PREFACE VU
térêt de l'actualité. 11 en a même un autre que nous avions moins distingué tout d'abord et qui se montre plus clairement à mesure que le temps marche et que les retards se prolongent. Nous assistons peut-être, en ce moment, à la fin d'une période d'art musical et cette heure, à coup sûr, mérite qu'on la marque au passage.
Appelé à satisfaire les goûts d'un public dont la naïveté diminue de jour en jour, dont les exigences dramatiques sont plus impérieuses, l'opéra-comique pourrait bien ne plus être dans l'avenir ce qu'il a été dans le passé. Déjà, à certains indices, on reconnaît qu'il se rapproche visiblement de l'opéra et s'éloigne déplus en plus du type primitif, la comédie musicale. Dans cette salle du Chàtelet, son domicile actuel, où le Théâtre-Lyrique a jeté un si vif éclat, l'évolution se poursuit et s'achève ; mais elle a pris naissance près du boulevard des Italiens et ce seul fait donne à notre ouvraofe un intérêt spécial. Ce n'est plus la simple histoire d'un monument que nous rédigeons; c'est, par une suite de circonstances curieuses à montrer et qui justifient notre titre, l'histoire même de l'opéra-comique tout entier.
En eff"et, lors de sa fondation, en 1840, la salle Favart vit s'épanouir ce qu'on pourrait appeler la deuxième période de l'opéra-comique. Boleldieu, Auber, Hérold, Adam occupaient l'affiche; mais on se trouvait encore assez près de la période antérieure pour tenir en estime les auteurs et les œuvres du siècle dernier et du commencement de