Barbier, op. cil., VIIe série, p
Pot à oille en argent repoussé et ciselé. Modèle dessiné par Meissonnier.
Pot à oille en argent repoussé et ciselé. Modèle dessiné par François-Thomas Germain.
HISTOIRE DE E’ORl'EVRElïIE FRANÇAISE
la liste des dévoués sujets qui avaient livré leur argenterie; « en sorte, ajoute Barbier, que les gens en place ne peuvent guère se dispenser à prouver,
par ce sacrifice, leur soumission à Sa Majesté et leur zèle pour le bien de l’État ». Louis XV lui-même envoya en deux fois 5,400 marcs. « Ainsi, cela est très sérieux », dit notre avocat, qui nous apprend encore, à la date du 11 mars 1760, que « l'invitation avoit été étendue aux Communautés régulières et séculières». Louis le Bien-Aimé
Soupière en argent repoussé et ciselé. pliait à «'oublier personne1.
Cette refonte n’eut pas pour effet immédiat, comme le supposait Barbier, de ruiner le corps des orfèvres2, mais bien de réduire encore le nombre déjà si limité des pièces d’argenterie ancienne. Le peu qui nous est demeuré fut sauvé par quelques récalcitrants qui cachèrent prudemment plats, soupières et pots à oi lie, et firent étalage de porcelaine, car il n’était guère « possible de se servir de la vaisselle d’argent, surtout en assiettes, quand les princes, les plus gros seigneurs et les, gens en dignité étaient réduits à manger sur de la vaisselle de faïence ».
Quelques pièces furent préservées par ordre même du roi ; c’est ainsi que Louis XV détendit à la dauphine de sacrifier sa garniture de toi-
lette, qui était d’une exécu- Petite soupière en argent repoussé et ciselé,
lion merveilleuse. Ajoutons
que le principal résultat de cette refonte inopportune fut de provoquer, dans le style de l’argenterie de service, une véritable révolution.
Puisque tout était à refaire, et qu’une fois le sacrifice authentiquement