XVI . PEEFACE
ministre) un administrateur, un magistrat, est un Dieu pour eux tant qu^il est en place.
Succombe t-il victime de l'arbitraire ou de la caibale; ce n'est plus qu'un misérable. Ils «^extasient jusques devant les playes que les ennemis font à leur patrie. Tour à tour cagots on athées^ ils caressent: ou l'immoralité ou 4'hypocrisie; il est vrai qu'il ne sont lus ni paf le peuple qui les ignore, ni par les magistrats qui lés dédaignent, ni ' par lea gensc de lettres qui les méprisent. Us ont une grande excuse»
Cest Tiabscence de. ia. liberté de la presse. Mais quand la liberté de la presse n'existe pas comment se trouve: t'il des hommes qai-w respectent assez peu pour écrire un jouriiaL A l'exception du journal de Paris, qui depuis cinquante ans à peu près a conservé la même phisionomie, tels sont, encore aujourd'hui, tels furent pendant la révolution les journaux fran* ^is. Lises les journaux iprétendmpéitriotes à cette époque, ils vous apprendront que tout ce qui est trouble est harmonie. Consultés les joutr naux prétendus royalistes^ tout esprit de liberté passera pour révolte ; dans les journaux terroristes^ toute scélératesse était héroïsme; dans
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les journaux de Robespierre tcHit crime était vertu. Ces journaux eussent sans doute appris aux angkis la pensée des factions, mais en est il un seul qui leur eût appris ce que c'était que le peuple français?
Bien loin de les éclairer^ ils eussent pu les induire au contraire dans une étrange erreur. Les journaux royalistes déclamaient sans cesse contre les jacobins, et ce§ jacobins étaat sana cesse préconisés par les journaux terroristes^ les étrangers à qui Tintérieur de la France n'était pas connu auraient pu en c<Hiclure qu^en France tout ce qui n'était pas royaliste était jacobin ; et j'ai vu avec peine, dans ces derniers temps même, quelques journaux anglais pencher vers cette opinion. , Cet écart ne tient, poitrêtre qu'à un abus de mots, et je sais que la nation anglaise en général est bien loin de voir ainsi. Mais d malheureusement une i^nion aussi erronée prenait quelque faveur, il ne faudrait encore en rechercher la cause que dans Timpossibilité où l'Angleterre s'est trouvée de pouvoir apprécier le peuple français pendant la révolution comme je l'ai prouvé tout à l'heure; et la crainte du mal que pourrait faire à la Fnmce une opinion
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aussi injuste^ si elle prenait quelque consÎ9« tance parmi les étrangers, n'a fait qu'ajouter plus de force aux motifs qui m'ont déterminé à m'occuper de cet ouvrage. Le jacobinisme fut Tesprit d'une faction, et dès lors il serait absurde de dire que toute la France fut, ou est jacobine, car dès lors il n'y aurait plus de faction; je n'ai pas besoin, je crois, de prouver que l'uniformité de pçnser de tout un peuple ne peut-être considérée comme l'esprit d'une faction quelconque, puisqu'une faction au contraire n'est que l'effet d'une opinion qui met quelques hommes en opposition avec les opinions généralement reçues dans un nation.
Depuis plus de dix ans il n'existe pas un seul jacobin actif en France, on pourra s'en convaincre par la lecture de cet ouvrage; les derniers se sont éteints dans la conjuration démagogique de Babœuf; si par hazard il reste quelques hommes encore entichés de ces principes bien plus odieux à la France qu'aux étrangers qui font tant de bruit de leur haine pour eux, comme en effet il en est des groupes obscurs dans presque tous les états de l'Europe, ces jacobins sont tellement épars, ils seraient tellement effrayés qu'on leur appUquât c%
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nom, que cela seul suffirait pour les paraliser. Oii devrait bien se resouvenir ce me semble que Bonaparte à régné douze ans sur la France, que son ambition jalouse et sa puissance soup« çoneuse avaient les yeux bien autrement ouverts sur ces débris de jacobins que les étrangers qui en parlent sans cesse; qu'il avait bien plus d'intérêt qu'aucun autre puissance qu'il n'en existât plus un seul, et que les maximes des auteurs du 10 Août ne devaient pas sourire à l'auteur du 18 Brumaire, à ce Bonaparte que la plus foible réunion eût rempli d'alarmes, et qui pour échapper à ses terreurs se réfugia, si j*ose m'exprimer ainsi, dans le gouvernement militaire comme Cromwel dans ses nombreuses chambres de Whitehall.
Mais si par jacobinisme on entend républicanisme, la question n'est plus la même, et s'il n'est point de français qui ne fût justement irrité de se voir accusé du premier, il en est au contraire bien peu qui ne professe les maximes que suppose le second; et je ne crois pas possible qu'aucun anglais puisse sérieusement confondre le jacobinisme avec le républicanisme. Quoi qu'il en soit, il est bien temps, ce me semble, de s'entendre sur •
ridée que Ton doit attacher au mot répub* licanisme. Je sais que quelques personnes croyent encore^ ou feignent de croire, que le régime républicain est exclusif de la royauté. Mais les lumières sont, trop avancées pour soutenir une semblable thèse. Dira t-on que le gouvernement monarchique ne peut s^eq- |endre que de la puissance illimitée confiée à ^n seul homtoe, et qu'il n^ a point de véritable monarchie si tous les pouvoirs ne résident dans la même main et si I9. volonté d'un seul n'est psu» Tuiûqye^ régulatrice de la volonté de tous? Cértéfi( un semblable paradoxe aurait bien pu être ;:éduit en prittique dan^ les siècles d'ig^ npraace, mais iaqjourd'hui la raison seule suffi«r rait pour en faire mUtiv : rabsùrdité. Mais pour p^ |)as vouloir de despote, il ne s'en suit pas qu'iji ne faille pas de chef ; et qu'importa ^Iprs le ûtre qu'on lui dcmne. Il faut bieji disk tinguer les devoirs, d0s opinions. Un homme, peut-être convaincu que le r|igime républicain est le :^eiUevit des gouvernemens, et être encore: un excellent citoyen 90iis un monarque absdl^« S'il se sQUQQ^t aux ïoix de ce goiuv^rneméiït quand il le .'trouva éta^î, s'il n« js^ pç^riaet nifiK>MBtb.M4U^tÎ0^j^ iub:9pi^^