POUILLÉ DES HOPITAUX
Barat, qui aurait demandé, en 1238, des religieux au recteur de Besançon pour la diriger. Nous la trouvons citée pour la première fois dans la bulle de Nicolas IV (1291) et la Visite de 1288. Une bulle d'Urbain V (1363) défendit aux hospitaliers de St. Antoine de troubler l'ordre du Saint- Esprit, et spécialement les religieux de Toul, dans leur droit de faire nourrir par les habitants des villes et des campagnes leurs animaux domestiques, et en particulier les porcs, aux oreilles desquels devaient être attachées des sonnettes [Arch, hôp. de Bes., ch. I, n* 7). En 1368, nouvelle bulle, à la requête du recteur de Besançon, pour obliger les détenteurs des biens de l'hôp. à les restituer [Ibid.). Un riche bourgeois de la ville donna, en 1385, une somme à partager entre les maisons de Besançon et de Toul [Ibid.), Cette dernière était déjà riche et florissante ; elle possédait la cure de St. Amand, qui lui fut confirmée par Clément Ven 1391. Des donations importantes (1386- 1389) vinrent encore accroître ses biens. Cette prospérité lui fut fatale, en lui faisant entreprendre une lutte longfue et désastreuse contre sa maison-mère. Les religieux prétendirent d'abord au droit d'élire leur recteur; les débats {1391-1418) se terminèrent par une bulle de Clément VII, qui partagea le diflFérend en accordant d'une part à Toul l'affranchissement de la visite du commandeur Bisontin et le monopole des quêtes dans les Trois- Évêchés ; mais en l'obligeant d'autre part à payer à son chef une indemnité annuelle de 12 florins. Cette sentence neramena pas la paix. Besançon en rappela de la décision de Clément VII à Martin V et ce pape confirma (14 18) la délibération du chapitre général de l'Ordre, qui replaçait l'hôp. de Toul sous la juridiction du commandeur magistral. Le recteur insoumis fit néanmoins appel (1434) au concile de Bàle, soutenu par la municipalité, et finalement intervint un concordat portant reconnaissance du droit d'élection du recteur par les religieux, mais obligeant le recteur à recon-
naître pour chef le commandeur Bisontin et à lui payer un tribut de 1 5 florins d'or. Mais ces clauses furent désavouées par la communauté turbulente (1435), et les eff'orts pacifiques du commandeur, pour démontrer que sa juridiction ne pouvait que profiter aux intérêts de la maison rivale, échouèrent devant Tobstination des religieux, soutenus par le clergé et le peuple de la ville. Le procès fut donc repris Tannée suivante devant le tribunal suprême de la Rote, à Rome. La sentence ne pouvait être douteuse ; elle cassa la bulle de Clément VII et déclara la maison de Toul dépendance pure et simple de Besançon (1436). Le chapitre général et le pape Eugène IV promulguèrent et homologuèrent en 1437 cette sentence définitive, et les mutins se virent réduits à composer avec Besançon pour les frais énormes d'un procès qui avait duré cinquante ans (1441. - Arch. de Vhôp. de Bes.^ chap. I, n** S***). — Nous avons parlé d'un autre procès engagé au sujet des quêtes (p. 234), de la visite de F. Melchior de la Vallée (p. 267 et sv.) et de la dernière révolte, terminée par la condamnation de la maison, en 1625 (p. 234). — Des lettres patentes de Louis XIII, du 7 mars 1635. unirent l'hôpital au séminaire des Prêtres de la Mission. Deux ans après (17 mars 1637), eut lieu la séparation complète de la mense de l'hôp. d'avec celle du prieuré : les religieux du Saint-Esprit gardèrent leur maison, l'église et leurs dépendances; l'hôpital eut la maison des enfants trouvés. Enfin les deux maisons furent unies, eni7i4, à l'Hôpital Général de la ville. L'ordre de St. Lazare en avait joui pendant vingt ans. — Voici les noms de quelques recteurs: F. Henri de Foug, + 1400.
— F. Jean Colson, 1450. — F. Vaûlthier Louyon, 1468. — F. Henri Argengini, 1474. — F. Thierry, intrus.
— F. Hasson, 1475. — F. Jean Bertin, 1499-1506, — F. Jean Gerrier le Vieux, + 1550. — F. Jean Colard, 1554' -^ F« Melchior de la Vallée, pourvu à Rome en 1 580, ne prit pas possession. — F. Jean Gerrier le Jeunei
arao»! iv^f ^r^A. rM«.. Hb. A* f 21. 41 : G..r 23: lib. 20. f 11 9: 24« r 25.61. 62. 70. — Vojr. l'Abbé G«iQaKMe« Xoticeiur V hospice du Saint-Esprit dé la tilU dé Toml. Ji^^ncv. 1*73 .
TOULOX. Var. — H6p. qui était cooTentori en 12;^ et dost le recteur ocrnima ndait aux maisons àAlbia^ HendaTC. Cuers. et à la confrérie de Garde-Fremet ■ V. . première mention dans les balles est seulement de 1 372. L'hospitalité paraît n'y avoir jamais cessé. En 161 1, les ma^pstrats lui attribuent une donation de 4 écus 2 sols Invent. desArch. communales, p. 73 :en 1638. il achète deux maisons pour s'agrandir Ibid.. p. 89'i. De nombre u ses confréries faisaient leurs exercices dans les environs {Ibid.j Reg. 1604-1690; GG, 10 . L'ordre de St. Lazare ne put se mettre en possession que d'une maladrerie concédée auparai'ant aux Pères de la Merci ; la ville conserva son hôpital du Saint-Esprit, qui fut érigé en Hôpital Général, le 17 juillet 1752 {Ibid.f p. 137;. Depuis longtemps déjà il ne possédait plus de religieux de TOrdre iP., p. 429).
TOULOUSE, Haute-Garonne. — Prieuré hospitalier dont relevaient, en 1288, les hôp. de Busset, Figeac, Tlleen-Dodon et Viterbe. Il est cité dans la bulle de Gr^oire XI (1372). Un inventaire des lieux fut fait, en 1675, par le procureur de St. Lazare ; les capitouls ayant fait opposition le procureur s'appuya sur un extrait du registre du capîtoulat, de 1478, duquel il résultait que les enfants exposés étaient reçus dans les deux maisons de Saint-Jacques et du Corpus Christi du Thaur, ce qui prouvait qu'ils appartenaient à l'ordre du Saint-Esprit (Ar^A. nat.^ S. 4913). L'hôpital Saint- Jacques était appelé aussi l'hôpital du Saint- Esprit. Mais depuis longtemps les religieux ne l'occupaient plus. (Voy. Cat. rom. )
TOURDANT, Isère. Confr. dép. de Vienne (V.)
Son revenu ne fut pas liquidé par Tordre de St. Lazare et
DE l'ordre du saint-esprit 4^1
les confrères rentrèrent en possession en 1696. (P., 446.)
TOUR-DU-BAS (Le Bourg, Mobihan ?). — Hôp. dép. d'Auray (V.), cité en 1220 sous les noms de Hospitale de Turri seu Burgo de Bas. L'ordre de St. Lazare en a joui (P., p. 424.)
TOURS, Indre-et-Loire. — Hôp. du Saint-Esprit, visité en 1288 par frère Monette et cité dans la bulle de 1372. Il était attenant à TEglise paroissiale de Notre-Dame-la- Riche. Une décision des Grands Jours, tenus à Tours en 1543, l'unit à l'Hôtel-Dieu, ainsi qUe les autres hôpitaux et maladreries de la ville. A cette époque, le commandeur était encore un religieux du Saint-Esprit (Ar^/j. nat.^S. 4913 ; P., p. 434.)
TOURUS (Tourves, Var ?). — Confrérie, qui jouissait d'une petite maladrerie ; après avoir payé une rente de 145 1. à St. Lazare, la confrérie et la maladrerie furent unis à l'hôpital du lieu. (P., p. 430).
TROYES. — Le prieuré du Saint-Esprit de Troyes est l'un des premiers de l'Ordre, puisqu'il est nommé dans la seconde bulle d'Innocent III, en 1198. On conserve dans les archives hospitalières de la ville, des titres de donations des années 1203, 1222 et 1228, concernant cet hôpital. Il était conventuel et possédait une double communauté de frères et de sœurs. Son tribut au chef de l'Ordre était de 3 florins d'or. F. Jean Monette y trouva dans sa visite de 1288, plusieurs points de discipline en souffrance. Il procéda à cette visite sur la demande du prieur de Saulx, qui par conséquent en était alors le chef. Voici les noms de quelques recteurs : F. Robert, reçut en 1203 ime maison, meix et jardin sis à Soilloux. — F. Jean Richard, procéda, en 1 32 1 , sur l'ordre du grand maître, à l'inventaire des biens [Arch. rom.^ lib. 21, f* 76). — F. Henri d'Allemagne, 1431 [Ibid., lib. 19, f 3.) — F. Eustache Vercueil, nommé en 1542, résigna sa charge en 1544, en faveur de F. Mathieu le Roy {Ibid.^ l. K, f* 45,99). — F.
^fn focnu MS BoriTAinc
ASTTOIXE TorsJUtT en fat poomi en 1716, parle mandenr de Dijon, frère J. Dopant ; mais il se pot entrer en possession : X\Ap. da Saint-Eqirit. qni a^ait été rénni à rH6tel'Diea^ n*en fut plos séparé fPouilié p. 424 : — D'Arbois de Jobainville. Etudes sur les docuwtents amtérieurs à Vannée 128$, conservés dans les archives des quatre petits hôp. de la ville de Trqjes, Méin. de la Soc. d'Ajrrîc. de TAube, t. XXI. 1 857 . )
TUSSANIlï). — D'après la visite de 1288, lliAp. de Nantes possédait les léproseries de St. Lazare dans la Tilte et de Tussani suprà pontes illiusdem civitatis.
VAL (LE), P.-de-Calais (?) — Hôp. ou confrérie (P., 448).
VAL-SUZON, Côte d'Or. — Hôp. dép. de Saulx (V.).
VAL-DE-VIRE, Manche. — Hôp. dép. d^Aoray (V.).
VALETTE (LA), Var. — Confrérie (P., p. 430).
VALOGXES, Manche. — Hôp. dép. de Coutances (V.), cité en 1220, dans la bulle d'Honorius III en faveur d'Auray. En 1545, le grand maître en pourvut frère Eustache {Arch. rom.j lib. K, f* 146). Après Tunion à St. Lazare, il fut réuni à Thôpital de la ville (P., 424; Arch. nat.j S. 4B41).
VAUCOULEURS, Meuse. — La ville de Vaûcouleurs possédait, depuis Tannée 1 164, une Maison-Dieu établie par Hugues le Blanc, qui en avait confié le soin à Tabbaye de Molesmes. En avril 1270, JeoflFroy de Joînville, seigneur de V., donna aux frères de Tordre du Saint-Esprit de Rome cette maison, avec tous les droits dont elle jouissait. Il y joignit 20 jours de terre arable, 4 jours à planter en vigne et l'autorisation d'acheter 60 jours de terre arable dans le ban de la ville [Arch. nat,, S. 4910). Ce furent les frères de Besançon qui peuplèrent le nouvel hôpital, car cette maison en nomma toujours les recteurs et en recevait un tribut annuel de 4 fr. Le premier recteurconnu estfrèreTmERRY,
nommé en 131 6 dans un acte de visite du recteur de
DE l'ordre du saint-esprit 403
Besançon. Vinrent ensuite : F. Laurent, 1337. L'hôpital jouissait alors d'un revenu de 15 livres de terres, sans compter le produit des aumônes et des quêtes et troncs [Arch. nat., ibid.). — F. Jean Deschamps, 1381. Un mandement de Charles V (mars 1375) apprend que Thôp. fut rasé, à l'exception de la chapelle, et que les murs et fossés de la ville occupèrent son emplacement. Heureusement un bourgeois, Barthélémy Baudar, donna « au maître, frères et sœurs du Saint-Esprit, une place, un jardin et une petite maison situés dans Tenceintedes murs ; » ils y rétablirent Thôp. et une chapelle. — F. Girard Chenus, assistait au chapitres de Besançon, de 1468 à 1488. — F. Guillaume Petit, 1494. En 1498, le produit des quêtes du diocèse de Metz fut affecté par le commandeur de Besançon à la reconstruction de Thôp. de V., détruit par les guerres. — F. Jean Louvrier, 1501, + ap. 1526. — F. Jacques Lou- VRiER, 1542, + ap. 1587. — F. Pierre Louvrier, 1600, + ap. 1630. — F. Jacques Thierry, 1635, en compétition avec Jean Tixerant, chanoine de Vaucouleurs, + 1636. — F.Armand de la Lagne, 1636, nommé par La Terrade ; René et Jacques Garreau, Simon Marotte de Muit, François Barbier, Nicolas Bodin, Bazincourt, Gabriel d'Olivier, furent des prêtres étrangers et intrus qui se disputèrent Thôp., de 1637 à sa prise de possession par Tordre de St. Lazare, en 1673. Rendu à Tordre du St-Esprit en 1693, il eut de nouveau pour recteur G. d'Olivier qui prit Thabit de TOrdre, réédifia les bâtiments et rétablit l'hospitalité. — F. JeanMunier, 1705-17 15. —F. Alexis Perreaud. -tF. Jacques Jacob, i 7 19- i 761. Nous avons raconté la fin de cette maison, dans nos deux derniers chap. (Voy. Arch. de Vhôp. de Besançon, chdip. I, |n'io; — F. de Chanteau, Notice hist. sur Vhôp. du Saint-Esprit de Vaucouleurs, Mém. de la Soc. d'Archéol. Lorraine, t. XXXI, 1881).
VELBTI[7). — HÔp. dép. de Bordeaux (V.).
404 POUIIxé DES HOPITAUX
VESOUL, Hte Saône. — H6p. du Saint-Esprit, sur lequel les renseignements nous font défaut. Le 17 novembre 1544, frère Jean Millet en était pourvu, à la suite du décès de frère Jean Chiillon (Arch. rom.^ lib. K, f* 123).
VIDOUZE, Htes Pyrénées. — Hôp. du Saint-Esprit, appelé aussi Notre-Dame-des-Landes. Il était possédé au XVIP siècle par les Bamabites de Lescar (P., p. 423).
VIENNE, Isère. — Hôp. dont dépendaient les confréries de S. Ferréol, Luzinais, de Putisio^ S. Rambert, Serres, S. Hilaire, Tourdant, Seillans (V.).
VITERBE, Tarn. — Hôp. dép. de Toulouse (V.).
VOIRON, Isère. — Hôp. dép. de Grenoble (V.).