‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 152 sur 154 · BOUILLOIRE A THÉ STYLE LOUIS XV · texte numérisé non relu

BOUILLOIRE A THÉ STYLE LOUIS XV

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M. Froment-Meurice fils avait, lui aussi, pour cette solennité, demandé à des statuaires réputés de lui prêter leur concours. MM. Carlier et

Lafrance avaient travaillé pour lui, alors que MM. Gilbert et Récipon modelaient pour la maison Odiot le fameux surtout de Flore et Zéphire. De même, à l’Exposition de 1889, l’évolution singulière qui ramena l’orfèvrerie française au style rocaille fut en quelque sorte présidée et dirigée par M. Joindy; et nos grands orfèvres, les Bouin-Taburet, les Boucheron, les Têtard, les Aucoc, les Bachelet, les Fray, les Debain, etc., comme leurs aînés, les Christofle et les Froment-Meurice, n’hésitèrent pas à mettre à contribution le talent éprouvé de Récipon, de Pyat, de Caméré, de Maillet, de Moreau-Vauthier, de Chevillard. Parfois même l’originalité de ces artistes resta si vibrante que l’œuvre demeura leur, malgré le nom de l’orfèvre devenu son parrain. Telles sont celles que Wechte a repoussées et celles aussi que Levillain et Garnier ont modelées.

Ainsi, bien peu d’orfèvres contemporains ont réalisé ce desideratum vanté par les critiques de nos jours, qui consiste à exiger d’un artisan qu’il exécute lui-même intégralement son œuvre. Presque seuls, en notre temps, les frères Fannière ont cherché à vivre exclusivement sur leur propre fonds, modelant, fondant et ciselant leurs beaux ouvrages; aussi sont-ils moins considérés comme de véritables orfèvres que comme de précieux artistes. A leur suite, il convient de placer Jules Brateau, dont certains ouvrages méritent également une mention toute spéciale. Enfin, il n’est pas jusqu’à l’orfèvrerie religieuse qui, dans les ateliers de Poussielgue- Rusand, à Paris, et de Callial, à Lyon, n’ait repris pieusement les traditions du Moyen Age, en y ajoutant des qualités de pondération et de symétrie que celui-ci avait dédaignées et dont la Renaissance a pénétré nos artistes.

Aiguière de parade en argent.

en argent fondu et ciselé, exécutée par les frères Fannière.

Mais si la verve créatrice ne peut pas être considérée comme une des caractéristiques de l’orfèvrerie contemporaine, l’habileté prodigieuse de l’exécution, la finesse et la perfection de la main-d’œuvre suffisent à assigner à notre époque une place tout à fait à part dans l’histoire des arts industriels. Il n’est, en effet, aucune pièce ancienne que nos fondeurs et nos ciseleurs ne soient en état de contrefaire; aucun chefd’œuvre, de quelque époque il puisse être, qu’ils ne soient capables de recommencer. Sous ce rapport, les Expositions de 1878 et de 1889 ont été particulièrement édifiantes. L’abus qui se fait de celte habileté dans le commerce de la curiosité, pour l’être beaucoup moins, est également fort instructif.

Salière en argent fondu et ciselé, exécutée par MM. Fannière frères.

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