‹ Histoire de l'Opéra-Comique; la seconde Salle Favart [par] Albert Soubiés et Charles MalherbeChapitre 4 sur 29 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

celui-ci. Cette faveur pour la musique ancienne se traduisit donc par une sorte de réaction dans les goûts du public et cela par deux fois, peu de temps après l'ouverture du nouveau théâtre et quelque vingt ans plus tard. Des partitions de Pergolèse. Duni, Monsigny, Grétry, Dalayrac, Cherubini, furent alors exhumées avec respect; on les remit à l'étude, et des maîtres comme Auber, Adam, Gevaërt, tentèrent, en refondant l'orchestration, de leur donner une parure nouvelle.

Puis, dans cette même salle Favart, une autre forme apparut, moins simple, plus riche d'action dramatique, plus chargée d'instrumentation, plus conforme aux exigences de la polyphonie moderne. Le Songe dune nuit d'été, l'Etoile du Nord^ le Pardon de Ploërmel, Mignon, Carmen, Manon, marquent les étapes de cet acheminement vers le drame lyrique. Toutes ces œuvres ne sont-elles pas devenues, au prix de quelques modifications, des opéras, et n'est-ce pas sous ce nom qu'elles se jouent à l'étranger?

Enfin, les incendies de la Commune ont, à leur tour, exercé une action sur les destinées de cette scène. Les pièces, dites de « demi-caractère » et représentées avec succès au Théâtre-Lyrique, ont, après sa disparition, refiué vers l'Opéra-Comique et grossi peu à peu son répertoire. Dans ce nouveau milieu les Noces de Figaro, la Flûte enchantée, Roméo et Juliette, Mireille, la Traviata, la Statue, se sont fait applaudir, et ont disposé favorablement directeurs et public à l'égard d'œuvres nouvelles

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