‹ Histoire de l'organisation judiciaire des RomainsChapitre 64 sur 179 · V. lap. 114, n · texte numérisé non relu

V. lap. 114, n

3. L*emploi fait pour les quaestores urbani de deux noms difTërents, tirés l'un de leurs attributions répressives et Tautre de leurs attributions financières, •constitue sans nul doute Je meilleur argument du système qui considère les quaestores parricidii et les quaestores aerarii comme deux autorités distinctes (p. 116^ n. 2). Cependant la singularité diminue un peu, nous semble-t-il, si on remarque que Pusage des deux termes peut avoir été successif et non simultané. Le nom des questeurs de Vaerarium n'apparaît, à notre connaissance, que -dans des documents d'une époque où les fonctions de magistrats criminels des

questeurs étaient rejetées au second plan par l'importance croissante de leurs fonctions financières et même commençaient à être écartées par Tintroduction >de la procédure des quaestiones. Le premier texte qui désigne les questeurs par une qualification tirée de leur rôle financier est la lex repetundarum de 631-632,qui parle, ligne 68, du questeur auquel aerarium provincia obvenerit^ .peut-être ailleurs dans la partie mutilée de la ligne 70,du quaeslor quei aerarium provinciam obtinebit. On retrouve ensuite le questeur quei aerarium provineiam obtinet dans la loi agraire de 643, ligne 46, dans la loi de Sulla sur les questeurs, lignes 1.2. Le nom officiel de quaestor aerarii Satumi ne se rencontre que sous TEmpire, après la réforme de Claude (C. LL.,VI, 1403. XI, 6163).

4. Varron, 5, 81, les représente comme ayant eu dès le principe les deux ■ espèces de fonctions. Pomponius,qui considère les guoestor^s aerarit et parri*

cidti comme distincts (p. 116, n. 2), rapporte, D.,1, 2, De 0. J., 2, 22. 23, la . création des premiers avant celle des seconds.

vement et surtout n'a-t-elle pris une netteté juridique que depuis le jour où les questeurs sont devenus des magistrats électifs, indépendants des consuls par leur origine *. Elle a eu pour effet de donner aux questeurs les clés du trésor public enfermé dans les caves ou la cella du temple de Saturne qui avait été élevé dans les premières années de la République au pied du Capitole' et par suite elle leur a donné virtuellement du même coup juridiction sur toutes les dettes et les créances publiques de numéraire. Car, l'Etat, représenté par ses fonc-

1 . En admettant même qu'ils aient dès auparavant joué un rôle de payeurs en face des consuls réduits à celui d^ordonnateurs, leur contrôle a dû devenir beaucoup plus sérieux et ils ont dû être beaucoup plus portés à soumettre leurs scrupules au sénat depuis qu'au lieu d'être nommés par les consuls, ils sont devenus des magistrats électifs. On se reportera, pour leur condition générale et leurs insignes, aux pp. 118-120. Mais c'est ici le lieu de remarquer que, tandis que leur qualité d'anciens agents subalternes des magistrats supérieurs les empêchait d*avoir des licteurs et des faisceaux, les besoins de Tadministration du trésor ont conduit à leur donner tout un personnel d^employés el d'hommes de service en particulier de comptables, de garçons de caisses et de crieurs. Ce sont les trois décuries de scribes des questeurs — scr(tfra«) libr(arti) q{uaestorii)IH dec(uriarum) ; scr(ibae) litr(arii) q(uaestorii) abaerario III dec{uriarum), — la décurie des viatores quaestorii ab aerario et la décurie des praecones quaeslorii^ auxquelles s'ajoutaient sans doute encore un certain nombre d'esclaves publics (esclave public promotus ad tabulas quaestorias transcribendas dans les actes des Arvales de l'an 155, C. I. L., VT, 2086, ligne 64 ; v. aussi Vactor publicus de Tacite, Ann., 2, 30. 3, 67). Cf. fMommsen, Droit public, I, pp. 397 et ss. 413, n. 4 et 5. 417, n. 2. 397, n. 2. De Ruggiero, Dizionario epigraficOf I, pp. 305-307. Les décuries de scribes, de viatores et de praecones des questeurs apparaissent déjà comme pleinement organisées dans la loi de Sulla sur les questeurs (Girard, Textes, pp. 57-59) et •leurs origines doivent remonter k un passé fort reculé. M. Mommsen, Droit public, I, p. 402, considère même les scribes des questeurs comme ayant déjà existé au temps où les questeurs étaient de simples agents des consuls librement choisis par eux et, en fait, ce sont ceux des appariteurs des questeurs qui se rencontrent les premiers dans les textes. Mais du reste il n'y a, pour aucune des trois catégories, de témoignages sérieux appartenant à notre période. Les documents relatifs aux esclaves publics employés par les questeurs sont, on Ta vu, du temps de l'Empire.

2. Cf. de Ruggiero, Dizionario epigrafico, v. Aerarium, I, p. 300 et ss. Kubitschek, dans Pauly-Wissovira, v. Aerarium, I, p. 667 et ss. Le temple de Saturne, dédié d'après une tradition en l'an 253 de Rome, d'après une autre en Tan 257, a toujours occupé sensiblement le même emplacement où l'on voit

• encore ses substructions el huit colonnes d'une restauration récente, dans un lieu abrité, derrière le Gapitole el dans l'intérieur des murs. Cf. Jordan, To;jO{;ra/}^ig, I, 2, pp. 360-363. De Ruggiero, Dizionario, I, pp. 185-186; Thédenat, Forum, pp. 126-131. La légende représente l'avoir métallique du peuple comme y ayant déjà été déposé par Publicola (Flutarque, PopL, 12).

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