SOUPIERE EN ARGENT REPOUSSE ET CISELE
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LE XVII Ie SIÈCLE
ment et à l’abnégation de ses sujets. — Il s’en fallait de beaucoup, à cette
époque, que la vaisselle royale égalât, comme magnificence, celle dont Louis XIV avait tiré vanité.
Jamais, si nous en croyons Barbier, Louis le Bien-Aimé n’avait possédé plus de cinquante assiettes d’or1 2 3.
C’était peu pour le premier roi de la chrétienté. On a donc quelque peine à se figurer quelles raisons obligèrent ce roi frivole à recourir à une mesure qui avait déjà si mal réussi à son illustre prédécesseur.
La décision royale, toutefois, ne surprit personne. Près de deux ans avant qu’elle fût rendue publique, on la prévoyait à Versailles, et dès le mois de mai 1738, le duc de Luynes, bon prophète, en consignait l’annonce en ses Mémoires'1 .
Dix-huit mois plus tard,
« les bons citoyens » étaient invités à faire refondre leur argenterie, et en novembre 1759 l’avocat Barbier écrivait sur son Journal 3 : « Mmc la marquise de Pompadour, le maréchal de Belle-Isle, le duc de Choiseul et autres ministres ont envoyé leur vaisselle à la Monnoie, et, à leur exemple, les princes du sang et tous les seigneurs de la Cour se sont disposés à faire la même chose. » Pour stimuler le zèle des courtisans et du public, chaque soir, le roi se faisait présenter