II. — Le roi y honneurs, pouvoirs
III. ~ Exercice fait par le roi, de ses attributions en matière judiciaire. Lieu : comitium, tribunal, sella curulis. Temps : calendrier de Nu ma. Compétence : absence de délimitation, de délégations forcées ; matières criminelles : origines du système des délits publics ; matières civiles : procédures extrajudiciaires, introduction de la procédure judiciaire, sacramentum.
L'aspect le plus ancien sous lequel nous apparaisse TËlat romain est celui de la ville royale avec son chef unique, son conseil des anciens et son assemblée du peuple {rex, senatuSj comilia) *. C'est là qu'il faut d'abord étudier l'organisation judiciaire de Rome.
A la vérité, le cadre théorique ainsi tracé n'est que d'une exactitude relative. Les institutions n'ont jamais de commencement absolu ni d*époque de flxité parfaite. Rome a, durant la période de la royauté, subi des changements dans sa constitution aussi bien que dans son étendue et, au moment où s'ouvre cette période, des siècles de vie juridique se sont déjà écoulés.
1. On ne peut pas contester qu'il y ait eu à Rome, avant l'établissement de la République, une période plus ou moins longue de gouvernement royal. Le rex sacrorum, chargé dans les temps historiques des fonctions religieuses du roi disparu, et Vinterrex, appelé alors à prendre le pouvoir au cas de vacance, ne peuvent s'expliquer que par là. V. par exemple, Mommsen, Droit public, Hl, pp. 2 et 3. Il n'est pas plus douteux que le sénat et les comices remontent au temps des rois. Les comices les plus anciens^ les comices par curies correspondent à une constitution purement patricienne de l'État qui est déjà probablement modiBée à l'établissement de la République. Le sénat est aussi rattaché solidement, en particulier par les variations du chiffre de ses membres (p. 5, note 2), à l'histoire de la royauté.
La Rome royale, dominée par le Capitole, dont l'enceinte légale, le pomerium ne fut pas élargi depuis l'expulsion des rois jusqu'au temps de Cornélius Sulla, la ville des quatre régions * est vraisemblablement le produit d'une fusion
1. Les quatre re'gions, les quatre quartiers entre lesquels la ville est restée répartie jusqu'à Auguste et qui existent déjà à la fondation de la République, sont : à rOuest, la re^to Palatina^ constituée par le Palatin, à l'Est, la re^io QuirinaliSy comprenant le Quirinal et le Viminal, à TEst encore la regio Esquilina^ constituée par TEsquilin, puis enfin la regio Suburana, composée du Caelius au sud et devant lui de la bande de terrain qui s^étend entre TEsquilin et le Palatin. L'enceinte de la ville, son pomerium (v. en sens divers sur la signification exacte du mot, 0. Richter, Topographie der Stadt Rom, 1889, pp. 749-750; Mommsen, Rômische Forchungen, II, 1879, pp. 23-41 et Droit publiCy I, p. 72, n. 1 ; Detlefsen, Hermès, XXI, 1886, pp. 504 et s.), englobait en outre au Nord le Capitole qui ne Taisait partie d'aucune des quatre régions, mais qui portait sur ses deux éminences (arx et Capilolium) la citadelle et les temples de la ville unifiée. Le principal document sur la ville des quatre régions est un passage de Varron, De L L., 5, 41-54, reproduisant, avec certaines lacunes, un tableau de vingt-sept Argeorum sacraria, c'est-à-dire des vingt-sept sanctuaires mêlés à la fête des Àrgei, fête en deux parties où, après une première cérémonie, probablement une procession de sanctuaire en sanctuaire faite les 16 et 17 mars, on jetait dans le Tibre le 4 mai des mannequins d'osier appelés les Argei et représentant sans doute des prisonniers grecs antérieurement sacrifiés en réalité à la même date. Cf. H. Jordan, Topographie der Stadt Rom im Alterthum, II, 1871, pp. 237-290; Th. Mommsen, Droit public, VI, 1, pp. 137-141 ; 0. Richter, Topographie, pp. 730.754. 755 ; Wissowa, dans Pauly-Wissowa, Realencyclopàdie, II, 1895, v. Argei, pp. 689- 701. On a longtemps considéré cette cérémonie comme remontant, de même que la ville des quatre régions dans laquelle se trouvent ses sanctuaires, à l'époque royale. M. Wissowa nous paraît avoir établi que c'est au contraire un rite étranger à l'ancien culte national et introduit sous l'influence hellénique, probablement à la suite d'un oracle sibyllin, vers le temps des Guerres puniques : le chifi're vingt-sept, qui concorde fort mal avec une division en quatre, est en revanche un des chiffres favoris des livres sibyllins, dans les cérémonies desquels on rencontre aussi, comme dans la fête des argées, les vestales et le préteur ; à l'inverse, les deux fêtes ne figurent pas dans l'ancien calendrier, où les jours qu'elles occupent, au lieu d'être des jours d'expiation désignés par la lettre N, sont, le premier un jour faste, le second un jour de fête joyeuse et le troisième un jour comitial ; enfin et surtout, tandis que l'ancienne religion ne connaît pas de fêtes célébrées un jour pair ni deux jours de suite, on rencontre dans les trois jours de cette cérémonie deux jours pairs et deux jours consécutifs. Mais la valeur topographique du document, t^ue M. Wissowa conteste^à un autre point de vue, reste à notre avis, intacte, puisque la division en quatre quartiers n'a été modifiée que par Auguste. — C'est, croyons-nous, une erreur de confondre cette enceinte avec la muraille dite de Ser. Tullius qui en diffère lopographiquement et chronologiquement et dont la construction n'a d'ailleurs pas modifié les divisions administratives delà ville. L'enceinte de Servius, dont il subsiste encore des ruines connues, au lieu de suivre à l'Est les inflexions du Quirinal et de TEsquilin, en reliait