‹ Histoire de l'origine, des progrès, et de la décadence des diverses factions qui ont agité la France depuis le 14 juillet, 1789, jusqu'à l'abdication de Napoléon (volume 2)Chapitre 15 sur 15 · NOIES · texte numérisé non relu

NOIES

dont les autres exploits ont bien quelques droits aussi aux réclamations de le Courbe et de tant d^autres, je demanderai ensuite comment on refuse Part des retraites à Thomme qui ne dut qu*à la plus habile des manœuvres de ce genre le gain de U bataille d'Austerlitz, à Thomme qui dans la campagne de Wagram ne sauva son armée d^une destruction inévitable que par Pétonnante retraite de Lobau» à Thomme dont Tarmée harassée par la campagne de Dresde et les défections de Leipsill, traverse encore sons ses ordres une si grande portion de la Germanie et fait payer si cher aux Bavarois dans la journée de Hai^nau l'audace qu'ils ont de vouloir Tarréter. N'écrivons jamais l'histoire pour flatter les haines. L*étude qu^il ma fiftllu faire pour décrire les factions, m'a trop appris toute la frivolité de ces hommages indirects. Quand )in homme comme Bonaparte offre à l'historien une si grande moisson de reproches à lui faire, ayons la décence de respecter ses qualités. L^historien ne doit jamais écrire pour faire haïr, mais pour faire connaître. Une qualité de moins n'est pas un crime de plus. Bonaparte connaissait Part des retraites ; il les méditait pour tontes les batailles, même pour celles qu'il était moralement sur de gagner.

Peu de jours après son retour de Marengo, il vint à la première classe de l'Institut National. Il était membre de cette classe. Il entra seul, et prit modestement sa place. La séance n'était pas levée. Les sciences se respectèrent ; pas le moindre mouvement. La lecture d^un mémoire ne fut pas même interrompue. Après la séance, plusieurs membres l'entourèrent. Le célèbre astronome La Lande, un peu bizare quelquefois, lui dit, vous avez gagné une belle bataille,' mais vous lui avez donné un vilain nom. Marengo! Cela n'est pas poétique. Les poètes vous en voudront. On rit de cette bovtadc, et cela mit la conversation sur cette bataille, A divers^

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questions qu^on lui fit, il présuma sans doute que Pon était curieux de tenir quelques détails de lui même. Il ne se fit pa» presser, et n^usa ni de mor^e ni de réserve. Il parU avec bon hommie des obstacles qu^il avait éprouvés pendant la journée et des talens de son adversaire. Enfin quand il approcha du dénouement, j'ai remarqué, dit-il, dans toutes les , batailles où je me suis trouvé, que le général qui met le pre-' mier ^ reserve en mouvement est presque toujours battu. Je manœuvrai longtemps pour amener Mr. de Mêlas à faire marcher la sienne. Il s'y décida enfin. D^ que je vis son mouvement ; je m'habillai (ce furent ses propres termes. Comme ils me parurent singuliers je les notai sur le chsunp. Voulait* il dire que le moment décisif approchant, il se revêtit de son uniforme de général pour être mieux apperçu du soldat) la division Desaix approchait. Je la formai ; j'ordonnai à Rochambeau de charger cette colonne qui avait quelque chose de celle de Fontenoy. Il Tentama, et vous savez le reste. Mais pendant le jour, je doutai quelque fois de la bataille. £t si vous l'aviez perdue, général ? lui dit Mr. de la Grange. En ce cas, répondit-il, je me retirais pendant la nuit à telle position, qu*il indiqua sur une carte qui se trouva là par hazard.- Là j'attendais Mr. de Mêlas qui m'eut suivi, et le lendemain j'étais sur de le battre. Mais enfin, ajouta ton, si la fortune eût encore trompé votre espérance ? — ^Eh bien! ne me restait-il pas les Alpes ?

Il ne négligeait donc pas les retraites, comme on- voudrait le foire croire. Et ce peu de mots prouve suffisament qu'il s*en occnpitit avant délivrer bataille.

(x) LoL chronique scandaleuse n'a pas épargné ce Pape quand il. vint en France à la grande joye des vieilles femmes et pour le divertissement du peuple. Il était parent du Pape Pie VI Br^chi. On prétendit que religieux du Mont Cassin^

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V^bbé de ce monastère Pavait pour qitelques fredaines loBglenipe reteaa à Vinpace; que Braschi, pour le soustraire à b jaridiction de Tabbé» l'avait mnamé Evêqiie, et- que bientôt «près pour se soustraire lui même aux importuaités d'uae dame, il l'avait nommé Cardinal, et vingt autres fables de eette .espèce. ^

. (y) Quelque temps après l'explosion, un homme égaré peut- Itre par la peur, ou peut-être aussi guidé par quelques inèc»* tiens perfides, passa i toutes jsmbea dans la rue du Cocq St Sonore, en criant. Quel McUheurI Lb Consul a péri. Cette rue n'ét^t pas très éloignée du lien où l'événement s'était passé, les habitans étaient déjà iniormés qu'il ne lui était ar* fivé aucun ssaU Ils sortirent presque tous de leurs bontiques, et sf^mrent cet homme dont les cris imprjjidens avaient excité leur colère, et pensèrent lui fiiire un mauvais parti. La garde survint et le leur enleva.

C;0 On SQurit de pitié toutes les fois, pat exemple, que les journaux français se mêlent de parler de l'Angleterre ! Ils s'imaginent que c'est à Londres comme dans leur Paris ou le Biinistére possède une armée d'espions, disséminée dans toutes 4fs maisons, dans tous les cafés» dans toutes les promenades^ dans tous les spectadbs^ et que lé gouvernement peut au gré de ses caprices tourmenter les citoyens. Meàsieurs les français ! ici un citoyen est un être sacré, fii par malheur on l'arrêtait, il faudrait qu'à l'instant on le représentât mort on vif au pre* mier juge qui le réclamerait, et le ministère réuni ne sauverait pas la désobéissance du supplice quelle aurait méritée» On ne connait ici ni patrouilles pour le bon ordre ni bayonnetes pour l'esclavage. La loi est plus forte que les bayonnetes, et les Watchman avec leurs bâtons sont plus puissans que cent patrouilles. Messieurs les journalistes français étudiés donc l'An* gleterre avant d'en parler. Ne vous assimilés point aux jonr-

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naux Anglais, Ge serait le ]^ot de terre contre !• pet de fer. Il» n'ont pas besoin de caresser tons les partis peur se procutef des abonnés. Quelle analogie y à t-il entre un Journal deê Débats^ et le Times^ le Corrier^ le Moming Chranicfé? Cewi ci sont des hommes d'un grand caractère, importans dans l'état» dont l'opinion fait autorité, qui n'ont point d'abonnés, né s'abaissent pas à en désirer, mais que l'Angleterre entière vient chaque matin consulter sur ses intérêts, et qui tranquille» avec quarante et cinquante mille livres sterling de revenu, devraieit bien rendre aux journalistes français le service de leur apprendre comment on rend cette profession estimable.

(') Cela donna lieu à une scène assez plaisante. Le consul dans un moment d'humeur dit au ministre, de la police: n'est-il dond aucune moyen de châtier, de punir ces brouillons à .tonsure? j'^ai votre affaire, répondit le ministre. A cette époque la police avait fait saisir l'édition entière d'nn ouvrage <de Pigault le Brun, intitulé Le Citateur. Voltaire n'a rien produit de plus plaisant ni de plus satirique contre les prêtres. Dès le même jour l'édition fut mise en vente ; l'ouvrage fut réimprimé plusieurs fois, on le vendit, on le donna, on le distribua avec profusion. Les prêtres furent livrés à la nuir lignite publique. Quelque uns des plus fanatiques tels que le prêtre Foumier^ le prêtre Gveravd^ furent envoyés pour trois mois à Bicêtre. Mais que font ces leçons ? Les prêtres ne changent pas. Ils épient, ils attendent les circonstances. Ils profittent de la foiblesse on de l'aveuglement de ceux qui gou- Tcment. Ils recommencent sur nouveaux frais. Il est douteux cejpendant qu*on puisse parvenir en France, de longtemps du moins, quelque dévêt que pût être un gouvernement quelconque, à remettre le peuple sous le joug des pr^es et des moines. Il y aurait aussi peu de prudence à le tenter que de saine philosophie à l'exécuter.

(>) Les gens de lettres distingués, les artistes les plus reeommendables furent Tobjet de ses tracassaries. Un seul peintre, uti sculpteur, un architecte tenaient le des chez lui et tout s''y prononçait au gré de leurs petites jalousies. Il aimait les tableaux, lés statues, il en achetait beaucoup, mais non pas à des artistes française. Il affectait de les dédaigner, et un mauvais tableau Italien lui paraissait préférable à un chef d'oeuvre de David, de' Gérard, ou de Giraudet. Canova était pour lui le premier sculpteur du monde, dans une ville où vivaient encore Chaudet, Moite et Pajou. Je crus un jour que la décence exigeait que je lui envoyasse le manuscrit de Véloge du Général Jouhert que quelques jours avant j'avais prononcé au Louvre. Le remerciment de cet envoy fut la suppression d'uiie petite pension de mille écus que le ministre François de Neufchateau avait daigné accorder à mes longs travaux. L'excellence me fit dire que l'économie Ty contraignait ; et le même jour il la donna à un misérable bouffon dont le talenf était de marcher à quatre pâtes pour faire rire monseigneur.

(») La calomnie dira que cet éloge est intéressé. La calomnie mentira. C'est son usage. Depuis le mois de Mars 1814, les mers me séparent de la Cépède. Malheur à celui qui consulte les circonstances pour rendre justice à ses amis. Si l'éloge que l'on en fait les surprend dans l'infortune, tant mieux, il les console. S'il les trouve dans les grandeurs, tant mieux encore, il prouve que les grandeurs ne les ont pas fait dégénérer. La perfidie dira c'est la reconnaissance qui Ta inspiré ; oui sans doute la reconnaissance, parce que ' le plus grand des bienfaits est l'amitié du plus digne, du plus vertueux, du plus recommendable de tous les hommes. Mais du reste, où sont les honneurs qu'il appela sur ma tête. Depuis cinquante ans je sers la France de mou sang, de mes travaux, de mes talens ; depuis cinquante ans bien des gouTememens m

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font succédés en France. Il n'est pas nn seul qui ait pay4 mes' services. Mr. de la Cépède me sapposa assez :de philosophie pour me juger indiffèrent aux récompenses. Je PaToue à ma honte il se trompa ; et quand j^ai tu prodiguer la décoration à tant d'ennemis de la France, il m'était bien permis dft me dire, pourquoi donc, ses amis sont ils oubliés 2

O Plusieurs personnes en Angleterre que j'ai trouvées bien instruites sur plusieurs autres fûts, m'ont paru convaincues que Ton avait accéléré la mort du Duc d'Ënghien à Tinscu de. Tempereur, et qu'informé qu'il avait demandé de le voir, il avait donné ordre qu'on le lui amenât ; mais que le ministre de la police lui avait repondu : qu*il n'était plus temps.

(^) Rarement il balançait pour se déterminer à une action quelconque; mais une fois son parti pris, ij ne prenait jamais la peine d'attendre. Il falait que l'exécution de sa volonté succédât à l'instant à la naissance de cette volonté même* Un jour il travaillait avec un de ses ministres. Apparemment quelqu^obstacle l'arrête. Il réfléchit, et tout-à-coup ; mettes TOUS là, lui dit-il, en lui montrant un bureau et une chaise, mettes vous là et écrives. Il se figurait sans doute qu'en sonnant pour faire entrer un secrétaire c*eut été perdre trop de temps. Le ministre d'état est assis, l'empereur dicte, quoi ? une lettre à l'Empereur d'Autriche. L'écriture du ministre n'est pas belle. Elle le devient moins encore sous la dictée; ils se pressait pour ne pas ûiire attendre l'empereur, qui souvent préférant telle expression à telle autre faisait raturer la phrase. La lettre est terminée. A peine est elle lisible. Le ministre croyait qu'elle serait copiée. L'empereur s'^approche, prend la plume et signe. — Ployés et cachetés î — Mais Sire, elle n'çst p^ lisible. — Il faudrait — non non. C'est bien comme cela. Il se la fera lire. Le paquet est fait. Il ouvre le porte du cabinet. — Un tel. C'est un aide de camp qu'il ap-

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prfe. TetiéB. Prenës ce paquet. Un courrier, à Vieime. Toat oe la fut Tafiaire d*an quart d'heure. Cette rapidité dan# Ift détermination, ce besoin impérieux d'être obéi sans délai, cette impatience contre les retards se retrourent même dans ses moindres actions. C'était par orgueil que Louis XIV, ne voulait pas attendre, et Napoléon par esprit de domination. Il s^irritait de ne pouvoir *faire obéir le temps. Un JQur, Louis Xl'T, avait demandé ses voitures pour telle heure. Elles aj^ rivèrent à l'heure dite. Il descendait déjà, et touchait la der^ niére marche du grande escalier de Versailles quand elles «^arrêtèrent au bas du Perron, " J'ai feilli attendre," dit-il avec fierté. Napoléon demandait les siennes deux heures d'»vance. Non dans la crainte d'attendre, mais pour faire attendre le temps. Dans Pun et dans l'autre ce sont des traiti^ de caractère, Louis XIV eut cru sa dignité blessée s'il eut attendu, et Napoléon son autorité compromise.

8a brusquerie, ses emportemens dans des momens semblables, ont donné lieu quelque fois à des scènes tantôt touchantes, tantôt bouflfones. L'emploi de ses secrétaires intimes était de tous les esclavages 'tS plus insupportable. Le jour, la nuit il iallait être là.- Sommeil, repas, santé, fatigues, rien n'é^ tait respecté. Une minute d'absence eût été un crime. Amis, plaisirs, spectacles, promenades, repos; il &Ilait renoncer à tout. Le Baron de Maineval, le Baron Fain en ont fait la dure expérience. Mais aussi une confiance sans bornes, jamais la plus légère apparence de soupçconer leur" discrétion, et une libéralité vraiment royale. L'un et Pautre mèritoieiit cette confiance. Un jour l'empereur sort'à deux heures. Cest à la chasse qu'il va. Il sera quatre heures absent. Cela est probable. Il en était ainsi souvent Maineval calcule. C'est le jour de la fête de son père. Il peut s'éloigner du palais quelques instans. Il a fait Tacquisition d'une petite maison.

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Ceei un cadeau qu^il veut faire à ce père dieri. li faat lui e« porter le contrat. Ce sera son bouquet. Il part. Toute m £uniUe était rassemblée. Que de caresses. On le^ voyait ai rarement* Le bouquet est donné. La joye augmente. Ob va se mettre à table. On le .presse. U reâne. L^empeieiur peut rentrer^ me demander.-:-^!! ne se £ftch«ra pea. Tu nt f éloignes jamais. Les instances redoublent. Il cède enfin» le temps est si r]4>ide quand on est au milieu des objets qui noua sont cher&

entendant Tempereur revint, et plustèt même qu'à Tordis naire. En entrant dans son cabinet — Maineval. Qu'on Pap* pelé. On le cherche* on ne le trouve pas. L^impatience prend. — ^£h bien ! MainevaL On n'Ose avouer son abscence* Mais à la longue il £iknt bien s^y résoudre. Maineval rentM enfin. L^empereur vous a demandé, lui dit«on. Il est iftché. Tous est perdu se dit MainevaL II se bazarde ce* pendante II se présente. La brusquerie fut t crible. — D^oà venés vous ? allez vous en. Je n^ai p»8 besoin d'hommes qui ne sont pas à leur devoir. Maineval tremblant se retire. Il ne* dormit pas de la nuit. [1 voyait ses espérances trompées tes services perdus, sa fortune manquée. Cette nuit fut cruf^ ^lle. Cependant le jour vient. Il réfléchit. Ce n^est pas ua ^mgé formel qu^il ma donné. Il s^habille, et se rend au oa^ binet de l'empereur à Pbeure ordinaire. Quelques instant après Pempereur entre, le regarde, ne lui parle pa», écrit ub billet, se lève, se promène. Maineval coutinue le travail qu^il ^vait commencé et ne lève pas les yeux, L^empereur les nmins derrière le dos s^arrête devant lui, et brusquement hd dit: quVvez vous ? Est ce que vous êtes malade ? — Non^ ffi^e^ répond timidement Maineval qui se lève pour répondre.--^ Asseyez vous. Vous êtes malade. Je n^aime pas qu^on mente» Je veux le savoir^ — jëiire, la crainte devoir perdu les bontés d*

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votre majesté m^a ravi le sommeil^ il eet possible que sur nul figure»... — Où étiés vous hier? parlez donc Oïl étiés vous? Maineval lui raconte avec simplicité les motiiî» de son abscence. J'ai cru que cette petite maison ferait plaisir à mon père. Sa tendresse trop reconnaissante à exigé de mon respect le sacrifice de quelques monens, et je me suis oublié. — ^Et^.oA avez vous pris Targent pour acheter cette maison? — Sire,

Je l-ai économisé sur le traitement que votre majesté daigne m'allouer. L^empereur après Tavoir regardé fixement pendant quelque- minutes, lui dit : prenez du papier, écrivez." L'intendant de ma liste civile payera ou porteur la somme de, quatre vingt mille francs. Donné au palais des ThmlerieSf le, etc. Il prend le billet et le signe. — ^Mettes cela dans votre poche, et travaillons. Lé ton fut plus doux. . Le brusquerie avait cessé. Il n'en fut plus question.

Voici encore un mot de caractère, mais plus plaisant D prenait beaucoup de tabac, ou pour mieux dire il perdait beaucoup de tabac. Un matin il était seul dans son cabinet* ' Il sonne. JY'tais de service. (C'est le valet de chambre qui ma rapporté Panecdote que je laisse parler). Il sonne. J'entre. Il était assis devant son bureau. Il écrivait. Il sonne une. seconde fois. Il ne m'avait ni vu ni entendu entrer. Pour qu'il m'appercût, je prononçai le mot: Sire. Sanô cesser d'écrire, sans lever les yeux sur moi, il dit simplement: du ^abac. Sa tabatière était sur le bureau. Je. la prends. J'ouvre une en coignure on l'on serrait/ le flacon au . tabac II était excellent. Je crois l'empereur occuppé. Je remplis sa taba*. tiére. Je juge apropos de remplir aussi la mienne.. Apparemment que quelque malheureuse glace me vendit. — Eh bien î ce tabac ? finirés vous ? Il avait pris sa voix ^sichée. Je fis un •aut de frayeur, heureusement il avait le dos tourné. Je serre vite ma tabatière dans ma poche, et lui présente k sienne—*.

Sire, Toici. • . . — Imbécillc, me dit-il brusquement en me Parrachaat presque des mains, quand on vole, il faut être alerte. £t il continua d^écrire. J'eus bien peur; mais le conseil mç fit rire.

(«) Voici un propos assez gai de Napoléon à ce sujet. Le Maréchal Duc de D. s^entretenait en présence de Pempereur avec quelque autres officiers généraux. Ils vantaient la bonne conduite des simples soldats devenus légionaires. J^en conviens, dit le maréchal, mais c^est dommage que Ton en rencontre si souvent d'ivres dans les ruels. — Mr. le Maréchal, dit Napoléon, savez vous la différence qu^il y à entre eux et nous ? CTest qu^ils s^ennivrent avec du mauvais vin ; et que nous nous ennivrons avec du bon. L'^observation était plaisante dans la bouche de Pempereur qui ne buvait que de Teau, et qui parlait à celui des maréchaux qui passe pour boire le mieux.

Ç) Il en était de même à peu près dans toutes les circonstances. £n général il aimait que Ton satisfit à Pinstant aux questions qu^il faisait ; et il eût préféré, je crois, que Ton eut répondu à peu près, plustôt que de chercher un léponse exacte. Il gardait le souvenir de ceux dont les promptes reparties Pavaient toujours satisfait. Par exemple il venait souvent au musée. Il s^y plaisait. Mon fils s^y trouvait constament. Sa place dç secrétaire général lui en imposait le devoir. . Peu d^hommes ont la mémoire plus locale. L^empereur ne lui épargnait pas les questions, et la réponse était prompte. Un jour Pempereur se trouvait dans la galerie d** Apollon avec Murât, le célèbre Visconti, et quelques autres personnes. Sans doute que leur isntretien roulait sur le prix de transport qu^avaient du coûter les monumens cédés par les traités de Tolentino et de Campo Formia. L^empereur et Murât différaient d^opinion. Un moment, dit Pempereur, vous allez savoir si j^ai raison. La YMée mon fils approche. Combien les monu^nens d^I-

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talie ont-ils conté de transport? — Quatre cents et quelques lùiUe livres, Sire. (Tétait à peu près la somme que Tempereut avait déterminée, dans sa conversation avec Murât. — Eh bien ! Vous voyez que j^avais raison. Et se retournant vers Yisconti ; cela est singulier, lui dit-il, ce jeune homme est le seul que je n^ye jamais pu trouver en défaut.

(*) Il avait joui à Boulogne d^un triomphe qu'aucun général de Tantique Rome, dans les plus brillantes époques de la république, ne reçut jamais. Que dis-je? Darius, Xercés, le superbe Antiochus, ne furent jamais Pobjet d^une fête, d^une solemnité plus capables d^enfler leur orgueil. Je veux parler de la distribution des croix de la légion au camp de Boulogne.. 81 jamais il fut pardonnable, à un homme de s^ennivrer de puissance, et de se croire au dessus de Thumanité, ce fut sanss doute à lui dans cette circonstance. Il annonça que tel jour, iE. distribuerait lui même les décorations à Tarmée. Les maréchaux des logis choisirent un emplacement convenable. Une plaine, d^une superficie un peu raboteuse cependant couronne la. côte de Boulogne ; elle se trouve un peu au de là de la porte^ qui conduit à Calais. Cette plaine, d^où Ton découvre parfiûtement la mer et même les côtes d'Angleterre quand I^ teioips est serein, est elle même entourée à son horizon par de» coteaux assez élevés, sur les quels Tarmée était campée ou Itaraquée, en sorte que cette plaine est pour ainsi dire Pimttense arène de cette espèce de cirque formé par la nature. Ce terrain parut le plus convenable pour la cérémonie que Pempereur se proposait. Diaprés les ordres donnés, on apporta de Paris tous les ornemens nécessaires, et d'habiles ouvriers fu* rent envoyés à Boulogne pour exécuter les travaux. Le Baron Denon, directeur général des Musées, si célèbre par son excellent voyage en Egypte, par ses connaissances dans les beaux arts, ni par son goût exquis, s'y transporta lui même pour len

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diriger par ses conseils. Sur Tan des tertres les plus élevés de cette plaine, dont je parlais tout à Pheure, on construsit une estrade colossale, à la quelle on parvenait par deux rampes de cinquante degrés et dont la façade de forme circulaire comportait un égal nombre de banquêtes, destinées aux personnes de la cour invitées à cette cérémonie. Sur cette estrade on plaça le trône, élevé lui même sur vingt un gradins. Le «iège de ce trône était celui dont on s^était servi au couronement de Dagobert 1er. en 622, c^est à dire près de douze cents ^ms avant. Une aigle d'or, d'une énorme proportion, soutenait dans ses serres le baldaquin de ce trône» dont le dosier était fonné par des milliers de drapeaux conquis sur les ennemis depuis la guerre de la révolution; des faisceaux de piques, des troj)hée8 d'armes de tout genre accomps^gnaient ce trône, et supportaient les draperies de velours dont-il était décoré. L'or enrichissait ces ornemens, et rehaussait encore la magni* ficence des tapis, dont les marches du trône et l'estrade entière étaient recouvertes. Du haut de cette estrade, on dominait, non seulement sur la plaine, mais encore sur la ville de Boulogne, sur le port, sur l'immense océan, on pourrait même dire sur la flotte Anglaise et les côtes Britanniques que l'état du ciel permit d'appercevoir tous le jour. On accourut de plus de cent lieues pour assister à ce spectacle^ Tous les archevêques, tous les évoques, tout les fonctionaires publics, que rémpereur avait décorés de l'aigle, y vinrent pour prêter le Serment. Les ministres, les grands de l'état, les ambassadeurs étrangers, les princes de la famille impériale, tous s'empressèrent de s'y rendre. On eut craint de ne pas y avoir été apperçu. Le jour de la cérémonie, l'armée entière descendit dans cette plaine, et cent mille hommes de toute arme «e formèrent en demi cercle autour de ce trône. Les généraux, les jgrands, les magistrats occupèrent les banquêtes de l'estrade,

disposées en amphithéâtre. Lorsque l^empereur parut debout sur les marches du trône, il fut salué par les acclamations de. Tarmée, et par une salve de cent et un coups de canon. Il régna pendant tout le jour un veut de Nord Est violent qui fiir tigua les spectateurs, mais le soleil ne fut point obscurci. L^em- . pereur avant de s^asseoir prononça un discours de quatre.phrases. Quand il le veut, son organe est fort et sonore; et ce discours fut entendu à une très grande distance. Un spectacle vraiment étonnant fut celui du serment prononcé par Tarmée. Cent mille soldats, décrivant une courbe de deux lieues, les bras tendus vers le héros qui les fit vaincre tant de fois, remplissant les airs de leurs cris d^allégresse, agitant leurs armes dont réclat étincelait au loin sous les rayons du soleil, les fanfiires des musiques de tous les corps, cette multitude de tambours dont le roulement formidable se prolongeait dans Te^pace, cette foule innombrable de peuple répandue dans la plaine, garnissant la cime et la croupe des coteaux éloignés, mêlant sea vœux à ceux de Tarmée, la flotille tout-à-coup pavoisée et couvrant ie port du mobile émail de ses mille couleurs, les canons de tous les forts, de toutes les bateries, £ûsant tressaillir la plage par le bruyant éclat de leur détonations redoublées, la flotte Anglaise enfin toutes voiles dehors que le besoin d^observer raproche, et dont la présence ennemie ajoute ua si grand caractère à cette cérémonie guerrière; voila le tableau impossible à décrire qui tout-à-coup se déroula sous les yeux, et vii^ frapper tout à la fois Tame, le cœur et Timagioation. Tous les •oldats, nommés membres de la légion vinrent recevoir la croix des mains de Tempereur. Les décorations lui étaient pré« sentées par le grand chancelier dans le casque de Bayard et sur le bouclier de Dugueselin. Idée in^énieuset II adressa la parole à plus de cent légionaires. Son inconcevable mémoire lui rappelait leurs traits et les balallies oii il les avait vu#

combattre. On ne régalera janiaifi dans Part de flatter le soldat* ^ près la distribution. Tannée mit plusieurs heures à défiler devant lui, et ehaque corps en passant caressa son oreille par Pexpression de son amour. Le soir en 'rentrant dans son camp ]*armée trouva des rafraichissemens nombreux. Les prince« de la famille, le major général, les colonels de la garde, les officiers généraux en chef, les grands officiers de la maison^ eurent le soir des tables de cinquante à cent couverts, où tous les étrangers furent appelés. Un feu d^artifice superbe, une illumination générale terminèrent cette journée. Tune de oelles peut-être où Napoléon ait le mieux senti toute rétendue et tous les charmes de la puissance.

(*) Le nombre des batailles que Napoléon « gagnées pendant sa vie militaire, et celui des combats partiels on il s'est trouvé, est prodigieux ? Que seroit ce donc si Ton y ajoutait celui des victoires remportées par des généraux de la république, où par des lieutenans de Bonaparte. Un homme que Ton n'aurait pas prévenu, croirait, si cette liste lui tombait sous la main, croirait, dis-je, parcourir le relevé des actions de dix siècles. Un jour un méchanicien habile me pria de le présenter à Mr. le Comte de la Cépède alors ministre d'état et grand chancelier de la Légion d'honneur. Cet artiste lui Roumit le modéls d'une pendule qu'il se proposait d'exécuter. Elle devait avoir «ix pieds d'élévation, et ii la destinait peur un palais quelconque, celui de la légion par exemple. Le mécanisme était trèfs ingénieux et la décoration extérieure noble et simple. Au nombre des détails capables d'ajouter à Tinterêt qu*offirait cette machine, toutes les vingt quatre heures à minuit une renommée soulevait un voile, et laissait appercevoir pendant tout le jour suivant et la date et le nom de la bataille qui depuis le régne de Napoléon s'était donnée ce jour la. L'artiste au jaême instant montra une liste de trois cent soixante cinq ba»

tailles. Le miailtre lui dit alors : Et au bout de Taoïiée, lar pendule recoBunenoe. Oh! Monseignear, reprit Partiste en riant,"' j'en ai de rechange pour trois ans. La gloire sourit Mais si la philosophie réfléchit, qoe dira telle ? Quelles consolations donnera t-elle à l'humanité ? J'aurais voulu que cette pendule eût été exécutée, qu^une loi eut obligé Napoléon de \e visiter tous les matins, et de se dire tous les jours, voila ce que j'ai coûté.

C'^) Quoi que puissent avancer ou supposer les écrivains de circonstance, il est certain que la conscription si justement odieuse par Pépouventable abus que Ton en a fait n^a presque point trouvé d^opposîtion parmi la jeunesse, qui seule cependant en était la victime. A peine hors de leur village, le préjugé de la gloire reprenait son empire, le gaieté succédait à l'attendrissement des adieux, et ces jeunes gens au bout de quelques lieue;9 a^étaient plus que des soldats. Après la bataille de Lutzen, un général étranger disait à un général français, en parUnt de la manière dont quelques bataillons de sa division s^étaient battus: Quel art ave£ vous donc en France pour former des hommes? On prendrait ceux-ci pour de vieux soldats. Et Ton aurait misoo, répondit le génénA français. 11 n^y à pas un de ces hommes qui n'ait six semaines de service.

(") Cette opinion sur les dattgers du régime militaire n^a Commencé à prendre faveur aupi^ de quelques écrivains français, que depuis que la politique anglaise s^est introduite dans notre manière de raisonner sur la liberté publique. Certes le r%ime militaire» tel qu^on Tentend en Angleterre, est biea le plus funeste de tous $ mais il m^a semblé que Ton y détache toujours le soldat de la masse des citoyens, et qu^alora on ne voit plus en lui qu'un instrument obéissant à la voix du de^ot* isme, s^il était possible qiie ce dénir de puissance absolue se glissât sur U trône. On sent qu'en eui^Kisant au soldat cet

aveuglemeal servile, si l'on permettait à l'autorité de se servir de son assistance la liberté serait bientôt perdue, que la présence des bayonnettes intimidant les législateurs il n^y aurait plu8 de loix que celles commandées par le caprice du maitre, et que la liberté de tous serait constament compromise par la possibilité qu^un seul homme aurait de la ravir à chacun en disposant à son gré de la soldatesque. Ainsi on entend en Angleterre par régime militaire à peu près ce que nous entendons en France par ville en état de siège. En le considérant sous ce point de vue, toutes les nations conviendront que TAngleterre ^st autorisée à ne reconnaitre dans un gouvernement de c« genre que le dernier degré de l'esclavage. Aussi les précautions qu'elle à pris pour que ce régime ne s'introduisît janoais chez elle sont extrêmes. Non seulement le parlement, en réduisant à six mille hommes le nombre de trente miUie Qu^après la paix Guillaume III voulait garder sur pied à . ^^use de Tattitude hostile que conservait Louis XI Y, avertit P^r là ses successeurs de ne pas se bazarder à une tentative I^careille ; non seulement un acte du parlement a déclaré que J^.inais aucune troupe étrangère ne pourrait être employée dans 1^ intérieur du royaume; non seulement le licenciement de ^^ armée de terre ou de mer succède toujours à Tinstant de la ^^onclusion de la paix; mais encore on peut dire que pour '^.néantir ' totalement Tinfluence du soldat, on a triomphé même "^^n Angleterre de la nature, en donnant aux imaginations une <^atre direction que celle qu^elles en reçoivent partout ailleurs, ^n sorte qu^à Londres un constable avec une simple baguette de ^eux pieds dissipera dans Tinstaut un atroupement populaire €}»! se rirait des bayonettes d^un bataillon; et que Ton est parvenu à rendre dans le peuple la crainte de désobéir à la loi plus forte que celle d'être sabré. Jamais dans Londres une patrouille armée ne veillera 1^ nuit k la tranquilité publique^

Des hommes qui n^ont diantre défense qu*uii bâton pt dont remploi est d^annoncer Theare dans les quartiers qui leur sont assignés suffisent à la police de cette ville immense. Ils contiennent, ils arrêtent au besoin les perturbateurs ; il est rare qu^on leur résiste. Ces hommes vont toujours seuls ; on les rencontre à chaque pas quand il s*agit de proclamer rheurei quand ils se reposent, leurs petites guérites sont au coin de chaque rue; et.s*il arrive qu'ils ayent besoin d^ètre sonteni», ils agittent une cresséle, et soudain dix de leurs compagnons accourrent. On voit par là combien en Angleterre on a redouté rintervcntion du militaire, même dans les circonstances qd partout ailleurs semblent nécessiter plus particulièrement ss présence. Il en était de même en Hollande, quand elle était république. Le soldat y était sans autorité. Mais cela partait d'un autre sentiment. Le dernier porte-fiiix d* Amsterdam se considérait comme supérieur à un général. Il disait froidement, je le paye^ donc je suis son maître. Alors on conçoit comment ces deux peuples, quoi que guidés par des principes diiférens, doivent regarder le régime militaire comme le plui grand ennemi de la liberté. En France il nVn .est pas de même. L'intérêt du soldat est inséparable de Tinterèt national ; avant la révolution même, quand le mode de recrutement ne rendait pas la composition des militaire^ subalternes aussi pure qu^elle Pest aujourd'hui, il n'eût pas été facile encore à Pautorité d'abuser de l'obéissance passive du soldat, pour diriger sa force contre les citoyens^ L'époque de quatre vingt neuf est un exemple de la vérité de cette assertion. Ce% troupes nombreuses que la cour avait rassemblées autour de Paris furent nulles pour ses desseins, et la majeure partie passa dans les rangs du peuple au lieu de le combattre. Mais aojourd'hui le danger est bien moins grand encore. La cour tfcrjption n'a rempli les cadres que de fils de citoyens, upf^^^

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im jour à être propriclaîres et k exercer les droits de leuri pères; et le moyen le plus sur de dissoudre ou du moios de désorganiser l'armée serait de lui commander un acte arbitraire ou véxatoire contre le peuple ; car il faut bien distinguer Tusage que Ton fait de la force armée pour maintenir la tran* qiiilité publique d'avec celui que Ton en pourrait faire pour servir le caprice ou la vengeance d'un despote, et Ton ne peut pas dire à coup sur que le premier de ces deux emplois que l'on peut faire du soldat soit une conséquence du régime militaire, à moins que Ton ne soit parvenu comme en Angleterre à imprimer au peuple une sorte de dédain pour le soldat dans les réunions tumultueuses ; résultat que l?on ne pourait obtenir en France parceque l'opinion sur l'état militaire n'est pas la même. Ainsi tout s'y rattachant à ce penchant général pour la gloire militaire, toutes les institutions, tons les systèmes d'éducation, tous les monumens pouraient être marqués de ce sceau^ sans que l'on pût dire que la nation gémit sous le régime militaire ; et il y aurait peut-être beaucoup plus de danger à détruire cette opinion qu*à la laisser agir dans son entier ; on ne heurte jamais impunément le caractère d'une nation. ' En Angleterre on provoquerait l'insurrection en voulant faire prévaloir la gloire militaire 'sur les autres genres de gloire; en France on la provoquerait incontestablement en voulant la faire descendre au second rang. La -philosophie, les lettres^ les sciences, les arts, le commerce, diront ; c'^ un préjugé. Soit : mais du moins il est respectable, parce qu'il repose sur im sentiment d'honneur; et l'on ne combat que bien faiblement un préjugé dans un pays où les hommes de toutes les professions sentent que le maintien de ce préjugé tourne toujours à la gloire de leurs enfans.

(^') Le Général Junot, comme militaire, jouit longtemps de 4a confiance de l'empereur. Il était extrêmement brave. II

474 NOTM.

possédut beaucoup des qualités nécessaires k un générai et^ . chef; du sang Cpoid, de la présence d^esprit, une détermination prompte, et beaucoup de resources dans le génie soit pour pro* fitter de k victoire, soit pour r^Murer un revers. Il fut ambassadeur à Lisbonne, et commanda depuis Parmée destinée à agir contre le Portugal. La rapidité de ses opérations détermina le Prince Régent à se rétirer au Brésil. Le Général Junot' reçut de NiqKilébn le titre de Duc d^Abrantés, mais nefut pas compris dans la promotion des maréchaux de Tempire. Sa malheureuse passion pour le jeu a nui quelquefois à soa avancement. 11 fut gouverneur de Paris pendant quelque temps. Il commanda presque toujours des divisions et des corps d^armée considérables dans les campagnes où NapolécMk commandait en personne. Dans la campagne de Moscow, unephrase qui se glissa dans un des bulletins de l'armée raffecte* vivement. Voici, si non le texte, du moins le sens apeuprésde cette phrase: Sans le retard de Varrivée du corps com-^ Wiandé par le Due d*Abrantés le' succès de cette affaire pat été plus décisif, L^opinion générale en France oonm» à Tarmée était que l'empereur présidait à la rédaction de ces bulletins. D'Abrantés crut reoonnaitre dans cette phrase le signal de sa disgrâce prochaine. Ses passions étaient vives, sa tète était ardente. Sa raison s^altéra. Rentré en France il le retira dans une de ses terres en Bourgogne. Son aliénatioB d^esprit fit des progrés alarmants, et dans un instant où on le laissa imprudemment seul, il se précipita par une fenêtre et ss tua. Il fut regretté de sa famille et de ses amis. Son commerce était sur.

(") Napoléon, je Tai déjà dit, sortait souvent à pied, et Ton ne niera pas sûrement que ce ne fût dans Tintention de voir les choses par ses yeux, et de mettre à profit cette espèce d^ta- ^gffxito pour conaaitre la vérité, du jBoim ^ur certains objeti»

Maie dàos ces sortes d^excursions pédestres il était constameat suivi de Duroc Duroc n^.était pas au nombre de ceux dont rinfidelité travaillait de longue main à préparer et à amener sa chute ; mais Duroc lui même avait bien quelque intérêt à ce que la vérité ne lui fût pas exactement connue, surtout relativement aux travaux publics, objet principal des visitée clandestines de Napoléon. Duroc avait toujours grand soin que Tactivité de ces travaux ne fût jamais ralentie, eC c^était le meilleur moyen de fi&ire sa cour à son maître ; mais si Ni^léon se fût avisé de vouloir creuser dans la dépense que ces travaux occasionaient, quMl eût tenté de s^assurer si avec plus d^économie on ne serait pas parvenu à obtenir les mêmes résultats et de meilleurs peut-être, alors Duroc eût, tout comme un autre, cherché à éciurter la vérité ; non pas qu^il fut chargé de cette partie, non pas même peut-être qu^il en retirât quelque bénéfice, mais pour empêcher que Napoléon n'otàt ia confiance aux entrepreneurs qu'il protégeait Quand aux systèmes de commerce, on ne conçoit pes de quelles inquiétudes étaient agités les hommes, puissans, dont Tinterêt était, pour le succès futur de leurs plans, qu^il accumulât finîtes sur fautes, lors qu^il lui prenait fantaisie de s^entretenir par exemple avec les directeurs de la banque. La profession du commerce, et ceux qui Texerçaient étaient oofutament Pobjet des sarcasmes de ces Messieurs» On les lui présentait toujours sous le point de vue le plus ridicule. Ces hommes» à les entendre, n'étaient bons que ■ dans leurs comptoirs ; là tout leur génie se bornait à tenir des livres et à connaître l'arithmétique. Tel était l'esprit de toutes les conversations sur ce sujet que ces courtisans tenaient devant lui, et par ce moyeik ils parvenaient à lui inspirer une sorte de méfiance et de mésestime pour des hommes dont les omseils lui eussent été si utiles ; et c'est au^ jourd'hui lui qu'ilt Mqiseot de ma c^niatceté à suivre soa

système contre P Angleterre, tandis que tons leurs soins tes» daient à Vy affermir. On ne peut se figurer combien de platei plaisanteries ces coiïrtisans corrupteurs et corrompus se permirent, par exemple, sur une réponse naïve que U feomie d^un commerçant fit un jour à Napoléon. Pour entendre k niaiserie de la r^nse de cette femme, et le motif des sot» turlupinades de ces Messieurs, il faut savoir qu'il s^est introduit une mauvaise locution parmi les marchands de Paris, celle de toutes les villes de France où la bourgeoisie en général parle le plus mal la langue française. An lieu de dire, par exemple* un tel fait le commerce de Pépicerie, un tel vend den bijoux, des étoffes, des draps, ils disent imj^roprement un tel fait dans le bijou, dians l'épicerie, dans les toiles, etc. Il faot encore se rappeler que la langue française est de toutes lei tangues celle qui prête le plus aux équivoques ridicules quand on ne la parle pas correctement. Napoléon assistait à une ftte superbe que la ville de Paris lui donnait. * Comme c'était réellement la ville de Paris qui en faisait la dépense, et non pai les autorités de la ville, la presque totalité des invités se cobpoeait de la haute bourgeoisie. Napoléon s'y fit remrqoer par sa gaieté, sa prévenance, son extrême afiabilité, etdani cette immense réunion de femmes aussi remarquables par l'éclat de leur beauté que par les charmes de la jeunesse et l'étonnante richesse de leur parure, il en fut bira peu à qui il n'adressât Is parole. £b causant avec une de ces fenmies dont la figure et la conversation semblaient Pinteresser, il lui demanda paf hazard: Quel était le genre de commerce au quel son mari se livrait. Cette femme cédant sans y réfléchir à l'habitude de la vicieuse expression usitée parmi la bourgeoisie lui répondit i Sire. Mon mari fait dans les draps. Quelques courtisans dont Napoléon avait été suivi receuillirent avec malignité cette jr^onse, et la misérable équivoque qu'elle présentait fut pendait

plusieurs jours la matière des railleries, des mauvaix jeux de jsiots, des ridicules quolibets, dont toute la cour chercha à Amuser Napoléon ; et Dieu sait toutes les conséquences que la •perfidie cherchait à lui en faire tirer sur Tignardise et Pincapal;ité politique de cette classe de citoyens ; et c^était ainsi que rbn réussissait à Téloigner, non seulement des commcrçans, mais de tous ceux qui auraient pu lui dire des vérités utiles.

< ('0 Je <lis spécialement esclaves, parce qu^il en était de privilégiés pour ce genre d^adulation; celui du Vaudeville cntr^autres. Il n^y avait pas de guerre, de campagne, de batailles, d'^événemens majeurs enfin qui ne reveillassent les apollons de ce théâtre. Ils accompagnaient le héros dans ses courses ; on les vit au camp de Boulogne. C^étaient les troubadours suivant la cour. Un bulletin paraissait ; ie lendemain une pièce. Le Moniteur était Tintarissable mine où ces Messieurs puisaient leurs matériaux. Les neuf mortelles pages de ce journal étaient pour eux les neuf muses, et Sovo le pégase qui chariait en France la renommée de leurs chef d'œuvres lyriques. Ce métier n^était pas mauvais. La plus part de ces poètes chansoniers étaient fortement pensionnés. Quant à ceux du Boulevard, la police en était quitte pour un billet de banque de 500 francs.

(»•) Le Général Lannes successivement maréchal de l'empire et Duc de Montebello fut constament couronné par la victoire, mais paya toujours de son sang les lauriers qu'il <^uillit. Il comptait plus de trente blessures. Le célèbre poète GuiUard^ auteur d^CEdipe à Colone, de la mort d^Adam, etc. mon ami, et longtemps lié avec le Maréchal Lannes, ma Raconté une anecdote singulière. Le Général Lannes fit avec Boni^rte les belles campagnes d^Italie. Presque tous les jrénéraux da cette heureuse armée étaient jeunes; les plai^

et les jeux les réunissaient souvent, et la gaieté qu^nspire ki succès ajoutait encore à la gaieté inséparable de la jeune8§ft Un jour qa^ils étaient presque tous chez le Général Bonaparte, et qu^ils se liTraient à divers amus^nens, il leur proposa de leur dire la bonne avanture. Soit que ce fut plaisanterie; soit qu'il se crût réellement la qualité prophétique, voila le aécromancien qui tour-à-tour leur prend la main, en exanbe les divers linéamens, et leur débite toutes les extravagances qui lui passent par la tète ; et les éclats de rire de succéder aax prédictions. Il prend celle -de Montebello, Pexamine, ne dit mot et passe à un autre. Montebello étonné de son silence, hi en demande la raison. Bonaparte pour éviter de lui répondre cesse ce jeu, comme si cet enfantillage eut déjà duré trop longtemps. Montebello revient à la charge. Laisse moi donc, loi dit Bonaparte, ne vois-tu pas que tout cela n^est que folie. Lannes insiste ; enfin Bonaparte cède ; lui prend la main: Vois tu vette ligne? elle annonce que tu seras tué d^un coup de canon. Ma foi, répondit en riant le Général Lannes, s'il tarde longtemps, il n^y aura plus de place pour lui. U avait déjà douze ou quinze blessures sur le corps. Lannes et Daroc furent les deux seuls hommes que Napoléon pleura. Peu de joon Après, à la terrible bataille de Wagram, il répéta plusieurs fois aux soldats: Vengés la mort de Montebello. Cétiit Achille poursuivant sur les Troyens la mort de Patrode. Le corps du Duc de Montebello fut embaumé par ordre de Teiipereur. Le corps de cet illustre général fut enseveli dans on cercueil de plomb, que Ton revêtit d'un cercueil de cèdre, et le tout fut renfermé dans un cercueil de chêne. Il fc^ transporté à petites journées à Paris, escorté par un des régiment des dragons de la garde. Les grands honneurs militaires hii furent rendus partout où le convoi s'arrêta. Napoléon vookit qQ« les dépouilles mortelles du Général St. Hilaire tué i 1»

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inême bataille accompagnassent celles dumaréclid. Onreçonnait à cette distinction que Napcdéon accorda à St. Hilaire sor d^autres généraux tués à la même bataille, son goût pour \e% r^prochemens. £n plaçant St. Hilaire près de Montebdlo, c'était assimiler celui-ci à Turenne, qu^un autre St Hilaire accompagna de même au tombeau. Quelques jours i^rès son arrivée à Paris, il fut avec une pompe extraordinaire transféré au Panthéon, après être resté exposé aux invalides [dant une chapelle ardente où pendant une semaine brûlèrent nuit et jour plus de mille cierges. Tous les grands corps de Pétat assistèrent à ses funérailles. Le char funélu'e était attelé de six chevaux. Le cercueil était couvert de ses honneurs. Son cheval de bataille conduit par deux écuyers suivait le char. Le corpa île St. Hilaire venait ensuite sur qn char attelé de quatre chevaux. Par une bizarrie qui ne s^explique guère. Napoléon voulut que le clergé de toutes les églises de Paris, à qui le concordat interdisait cependant toute cérémonie extérieure, assistât à cette pompe funèbre. Il employait les prêtres au convoi d^un militaire, et eut de la peine à permettre qu'il se trouvassent aux funérailles du Cardinal Caprara. Ces prêtres au reste, toujours ennemis de tout ce qui touche à la gloire nationale, affectèrent de s^y montrer sans dignité. Qùelquea curés feignirent d'être malades pour ne pas y paraitre, d'autres n'y envoyèrent que les choristes de leurs églises. La plupart étaient en surplis sales, d'autres, quoiqu'il fit le plus beau temps du monde, avaient leurs soutanes retroussées dans les poches comme un vicaire de village à une procession des rogations#^ Cette mauvaise tenue faisait un contraste plaisant avec le brillant éclat de celle de la troupe. £n revanche ils paru» teoX à l'enterrement de Caprara dans toute leur pompe. Cela 9'explique. Le Duc de Montebello avait rendu de graodii «ervices ii l'état^ et Caprara plus d'une fois avait «herdié

fûurdement à lui nuire. En conséquence grande indifférence pour Tun^ grande vénération pour Tautre. La toilette m inesurait sur cette échelle.

( (»*) Toute l'Europe à retenti de Uépouventable accident qui convertit en une nuit de deuil celle que M. le Prince de Swartzemberg avait choisie pour donner sa fête. Une bougie -mal placée «Huma les draperies de gaze qui décoraient le vaste •allon que Ton avait construit exprès pour le bal ; dans u& instant, toutes ces gazes furent en feu, et le communiquèrent avec une efirayante rapidité aux lambris fraichement peints; Quoique les issues fussent assez nombreuses du côté des jardins, la frayeur les rendit presque inutiles par la précipitation avec la quelle la foule s'y porta. L'incendie gagna en peu de minutes le plafond, et les lustres qui s'y trouvaient avec pro» fusion tombant à chaque instant, à mesure que le feu coupait les cordons aux quels ils étaient suspendus, écrasaient les infortunés qui n'avaient pu réussir encore à sortir de la salle. Enfin en moins d'une demie heure le plafond tout entier s'écroula lui même avec un fracas épouventable ; le nombre de» morts et des blessés fut considérable, sans compter beaucoup de femmes que les accidens occasionés par l'effroi, ou les joialar dies contractées en cherchant souvent en vain leurs voitures à pied et sans autre vetemens qu'un léger habit de bal pendant une nuit d'été où plusieurs orages épanchèrent des torrens d'eau, conduisirent au tombeau. L'empereur dès le premier coup d'oeil apperçut toute l'éminence du danger, et enlevant au moment même l'impératrice d'un bras nerveux, la transporta hors de le salle, la plaça dans la première voiture de la cour qui s'offrit à sa vue, donna l'ordre à quelques uns de ses gardes de l'escorter jusqu'à St. Cloud, et revint surveiller et diriger en personne les travaux pour éteindre l'incendie, et les secourt nécessaires aux blessés. Mde. de Swartzemberg périt victime

de son amour maternel. Inquiète de sa fille qu^elle ne voyait point paraitre* elle rentra dans la salle et fiit écrasée par la chute du plafond. Cette jeune personne était parvenue à se sauver.

('') Digne français, hQmme de lettres recommendable, n''a iji ttm avancement qu'à de nobles moyens, et à son tr^vaiL Mr« le Comte Daru, fut d^abord secrétaire général de la guerre, et commissaire ordonnateur, ensuite inspecteur aux revues, intendant général de la liste civile, intendant général de la grande armée pendant les campagnes d^Austerlitz, et d^Iéna, ministre directeur de la guerre, et enfin ministre secrétaire d^état. Les honneurs ue changèrent point son caractère. Ils ne lui firent rien contracter de cette morgue ridicule, sous la quelle beaucoup de grands cherchaient à faire oublier les emplois subalternes par les quels ils avaient passé.

('•) Monsieur l'Abbé de Pradt a écrit l'histoire de son ambassade à Varsovie. £lle se réduit à ce seul fait que Napoléon n'avait pas le sens commun, et que Mr. de Bassano était un imbécille parce qu'ils trouvèrent médiocre ou mauvais un discours de Mr. l'Abbé. Mr. de Pradt avait ses raisons pour le trouver superbe, et Napoléon et son ministre avaient peut-être les leurs pour le trouver mauvais. Mr. de Pradt prétend aussi que Napoléon disait que sans lui il eût été le maître du monde. Que Mr. de Pradt n'a t-il dit cela plustôt. Huit cents mille hommes ne seraient pas venus en France pour faire ce que Mr. de Pradt avait fait d'ayance.

0*) La jalousie de Murât contre Eugène, viceroi d'Italie, lui fit faire cette faute, parce que c'en est toujours une grande que de manquer à sa parole. Depuis il n'a marché que d'erreurs en erreurs jusqu'au moment où le ciel a terminé sa carrière. II n'en fut point de plus singulière que la sienne. Murât dut le jour à un petit cabaretier de village pauvre et chargé d*une

VOL. III. I i

nombreuse famille. Cet enfant se lia d^amitié avec le fila d^ua riche fermier du voisinage. Cette amitié rendit ces eoians inséparables, et la maison du fermier devint rhabitation presqie journalière de Murât. Lorsque le fermier voulut mettre aoa fils au collège, pour lui donner une éducation convenable à la fortune qu^il devait lui laisser, cet enfant déclara qa^il ne voulait pas se séparer de son jeune camarade. Le père céda u caprice de son fils, et fit les frais de Téducation de Murât. Il profitta de cette bienfaisance, et fit en conséquence de bonnes études. Quand elles furent terminées, il se rendit à Todoose, où son instruction lui procura, sous le titre de précepteur, réducation de quelques enfans des premières familles de cette ville. Il avait pris l'habit ecclésiastique. La révolution arrive. Dans les premiers temps de cette grande fermentation, des fédérés, se trouvant un jour en assez grand nombra au partore de la comédie, appercurent Murât aux secondes loges, et loi crièrent à bas Mr, lAbbéy à bas la calotte^ expression triviale dont on se sert en France pour plaisanter les abbés quand oq les apperçoit dans un spectacle, ou dans tel autre lieu, où leur habit ne leur permet pas de se présenter. Murât se fâcha, quoique abbé il voulut se battre. Les fédérés le prirent en amitié à cause de son courage et au lieu de se battre avec lai le déterminèrent au contraire à les suivre. Il quitta donc son habit, partit avec eux, et devint militaire. I^e reste est connu de toute l'Europe. . £n 1813, et en 1814 avec une autre conduite, il ne se fût pas perdu, et les événemens eussent pris una direction bien dififérente. Tête folle ! il se détacha de Napoléoo à rinstant où tout lui faisait une loi de s'unir à lui plus fortement que jamais, et ne songea à se rejoindre à lui qu'à l'instant où la politique lui commandait impérieusement de garder, aa moins, la plus sévère neutralité. Ce fut ainsi que ce malhenreoi roi^ si digne par son extrême bravoure et ses talens mihtaire

d^un meilleur sort accéléra sa perte. A ses derniers momeas il conserva toute la fermeté de son caractère. Il ne voulut paa souffirir qu^on lui bandât les yeux, ne se mit pas à genoux, et reçut sans pâlir la mort qu^il avait tant de fois bravée dans 'les champs de la gloire. La manière dont on la fait périr est d^un mauvais exemple. Il falait le juger ; son procès n'eût par été long. Il ne faut pas, ce me semble, accoutumer le peuple à se jouer du régicide.

(*^) On est autorisé à la nommer ainsi. Plus de trois semaines avant Tcxplosion les anciennes furies de la guillotine étaient sorties de leurs repaires, et remplissaient Iss cabarets des faubourgs de leurs vociférations, et de leurs prochaines espérances sur le retour du régime de Robespierre. On ne concevait pas comment la police gardait le silence, et ne sévissait pas contre ces excès.

(*•) Ce fut ainsi, par exemple, qu'au commencement de 1814, un jour d'audience publique, il dit d'ue voix forte, aiix grandes autorités présentes, " Je vais partir. Dans trois moi» ** vous aurés la paix, ou je serai mort."

C) Pendant cette première quinzaine la majeure partie dei ^nateurs, des conseillers d'état, des ministres même répandirent l'alarme par le spectacle scandaleux de leur poltron erie et des inquiétudes de leur avarice. Les uns firent publiquement démeubler leurs hôtels, emballer leur effets les plus pré cîeux et les envoyèrent cacher dans le fonds de quelques provinces éloignées. Les autres désertèrent eux même Paris, et furent exposer aux yeux des départemens la honte de leurs ter* reurs paniques. On pourrait presque dire que dans ces jours de crise l'exemple du courage fut donné par l'adolescence. Les élèves de l'école polytechnique, les élèves de l'école vétérinaire d^Alfort, se sont immortalisés par leur dévouement, leur bravoure, lei^r héroisme. L'Empereur Alexandre plein d^ad-

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miratîon pour les premiers les £t assurer de son estime. *^ J^ai ^ assisté à vingt batailles, me disait le Capitaine R. qui com- ^ mandait les seconds* J^ai vu bien des braves; eh bien! ces •* enfans ont encore trouvé le secret de m'étonner."

(' *) On à voulu faire entendre depuis que cette révolution fut Pouvrage du Sénat. Cela n^est pas. Le Sénat n^existait plus. Tous ses membres étaient dispersés par les circonstances du moment. A peine s'il sVntrouvait une vingtaine à Paris, d'ailleurs Mr. de Taleyrand n^était par président du Sénat, et n^avait par le droit de le convoquer*

A Londres i — De r imprimerie de G. Hayden, Bridges StreH^

Covent Garden.

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