LOUVERTURE DU NOUVEAU THEATRE
La Reine d'un jour (19 septembre 1839), paroles de Scribe et de Saint-Georges, musique d"Adolphe Adam, opéra-comique en trois actes, dont la partition est peu remarquable, quoiqu'elle ait reparu au Théâtre-Lyrique en 1854, mais dont le livret a du moins eule mérite d'inspirer un compositeur allemand contemporain, Ignaz BrûU. Dans la Reine Mariette comme dans la Reine d: un jour, on retrouve l'histoire de cetle modiste qui, par suite de circonstances étrangement romanesques, se voit amenée à jouer pour quelque temps le rôle d'une princesse. Un autre souvenir assez piquant s'attache à la Reine d'un jour : elle servit aux débuts d'un excellent artiste, Masset, lequel était sans doute un musicien de quelque valeur, puisqu' Adolphe Adam lui fit l'honneur de lui emprunter deux morceaux pour les intercaler dans son ouvrage. La collaboration de l'auteur et de son interprète n'est pas rare quand il s'agit du poème; quand il s'agit de la musique, on en trouverait peu d'exemples, et celui-ci valait d'être noté en passant. Les Travestissements (16 novembre 1839), paroles de Paulin Deslandes, musique de Grisar, opéra-comique en un acte, repris au Théâtre-Lyrique en 1854 et aux Folies-Nouvelles en 1858, et plus récemment encore à l'Opéra-Comique, moins peut-être pour l'agrément de la partition que pour celui du livret, car il est tiré d'une amusante pièce de Dubois, Marton etFrontin ou Assaut de Valets (1804;, dont le succès persiste en dépit de son âge, soit à la Comédie- Française, soit à rodéon surtout, oà pendant les années 1878, 1879 et 1880 elle n'a pas été jouée moins de cent vingt fois.
A cette énumération il convient d'ajouter: le Chalet, VEclair, l'Ambassadrice et le Domino noir, que nous
rencontrerons maintes fois au cours de notre travail et dont les premières représentations remontaienL au 25 septembre 1834, au 30 décembre 1835, au 21 décembre 1836 et au 2 décembre 1837. Enfin, si l'on compare les années 1840 et 1887, c'est-à-dire la première et la dernière de la seconde salle Favart, on observera que sur ces 23 œuvres 4 seulement, le Chalet, le Domino noir, la Fille du Régiment, et le Pré aux C/ercs figuraient encore au répertoire courant. Quant à la moyenne des recettes, elle accuse au premier abord une notable différence : en 1840, 2,091 fr. 33 c, en 1887, 4,347 fr05c., soit un écart de 2,455 fr. 72 c., autrement dit un peu plus de la moitié. Mais, d'autre part, la moyenne des dépenses n'a-t-elle pas augmenté avec le temps, et peut-être plus encore que celle des recettes? Pour ne citer qu'un exemple, on estimait alors les frais de décors nouveaux à une vingtaine de mille francs par an pour une dizaine d'ouvrages. Maintenant on monte moins d'ouvrages : mais lesdits frais ont quintuplé.