Meddices au nombre de deux : Planta, n
7. On trouve deux meddices à Messana (n. 1) et à Velitrae (n. 6), deux meddices atici à Corfinium (n. 3), deux meddices Pompeiani à côté d'un meddix tuticus à Pompéi (p. 289, n. 2), deux meddices decetasii h côté d'un meddix degetasius ou decetasius à Nola (p. 289, n. 4). Dans tous les autres exemples, le meddix apparaît comme agissant seul.
8. Cette distinction, n'est pas admise par M. Mommsen (v. notamment Unterital. Dialekte, p. 278, et C. J. L., X, p. 306). Mais elle a été soutenue par M. Beloch. Campanieny pp. 243. 315-316. Italische Bund, p. 169, à l'aide
ITALIE MÉRIDIONALE, MBDDIX 291
ble des fonctions des magistrats * qu'ils conservent probabled'arguments qui ont notamment convaincu M. Huelsen, Pauly-Wissowa, Realencyclopàdie, III, p. 1437, v. Campania, pour la Campanie et M. Gonway, Italie Dialecls^ I, p. 51, pour la fédération distincte de la vallée du Sarnus. Pour reconnaître dans le meddix tuticus un magistrat mis à la tête d'un groupe de villes campaniennes et distinct du meddix propre de Capoue, on peut invoquer d*abord la mention faite par Tite-Live, 24, 19, du meddix tuticus de Fan 540 Cn. Magius Atellanus qui paraît être plutôt un certain Cn. Magius originaire d'Atella, qu'un personnage portant le cognomen d'Àtellanus ; puis l'épithète de Capuanus donnée par une inscription de Capoue (p. 289, n. 1) à un meddix probablement pour le distinguer du meddix général. On peut expliquer par la supposition de ligues symétriques auxquelles auraient appartenu Bovianum vêtus dans la montagne et Pompéi sur la côte les inscriptions mentionnant dans le second lieu tantôt le meddix tuticus et tantôt les meddices Pompeiani (p. 289, n.2), dans le premier tantôt le meddix tuticus et tantôt le meddix tout court (p. 290, n. 2). Et il faudrait môme alors considérer les meddices de GorOnium comme des chefs supérieurs du môme genre, dans les traductions de M. Bréal et de M. Gonway. Mais, ainsi que le remarque M. Gonway, cette conception est aujourd'hui un peu contrariée par l'inscription du meddix tuticus Capuanus (p. 289, n. 1) ; on peut ajouter qu'elle s'accorde mal avec l'hostilité des Romains contre les ligues de villes alliées (Mommsen, Droit public, VI, 2, p. 293), et que la diversité d'attributions des meddi-^ ces ne se manifeste guère dans les exemples de leur activité de la p. 291, n. 1. 1. Eq matière militaire, on peut relever une certaine obscurité. Le système suivi à Gapoue dans les années qui se placent entre la bataille de Cannes et la prise de la viUe par les Romains porte bien à croire que le meddix tuticus était à la tète de l'armée en temps de guerre comme à celle du peuple en temps de paix ; au contraire il paraît y avoir eu, en Lucanie et à Messana, à côté des magistrats civils, des meddices, un magistrat spécial nommé en temps de guerre comme le dictateur romain, que Strabon, 6, 2, 3, désigne du nom de roi pour la Lucanie et Diodore, 22, 13, de celui de préteur, de orpocnr/oç, pour Messana. Mais ce serait sortir de notre cadre que d'étudier ce point d'organisation militaire. En matière civile, on voit, sans grande distinction de catégorie, le meddix tuticus, le meddix degetasius et le meddix tout court exercer tous les pouvoirs qui sont ceux de la magistrature supérieure, ainsi conclure des conventions au nom de la cité (meddix degetasius : Nola ; Planta, n? 127, convention entre Nola et Abella commentée par Buecheler, Cammentationes Mommsenianae, pp. 227-241), faire des dédications aux dieux,construire des temples ou d'autres édifices religieux [meddix tuticus : Bovianum vêtus, Planta, no» 189.190 ; meddix : Antinum, Planta, no 242; meddix Capuanus : Gapua, Planta, no 140 ; Tncdrficcs : Messana, Planta, n» 1. Velîtrae, Planta, n® 240 ; meddices degetasii : Nola, Planta, n»* 124. 125), probablement offrir des sacrifices au nom du peuple {meddix: Gapua, Planta, n»» 133. 134.135) ; affermer des travaux {meddix tuticus : Bovianum vêtus. Planta, n» 192. Pompéi, Planta, n*» 34. 35. 36. meddices atici: Corlinium, Planta, n** 851), en recevoir livraison (meddix tuticus : Bovianum vêtus, Planta, n» 162. Pompéi, Planta, no* 34. 35. 36. Herculaneum, Planta, n» 117 ; meddices Pompeiani : Pompéi, Planta, n« 28 ; meddix : Bovianum vêtus. Planta, n» 185), prononcer des amendes (meddices degetasii : Nola, Planta, n" 124. 125) et en employer le produit (meddices degetasii: Nola, Planta, no» 124. 125). Ils possèdent l'éponymie à Capoue (meddix tuticus : Planta, n©» 134a. 137 ; meddix : Planta, no» 131. 132. 136) et sans doute ailleurs (Planta, n© 19a). En revanche nous ne croyons pas qu'on puisse voir un témoignage direct de leur juridiction civile
292 CHAPITRE III. — DES LOIS LICINIENNES AC DÉBUT DU Vil' SIÈCLE
ment, comme les magistrats romains du temps de la République, pendant une année '.
Au reste il n'y a guère de milieu où Ton puisse mieux que dans cette portion de l'Italie, discerner l'imitation, volontaire ou imposée, des institutions romaines qui, en venant renforcer les similitudes primitives, effaça peu à peu les originalités locales. On vient de voir que le meddix unique mis seul à la tête de l'administration fut çà et là remplacé par deux meddices organisées en collège à la façon des magistrats de Rome. II a aussi été remarqué qu'à Capoue, où cela peut à la vérité tenir à d'autres causes, Tite-Live représente les procès civils comme renvoyés à des jurés conformément à la distinction romaine Amjus et dujudicium*. On pourrait sans doute encore décou-
daos un texte de Tite-Live, 23, 4, 3 (p. 292, n. 2), que l'oa considère souTent comme relatif au meddix tuticus de Capoue. Mais si on remarque que le droit d'amende appartient à la justice pénale et que celui de recevoir des travaux eotraîue la juridiction administrative, on a tout au moins des vestiges de leur juridiction en matière péuaie et administrative et elle résuite encore plus manifestement en toute matière de la qualité générale de magistrats supérieurs investis de la plénitude de Tautorité publique qu'ils ont dans tous les lieux où on les rencontre, sauf à Capoue pour laquelle il faut peut-être, précisément à cause de cela, admettre des règles spéciales (p. 303, n. 5).
1. Cela résulte pour Capoue à la fois de la relation de Tite-Live et de leur éponymie et tout porte à croire qu'il y a là une règle générale.
2. Tite-Live, 23, 4, 2-3, dans un tableau des flagorneries du sénat de Capoue à l'égard de la plèbe locale durant la période qui s*étend de la bataille du Lac Trasimène à la bataille de Cannes : Hinc senatores omissa dignitatis libertatisque memoria plebem adulari : salutare, bénigne invitarej adparatis accipere epulis, eas causas suscipere^ ei semper parti adesse, secundum tant litemjudices dare, quae jnagis populans aptiorque in volgus favori conciliando esset. On a traduit plus d'une fois les mots 23, 4, 3 : Secundum eam litemjudices darCf comme si la lis et les judices étaient donnés par le magistrat de Capoue, par le meddix (v. par ex. Mommsen, Droit public, VI, 2, p. 195, n. 1). Mais cette interprétation ne nt>us paraît admissible ni quant à la langue ni quant au fond des idées. Grammaticalement le membre de phrase doit s'entendre, comme les précédents, des senatores mentionnés au début de la phrase, qui, en qualité de judices, avaient à dare Utem. Au point de vue du fond, dans la procédure des Actions de la loi, c'est, depuis que cette procédure est divisée en deux phases, le juge seul qui dal, addicit Utem aux parties (v. par ex. la disposition des XII Tables, 1,8, p. 88, n. 2 ), tandis que le magistrat ne peut dare que les vindiciae ou le judex (p. 18^ n. 2), tout au plus addicererem^ reum quand il n'y a pas de lis (p. 18, n. 2). Ce que le texte prouve donc, c'est que les sénateurs de Capoue tranchaient les procès civils en qualité de jurés. Mais cela laisse ouverte la question de savoir si ces procès étaient organisés in jure par le meddix tuticus ou par les praefecti judiciaires de préteur de Rome.