‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 62 sur 125 · EN FRANCS AU XIII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

EN FRANCS AU XIII* SIÈCLE

suite possession de la maison de Girard d'Arc. L'hôpital du Saiot-£sprit de Gray était fondé. ' »

Poligny dut apparemment aux comtes de Bourgogne sa colonie de frères. La petite ville de Neufchâteau en fut dotéepar son souverain, le duc Mathieu II de Lorraine ( 1 236}. La construction des bâtiments fut terminée seulement en 1361, ainsi que l'atteste une inscription encore conservée. Ces deux maisons devaient avoir, seules, hélas! le glorieux privilège de perpétuer le nom de l'Ordre jusqu'à nos jours.

Ce fut dans les mêmes circonstances à peu près qu'on vit s'élever les maisons hospitalières de Dole, Chaussin ('239)1 Vaucouleurs {1270), Toul (1238), Saint-LiefFroy (1225), les Longeaux ', etc. Toutes ces fondations, effectuées à très peu d'intervalle, témoignent de la faveur prodigieuse avec laquelle l'Ordre fut accueilli dans ces

' J. Gauthier, ibid., p. 1.

* Noos ranvoyons, pour Ici preuves de ces fondations, ainsi que de toates Cfltet qui vonl suivre, aux aoticet Spéciales qui lenniaeat l'oun-tgc.

176 DévSLOPPBlIBNT MBRYllUlinL DB e'OEDRB

provinces et la vitalité puissante de la maison magistrale de Besançon. Cette force d'expansion ne s'arrêtera qu'au XV* siècle, alors que partout ailleurs les maisons encore debout auront grand'peine à se maintenir.

A l'autre extrémité du territoire^ la maison conventuelle d'Auray devient un centre non moins important. Nous ignorons l'année de son établissement ; mais un bref d'Honorius III, du 23 novembre 1220, énumère jusqu^à vingt-deux hôpitaux de régions fort diverses, qui lui devaient l'existence. Au nombre de ces maisons» il faut citer celle de Coutances, fondée au mois de mai 1209, P^ l'évèque Hugues de Morville, avec le concours du chapitre, en faveur des pauvres, des enfants trouvés, des matelots et des pèlerins qu'attirait le sanctuaire du Mont-Saint- Michel '. Cette fille d'Auray devint, elle aussi, le centre d'une province normande d'établissements hospitaliers, grâce au concours de la confrérie de l'Ordre, fondée simultanément pour lui servir d'appui *. Nantes, Saint- Malo, Mayenne, Saint-Girons, Montmorillon, Saint- Jean-d'Angely, Millau, libourne, Bergerac, étaient les principales dépendances d'Auray, tandis que Saint-LÔ et Valognes se rattachaient à Coutances.

Pour suivre un mouvement si puissant et si rapide, il faudrait parcourir la France entière et montrer, au centre, Angers avec ses quinze sufiFragants ; au midi, Aix, Agen, Toulouse, Montauban, Bordeaux, Angoulème, Vienne, Arles, Nîmes, Narbonne, Grenoble, Fréjus, Draguignan, Clermont, le Puy, etc., foyers féconds qui propagent l'Ordre partout autour d'eux. Mais comment énumérer tous ces asiles charitables, qui s'élèvent et germent comme par enchantement sur le sol de la France ? Du nord au midi.

* GaXUa Christ, t.XI^ col. 251, Instrum. XXVII.

> Hist. m de t hôpital de Neuf château, par Tabbé Renard, cbap. VII.

Page 1