EN PRANCB AU XIII* SIÈCLE IJ
nilles ( 1 2 93), dû à la mv nificence de la reine des Deux-Siciles, Marguerite de Bourgogne '.
Au mois de mai 12 15, Henri, seigneur de Fouvent-le- Châtel, donnait au maître de Dijon Thôpital qu'il venait de construire en ce lieu. Dans sa charte de fondation, il abandonne aux frères et aux pauvres de sa maison les meix adjacents ; il leur assigne par chaque année deux muids de grain, moitié froment, moitié avoine; il leur abandonne les langues de tous les animaux qui seront tués dans son bourg ; plus Tusage dans les bois, les champs et autres biens de la terre ; plus deux hommes avec leurs familles, désignés et pris entre ses justiciables; plus les revenus des foires qui se tiendront à la fête des apôtres S. Pierre et S. Paul ; plus les mets et autres restes qui sortent de dessus sa table et de celle de ses successeurs * » . Dans le même acte, Henri de Fouvent ratifie la donation qu'avait faite à la maison de Dijon, au mois de mai précédent, Girard d'Achey, du fief de Diélosse, avec la justice, les bois, terres arables, prairies, four banal et moulin, le tout mouvant de la seigneurie de Fouvent.
On ignore la date précise où Thôpital de Bar-sur- Aube fut fondé : mais ce fut vraisemblablement vers la même époque, car une bulle d'Alexandre IV le cite en 1256. Ces trois maisons n'ont jamais cessé d'appartenir au commandeur magistral de Dijon, qui les entretenait de frères et en nommait les recteurs '.
« Un pieux chevalier, nommé Jean de Montferrand, introduisit à Besançon les religieux de Montpellier et leur assigna, dans le bourg, un vaste terrain, franc de toute servitude On attribue généralement cette fondation à
' C. Dorfflois, Notes historiques sur l'hôpital de Tonnerre, Auxerre, i8n*
* Histoire ms, de l'hôpital de Dijon, par le frère Calmelet, chap. I. — Voy. t^ccj justif., no XI.
' Hist, ms. de Di/on,. chap. I.
174 DiriLOPPiMnrT imtTinxiiix di l'ouio
Tannée 1 203 ; elle est, à coup sûr, antérieure an 30 aoftt 1207, époque précise delà mort de Jean deMontferrand* n: Les comtes de Bourgogne reçurent les frères duSaint-Esprit avec faveur et les dotèrent de privilèges, de rentes et de terres ; mais ce fut surtout chez la classe moyenne, dans la bourgeoisie et la commune* qu'on leur fit le meilleur accueil : « La plupart fils de bourgeois on d^artisans, toujours en contact avec les gens du peuple, auxquels ils se consacraient tout entiers, oesreligieuxmendiants conquirent de suite leurs sympathies, et, chose singulière, dorent à leurs libéralités la plus grande partie de leur dotation *. Cest ainsi que se fonda Thôpital conventuel le plus important de France, siège habituel des visiteurs généraux et gardien, jusqu'à la fin, de la régularité de la discipline, alors que la plupart des autres avaient succombé au relâchement. La maison fut bientôt peuplée d'un grand nombre de frères et de sœurs, heureux de se dévouer à une si belle œuvre ; la noblesse fut prise du même enthousiasme, et le tropplein de l'hôpital de Besançon ne tarda pas à s'écouler non seulement dans toute la Franche-Comté, mais dans les Vosges, la Lorraine et la Suisse romande.
« Un pieux bourgeois de Gray, nommé Grirard d'Arc, fit, au mois de février 1238, donation au Saint-Esprit de Besançon d'une maison, meix et dépendances, situés sur les bords de la Saône, non loin d'une des portes de la ville, entre la rue du Pont, la maison du garde-péche et les murailles de Gray. En reconnaissance de ce bienfait, frère Benoit, alors maître de l'hôpital de Besançon, s'engagea à fournir au donataire, à sa femme et à ses enfants, les vêtements et la nourriture comme aux autres religieux du Saint-Esprit, s'ils faisaient profession dans l'Ordre, soit à Gray, soit ailleurs. » Le recteur de Besançon « prit de
* A. Castan^ Notice sur Vhôpitcd de Besançon, I, p. 162.
* J. Gauthier, Notice sur l'hôpital de Gray, p. 2.