VI PREFACE
Des souscriptions s'organisaient en vue de secourir les trop nombreuses victimes ; des plans nouveaux surgissaient de tous côtés ; l'administration elle-même donnait l'exemple du zèle, en élaborant, par les soins de la Direction des Bâtiments civils, un projet de reconstruction, puis en enlevant les décombres avec un empressement qui paraissait de bon augure. On avait l'air de comprendre que le remède était à côté du mal et que l'Opéra-Comique tenait trop de place dans les habitudes du public pour qu'on ne s'efforçât pas de combler aus- ^ sitôt le vide laissé par sa disparition. '.
L'incendie avait éclaté, justement, à l'époque la ] moins désastreuse de l'année. Les vacances d'été allaient amener la fermeture habituelle ; on avait donc, sans presque rien changer aux coutumes, sans nuire aux intérêts du personnel, trois mois pour travailler. A peine en avait-il fallu davantage pour édifier, au dix-huitième siècle, la salle de la Porte-Saint-Martin, et, au dix-neuvième, l'ancien Opéra de la rue Le Peletier.
Mais, au moment de demander aux Chambres les crédits nécessaires, il arriva — la chose n'est pas rare — que le ministère lut renversé. On remit tout à l'étude : les semaines s'ajoutèrent aux semaines, les années aux années ; nulle décision n'intervint, et ce n'est que tout récemment qu'un projet de loi a été déposé, avec de sérieuses chances, paraît-il, d'être agréé.
Nous pouvons donc publier aujourd'hui, sans crainte, le présent livre : il a plus que jamais l'in-