‹ Histoire de l'origine, des progrès, et de la décadence des diverses factions qui ont agité la France depuis le 14 juillet, 1789, jusqu'à l'abdication de Napoléon (volume 2)Chapitre 2 sur 15 · TOM. III. B · texte numérisé non relu

TOM. III. B

s HISTOIRE DES FACTIONS DE

fameuse société avait été fermée. Ils s'étaient dispersés sur la surface de Paris, mais ils n'avaient plus de jîoihè ce^tra^. ^ ^Tenter de se rassembler de nouveau, c'eut été éveiller l'attention. Ils avaient trop d'adresse pour s'y exposer. Us attendaieikt leur résurrection du temps. Mais il n'était pas encore venu. Nous verrons qu'ils pensérekit le saisir, mais ce ne fut qu'un éclair. U ne se présentera donc dans ce chapitre que ^eux circonstances, où les factions reparaitront en scène, l'une entièrement marquée du sceau de le démagogie ; l'autre plus sérieuse peut-être, parce qu't^le se coihpbsem d'anciens élémens, dont le concours avait déjà plus d'irae Ibis faorgué la France. '

Le régne du directoire fut court. Un grand événement le renversa ; lès détails et les suites de cet événement termineront cet ouvrage.

Pour que ce genre de gouvernement se prolongeât il eut falu peut-être que la constitution nouvelle eût été plus sainement et plus mure^ ment méditée. Les hommes qui composèrent le Directoire Exécutif, et la msyeure partie di^ ceux qui siégèrent dans les deux conseUsf étaient 4^ mcéres amis de la liberté, de#

LA RâvOLUTIOK FRAKÇAISIS* S

kommes vraiem^it attachés à la patrie, et dont toutes les pensées n'avaient en vue que le bien et la gloire de la Franee. Mais peut-être eut il fallu, ce qui était physiquement impos»!^^ que des hommes doués en même propmtion des qualités excellentes que ceux là possédas^ ent, n'eussent joué aucun rôle pendant la révolution pour être ^pelés à fariner ces tnûs grands corps. Alors aucuns souvenir» ne les y auraient accompagnés, aucune prévention n*eut entravé leur autorité, aucune méfiance n*eut autorisé leur timidité; et leur V^rai^pe//^ aï je puis m'exprimer ainsi, eût entouré leur puissance de plus de. respect, de plus de force' et de plus de durée.

Lrcs cinq premiers membi^s de cette ma* gistrature suprême furent Barras, le Tourneur de la Manche, la Réveillére-Lepaux^ Rew-bel, et Sieyés. Ce dernier ayant* r^sé d'acv cepter ces hautes fonctions, fiit remplacé par Caraot.

il était impossiUe que ces choix satisfissent tous les partis ; mais Us eurent Tassentiment de tous les g^is de bien. Quand je dis tous les gens xle bien, je s^is bien loin d'en c^m-^

4 £bISTOJR£ DES FACTIONS Dfi:

dure qu'il ne > s*en trouvât pas beaucoup dans[ tous les partis. La difli^rence d'o{nnion en politique a'exdut aucun dés sentimens dont rbomme s'honore. L'application seulement ea> est difi^rente. Le royaliste et le républicain peuvent, par exemple, avoir à un degré égal Tamour de la patrie. Ils con^dérent simplement la félicité de l'état sous un pokit de vue différent ; et de quelque coté que soit Terreur, cette erreur n'en est pas moins respectable, puis qu'elle a toujours pour but le plus grand avantage de la patrie. J'entends seulement ici par gens de bien ceux à qui la forme de gouvernement, quelque soit le nom qu'on lui donne, étant indifférante en elle même, pourvu que la liberté soit respectée, désirent i avant tout la sagesse dans les mesures; l'ordre dans les mpyens, l'activité dans l'exécution, et le repos si nécessaire à tous après de si. grandes secousses.

Peut-être les directeurs n'avaient ils pas au* i^ême degré toutes les qualités faites pour servir de garantie à Taccoihplissement des ▼qeu)L de ces amis de la paix; piais ils eii. avaient assez du moins pour sput^r les: ^péri

rances. Le Tourneur et la Réveillére joujssaiient de Testime publique. Oa eut désiré sa09 doute un peu plus d'énergie dans* . le premier, et une imagination plus. réglée dans le sec(»Ml; mais Ton était convaincu qâe le génie du msj n'aurait jamais d'accès auprès d'eux, qu'ils étaient au-dessus de la flatterie, et par consé» <}uent à l'abri de Tintrigue, et que s'ils .ne faisaient pas dans ciette place suprême tout le bien que l'on pourrait y faire avec de plus vastes conceptions, ils n'y feraient aucun des maux , qu entraînent apr^ elles des intentions lambitiçuses, tyranniques et perverses. .

Rewbel était entouré de^ plus de préventions fâcheuses. Jamais homme ne fut moins connu ^; jamais homme ne fut jugé avec plus de pardalir té ; et cependant jamais homme n'eut une anie plus pure, un attachement plus sincéire pour la patrie, une théorie plus certaine des principe^ de la véritable liberté, un sentiment plus reU«gieux des devoirs que sa place lui imposait» Une opinion bien^ fausse avait pris .contre ]ui un crédit que le temps seul à détruit. On hà supposait un amour ardent pour les richesses, ,et peu de sofupule^dansi le choix de^ moyens

6 tflSTOlftE DSB VA'CTION'S 1>£

^Qi peuvi^nt les pfocufer. Mem comment le» préventions s'étaient elles enracinées à Tégard d'im -homme dont la vie privée anntmçiait à peine*i^aisâivce, et dont la mort a constané la jpauvreté ? Par dent défauts dont k source était tout à la fois daiM un tHBUf léEcdlent, et dans une ihâexiMe probité. Ce ngotïtme donnait à s^s coftimmiications publiqueè^ une MidêSéfe iMinvage^ une brusquerie trop seMbleiK Me à Fbttmeur, et un ton de m^ance trùp gétiéîralisée. Il croyait voir la corruption dans touisi les hommes, l^alheureusement Tépoque ne justifiait que trop sa méprise ; et ne meUant poiht de nuances dans ses récitions, iis se faisait également des ennemis^ et de cem qeà niipikiEÛeiit à le tr&tÉlpety et de ceux qui ne kâ dewiandaientquejfttttice. Les hommes cupides <^'il eknpèchait de è'engvaisefer de la forttin^ pâfÙiqikô, et les hommes malaisés qu^il privait de ce quik étaieM: «h difûit de réclameir tde ceCtë même foitune, imputaient à son avari» dietrâe rapacité, ce qui n'était que h résultait d^Mtef proMté estimable sânèi doute, mais rejKMssàMte paf isoh i^toids'me 'aveugle tmwA 'qu'exttgéié. Ëq Fraiioe il est^dea vertus q«e

LA BÊVOLirTIOK SRAK^AiSBÎ t

Ton ne pardonna pas, «i Tui^banite iétt9 est étrangère. Les rdufi aâeêtent pe» le français ; un clém <le justice Mt avea grâce Fîrrifce^inoins^ ^'un bienfait accwdé par la itrmquerie. ^

Rewbel t^atrè dans sa famille et 4ftns le sein d'un très p^tit nombre d^amis, n^était plus le même homme. Là, son coeur ouvert à toutes les sensations douces ne supposait pad^ qu'iOpi put le trraoïper, et sa condescendance dégénarait eh faiUesse. Il croyait que jamais Tastace ne pouvait deshonorer les liens du sang et de Tamitié. Sa confiance ne fut pas toujours heureuse, ^ Tabus que quelques personnages ^1 firent dans les {Jaces qu'il leur donna, ne fit qu'accioitre les préventions. On lui fais^ à lui loème Tapplicaticm des principes peu déUcat^ de quelque individus, que peut être aicore avec trop de légèreté on disait avoir été protégés piar lui. Mais quoi qu'il en s<Ht, des préventions n'empêchent pas qu'un homme ne marche dai)sune ligne droite; et la répul^ue «vjait ^i lui un fidelle servi* toor^ dont le zèle ne se démentit jamais, mal. çre la connaissance qu'il avait des caïoaaàèB répandues sur son c<mipte.

Q HUTOUIE D£8 CACTI0N8 I>£

j LefttalenadeCamot étaient oocQius. C'était ^U£ lui que roulftient lesiespérancea de la guerre. |1 passait,, àans- avoir besoia de transitiony du comité, de salut publk; au directoire. . Aucune» iotemiptioiii ne > se trouvait dans ses plans..' Il nf avait rien à xèfonner^ à réorganiser, à. recréer. U ne changeait pa^ de système^ il changeait simplement de local; et «comme- il .n'avait qu'il poursaiv):e . d^s plani^ » dont le dével<^>pe«ment . . av^ d^a été si. heureux,? la confiance en lui: était aussi: bien fondée qu'elle était entière».- •,. ,< . .

Barras, malgré iTaboIition déjà assez anci* enne de la noblesse, était encore; entouré de cette espèce de magie que les noms, distingués exerqent sut les esprits, longtemps apr^s que Ifà»- titres ont disparu* >iSon gôut pour la magnificence et les plaisirs enchaînait à sa couT; Une classe que. 3a légèreté rend peu redoutable aux gouvememens, mais dont les gouvememens fqnX bien de s'emparer pour diriger Temploî de son oisiveté. Je veux parler des femmes et des petits maitres*. > Après les jours, trop * souvent sipistresn^^sii toujours graves du ré^ gîmede la Convention^!: la capitale renaissait

LA RfcvOliUTION' FRAKÇA'I^Sé ^ 9

an besoin des délassemens. Peu 1 importait comment^ oùv et avec qui: l^om s'amusât ; mais s*amuseF devint tout à coup là grande afraire4 Les jeux étaient à la convenance de tout le monde. Us facilitaient aux uns Tessai de leur moderne opulence. Ils consolaient beaucoup d'autres de la perte de la leur. Plus puissans que les prédicateurs de Fégalité, ils raprodiaient toutes les conditions. L'antique Thi^ chesse sortait de son réduit poui^ daiiiser chés le perruquier devenu propriétaire d'un palais; le royaliste se déridait à la table du jaco]^ enrichi ; on se plongeait au sein des ^ plaisirs pour échapper aux tristes souvenir^.. Us Tj^Sr semblaient aux ondes du Lethé où Ton venail diercher l'oubli de l'origine des fortunes çft des infortunes. D'après ce sentiment assés gén|p XbIj il était simple que la cour de^ Barras fy% constament brillante ; il possédait un cha^^M et une terre superbes, à quatre lieues de Pariai; Grofsbois, était son nom. Là se rassemblaieii|b tous les courtisans. Le maitre aimait la chaise, 'A y entretenait une meute énorme ; la daagQ succédait à 1^ ch^^sseî les festins à la dajRiMté A la pointe, du jour I'chi rentrait à Paris x^ù .le

10 WMirvOlB^ BE8 FACTIONS I>X

kiflcJô de Télegance et le faite dea irob. em «(Miraient l'heureux directeur. Comment, a^ao^ rait il pai été lldble d^un ville, on Téclaft est ati besoin de nécessité première* .Au re«te cm ffCdur du luxe rendait des^^ espérances au cchiik merce, et d'ailleurs Barrai par cette conduite rendait à mon avis un service au goiureme»* ment.' Il n^etait pas mal, ce me semble^ que l\m de$'* directeurs iut spécialement chargé de la réf»^ésentalibn. Elle eut contrarié 2» modeiM;i^ et rhabituelle simplicité des quatre tmtm directeur»; Me plaisait à Barras, et é'etait celui des membres du gouvernement nouv^u qui pût le mieux s^acquitter de» fbne« iioûs qu^il semblait s'être 'réservées.

" Du reste il avait dans des momiens de^mse wit preuve de bmvoure, et c'est un grand titre Atox yeux ^dés français. C'en était un àusn, auprès de ce grand nombre de Convention^ qfté Ton i^rouviait dans les deux conseils^ et ^Hl avait plus d'une fois sa«vés de pas daiw ^éreux. '' Il était fidelte en «umtié, obligeant paiijf caractère, grand dans ses manières, sur d«Hs sa purole. La malignité, qui dans l^om^ bref est la Vengeance que la médiocrité. sanÉii

LA AÊVOLUXIOir FBANÇAI8S. It

moyens exeree toujours sur les boiiiiâes que leurs taleni élèvent au dessus de la liste or*? dinaûre, imputait quelques d^rdies* à sa ^unesse^ rMais L'on sait le peu de cas qœd Ton ddit faiore de œs vérkés^needotiques que Ton n'ose se dite qu'à Toreille. CkieKe d'ailleurs l'homme dont la jeunesœ aitrétè exempte de passioiiis? ces piétendos Phénix^ de vertu ne sont communs nulle >part^ieti surtout sous le climat bralant de kt Provence on le dîiœoteiir Barras avàir reçu le jour, i

Le tiîrèctcnie comm^aca sa carrière danr un moment difficile. .La disette âiobce n'était pas encore chassée de Paris. La déplorable guerre delà Vendée était loin d*étre éteiribe,'» la réaction exerçait encc»re ses fureurs dans le midi^ et les fi»aunces étaient embarrâséeât Le gouvernement révcdutmnaipe qui fM>ur mai^ cher rapidement dans, t0ul)es ^es opérafeÎ0iift> n^avak besom ^qiie d'une éimsakon d'assij^Mtip avait usé outie tnesui^ de cette ressource. En GOBséquence il *s'é(»k passé des revenus de^ Tétat^ <et Tétat s^élaît trouvé fint' bien dé n'en phnà payer. Mais qu'en était irtéMÏtéf x^^ett que les propriétaires^ les leiftiers et les

12 XIBTQI&C DES FACTIONS D£>

employés étaient devenus les eenk ^ pauvres. Les propriétaires, parce que les fermiers ne les payaient qvfen assignats suivant leuf ^n^leur nominale, en sorte qu'au temps de la dépréciation du papier monnaye une terre de douze miile livres de rente en vint à ce point de ne plus rapporter à son possesseur qu^unb Valeui* effective de douze à quinze francs^ puis qu'il &t une époque où vingt et vingt quatre mille francs en assignats ne furent plus que la représentation d'une pièce d'or dé râigt quatre francs. Les rentiers, parce qu'une rente dé cent louis qui suffisait autre fcH3 honora^ blemeiit à leurs besoins pendant un an^ leur étatht payée deux mille quatre cents livres en asaignatu^ cie leur assurait pas leur nouriture pour huit jours dans un moment ou la tasse dé caféiSeipayâitdeux cents francs en papier. Lea employés enfin, parce que malgré l'augmentation ^pàrliéle et tardive que l'on fit du signe £ctif d0 leurs lionoraires effectifs, se trouvèrent pendant, longtaxips, surtout dans les emplois inféri^rs.«vOir donné leur temps à l'état pour.^ua is^lairi^ de sept on huit francs par mois^ iLe directoire crut trouver un palliatif à ce mal

LA RÀYOLUTION' IRANÇWlISSb 13

dans^ la cré^^tion de piandats. Mais k' temps dei^ prestiges était passé. Les maiidate toiur bérent dans le même discrédit' que les assignats avant même d'être mis en circulation. On eut donc recours à la création du grand Uyre, me^^ sure jugée depuis longtemps et sut» la j^uell^ je n^ai pas besoin de Wapcs^ntif. < ^ t i ;

On remédtia pius.promptement à la disette^ Le ministre Bénesech la fit :disparaitre en peu de;temps. La loiidu maximum fut abolie, on rendit la libre circulatioa> aux grains. Oa rendit aux boulangers la faculté de s'apror visioner eux mêmes. Le grain repanjt dans les marchés, et Paris eut du pain. i.

Mais la guerre de la Vendée était une pl^^yc^ qui chaque jour s'envenimait davantage, > et| d'il n'eut gas existé une sourde division entra les chefs des insurgés, si la conduite indépçn». dante des chouans . n'eut pas donné ux^ air,c)e piraterie à une guei^re qui plus quetoMtetti^tra ne devait avoir que le caractère chevaler^ue, si les prêtres ne l'eussent pas ensiajiglaptée par un fanatisme bien impolitique dans un siéele où les lumières avaient fait de si grapd progrès, il est à croire que son issue eut é^ , bien

14 HiSTOXUB BBS 9ACTIOIIS D£

difier ente, et la république eut pu ciaiatfarê efec bien |4iis de raison encore de sucecnnbeff du» cette grande lute. Le directoire easaya (te que Ton n'avait point enccnre tenté, et tre fut de charger un général honoré de Festime publique de poursuivre cette guerre ; ilxhoiait Hoche. Hoche porta sur cette terre qialheur reuse ses talens miliftaires, son humanité naturelle, son caractéite actif, mais conciliateur^ mais ennemi de toutes représailles. Ijel hh meuse journée de Quiberon arriva enfin, et ee fut là le terme de cette guerre.

le sais tout ce que Ton a débité sur cette journée. Je sais^ tout ce que l'on dmt dé respect à la valeur déçbe, à Tinfortune héroique: et ce respect est si grand, est si juste, qu'il n*est point de républicain, s'il est doué d^une ame élevée, qui tout en se réjoui»* sïmt du triomphe de sa cause, qui tout ea fendaËt' hommage à l'invincible Inravoure des soldats qui combattaient pour elle, qui, disje, A'aît pensé mille fois que de si braves ad* versaires méritaient une meilleure fortune : et je m'explique bien, je ne parle ici que du courage; et Isûssant de côté tootce qui n'a{)aF-»

LA Rày^LUTJON FRANÇAHfik 14

tumX <|u*4 la; ^^tilique^; y^,&^ eomi^e^ h^ Gom1[|¥iAlBii$: que; comme des fVaiiçais et ioe n'est qu'à des irançais que se rapporte moi» éloge. Mats il est : dans cette journée d'autMi circoûstaiices sur les quelles il «firt du devoir de rfadstoire de s'étendra sam doute.; efr je plie en<x)re le lecteiu* de * se âOftvemr que je n*écris pas Tbistoire générale de < la réviJutîon Inais une porlîoa sis^f^raent de cette histoire. Je me contenterai sintplehleBt de dire qu'd est des faits, sur Taiutenticité des quels il ân|t a{^)eler lai ongue expérience des i^edes, aiitanft que rkistoîrè les relate^. . -surtout Ions qu'ils sont de nature à coBopromettre l'honnenr des nations. Le ferment des passions à cette ^K>que»lB vif ressentiment que le> parti vendêeli dut ressentir de sa déÊûte, le besoin peut être que le gouvernement directorial éprouva d'autoriser sa séveiîté^ enfin les nuances mnombcables que les acteurs d'une semïAdkAe tragédie <âoi<rent répandre* sur leurs relation^ rendent et renderont enccNre Icmgtemps imposa ttble à l'hislonen de saisir le point ^cact^ la vérité s'est j^cée. La conduite delà nartion Ao^aise) à qai l'on fait jouer un :^ grand fôlé

16 HtSTOIRS DES FACTT0N8 I>S

àBkxsi céb événement ne peut i^appercevoir au milieu du 'cahos obscur où tant de * rapports contradictoires l'ont enfoncée. Sï cette cou* duite était véritablement telle que- les deux partis l'ont représentée, s'il était vrai que les vaisseaux Anglas eussent refusé un asile aux malheureux débris de Tarmée royaliste qo^ib venaient de débarquer jsur le oMitinent, s'il était certain qu'ils eussent également > vomi la foudre et sur les vaincus et sur les vain^ queurs, s'il était possible enfin que la cabinet de St. James eût donné un ordre aussi barbare aux amiraux de sa flotte, il faudrait coiV' venir, qu'une longue suite de siècles suffirait à i peine pour effacer la tache que la cruelle déloyauté: d'un semblamé gouvernement aulait imprimée au caractère national, et que le peuple Anglais serait condamnable de ne s'être pas justifié aux yeux de l'Europe d'une sem^blable acciisation ^i exigeant la dissolu^ tion : subite d'un ministère capable de lé com^ promettre d'une aussi étrange manière > au tpbunal de l'honneur et de l'humanité ; niiâs c'^ du silence mênie de ce peuple que nait mon waertitude! à cet égard. Ce peuple est

.fier ; il est dans son genre de liberté d'être presque toujours en opposition avec le ministère. De grands talens oratoires se rencontrent toujours dans la minorité du parlement, et certes à cette époque il y en avait de justement célèbres ; et le peuple, et rassemblée de la bourgeoisie a Giiild-hall, et ses défenseurs populaires à Westminster, auraient laissé une semblable occasion de censure, et auraient dissimulé Taffront qu'un procédé aussi contraire à la civilisation auroit fait rejaillir sur le peuple Anglais ! pour quiconque aura habité en Angleterre une modération de ce genre ne sera pas croyable ; elle ne serait ni dans Tesprit, ni dans les usages, ni dans les mœurs, je dirai plus ni dans les plaisirs mêmes de cette nation ; et quand on connait Londres, on sait que souvent on y déclame contre certaines mesures du ministère avec bien plus de véhémence que dans tout autre pays de l'Europe. Dans le midi la réaction se continuait avec une fureur égale. Il s'y était formé des compagnies, de véritables associations réactives, sous les noms de compagnies à' enfants de Jésus, à'enfants du soleil^ etc. dont Tintime occupation

TOM. III. c

était d'entretenir le trouble, les desordres, les divisions, et de perpétuer les haines et les vengeances. Où s'étaient formées ces compagnies? d'on venaient elles? ç^i les sala^ riait ? C'est ce que Ton ignorait. Ces compagnies avaient été jefées en France par Tltar lie, où elles avaient pénétré par TAllemagne. Il en était quelques unes, qui avaient emprunté les formes de la franche maçonerie ; mais qui dans ieurs réceptions mettaient un mystère, en apparence bien plus redoutable encore ; telle par exemple que la société des Eveillés^ Ce que dans la maçonnerie on appelé, par plBX" sQ^nterie, prophaneSj parmi les éveillés pn l'appelait dormeurs. On n'attendait point dans cette société que des ç^didats se présentash sent pour être reçus ; c'était elle qui choisis^ sait les personnes qu'elle desirait s'associer^ et ce choix tombait sur les caractères dont elle espérait sons doute tirer parti pour le» vues qu'elle^ se proposait. C'était dans les environs de Marseille qu'elle avait fixé son séjour. Jamais elle ne tenait ses assemblées clandestines dans le même lieu ; mais c'était toujours dans quelque masure abandonnée.

OU dans Tépaisseur de. quelque boîs. Lors qu'elle desirjait s'attacher quelqu'un, il trouvait au moment cm'il s'y attendait le moins, soit. dans sa poche, soit sur* sa cheminée, soit par tout ailleurs, un billet à son adresse conçu à peu près dans ces termes. Le dormeur un tel se trouvera à minuit à tel endroit; et toujours quelque menace accompagnait cette invitation si l'on venait à y manquer. Une personne de ma connaissance voulut une fois suivre cette aventure. 11 se rendit à une place qu'on lui avait indiquée. C'était une maison déserte et à moitié ruinée. La soU* tude y régnait. Il y trouva un homme inconnu et bien armé, qui lui ordonna de le suivre, en lui disant qu'ils avaient beaucoup de chenûn à faire ; en effet ils marchèrent longtemps, et dans le silence; son guide n'ayant pas voulu répondre aux questions qu'il lui fit. D5 arrivèrent enfin à un embranchenoient de plu- ^urs routes où il trouvèrent six hommes également armés. Le guide leur dit, compagnons éveillés^ voici le dormeur tel que je vous remets, et il disparut; ces derniers se mirent en marche^^

en disant au candidat : Armés vous de courage

car vous courez de grands dangers. Quelque temps après ils entendirent de grands cris et un cliquetis d^épées. Courons dirent les nouveaux guides, ils sont attaqués. En effet ils arrivèrent quelques instants après dans une prairie un peu écartée de la route, où quelques hommes étendus par terre* paraissaient avoir succombé sous les coups de ceux qui venaient de les combattre* Voila, dirent ceux qui paraissaient être les vainqueurs à leur compagnons accourus à leur secours, comme nous traitons les dormeurs qui refusent de nous obéir. Quel est cet homme que vous amenez? C'est un dormeur repondirent ils, qui veut être éveillé. Ils le conduisirent alors à rassemblée générale. Elle était composée d'hommes qui lui étaient totalement inconnîis. Tout s'y fesait au nom de V aigle impérieux; le simulachre de cet oiseau était au dessus de la tête du président. Je n'entrerai point dans les détails de la réception du candidat. Il m'a rapporté qu'un des articles du serment qu^c» lui dicta était de combattre à outrance le» ennemis de Yaigle impérieux qu'on lui indi-^ querait. Quel était cet aigle ? on ne lui ex«

pliqùa pas cette allégorie. Quand le point du jour arriva rassemblée se sépara.. Chacun se dispersa sans qu'il sut ni qui ils étaient, ni où ils allaient. On lui montra la route qu'il devait suivre pour rentrer dans Marseille, où il revint seul. Depuis il reçut de nouvelles injonctions. Il n^y répopdit pas, et il n'en entendit plus parler.

Je ne me suis arrêté un instant sur ces dé tails que pour donner un apperçu de Tesprit du temps, et des mesures occultes que, pour échapper aux regards de la surveillance, prenaient les hommes chargés d'éloigner la paix, et d'établir en France une terreur nouvelle.

Malheureusement la constitution ne laissait pas au directoire assez de latitude pour remédier à de semblables maux. Il faut lui rendre justice ; il ne cessa de solUciter auprès du corps législatif des loix qui le missent à portée de déployer Ig, vigueur nécessaire en pareil cas; mais la publicité inévitable, de ses messages au conseil des cinq cents, avertissait les ennemis de Tordre public dç se tenir $ur leurs gardes, et neutralisait ainsi d'avance Teffet qu^il eut pu se promettre de la s^vérit^

de ces k>îx» quand bien même il les eut obtenues. Quand par bazard quelques uns dé ces assasins étaient arrêtés et conduits deyant les tribunaux des départemens méridionaux d'un côté la malveillance, de Tautre la peur, les faisaient toujours absoudre. ' Je dis la malveillance, parce que depuis le 9 thermidor les • chefs de la faction thermidorienne avaient introduit parmi les magistratures beaucoup d'hommes animés du même esprit qu'eux, et que la punition des réacteurs ne pouvait guère être infligée par les hommes dont le système de la réactioh était l'ouvrage. Je dis la peur, parce que les ramifications étenduefil de ces associations meurtrières, et le nombre de leurs membres secrets que la vraisem-* blance présentait comme devant être énorme, faisaient craindre aux jurés de s*exposer par la condamnation des coupables à des vengeanceal aussi sures que rapides. Ainsi les criminels étaient sauvés non seulement par leurs protecteurs, mais encore par les hommes que leur opinion portait à les condamner.

Dailleurs le directoire, malgré la haine qu'il a constament témoignée contre ces êx-

ces, n'annonçait pas dans sa conduite un peu» chant bien réel pour la sévérité. A l'issue d'une aussi longue révolution, plus de fermeté eut été d'une grande utilité. Il eut mieux valu comprimer pas une sévérité vraiement bienfaitrice les débris dès différentes factions, et les amener, par une attitude toujours imposante dans le gouvernement, à s'accoutumer enfin à l'ordre qu'elles avaient si souvent troublé- Le directoire crut arriver au même but en suivant une politique tempérée; il pactisa pour ainsi dire avec toutes. Il ferma les yeux sur l'impunité des révoltés du 13 Vendémiaire, er laissa tomber en désuétude les décrets d'accusation lancés contre eux ; en s'élevant contre les excès des réacteurs, en appelant sans cesse contre eux la puissance des loix, il feignit d'oublier que la source de ce torrent de desastres était dans Paris même, et qne les thennidoriens tenaient entre leur» mains l'urne de ce fleuve de calamités ; sans caresser les Jacobins il eut l'air d'attendre leur tranquilité de leur foiblesse, et de se reposer de leur soumission sur l'honorable attachement qu'il affectait de leur supposer pour la cause de la liberté* Il crut arriver ainsi à se concilier tôu$

les partis, et parvenir à la longue à les fondre ensemble, à les condamner à Timpuissance, et à ne plus connaître d'autre intérêt que celui du bien public ; et par cette conduite, que Ton pourrait en politique qualifier de relâchée, il manqua le but qu'il se proposait. La nonchalance n'est pas de la tolérance. La tolérance doit protéger dans tous la liberté de penser, mais doit diriger dans tous la liberté d'agir* Son chef d'œuvre est de persuader à chacun qu'en concourant au bien général il ne fait qu'agir dans son sens. La tolérance est un joug quand elle n'est que le calcul de la foîblesse, parce que la foiblesse est susceptible de préférences. Si le bras se fatigue en tenant la balance, les bassins cessent de garder l'éliquibre. Ainsi la tolérance perdit les Stuarts ; ainsi la tolérance affermit Cromwel.

Cependant l'urbanité renaissait insensiblement. Les inscriptions odieuses s'effaçaient et le mot mort ne souillait plus les frontons des édifices publics. Les cendres de Marat avaient été exhumées du Panthéon ; son buste avait été trainé aux gémonies, et les ombres illustres de Voltaire et de Rousseau n'étaient plus troublées par le voisinage du squélettt

de ce monstre. Les ridicules formules du gou^ vernement révolutionaire n^excitaieiit plus le rire et Tindignation. Oh ne lisait plus sur les portes des bureaux : Citoyeny fermez la porte^ je te- prie^ Cette terrible sentence, Guerre à mort à tel ou tel peuple y écrite partout en marjuscules d'un demi pied de proportion, n'atristait plus les regards. Le mot humanité commençait à se glisser dans les entretiens; heureux si dans quelques climats, il n'eut pas été le signal des massacres ; et si Ton n'eut pas dit à la victime, je t' égorge au nom de V humanité. Mais la providence apparemment avait arrêté que le crime prendrait toutes les écharpes, qu'il dépouillerait les salles bonnets rouges, les grossières carmagnoles et les dégoûtantes houppelandes du jacobinisme, pour se reyétir des fracs de l'élégance ; que l'usage des poignards ne serait plus permis qu'à des mains parfumées, et que pour assasiner il faudrait faire preuve de politesse et d'une éducation soignée.

Au milieu de cette étrange subversion de toutes les idées reçues, une folie d'un nouveau genre saisit tout à coup Paris; une fureur de spéculations commerdales s'empara subite-

ment de toutes les têtes, et de toutes les classes. La chute effrayante et rapide des assignats, et la mort subite des mandats à leur berceau occasionérent cette démence. On desirait devenir propriétaire de quelques objets qui du moins eussent une valeur quelconque, et tout le monde sa fit commerçant et spéculateur. Cela livra Paris à l'activité la plus singulière et la plus irréfléchie peut-être pendant quelques mois. Ce n'était point un com^ merce d'échange qui n'engraissait que la ruse et n'était d'aucun avantage à l'état. Souvent les marchandises d'un magasin passaient dans le même jour entre les mains de vingt acquéreurs, sans être déplacées, et chaque acquéreur avait fait pour son compte le bénéfice de quelques méchants assignats, dcmt la dépréciation constante et journalière replaçait le lendemain sa fortune dans la même situation où elle se trouvait le matin de la veille ; en sorte que tout se réduisait à s'être donné bien du mouvement pendant vingt quatre heures, sans avoir dans le fait rien gagné. Rien n'était si plaisament ridicule que de voir les plus jolies femmes renoncer au sommeil et aux douces habitudes de la molesse; désert^

leurs alcôves dès sept heures du matin; courir les rues de Paris j offrir au premier venu une belle partie de tabac, de mousselines, de thé, de poivre, etc. souvent entrer dans un café pour conclure le marché avec Tacheteur, qtii plus souvent encore sans déplacer repassait la vente ^ telle autre femme on tel homme que la manie du jour amenait près de lui. N'était ce pas une scène vraiment boufïbne, lors que le soir rappelait ces dames au besoin des plaisirs et aux agrémens des cercles que de les voir sortir de leurs sacs à ouvrage, que Ton appelait alors des ridicules, un bout de chandelle, un hareng saur, on quelques sardines fumées comme autant d'échantillons^ et proposer gravement la vente de quelques quintaux de suif ou de quelques centaines de barils de poisson salé ; tandis que le petit maitre surchargé d'ambre tirait de la poche de son élégant spencer un cigare qu'il allumait à la bougie pour donner une idée de rexcellénce de la pacotille qu'il avait à vendre. Les spectacles, lesf concerts, les promenades, les salions étaient la Bourse où se traitaient ces comiques marchés, et chaque quartier founnillait de caricahirës de ce genre. Cela dura quelques mois avec

une activité dont le caractère français peut seul offrir Texemple, et cela cessa tout à coup avec la même rapidité, tant Tinconstance a de charmes pour les habitans de Paris. Uagiotage retourna dans son temple dont il était un moment sorti pour cette plaisante excursion. Ce temple était le PevronfaJ et il y resta jusqu^à la réorganisation complette de la Bourse.

Cependant au milieu des difficultés plus sérieuses dont le directoire était environné, il s^établissait, s^affermissait, et ne se consolidait pajs ; ce qui est bien diflférent. On pourrait croire qu^il n*eut jamais une idée juste de ce qu'il était en effet.

Il se considéra toujours comme le conseil executif, et oublia qu'il était plus ; je veux dire le souverain ou le prince pour me servir de Texpression de Machiavel ; car peU' importe le nom, soit qu'un seul, soit que plusieurs soient chargés de cette grande autorité. Il eut des ministres et n'etit point de conseil d'état. En sorte que les loix dont il pouvait avoir besoin n'étant discutées que par lui, il jouait auprès du conseil des cinq cents le rôla;

subalterne qui aurait du être joué près de lui par le conseil d'état. En sollicitant une loi il ne se présentait armé que de sa seule opinion, ce qui n'inspirait pas la même confiance, et avait d'ailleurs le grave inconvénient de donner à tous ceux de ses arrêtés, qui n'avaient pas besoin du concours de la législiature, un air d'arbitraire dont ils n'eussent pas été entachés s'ils eussent été délibérés en conseil d'état. Qu'arrivait il de là ? C'est que le corps législatif était de fait l'unique Souverain; puisque, divisé en deux portions inégales, il réunissait en lui seul cependant le droit de proposer les loix et le droit de les rejeter, ou d'y apposer ce que l'on appelait le veto, ce qui certainement est bien l'un des plus grands actes de l'autorité souveraine. En sorte qu'ainsi le pouvoir executif se trouvait réellement dans la dépendance des deux conseils, et pouvait à chaque instant être entravé dans sa marche au gré des intrigues et des passions, toujours bien plus puissantes et plus sures de réussir auprès des assemblées nombreuses. On pourrait objecter sans doute que la loi étant le grand régulateur du pouvoir

executif, et que le meilleur, moyen de gouverner étant de faire obéir strictement à la loi sans jamais transiger avec elle, l'indépendance du gouvernement se trouvait par cela seul suffisament garantie : oui, si la république eut eu cent ans d'existence, comme en Angleterre par exemple ou le temps à meuri la législation et conduit les deux pouvoirs à n^avoir plus qu'un même vœu, le salut de la patrie et le maintien de la liberté; mais en France, à répoque dont je parle, où il n'existait aucun code encore, où la législation ne se composait que d'un très petit nombre de loix nouvelles, et d'une foule incalculable de loix révolutionaires dont Tabrogation nécessaire se faisait toujours, de plus en plus sentir, où donc était Tindépendance du directoire qui n'avait ni la certitude d'obtenir les loix dont il sentait l'urgente nécessité, ni le droit d'abroger celles dont il sentait l'absurde inconséquence dans les circonstances où il se trouvait placé? Il était comme cet architecte à qui Ton dirait je veux une maison. Vous la bâtirez comme vous voudrés ; je laise votre talent totalement indépendant ; maia à cette condition que quand

VOUS aurez besoin de matériaux je serai lAaitre de vous les refuser, et que si vous en tirez quelques uns de ce grand magasin que je mets à votre disposition, vous ne pourrez ni les tailler ni les couper pour les assortir aux dimensioijts que vous jugerez utiles de prendre. Si Ton ajoute à ces principes de déstructiou la politique un peu ambiguë qu'adopta le di« rectoire on sera peu surpris du peu de durée dont jouit cette espèce de gouvernement. Il ne pouvait se soutenir que par une lutte avec le pouvoir législatif. La <:onstance de cette lutte devait amener des secousses, et ces secousses devaient nécessairement entrainer la chute de l'un on de Tautre pouvoir. Elle occasiona celle de tous les deux.

Quand à la politique du directoire elle devait lui être également funeste. Au lieu de comprimer, sans tyrannie, niais avec cette formeté que la raison prescrit et que Téquité avoue, les hommes connus pour avoir appartenu aux diverses factions q[ue la révolution, et surtout la Convention, avaient enfantées, j'ai déjà fait remarquer qu il affecta au contraire de les ménager ; il les caressa même souvent. Il se

flattait faussement de se les attacher par cette espèce de condescendance, et de les ramener dans les sentiers de Tordre. Il ne souffrait pas sans doute qu'en se réunissant elles conçussent de trop grandes espérances. Mais il leur prodiguait les avis; il cherchait à les éclairer sur les intérêts de Tétat et sur leur propre intérêt. II mettait enfin les conseils à la place de la sévérité. Interprétant cette tblérance inaipolitique en leur faveur, les factieux se figurèrent être craints, et leur insolence, s'en accrut. La confiance que le directoire avait mis en cette conduite fait honneur sans doute au cœur de ses membres ; on y reconnait des hommes généreux toujours prompts à se per- . suader que Tamour de la patrie peut tout sur les individus ; mais le directoire ignorait qu il n'est plus de patrie pour Thomme que son intérêt^ ou ses passions, ou des opinions erronées ont une fois déterminé à la troubler. La plus difficile de toutes les conversions est celle d*un factieux, parce qu'il prend pour des vérités tout ce qui le flatte, pour des lumières tout ce qui Taveugle, et pour la patrie Tordre de choses que son imagination se crée* Un pli^s

LAlcfevOIiUTIOîr^I'RANÇAISEv ^

grand mal' èncofe était (pie ces ménagenïèni^ appiurents -du 'directoire n^étaient pas toujours exeoipts d'uiM aorte de perfidie, qu^il flattak quelque fbid lès uhs;au détviihesl; 4es autres, quq le lendemain il se irapprôckait des élêmbos doi^ il s'étiEtit. éloigné la reille, et que! cela donnait à sa conduite un air d'incé/titude: et idé fausseté dont le malheureux effet 'était id^aigrirleàhommes de parti contre lui, et d'altéreçèa Confiance que la grande niajoHté des- franpaisi étrangère à tout éàprit de faction, avait été dis«poséë à lui accorder dans Torigine. 11 faut'im grand talent pour tirer avantage de ^la dn^*^ cité ; c'est un art qi|i, ne ,fut biep connu que de Tibère, de Louis Xli et deJPhiHp^IIi TOaîà les Philippe U, les Louis^XI, et les Tibère sont rares ; et ce serait une acte d'accusation bieik terrible contre TespéceluiaQQ^dîne.s'tl aàrrivait qu cinq hofiimes réunis p0iir gouverner tm - enipîfe pussent suivrp de front ùq sjM:^6 de-pèiffidië raisônnée. ' . :-.;., .v: ^ j

^ Au milieu de cette direction juste Winjustç ^que la conduite du directoire .doniàk^ux jugemens publics sur son compte; juste, si en effet il ayait pris la ruse et Ta^liîce pour

TQM. III» D

54k HIStOlRB DES FACTIONSfDK:

Ibfigi^, de sa politique; injuste s'il! était' kn inème^ cooBftde cela est pliis probable,^ la «lape de fia. propre verbr; il fit un acte qui l^l^emm parc0 .qufil appartient à la- justièe iten« rimi devoir à là foreô^ • il ' >la craintet, ni: - è la * ne* cessité; il rendit à la maison d^ Autriche Mam

Théràsè Charlotte: Madame; ^1^ dé Louis XYIi.: Lé {résultat de cette négociation* ftlt réchange. dé cette .princesse contre les représentons, i du. : peuple' Camus, Ckdnette, ; Bancal^ Lâmarque et Ditmet, le GénêriA BeuiMti'' FÎUey/etiiles. ambassadeurs Maret* iet Sémdn*vS\eS> On ee rappelé que les qujatre jpreimerSi ainsi; iqueiile> gédè^al, avaient été arrétég; et livrés alK'i^^ivériëWhs'par^Dimiounei^; Droi»k In^aît été ibit prisonnier lors du ibiége île Maofeengew LesdeUx iSemierê^; te rendant en 'aflh )bu^deivli'ûià..Ka^les, Faatre à CmMantinbple^ nvMmt été ' ari^êté), "au mépris Atë ^^rcÂts ks«'pli|s àaints^ilss ^s sacrés parmi les^iMir tions même les plus barbares. Les Autrichiieltti pour commettre • cet âtiëntaty iaVaient ^vuÀê la neuti^té^ties' Grisons^ let ces àmbassàdettts avaient ». été ' DOnduit» ' dâ«s les* ^ fott6re«sèSr dj> FAutrichei où ils «vaieat bngui pendent ^

longues anoées. X«a cour der Vienne avait traité ces différents captifs avec une rigueur inexcusable. On avait, eu la. cruauté dé laisser ces huit illustres victimes de la plus noble cause croupir dans le plus absolu dé* nuemeot, dans les prisons obscures et mal salines où on les avait plongés. On les y avait abandcmnés à la sordide rapacité de geôliers insolents et féroces ; ils y avaient été souvent exposés à la privation des objets le plus nécessaires à la vie. L.a conduite que Ton avait teoue avec rinfortuné Drouet avait été marquée par, un caractère de bassesse et d'à» . trocité pluft révoltant encore s'il est possible, f On souônt,, on ordonna sans doute» que pendant deux jours, il fÙt promené, entiéremient nu ^t chargé de çhaines, dan^i le camp des Autrichiens ; qu'il y fat livré à toutes Içs injures, à toutes les insultes, à toutes les tortures» 9Uggé« rées à une soldatesque impie, par l'exemple honteux que des officiers, que des généraux même, ne rougissaient pas de lui donner. L'exécrable fanatisme d'opinion savoura de 1^ soirté le supplice d'un malheureux, pour le châ-

t)w (l*uue action, qui, quand il l'avait commise»

qu'il fût OU non dans Terreur, ne lui avait paru que Taccomplissement d'un devoir. Il est deshonorant pour un gouvernement quelcoiiqîae de se venger de cette tnaniére, 6t c'est une vérité que rhistoire n€l peut jamais répéter ûasez. Quand on croit avoir des griefs contre tme nation, on lui fait ouvertement et noblement la guerre ; mais respect aux hommes que la trahison ou les défaites livrent aux ennemis de leur patrie. Ils sont malheureux ; ils sont sacrés»

Ce fut à peu près à cette époque qu^éclata la plus innattendue et la ,plus singulière ides conjurations. Cette conjuration, dont le suèbés eut été horrible, était ourdie par des hommes que leur peu de lumières et leur profondé misère ne semblaient réserver ni à de grandes combinaisons ni à de grandes tentatives. On ne peut guerre les comparer qu'à la secte des Levelers sous Crotawel. Ils en avaient toute l'ignorance, toute l'indiscipline, et toute la stupide politique. Ces hommes avaient été ce que, sous le régne de Robespierre, on appelait vulgairement la populace dés Jacobins. De^ venus sans ^^ppui, sans'^protecteurs, sans siBilaire et sans occupation, depuis, la dispersion à%

IjA RivOLPTION FRANÇAISE 37

leurs maîtres, on pourrait présumer qjie leur situation dé^esperéjB fut Je premier nosud de leur intelligence ; et que la plus part d'entre eux sans profession et accoutumés depuis longtemps à la paresse par le lucre qu'ils retiraient , de leur emploi, alors supprimé, de perturbateurs subalternes, n'eurent cj'abord d'autre plan de conjuration que Tespérp^nce de quelques heures de troubles pendant les quelles le pillage leqr procurerait les napyens de subsister. Un homme, pour assouvir son ambition, essaya de mettre à profit les dispositions où il les surprit, et résolut de se servir d'eux pour 3'éiéver au rang suprême. Cet homme se nommait Baboeuf II appartenait lui même par sa naissance à là plus basse classe. Il était en crédit parmi les fenunes de la halle et les marchandes des ports, par les formes r\ ' prononcées d'un physique rpbusfe. |I avait le genre d'élj^jgance qui di?tingup les petits mai-très de la courfijle, des porcherons, et des guinguettes fameuses. Un grand pantalon à la marinière; des souliers décoletés^ retenus par de longues et larges boucles d'argent ou 4e métal ; une veste sans bjasque comprimant

fortement la taille à Torigine des hanches, et déboutonnée sur la poitrine pour laisser passef le jabot de la chemise du dimanche; une énorme cravate d'un demi pied de haut ; deâ cheveux plaqués de suif et de pomade, et couverts de poudre ; une queue courte, attachée extrêmement bas, et grossie par la farine dont elle était garnie ; un chapeau rond, ceint d'un large ruban de velours noir ; des traits assez agréables ; un bel œil ; un regard plus effronté qu'audacieux ; un langage approprié à son état, c'est à dire grossier, souvent obscène, toujours ordurier ; enfin toute la tournure de ces individus que parmi le peuple on appelé faraux de port ou de chantier; telle était la figure, tel était le ton, telle était la parure de cet homme, qui voulut, tout comme un autre, tater aussi du pouvoir souverain* Du reste, dans une tête inculte, un génie capable de combinaisons fortes; aimant le meurtre parce qu^il le prenait pour le^laive qui coupe tous les nœuds gordiens ; louant Robespierre, célébrant Marat, comme un héritier par respect humain chante la mémoire de ceux qui lui laissèrent leur fortune. Sous Robespierre, il

LÀ RfeVÔtttlON PRANÇAISE. 39

*i*avaitjotai'd'âticune considération. LaCoinmune le regàrdiait simplenièiH; éomitie tin d^ ces habitués dè'cttbaret, à qui Ton distribuait quelques assignats pour échauffer resporit dé leurs seknblables, eÉ' se disputer en apparence avec des homWies d'un autiis gettre- que Yoù payait égatétoeiit^oùir fëiâdire de prendre dËtn? les lieux publiés, t6nt6t le parti dè^Lbiiîs XVI. tantôt le parti de k' Convention ; ihitsératblés compères dont le'TÔle était de* sfelâiisÈséi* toujours battre dans *èes espécéèr • de cdiitircM Terses, afin de -persuader! siuxl ôUVHeis,- iatik maponsy aux charbôfaniers, aux pbltJE^aix,^ àiix commissionaires, ordinaires spectateurs de lettiPisf déconvenues habituelles iju'ils sbutenaiénfuné

mauvaise cause. 'Les triôttipiiéS''consfàntâi der Baboeuf dsute ces luttes patHotiqUes râvaiehi mis en grande ïéputatîofn'panbi la multitude.' Il avait aussi voulusse mêler d^écrire, mais quoi qu^il possédât à ifbnd la Ifengue dn Péw dû chéne^ il n^avait jàmiEiis pu s^é Wéir à * la , hauteur du stilè d'Hébert; ' et avait renoncé à là ghire littéraire, pour' quelque ïënkpiï - du moins, et s'était contenté du laurier de Vimpro^ vi^uaum^ On voit ^e dans ee' listoai^ d*ân«

ciens agensi ^balternes d'un parti entièrement déscNTganisé, depuis les catastrophes successives qui avaient conduit la toWité.de leurs chefs à réchafaud, Baboeuf était le seul homme à caractère que les dèhri« de ce parti que Fon avait d0sh4citè du Aoni.de Ja^cobijûi pour lui djO^erfC^ui d^Anfurchista pil^t compter dans ç$s r^gs. LfÇ9f cinccHX^taççes le plaçaient nat^ifçlii^ent à leur t^e, et. il ne balança pas à i^jdl^glair^r leur chef. • Soit inconséquence, soit tèxf^pr^ê^ ï\ nfi nût.aucHn secret dans une con*^

I jtMTg'tiQQ^ xjfÇR^ l^importaQce.enipcigeait un si |gr^d. Il divulgua ses, projets, $es moyens^ $e& .fsypéranpes d,ans ses éçnts. particuliers et d9,^^:ilç^,,JÇà^^à^K,,f^^ effronterie peu

xQnv^xèW^i, .0^ difficilement commenti

P^rôuçt^ dont 1^ déliyraqçp. toute nouvelle était V^Y^gft i dR; direçtoijîe)^ ufN^r entrer dans un^ e<>i;^uratiQn, dpn^ rpbjet était, de, renverser ce mJ^e : direçtoifflp, ;d|Ç: 3 disperaiec^ len .deux , çonsélsi^ d^/déchirer la coi^ti|i|.tion^ et de 8ubsti<<' t^e^. aq.vgQHyernemçhti, e^ii^Jiant une déma^ gogïeïl)is3^it^. Il est .cependant vrai qu'il y trempa, \^ .^ .•. . ..i \. i. ,;,- ■ \ ■ . . ,■ . - - tft ^y&9^^^ fi^igftit :4V^rd de regarder:

LA RfevOLUTION FRANÇAISE. 41

avec mépris les manœuvres de Baboeuf. Le public partageait cette fausse sécurité. Ou savait seulement que lorsque ces Anarchistes avaient besoin de communiquer ensemble, iLi s^avertissaîent par le son de quelques cors de chasse ; et toutes les fois qu'on entendait le cor on plaisantait sur ce signal, qui n'était rien moins cependant que ^avertissement d'un pillage et d'un massacre général et prochain. Baboeuf avait ébloui la populace dont il s'en- /| <*^ vironnait, par la promesse du partage des terres; et la loi agraire devait être le premier acte de son autorité. Malheureusement le peuple est toujours dupe de ces sortes d'ilhisîons dont les frippons fascinent son entendement,, et ne se souvient jamaLs que partout ou peirsoniie ne travaille personne ne mange. Le directoire fiit enfin forcé de se rendre à l'évidence et ne douta plus de l'existence de la ccmjuration et de ses étonnantes ramifications. La frayeur qu'il en ressentit fut aussi ridicule que ses premiers dédains avaient été impolîtiques. Si le succès de cette conspiration pouvait entrainer des conséquences incalcula* bles^ il n'en est pas moins vrai que lé nombre

4â HISTOIRE DES FACTIONS DB

dek conspirateuns était petit* Sans doute que ïe jour de Texplosion^Is eussent entrainé à leui* suite le peuple des faubourgs^ suivant la tac-tique de leurs anciens chefs ; mais cette explosion, il ne falait pas Fattendre. La garde soldée du Directoire et du Corps Législatif était nombreuse et fidelle i sept à huit mille hommes de troupes dé ligne campaient dans la plaine de Grenelle. Les écrits que Babœnf, à qui ses complices avaient donné le surnom de Gracchus^ dépassaient en expressions ftiribondes et sanguinaires, tout ce que rinfetmal génie d'Hébert et dé Marat avait pu produire de plus révoltant; La postérité aura de ki peine. 4.' croire qu'il se trouvât dans' le conâeil des cinq cents des députés dont Fesprit ré* pugnait à se persuader que ces écrits fussent séditieux. Ils tl'y voyai^it qu*un amour mal entendu de la liberté ; tant-il existait encore à cette époque d'hommes dont les funestes maximes dé Robespierre et des Jaeobins avai^ cnt vraiment gangrené le jugement, s'il m*est permis de m'éxprimér aibsi, et qui ne faisaient aucune distinction entre là licence et la libertés II faut rendre justice à ces membres.

LA EfevOLUTION TRAÎTÇAISE. 45

L-cur ayeuglement sur le compte de Baboeuf tenait simplemait à Téxageration de'learâ idées, et nul d*entre eux n'avait eu la criminelle faiblesse d*entrer dans cette conspiration.

Les conjurés dont la hardiesse osait tout avant le grand mouvement qu'ils projettaient^ comme si ils eussent été surs du succès, publièrent un entretien que Tun d'eux avait eu avec le Directeur Barras. Cet entretien fittort à Barras* D'abord, en sa qualité dé directeur, il n'aurait pas du descendre à jone conférence avec un homme qu'il savait être en ïévolte ouverte contre le gouvernement. En ^second lieu, puisqu'il s'était permis cette hausse démarche il aurait du s'abstemir du moins des expressions caressantes et même adula- 'trices dont il usa dans ce colloque. Le français dont la fierté s'alarme facilement, est toujours disposé à croire sa dignité compromise, dès que celui ou ceux qui le gouvernent oublient la leur, et ne pardonna pats à Barras cet étrange oubli des convenances. Les conjurés de leur côté en conçurent cette idée qu*on les regardait comme une grande

autorité,, et annoncèrent qu'ils ne traiteraient désormais avec le gouvernement que de puis^ 5Kance à puissance. Ce fut ainsi que Babœuf s'en expliqua dans une lettre qu'il écrivit au directoire.. Quand on songe qu'une scène de cette espèce se joue entre les chefs de l'une des plus grandes nations de l'EUirope et queilques hommes plongés dans la plus crasse, ignorance, n'ayant d'autre habitation que les mauvais lieux et les cabarets, et croupissans . dans une profonde indigence qu'ils n'avaient plus le droit de rendre honorable, on .est tenté de sourire de pitié ; et je ne crois pas que l'on puisse rencontrer dans l'histoire un autre exemple d'une force politique plus absurde et. plus ridicule. £njfin le directqire se déter-r mina à prendre l'ofiensive. Baboeuf, Drouet, et quelques autres furent arrêtés, et conduits au Temple. Les papiers de Paboe^f furent saisis et publiés, et ce fut alors que Paris reconnut toute l'horreur du. danger au quel il yenait d'échapper. Le jour on l'insurrection devait éclater, le massacre des cinq membres du Directoire, de tous les membres du Conseil d^ Anciens et des Cinq cents qui avaient pr^a

LA RïiVOLUTION FRANÇAISE* 4Ô

part aie journée du 9 ThermidoTy de feu» leè fonctionaires publics et de tous lès particuliers connus pour avoir favorisé cette journée ou s^en être réjouisy devait avoir Heu, et > la liste des proscrits dressée d^avaiice devait être ré^ mJao. diffin»» cheft insonecteu^i selon le. quartiers qu'on leur avait assagies. La tré^ sorerie nationale devait être envahie, la caisse en£>iicée -^t Fàrgent abandonné à la populace ; le jnllage de toutes les boutiques des rues St. Martin^ St. Denis, St« Hoboré^ Vi-» viene^ et Neuve des petits champs, du Quai des orfèvres, et du Palais Royal était ordonné et devait durer six heures; Des commissaires devaient être envoyés dans les départemens pour y répéter les scènes qui auraient eu lieu à Parisi Tout ce plan avait été tracé par un coiqité inquisitorial présidé par Baboeuf, dont les opérations avaient toute la redoutable obscurité du ConseU des Trois à Venise ; et Ton frémit d'épouvante lors que Ton découvrit les étonnantes relations qu^il était pavenu à se procurer dans toute Tétendue de la France, par «es comités secondaires. Comment une co& rçspondance.si multipliée, des agéns si actifi^

tant de succucsiJes du ccmiité central, commenty disje, tout cela avait il pu s^organiaer» marchar, agir sans argent ? C'est ce que i\w ne conçoit pas. Cest ce qui de £iit • est inir possible. ; Il m'est, démontré que la cooepinr tion de Baboeuf servit de masque à un autre parti d'une bien plus grande importance ;. que si cet homme ne fiit pas dans la confidence de ce projet, ce qui n'est guère présumaUe, du moins on* le mit en avant avec beauooiiip 4'art/ Ub événement dont je vais rendre compte jetera quelque jour sur cette intrigue «ussi ténébreuse qu'embrouillée.

Quand: Baboeuf fut arrêté, il se figura que. le peuple s'insurgecait pour forcer : sa pri«son et le délivrer. Il se trompa,^ pèisonne ne bougeai la ndson en est simple^ on n'avait plus besoin de lui. Quand il existe une ccHMipira^ tion^et quèleschefe de cette conspîraticm sont arrêtés, die esit ànnéantie ; les conjurés se dis* <per8eiit,> se' cachent^ <iiii>araissent.; les oh^ jont punis, et tout est fini* Ici au contraiie après l'arrestation* de Bàboeuf, laiooi^uiiation^ >^jfte fit que se nouer d'avantage et a^ Byjsc. j^uç d'aqtivité et bien plus de discrélionu Ba*

.&ivoX.UTIOK FItANÇAISS« 4^

boeôf n'était donc pas le véritable chef; il i)^étail.pafiiuiiecd[onne nécessaire, Bieiiplus; Biuria$.< favorisa^ révasion de Drouet^ et I9 diredtèîre ne > réclama !pa«^ Djcôuet fut tcar* duit^' » contumace^ à ; la > haute : cour njautionaW et ifiaboeuf . fut i: entraîné il danà^.cette^ ipuot cécUîkréuquins^Insthiîsit à: Orléans jet traina nngdliérèméiit en. Icmgueui^^ On sauva Drouet^ fMOioè) qu^âlifi-était jeté, à; l'étourdie dans uoa wtngasi ou i]| n'avatit aj^erçif que rintêjrét d^ la libertéipopiilidre^sans seid<Niter assurétnent qufilffut' quesâon du triomphe du royàJiame. Il n'en est pas moins iprésumable que. c^ fut le Miii'tiet : grand mobile: de cette. /oon« iqûralion oui Ton. espéra i entraîner le peuple BOUS Tapai; du pillage afin d'avoir des motifs de phis de l'accuser d'insubordination, et d'excès pttmssables, et des raisons plausibles pour justifier les ftrs que l'on lui préparait^ et qui fussent devenus étemels. Toute cette intrigue Jaoo-«> faine et ultra révolutionaire rentrait parfaite-^ ment dans cette opinion que tous les gens de faiea et* les , vrais amis de la liberté avaient oonçue depuis bien longtemps sur les Jacobins eP les:€ordeliers; et que ^'ai déjà indiquée

48 HISTOIRE Des factions de

en parlant ailleurs des fureurs de ces deux sociétés fameuses et des crimes inoui» dés Communes dé Paris; et cette ofMnion était que ces homiïiei^ se flattaient de rétablir le trône par ces indignes moyens, et de réussit par rénormité'dë leurs attentats à rendre ià la nation ifrançaise là liberté si odieuse qu'elle se jetterait avec jo3re dans les bras des Bourbons quand ils viendraient à se présenter. Certes Fépoque n^étais pas mal choisie pour reasévtre àe plan en vigueur. La tenible guert*e de la Vendée^ les massacres affreux du midi dirigés contre les anarchistes par des anarchistes nouveaux, et aux quels les ;, anarcbktes an^ ciens, couverts d'une \autre livrée, eurent peut-être tant de part ; le reste de la France tombant de lassitude sous le poids d'une révolution commencée depuis tant d'années ; toutes les fortunes compromises par là chute entière du papier monnaye ; un gouvememeiit fondé sur une constitution, que le temps n'avait point encore éprouvée, totalement nouveau, ignorant encore ses moyens, ses ré^ sources, l'étendue et la nature même de sa puissance, et par conséquent bien loin d'être

afiermi ; si, disje, Ton considère cet état de choses, on reconnaitra combien le concours des circonstances offrait de chances favorables au parti royaliste, caché derrière Teffrayant phantôme de la conjuration de Baboeuf que Ton aurait laissée se charger de toutes les iniquités de Tinsurrection projettée; iniquités dont on aurait receuilli le fruit, parce qu'elles auraient débarassé le royalisme d'adversaires redoutables sans qu'on pût l'accuser d'avoir , trempé ses mains dans leur sang ; peut-être même, après l'événement, eut il affecté de venger leur perte sur les instrumens dont il aurait abusé. Ces misérables n'eussent pas soupçonné à quelle divinité inconnue ils im« molldent leurs victimes ; et se fussent apperçus trop tard du piège tendu à leur imbécille crédulité ; piège dont ils n'eussent reconnu toute rhorr/sur que quand il leur eut été impossible de s'en dégager. On ne saurait répéter trop souvent à la dernière classe du peuple ; que lorsque des hommes empruntent son costhume, son langage, ses manières pour lui conseiller de conspirer; que lorsqu'ils lui disent, c'est vous seule qui conspires, c'est

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