FOUILLÉ DES HOPITAUX
les toises des maisons et le cens qui lui était dû par la ville pour Tabandon du bois de la Côte, plus les droits d*usage dans ses forêts pour l'entretien et le chauflFage de la maison {Arch. du Doubs, c^ 113? c. 2). Par son acte de 1301, Jean de Chalon confia son hôpital à la maison de Besançon, qui dès lors pourvut à son personnel et à sa direction. Le bâtiment, construction de belle apparence, fîit ruiné par le maréchal de Biron, en 1595 ; mais les boor* geois le relevèrent promptementet les échevins en prirent la direction, d'après M. Rousset, bien que TOrdre en eût encore le soin. Malheureusement des incendies, survenus en 1637 et 1674, le détruisirent à nouveau et l'hospitalité 7 fut abandonnée. Cela fut cause que Tordre de St. Lazare put s'en faire mettre en possession en 1672; mais il fit retour à l'Ordre en 1693. Le commandeur de Besançon se contenta d'administrer les biens, à charge de recevoir les enfants trouvés. La ville obtint, en 1733, que ces biens fussent réunis au nouvel hôpital construit depuis peu à Orgelet (Rousset, Dict. des comm. du Jura, t. IV, p. 576 ; — P., p. 408).
ORION, B. Pyrénées. — Hôp. de St. Jacques, cité dans la visite de 1288 et la bulle de Grégoire XI. Il fut réuni à St. Lazare, puis à l'hôpital de Pau, en 1698 (P., p. 443).
ORTHEZ, B. Pyrénées. — Hôp. dép. de Dijon en 1288 (V.) ; cité dans la bulle de 1372.
PANTIN, Seine. — Maladrerie dép. de Paris (V.).
PRADINES, Lot{Pardiraco,Pardimaco, Pradiaco) {De). — Hôp. situé dans la province d'Auch et cité dans les bulles de 1291, 1294, 1343.
PARIS. — Après ce que nous avons dit, p. 224, sur l'hôpital primitif du Saint-Esprit de Paris, il nous reste à faire l'historique de la seconde maison. A la suite des calamités occasionnées par les guerres sous le règne du roi Jean, les bourgeois de Paris s'émurent de l'abandon d'un grand nombre d'orphelins, et, pour leur porter un secours ef&cace
se proposèrent de rétablir Thôpital et la confrérie du St- Esprit. Le 17 février 1362, Tévèque de Paris, Jean de Meu* lan, approuva leur projet et décida que quatre maîtres gouverneraient la confrérie. Cette ordonnance fut ratifiée le mois suivant, par le Dauphin Charles au nom du roi. Le pape Urbain V approuva à son tour le rétablissement {quod de novo construitur) d'une maison si utile et permit aux gouverneurs de présenter le chapelain à la nomination de l'ordinaire (23 juillet 1362). L'année suivante, le 27 juin, la confrérie acquit, pour son établissement, (( une grande maison ou hôtel à deux pignons devant et derrière, une grange et toutes ses appartenances et dépendances, situées à Paris dans la place de Grève, tenant d'une part au grand hôtel des Grands Piliers, qui jadis fut au Dauphin de Vienne, dit aujourd'hui l'Hôtel-de- Ville. » Enfin le 4 août 1445, une ordonnance bien connue de Charles VII renouvela les privilèges des Maîtres et des confrères, et décida de nouveau que l'hôpital n'était tenu de recevoir que les enfants légitimes, les autres étant à la charge du chapitre de Notre-Dame.
L'organisation intérieure de l'hôpital est expliquée tout au long dans le ms. 1 1778 de la Bibl. nationale, qui mériterait d'être publié intégralement. Les premières pages sont consacrées à un historique succinct de la maison, fondée sur le modèle de celles qui existaient « en diverses villes de France. » (f*' 1-14.). Vient ensuite le règlement de la confrérie, de son assemblée générale de la Trinité, de son banquet, etc. (f 19-36) ; puis celui du personnel, assez nombreux, car on y trouvait un chapelain perpétuel avec quatre gens d'église, et un « homme lay » qui avait les clefs des portes et des greniers (f* 86) ; une maîtresse femme, surintendante des filles et femmes ; une maîtresse pour enseigner les petites filles ; une couturière, une cuisinière, une garde-malade, une chambrière au dortoir des filles et un chambrier à celui des garçons (f" 87-88).
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Les bâdments comprenaieiit une rhapeUr^ des dortoirs pour les filles et les garçons, use infirmerie^ des logemeiits soigoeaseinent séparés pour le personnel des deux sexes et les dépendances nécessaires {f 76). Les le ii ilems recevaient chaque année leurs vêtements : trois cottes-hardies et robes de toile, une robe de drap, deux grands diaperons boutonnés devant, des peliçons et des manteaux pour veiller la nuit, des bottes de feutre et des chaussures (f 80). Les enfants étaient uniformément vêtus de drap gris (fM). Ils étaient instruits par « un bon grammairien et suffisant de vie et mœurs approuvé des maistres auxquelles la cognoissance des escolles de la ville de Paris appartient [f* 5); ensuite ils étaient placés en apprentissage dans la ville. Les grands chantaient l'office canonial avec les prêtres (f 87). — En 1537, il y avait à l'hôpital 43 orphelins grarçons, 65 filles, un boursier au collège de Navarre, deux cappeteSj plus six autres au collège de Montaigu ; 26 garçons étaient à m^tre à Paris ; 32 filles au service ou en métier, et six petits enfants en nourrice au dehors ; trois filles avaient été mariées dans Tannée, avec une dote de 35 livres d'argent (fgo v*). — Comme nous l'avons dit (p. 227), les chapelains étaient alors des frères du Saint-Esprit. L'hôpital fut réuni par Louis XIV à l'Hôpital-Général, le 24 mars 1680 {Recueil d'édits... concernant VHôp. général...^ éd. de 1745, p. 259). Mais il conserva son existence propre jusqu'en 1791. La ville de Paris fut autorisée, en 1825, ^ racheter les bâtiments aux hospices de Paris, pour la somme de 115,585 fr. (Les documents cités dans cette notice ont été copiés aux archives hospitalières de Paris, avant leur incendie, en 1871. — Voy. Inventaire de l'hôp. du Saint-Esprit, par Brièle, 2* éd., 1885.)
PENNE (LA), B. du Rhône. — Hôp. dép. de Marseille (V.), uni à St. Lazare, qui le rendit ensuite. Il est cité dans les bulles de 1291, 1294, 1343 et 1372 (P., p. 443.)
PERTUIS, Vaucluse. — Hôp. et confrérie dép. de Mar-
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seîUe (V.), unis à St. Lazare, puis rendus aux confrères. (P., p. 443).
PEYREHORADE, Landes. — Hôp. dép. de Dijon en 1288 (V.), cité dans la bulle de 1372 ; ses biens étaient, au siècle dernier, entre les mains de plusieurs particuliers.
PEYROLLES, B.-du-Rhône. — Hôp. et confr. dép. d'Aix (V.). Les confrères recouvrèrent leurs biens après redit de désunion (P., p. 443).
PLAGNE, Hte-Garonne. — Hôp. dép. d'Auray (V.) Cité dans les bulles de 1220 et 1291. Le commandeur fut condamné, en 1670, par arrêt du Grand Conseil, à payer le droit de responsion à Tévèque de Césarée (P., p. 437).
POITIERS. — Maladrerie attrib, à l'Ordre {Arch. nat.j s. 4869).
POLIGNY, Jura. — On ne connaît point la date précise de la fondation de cet hôpital ; mais il est à croire qu'elle suivit de près celle de Besançon, car la maison de Poligny était considérée comme la fille aînée de cette maison magistrale, étant nommée la première dans les actes capitulaires et autres. Son premier titre connu est une donation de Tan 1245, faite aux frères et aux pauvres de l'hôpital (Chevalier, II, p. 138). Le recteur était de droit, et depuis un temps immémorial, membre de la familiarité et du chapitre de l'église paroissiale. Les biens de la maison furent de bonne heure assez considérables et les frères et sœurs étaient nombreux dès le XIII* siècle. Nous allons donner la liste des recteurs connus, et rapporter en même temps ce que nous savons des événements qui ont signalé leur magistère.
I. — Frère Arembert de montmoret, le premier recteur connu, vivait en 1299.
F. Pierre de Lyon, recteur de Besançon, s'intitulait, en 1316, maître de Besançon et de Poligny. Il est probable que, élu par les frères de Besançon lorsqu'il était déjà à la
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tète de Polign j, il conserva Tadministration de ce dernier (Voy. A. Castan^ II, p. 195). Un grand incendie, arrivé en 1312, consuma une partie de la ville et atteignit aussi Vhôpital ; mais il fut rétabli promptement (Ms. Chevalier,
III. — F. Etienne d'Arbois, 1327. Nommé à cette date dans une vente faite à Thôpital. Celui-ci n'avait encore ni chapelle, ni cimetière. Le 29 janvier 1336 (vx st.), Tarchevèque de Besançon, après avoir lu les bulles des Papes, confirmatives des privilèges de TOrdre, permit aux frères d'en établir proche leur hôpital, se réservant toutefois d'examiner les raisons alléguées par le curé ou les patrons de Téglise paroissiale, s'ils venaient à faire opposition à sa sentence [Arch. de la maison de Poligny^ p. originale).
IV. — F. Renaud, dit Copenet ou Copenat, cité dans des actes de 1355 et 1364. Marguerite de France, comtesse de Flandre et de Bourgogne, concéda à l'hôpital, en 1372, une rente de quatre chênes à prendre dans sa forêt àeSous la ville [Arch. hôp. de Besançon, chap. I, n* 5). Après F. Renaud, il y eut un intérim, pendant lequel le recteur de Besançon administra l'hôpital, ainsi qu'il résulte d'un acte d'assensement passé en 1379 (Ms. Chevalier, f* 33).