IIO RÉGIME INTÉRIEUR DE L*ORDRE
il n'y a ni ordre, ni unité d'action possibles, et qui exige du religieux le premier sacrifice, celui qui prépare tous les autres, le sacrifice de la volonté propre ; enfin le vœu de chasteté, particulièrement efficace pour mettre en nous Thomme charnel sous la dépendance de Thomme spirituel, créé selon l'esprit de Jésus-Christ, et que Notre-Seîgneur demande d'abord aux âmes qu'il appelle à la perfection.
PAUVRETÉ. — Dans un ordre hospitalier, si la pauvreté la plus exacte n'est pas observée, les soins deviennent promptement intéressés ; le religieux, au lieu de travailler en vue de la récompense éternelle^ se transforme en un simple mercenaire, et n'exerce son ministère charitable qu'en proportion des profits qu'il en attend. Gui le savait: aussi prit-il les précautions les plus minutieuses contre toute espèce de propriété particulière. La sévérité de la règle à cet endroit pourrait même paraître excessive, si l'on ne savait que de l'exacte observation de la pauvreté dépendait, pour une grande part, la réalisation du bien que l'Ordre était appelé à faire dans le monde.
Selon la coutume des ordres monastiques, chacun recevait du caroérier ou procureur ce qui lui était nécessaire, c'est-à-dire ce que l'Ordre avait promis de lui fournir, le vivre et le vêtement. Rien de plus frugal que la table des hospitaliers, rien de plus vulgaire et de plus modeste que leur vêtement. Nul ne devait se permettre de vendre ou d'acheter des vêtements sans le consentement du maître ; un vestiaire commun les fournissait à tous : « Comme vous êtes nourris du même cellier, ainsi vous devez être vêtus du même vestiaire. » Le trangresseur se voyait enlever son vêtement de choix et subissait une pénitence de sept jours, avec jeûne au pain et à l'eau le mercredi et le vendredi *.
Quatre jours de la même peine étaient infligés au frère ou
* Régula, c, LIW,