dictionnaire des Théâtres. Les acteurs du boulevard, en effet, étaient l'objet de ce dédain spécial qui, de nos jours, se manifeste pour les acteurs de province. Afin de mieux accuser la différence, les sociétaires curent donc soin de tourner le dos au boulevard, laissant ainsi entendre au public qu'il ne fallait pas faire confusion ni se méprendre sur leur qualité.

La salle inaugurée le 28 avril 1783 connut bientôt le succès, gràceaux deux œuvres de Grétry: VEpreuve villageoise et Ric/iard Cœur-àe-Lion (1784). Par la

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