‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 147 sur 154 · Barbier, Journal, VIIe série, p · texte numérisé non relu

Barbier, Journal, VIIe série, p

2. « Cette aventure va ruiner tout le corps des orfèvres et ôter le pain à tous les ouvriers et artistes qui en dépendent, et en même temps va enrichir toutes les manufactures de faïence et de porcelaine. » (Ibid., id., p. 201.)

LE XVI I Ie SIÈCLE

accompli, chacun avait hâte de se remeubler de vaisselle plate et montée, on était en droit de souhaiter d’être au moins servi au goût du jour. Le

temps n’était pas loin où Mercier, en veine de philosophie eL d’austérité, allait poser à ses contemporains cette grave question : « Faut-il donc que la vaisselle soit de l’orfèvre à la mode et qu’on refonde tous les ans son argenterie? 1 »

Une décoration nouvelle surgit donc tout naturellement de cette destruction générale, décoration au choix de laquelle la favorite du jour ne fut certes pas étrangère. Mme de Pompadour, en effet, qu’on est habitué à considérer comme l’inspiratrice du style baroque, bien qu’il lui soit sensiblement antérieur, ne fut point aussi entichée de l’ornementation rocaille que certaines personnes affectent de le croire. Lorsque la belle marquise arriva à la faveur, — on pourrait dire au pouvoir,

— Meissonnier et Oppenord avaient jeté tout leur feu.

Déjà, nous venons de le voir, on commençait à se fatiguer de leurs gracieuses incohérences, et la maîtresse du roi aimait trop la nouveauté pour essayer d’enrayer un si beau mouvement. Elle se fit, il est vrai, la protectrice de Carie Vanloo et de Boucher; mais elle prit pour maître Girardon ; et le graveur Guay, qui travailla sous son inspiration, professait pour l’Antiquité un respect tout spécial.

Plus tard, lorsqu’elle voulut former son frère à la surintendance des Beaux-Arts, elle choisit pour le guider un archéologue, l’abbé Leblanc,

Seau à rafraîchir, composé par J.-A. Meissonnier.

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