‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 143 sur 154 · Delamarre, Diction, de police, liv. III, tit. I, ch. v · texte numérisé non relu

Delamarre, Diction, de police, liv. III, tit. I, ch. v

Seau à rafraîchir, en argent repoussé el ciselé, par Pierre Germain, dit le Romain.

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citer les fondeurs Le Blanc et Duplessis, les ciseleurs Mondon, Chancelier, Prieur, Dèlarche, Hervieux et, plus tard, l’illustre Goulhière, que s’adressèrent les orfèvres parisiens du siècle dernier pour leurs ouvrages de grand prix. C’est grâce à eux que notre Orfèvrerie nationale acquit une réputation de finesse et de beauté qu’on eût vainement cherchée autre part1.

Plus lard, quand de nouvelles catastrophes eurent amené de nouvelles refontes de l’argenterie, c’est encore par ces artistes éminents que la renommée de la main-d’œuvre française fut soutenue. Ils embellirent l’orfèvrerie plaquée, fourrée ou doublée, de façons extrêmement soignées.

l’or de Manheim, qui, traités avec une habileté rare, furent pendant quelque temps estimés presque à l’égal des métaux précieux. Sur la liste des cadeaux remis par Louis XV à l’ambassadeur turc, Saïd-Méhémet pacha, nous voyons figurer « deux grands brasiers de similor ». Leur choix, dans une circonstance aussi solennelle, suffit à nous révéler quel prix on attachait, grâce à la perfection du travail, à ces objets en métal relativement commun. La ressource qu’offraient ces alliages fut alors d’autant plus appréciée, que la monarchie française traversait encore une crise, dont le contrecoup allait se faire sentir dans le domaine de l’orfèvrerie.

En 1759, Louis XV, aux prises avec des difficultés financières sans cesse renaissantes, réduit aux expédients et se conformant aux déplorables exemples que le Grand Roi, son aïeul, et le Régent lui avait légués, envoya à son tour son argenterie à la refonte et crut devoir l'aire appel au dévoue-

\. « La perfection à laquelle on a porté le travail de l’Orfèvrerie parait soumettre tous les bijoux de l’Europe à passer par les mains des ciseleurs fixés en grand nombre sur ce quai. » (Mercier, Quai des Orfèvres, dans Tableau de Paris, t. XI, p. 137.)

Nef en or du roi Louis XV, d’après un dessin de Meissonnier.

Ils exécutèrent des montures de bronze doré d’une ciselure si parfaite, que les plus illustres amateurs, le duc d’Aumont, Randon de Boisset, M. de Julienne, Mme de Mazarin et, plus tard, la reine Marie-Antoinette, n’hésitèrent pas à leur donner une place d’honneur au milieu de leurs plus précieux joyaux. Enfin, toujours ingénieux, ils inventèrent ou perfectionnèrent certains alliages à base de cuivre, et imitant l’or ou l’argent, tels que le tombac, le similor, le pinchbec,

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