‹ Histoire de l'origine, des progrès et de la décadence des diverses factions qui ont agité la (volume 3)Chapitre 5 sur 11 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

par rinjustice des opinions que TEurope dans le temps avait conçue sur la conduite de ses ancêtres^ à se garantir lui même des préventk>nâ contre la conduite actuelle de la France. La guerre ayant rompu toutes les communicabons physiques et morales, les jours de Téquité durent s'envoler avec les jours de la paix, et les gémîssemens des intérêts blessés acquérir le drc»t d'étouflfer • la voix de l'équité. Il est donc évident que F Angleterre dut cesser de connaitre la marche de la révolution française dè^ que le signal des combats fut donné ; que la haine vint naturellement succéder à Tadmiration première à mesure que les soufirances s'aggravèrent; que cette haine dut être d'autant plus active qu'il était impossible à la révolution française d'avoir des défenseurs sur les bords de la Tamise; et que pour mettre un terme enfin à tant de pénibles sacrifices où la réduisait ce grand drame politique dont le. dénouement quel qu'il fut devait être sans avantage direct pour elle, l'Angleterre dut, sans se douter même qu'elle agissait en contradictidi avec ses propres principes, com^

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battre ayec acharnement une cause dont les conséquences cependant n'étaient inquiétantes que ftoar les despotes,

La noble hospitalité de TAngleterre lui fit accueillir dans son sein pendant le long cours de cette révolution un grand nombre de fran»

çais, et ce fut un obstacle de plus à la vérité pour arriver aux oreilles du peuple anglais* Je suis convaincu qu6 moins de maux eussent accablé la patrie si il n'y eut pas eu d'émî» gration. Mais je respecte toutes les opinions» dès qu'elles s'apuient sur un sentiment d'honr neur quelconque ; il mé parait impossible que tant d'hommes éclairés n'ajent cm bien faire ea s'expatriant. ' Si la politique réusissait à leur prouver qu'ils étaient dans l'erreur^ cela ne la dispenserait pas du respect que Ton doit à leur honorable loyauté. En parlant ainsi, je le dis avec fierté, je ne paye aucun tribut aux circonstances. Ce que je dis aujourd'* bui, je Tai écrit au milieu de Paris lorsqu'il y allait de ma tête« Quelques hommes se sour viennent peut-être encore de mes semainei critiques* J'ai donc acquis le droit de dire hqjutement ce que je pense. Quelle lunûére

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FAngleterre eût-elle pu tirer des émigrés? leur était il donné de parler de sang froid de la révolution française? Quand ils quittèrent la France, cette révolution était trop jeune encore pour juger sainement de ses développemens Aiturs. Depuis leur départ, qu'en ont ils appris autre chose, si non les rigueurs qu'elle exerça contre eux ? comment croire alors que frappés dans tant d'endroits sensibles il eût été possible que le ressentiment fût étranger aux jugemens qu'ils en eussent porté si par hazard des étrangers les eussent consultés à cet égard. Et d'ailleurs pour en raisonner ainsi ne suffisait il pas des préjugés dont ils étaient imbus?

croit-on qu'il leur eût été accordé d*y renoncer tout-à-coup? la seule idée de droits du peuple ne les eût elle pas effarouchés? le seul mot liberté ne les eût-il pas irrités? nés presque tous dans une classe accoutumée à se considérer seule en possession de la bravoure, de la grandeur d*ame, de l'élévation des senti- 'mens, ils eussent dans l'examen de tous les événeinens révolutionaires rapporté tout à ce principe, et quelqu'avantage que ces événemens eussent procurés à la patrie, tout aurait ét^

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mal à leurs yeux, par la seule raison qua tout aurait été nouveau, où du moîas que tout aurait été conçu pi^r un autre K>rdriB. , 4% citoyens. • : ii o

£st ce dans les journaux françajbs que Iah anglais eussent puisé . des notiônis :Cei,taiaaa sur le véritable esprit de la France pendant la '. révolution, et sur le but que la grand« majorité de la nation se proposait, d^atteindfêl Certes, pour chercher la v.érité, ils n^auraieiH| pu suivre de guides plus infidelles. Fandaat la révolution chaque faction avait huit ou dix journaux à sa dévotion et le peuple françab en général n^en avait pas un seul qui lui fÙt sincèrement dévoué. Il in* a semblé qu^en^ Angleterre on était enclin à juger des jouiy naux français par les journaux anglais, ou, poijr mieux .me faire entendre, que Ton se figurait qu^en France les journaux étaient entourés de la même estime dont jouissent ceux d'Angleterre. C'est une grande erreur. En Angleterre un journal est, pour ainài dire, un souverain ; en France c'est un esclave. Un journal anglais suit avec une constance invariable le système qu'il embrassa dès son origine. Il n'est

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jamais de Tôpinion de tels ou tels bomnies, mais ce sont les hommes qui sont de yopiriioii de tel ou tel journal. Si ces hommes varient dans leur opinion, leur désertion est sans influence sur le journal ; il traite alors eh âdl^rsaire celui qu'il traitait la veille en ami; Les journaux n'apartiennent ni au ministère ni à Topposition. C^est la conformité du Èjetème suivi par le ministère, ou par Topposition, avec le système du journal, qui lé fait paraitre ou ministériel ou opposant. Si des niembres de Topposition, en parvenant au ministère par exemple, embrassaient un autre j^stème politique que celui adopté par le journal qu'ils suivirent jusqu'alors, le journal ne les imiterait pas ; il resterait à leur égard dans Topposition. S'il parait ministériel > c'est que les hommes du ministère soiit demeurés fidelles aux principes qu'il suit. On voit d'après cela qu'un journal anglais est une véritable autorité, redoutée même par les autorités. Le bien de la patrie, tel qu'ils l'entendent, est toujours présent à leurs yeux ; et ce bien même résulte de la divergence des opinions entre les journalistes, parce qu'en-

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visage de la sorte sous toutes ses Êtcas, l^ad?ministration peut arriver à saisir le poipt vrai. Rien ne peut faire fléchir leur indépendance^ la liberté est leur sauvegarde. Rien pe peut les corrompre, leurs richesses en général, sont immenses. L'homme le plus puissant çiji Angleterre ne réussirait pas à faire insérer dans un journal un article qui ne serait paa dans son système. Tels, sont le Timm^ le Moming: Chronickj le Suup le Giobe^ \e Star^ et nombre d'autres^ . ; ^

En France au contraire, les journaux n»

sont entourés ni de confi^uice ni de considéiv ation. Dans leur lâche timidité ils louent ce qu'ils détestent; ils encensent aujourd'hui c9 que demain ils couvriront de boue. Courbés sous la verge, ils n'ont ni assez d'éqergie pour résister à la tyrannie, ni assez de dignité pou]^ abjurer un métier qui les deshonore. Que la France soit gouvernée par le sage Charles V, ou que la démence de Charles VL la comble de fléaux, à entendre les journaux tout est au mieux ; le peuple selon eux est toujours dans la prospérité, toujours dans la joye, toujours ivr^ *d-râiour pour la main qui le gouvemeit U»

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