‹ Histoire de l'origine, des progrès et de la décadence des diverses factions qui ont agité la (volume 3)Chapitre 2 sur 11 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Il n'était point entré dans mes projets littér rairea de m'occuper jamais de Touyrage que je publie aujourd'hui. . J'avouerai même que, la nécessité de me reporter en idée sur tant d'évéaëmens douloureux que la révolutioa française a fait naitre, m'eût tellement effrayé, que j'eusse à Tinstant renoncé à ce dessin, si par hazard il se fdt offert à ma pensée. .. Il m'eût semblé qu'en me décidant à peindre les nombreux attentats de cette longue suite de factions, dont les fureurs déchirèrent la France pendant tant d'années, c^eût été me condamner à en êtrp deux foiai le déplorable témoin. Ainsi depuis longi temps, j''avais soustrait à mes regards les notes que j'avais recueillies pendant ces terribles jours ; et ne pouvant les parcourir «ans que

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la réflexion ne me fit éprouver un sentiment pénible, je les avoir vouées à un éternel oubli»

Il a donc fallu, pour triompher de ma répugnance, que quelques raisofas ^majeures me déterminassent à la combattre. L'intérêt de la vérité, Thonneur de ma patrie, voila ces raisons, dont je n'ai pas cru devoir écarter les sollicitations; il en est une troisième, dont la loi moins impérieuse saiis doute Inais que Ton rie repouâse jaîîiais, est venue mêler quelques charmes à un travail pénible, et c^cst la douceur de céder aux instances de quelques amis, dont la curiosité, peu satis^ite jusqu'à ce jour, attendait de moi quelques détails capables de fixer leurs incertitudes.

Je viens de dire : L'intérêt de la vérité et Fhonneur de ma patrie. Quinze mois de séjour à Londres m'ont prouvé que, relative^ Aient à «la révolution française, la première était mal côhhue, et la seconde mal jugée; J'ai donc érù nécessaire de soulever un coin du voile dont l'épaisseur empêcha jusqu'à présent l'Angleterre d'apercevoir les hommes et les choses sous leur véritable point de vue, et derrière le quel on en raisonne cependant comme s'ils étaient paifaitement à découvert.

Voilà les jttatesmotife qui m'ont conduit à entreprendi'e cet ouvrage, et Fon saitira de quelle force ils ont du me paraître quand j'établirai tout à Theare que T Angleterre n'a pu connaitre' la révolution française, et que j'aurai prouvé qu'il était impossible que cela fut autrement.

L'Angleterre touche à la France; et cependant Ton pourait presque affirmer, qu'il n'est point d'anglais qui ne sache mieux ce qui s'est passé depuis vingt cinq ans dans le foiid de rindostan, que ce qui s'est passé, pour ainsi dire, à sa porte, pendant le même laps de temps.

L'Angleterre vit naitre l'aurore de la révolution française avec cet entousiasme que devait inspirer l'élan généreux d'un grand peuple vers la liberté à une nation si noblement et si justement jalouse de la sienne, et qui place avec tant de raison au premier rang des principes fondamentaux de la prospérité publique la résistance à toute espèce de despotisme, et l'anéantissement de tous les élémens capables de le reproduire, -et que dans tous les climats l'ambition de certains hommes n'est

toujours que trop disposée à réunir et à mettra

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