‹ Histoire de l'origine, des progrès et de la décadence des diverses factions qui ont agité la (volume 3)Chapitre 3 sur 11 · IV BE£FAC · texte numérisé non relu

IV BE£FAC

en mouvement pour arriver à asservir leurs semblables. Personne ne connaissait mieux que l'anglais les longs et intolérables abus dont la France était victime depuis tant de siècles* Parvenue depuis plus de cent ans à secouer le joug de tous ceux qui pesèrent si longtemps sur sa propre tête, il est naturel de penser que FAngleterre ne devait pas concevoir corn* ment la France n'imitait pas son exemple, ^ qu'elle devait imputer, mentalement du moins, cette longanimité à la faiblesse du caractère français. Mais à peine le premier voeu pour la liberté s'est-il prononcé, à peine le premier, éclair de l'indépendance a t-il brillé sur les rives de la Seine, que l'Angleterre se lève toute entière pour applaudir; qu'elle n'aperçoit plus que l'héroïsme là où n'a guerres elle ne croyait habiter que la mollesse; qu'elle ne trouve point assez d'autels pour recommander au ciel les succès de la liberté, et que son> estime pour la nation française est la première conséquence de l'intérêt qu'elle prend à sa généreuse tentative. . J'ose le dire, s'il eût été possible que l'Angleterre eût assisté en corps au 14 Juillet 1790, ce spectacle inouï d'urf peuple immense, n^ayant d'autre pensée

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que la concorde, d'autre désir que des loix justes, d'autre but qu'une égalité légale, d'autre frein qu'une obéissance libérale, eût pour jamais éteint toutes ces malheureuses rivalités nationales dont la philosophie gémit; et VÂflr^ gleterre n^ aurait piu9 apperçu que des amis et des frères dans ces français qui lui ressem* blaient si fort alors par l'énergie de leurs sentîntens, et la dignité de leurs efforts pour obtenir une sage indépendance.

L'estime de l'Angleterre à donc accompagné la France, tant qu'elle a pu coniiaitre la révolution qui s'opérait chez elle. Quand ce sentiment s'altéra t-il? ce fut lors que l'Angleterre fut privée des moyens d'observer la conduite de la grande majorité du peuple français pendant les temps . les plus orageux de cette révolution même; ce fut lors que la guerre quelle suscita en Europe, en pesant sur l'Angleterre, vint métamorphoser en haine le sentiment d'intérêt qu'elle lui avait dabord porté; et c'est ici que se développe le premier motif qui ma commandé cet ouvrage parce qu'il est utile de prouver à l'Angleterre que cette guerre fut l'œuvre des factions

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et non celle du peuple français; de lui prouver que cette guerre lui ravit tous les moyens de connaitre la marche des événemens 4]iii se succédèrent avec une incroyable rapidité, et la vigueur des ressorts qui* leur imprimèrent ce mouvement formidable; de lui prouver enfin qu^elle n'eût point dévié de Testime que la France, travaillant à la con<quéte de sa liberté, lui avait inspirée dans Torigine, si les circonstances lui eussent permis de bien discerner les factions françaises d'avec le peuple français, et d'appercevoir ce dernier 4i^ns cesse occupé à sauver cette liberté que les premières tend^^ent sans cesse à anéantir.

Si Ton en excepte quelques mois de paix, la guerre que la révolution française alluma en Europe fatigue r Angletere depuis plus de vingt ans. ^^ lors la haine est nécessairement devenue Funique sentiment que l'Angleterre à la longue a , du ressentir pour cette rèvolutioh. Je sais qu'en France beaucoup d'hommes ne manque* ront pas de dire que l'on ne doit la prolongation de la guerre qu'à l'Angleterre, par l'in^ £a.tigable activité qu'elle mit à renouer âans c^sse les coalitions* Mais pourquoi ne pas

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avoir la bonne foi de convenir que la piem n*était réellement faite qu'aux factions, et non pas au .peuple français qui ne pai^geâit.paA leurs principes? le seul, reproche qijba. l^on puisse adresser aux . coalitions c'eât qu'elles forçaient le peuple français pour la défense de * son territoire à devenir malgré lui Tauxiliaire de ces mêmes factions,' , c'est à dire Taux^ iliaire des tyrans qu'ir détestait plus que ne pouvaient le faire les puissances étrangères^ Ces puissances; en ne précisant pas assez les motifs qui les déterminaient à la guerre met* taient forcément alors tous les français sous les drapeaux de ces factieux. On nb réfléchis^ sait pas qu*on les réduisait à tout tenter pour obtenir la victoire, puisqu'enfin, si ils se fussent laissé vaincre, les factieux ne portaient pa$ sur le front Un cachet indélébile pour indi* queraux vainqueurs qu'eux seuls provoquaient ce grand ressentiment de l'Europe. Qu'arrivait*il de là? c*est que les puissances toujours armées pour opposer une barrière au débordement des principes révolutionaires, que l'on confondait sans cesse avec • les principes d'une saine liberté, plaçaient les fran^

çais d^Ds rhorrible alternative, ou de se voir envelopper s'ils étaient vaincus dans le châtiment des tyrans détestés dont ils étaient les victimes et non pas les complices, ou d'ajouter au poids des chaines dont ils étaient accablés si la victoire en les couronnant consolidait la puissance de ces même tyrans. Ainsi, vaincus ils couraient risque d'être punis, et vainqueurs ils couraient risque d'être esclaves ; en sorte qu'en dernière analyse les coalisés combattaient pour anéantir une liberté qui n'existait pas, et les français pour^défendre un esclavage qui n'était que trop réel; et de cette fausse (direction donnée à l'intention apparente de la guerre, il résulta que la portion saine du peuple français, qui pendant nombre d'années pour se derobber à: la tyrannie des faction»

s'était réfugiée dans les armées, se trouva seule décimée par le glaive »des combats, tandis qaé l'extrême minorité qui se composait des factieui^ poursuivait en paix dans l'intérieur le cours de ses crimes^ et jouissait loin du danger des honteux sucpés de sa criminelle

^mbitioA. .

- , Vpilas^ si la fortune eût voulu que l' Angle*

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