XVIII*-XIX* SIÈCLES J
pourtant plus nécessaire que jamais. Le nombre des enfants abandonnés augmentait dans des proportions efiFrayantes, par suite du relâchement extrême des mœurs, et la plupart périssaient, faute de soins '. Aussi, lorsque sœur Elisabeth Grandvaux, jugeant les circonstances favorables, se mit sur les rangs, en 1795, pour une place devenue vacante à l'hospice, les administrateurs du district s'empressèrent d'apostiller sa demande, et l'administration centrale la mit à la tète de l'établissement, qu'elle servait depuis plus de quarante ans.
Après la révolution, les deux seules communautés dé Poligny et Neufchâteau purent se reformer dans leurs maisons, mais dans quel état d'amoindrissement ! Les trois sœurs de Neut château reprirent solennellement l'habit dû Saint-Esprit, le dimanche 3 mars 1805 et reçurent en même temps plusieurs novices. Ce fut le 10 juin de l'année suivante, que les sœurs Thérèse Parraud et Constance Guyon, seules survivantes de la communauté de Poligny, rentrèrent en fonctions dans leur hospice, devenu asile départemental des enfants assistés.
Restait une grosse difficulté ; il fallait obtenir l'autori-' satiôn gouvernementale, pour le rétablissement des communautés. Ce ne fut qu'après bien des déms^rches, et grâce à l'intervention pressante des évèques de leurs diocèses respectifs, que nos hospitalières obtinrent enfin, le 8 novembre 18 10, le décret impérial qui autorisait leur rétablissement et homologuait leurs statuts, conformes à la règle suivie avant la révolution . Dès lors leur avenir était assuré et elles purent se livrer sans craintes pour l'avenir à leur mission bienfaisante. En 181 2, la maison lorraine
* Le Directoire du district de Poligny proposait à cette situation un remède digne de l'époque: « Puisque Tadoption, disait-il dans son rapport, cette vertu si sublime, n*est pas encore connue et mise en pratique, Topinion ne pourrait-elle donc pas forcer les citoyennes muscadines à prendre soin d'un de ces enfants dès sa naissance ? • Il ne manquait plus que de voir les femmes honnêtes obligées par la Révolution à élever les enfants du libertinage! A/inuaire du Jura, 185^, p. 90.
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comptait déjà sept professes. Celle de Pol^rny fat pins lente à se reconstitiier ; cette année même, la mort prématniée d^ane 8<enr rédoisait à deox religieuses la oommananté ; heorensement, de jeunes postniantes vin rent pr é se r v er c ette maison d'one nouvelle mine.
Cest ainsi que la seconde brandie de Tordre dn Saint- Esprit échappa, bien amoindrie, il est vrai, an nanfrage qui engloutit tant d'ordres anciens et illustres.
Quel était, pendant ce temps^ le sort de nos hApitaux étrangers? Nous aurions voulu pouvoir les suivre jusqu'au moment où les frères et les sœurs du Saint-Esprit en furent déchargés ; mais nos recherches sur ce point sont demeurées à peu près infructueuses. Nous savons seulement que Benoit XIV enleva aux frères d'Espagne, en 1741,1a juridiction sur les sœurs, pour la confier aux évêques * ; ce feût semble indiquer que la branche aînée était alors sur son déclin. Laplupartdes hôpitaux d'Espagne et d'Italie paraissent avoir été gouvernés, dès la fin du siècle dernier, par une administration séculière ; mais l'Ordre en conservait encore quelques-uns au commencement de celui-ci. En Allemagne^ l'hôpital de Memmingen avait survécu à la Réforme. Mais, comme nous l'avons dit, la ville en avait pris l'administration, tout en laissant les frères à la tète du service, avec une mense séparée pour leur subsistance. Le logement des frères ou monastère était situé dans la partie supérieure, et les salles des malades au rez-de-chaussée d'un bâtiment unique^ appelé le grand hôpital. Le recteur fut honoré de la prélature en 1752. La communauté subsista jusqu'en 1803, où elle fut supprimée par suite de l'annexion de Memmingen à la Bavière. L'église sert aujourd'hui de magasin à la douane*.
* Bref de Benoit XIV, conservé à la communauté de Cracovie.
* Renseignements donnés par M. J. Pross, président de VUnion des Anih quaires de Memmingen.