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Quant au chef de TOrdre, il survécut longtemps encore à la ruine de ses membres. Au commencement du siècle, l'administration française avait enlevé au grand maître, comme aux directeurs de tous les hôpitaux de Rome, la direction de Sainte-Marie in SaxiUj pour la confier à une commission centrale des hospices. Ce régime dura peu ; Pie VII rétablit, en 1811, les hospices romains dans leur autonomie. En 1826, sous Léon XII, nouvelle organisation des établissements de bienfaisance ; ils formèrent un seul corps, avec une administration unique et une commission directive, présidée. par le commandeur de Sainte-Marie. Mais nonobstant le zèle déployé par les administrateurs. Pie VIII décréta de nouveau, trois ans après, Tautonomie complète des hospices, et Thôpitaldu Saint-Esprit fut rendu au grand maître. Cet état dura jusqu'à Tavènement de Pie IX. L'illustre pontife crut devoir prononcer. Tannée même de son élévation au trône pontifical (1846), la suppression des chanoines réguliers de Sainte-Marie inSaxia^ derniers survivants de Tordre du Saint-Esprit. Le motif de cette mesure fut probablement le petit nombre des représentants de cet ordre illustre, devenus impuissants à soutenir la charge d'un établissement si considérable. Mais si l'hôpital de Sainte-Marie a perdu le grand ordre qu'il abrita durant tant de siècles, du moins « toutes les œuvres de Gui sont encore aujourd'hui pratiquées dans ses immenses salles, et cet hôpital, le plus vaste et le plus complet peut-être du monde, après avoir été inféodé à des établissements charitables depuis plus de douze siècles, continue et continuera d'être pendant bien des siècles, dit Mgr Gerbet, le majorât perpétuel de la bienfaisance chrétienne*. »
En parlant des maisons étrangères à la France, nous devons une mention spéciale à celle de Cracovie, qui
* Mgr Pauliniery p. 96.
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portage avec Pol^y et Neofdi&teaa le privilège d'avoir sorvéco k tous les or^es. Dès le XVII' aède, les «sors avaient le soin exclusif de l'hôpital, que les relîgîeiix ne faisaient qu'administrer. Elles visitaient aussi les malade» & domicile. Lors de la peste de 1707 et 1708, sept d'entre elles payèrent on tribat héroïque an fléau. En 1741, Benoit XIV les mit sous la jarïdiction de l'évéqne. Le «-awiinai lipski, alors titnl^re du siège épiscopal de Cracovie, leur donna aussitôt pour supérieur un chanoine de son di^itre, homme de grand mérite, et approuva leurs constitutions.
Fig. 10. — Ancien
Mais là -comme partout, le vent de l'épreuvedevait passer. - Au commencement du siècle {1801), le gouvernement s'empara de l'hôpital et interna les sœurs dans un couvent de Carmes, dont il avait expulsé les possesseurs. Bientôt, à la suite des privations de toutes sortes qu'elles endurèrent, le nombre des pauvres religieuses fut réduit et deux; c'était le but du gouvernement, qui les plaça alors, l'une chez les Bernardines, l'autre chez les Dominicaines de. la ville. C'en
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était fait, semble-t-il, de la pieuse communauté. Mais la Providence n'avait permis cette extrémité que pour lui rendre une ^e nouvelle et la fortifier par la tribulation. En 1850, deux saints prêtres, Tabbé Gladysiewicz, admir nistrateur du diocèse, et Tabbé Piatkowski, de concert avec la comtesse Wodricka, formèrent le projet de rétablir la communauté. Le monastère, a£fecté à un hospice de vieillards, étant devenu vacant, fut racheté, et, le 27 octobre 1851, la dernière survivante des sœurs du Saint-Esprit en reprenait possession, accompagnée d'une visitandine et de six jeunes professes, qui venaient d'achever leur noviciat au couvent de la Visitation.* Un saint Jésuite, le P. Buchta, renouvela leurs règlements et établit la clôture. Comme les sœurs ne pouvaient plus se livrer à l'ancienne vocation de l'Ordre, elles obtinrent Tautorisation d'ouvrir une école, qui en peu de temps est devenue un pensionnat très florissant. Elles sont aujourd'hui au nombre de vingt. Un legs important de l'abbé Gladysiewicz, leur principal restaurateur, assure à la communauté un aumônier clîoisi parmi les prêtres les plus méritants, et la subsistandb est fournie par les pensions des élèves et une subvention annuelle de 1000 florins, faite par la ville *.
Achevons d'esquisser l'histoire de nos deux communautés de Poligny et Neufchâteau.
Après le décret impérial de 18 10, qui les replaçait au rang d'institutions publiques et leur assurait, à l'abri des lois, la stabilité indispensable, elles jouirent d'une période de tranquillité féconde. Leurs ressources fort modestes suffisaient à peine à leurs nécessités les plus impérieuses ; mais elles supportaient joyeusement les privations^ du
* Nous empruntons ces renseignements à notre correspondance avec la R. M. Supérieure de Cracovie.
))2 LES SŒURS DO 8AINT-4SPRIT
moment qu'il leur était permis de se consacrer à leur sainte vocation.
Suivant les dispositions de la loi du 17 décembre 1796, les hospices dépositaires d'enfants trouvés ne devaient conserver ces enfants qu'à partir de Tàge de cinq ans, âge où les nourrices les rendaient, jusqu'à douze ans, où ils devaient être placés en condition, à Texception des seuls infirmes. Les sœurs de Poligny ne trouvaient point, dans le soin de ces enfants, un aliment suffisant à leur activité. Elles demandèrent et obtinrent, en 1807, l'autorisation d'ouvrir un pensionnat pour les jeunes filles de la ville et des environs, désireuses de recevoir une éducation plus soignée ; puis^ en 18 10, la même administration, par une dérogation unique en France à la loi de 1796, leur permit de garder les jeunes filles à l'hospice, au lieu de les placer en condition dans les campagnes, au grand préjudice de leur moralité et de leur avenir. Cette mesure, encouragée par le conseil général et les préfets, donna pendant plus de trente ans les plus heureux résultats. L'augmentation des dépenses occasionnées par cette prolongation de séjour était compensée en grande partie par le travail de ces jeunes filles, et le Conseil général, comprenant l'importance morale d'une telle œuvre, votait chaque année des secours à Thospice. Malheureusement les inspecteurs du gouvernement, dans leur zèle pour l'uniformité administrative, voyaient d'un tout autre œil cette situation, qu'ils considéraient comme une dérogation intolérable à la loi ; ils firent tant que le ministre donna ordre, en 1839, de ne conserver à l'avenir aucun enfant au dessus de douze ans. On alla plus loin ; l'hospice fut réduit au rôle de simple dépôt et les enfants de six à douze ans furent répartis entre les hôpitaux des chefs-lieux d'arrondissements. C'était menacer la communauté dans son existence même, en lui enlevant sa principale raison d'être. Il n'était que trop facile de prévoir que si les pauvres religieuses n'avaient pas été congédiées immé-