‹ Histoire de l'origine, des progrès et de la décadence des diverses factions qui ont agité laChapitre 3 sur 16 · TOM.» II. B · texte numérisé non relu

TOM.» II. B

sance avait placé les Grecs, sous le règne de Périclès. On la. supposait accompagnée des charmes de l'éloquence, -de- l*alrfour des arts, du culte de la beauté, du respect pour les loix, du dévouement pour ses semblables. On la voulait étrangère & te. jigiditej.de Lacédémone, et au tumulte populaire des tribuns du Forum ; et si quelquefois on '-redoutait que cette divinité chérie ne. v\fp . affermir s<p empire en France, sans passer par 1 épreuve des combats, les lauriers de Marathon étaient promis d'à- V *W?Ç. à nos héros régéjx£r|s, L^bojjticyi dft tous les abus, la révision de toutes les loix vieillies, les droits naturels rendus à tous les lîommés7 les autorités* replacées dans le cercle qui leur convient, tous les pouvoirs justement balancés, tous leâ ordres afe l'Etat soumis à une dicipline conservatrice, le peuple honoré dans son travail, le clergé rendu au respect natieaai ,psar la pureté de ses mœurs,;, -1%. noblesse r cherchant la vénération publique bien;! plus par l'éclat de «es jservices que par l'éclat de ses ancêtres.; 1 voilà le tableaûjquejfi& deii^ tiers de la France se faisaient j&e$ Jouctf

que ce- grand iiK>uvement.dei^t.ameii» à<Sfc

z .il .i.cr

suite. Que restait-il de ces brillans mensonges ? Des mots, et des crimes. Les plus gens de bien avaient perdu jusqu'au droit de converser entr'eux de ces fables, fugitif amusement de leurs conversations antiques ; et pour prononcer en paix les mots d'égalité, de fraternité, de liberté, il falait produire un diplôme d'attentats. Que dis-je? ces noms, qui n'offrent au souvenir que les principes sacrés que la nature fournit aux humains pour servir de bases fondamentales à toutes les sociétés, ont été tellement souillés, qu'à l'instant même ou j'écris, qu'à cet époque où depuis long-temps on a séparé ces mots des monstres qui les prostituèrent, qu'aujourd'hui, dis-je, on tremble de s'en servir; et qu'une sorte de pudeur semble vous défendre d'user de ces expressions, que tant de larmes et de sang out effacées de la langue française.

• Tel était cependant le sort des hommes Vraiment libres, parce que la philosophie, et non pas les passions, les avait affranchis, lorsque la Convention Nationale ouvrit ses séances, et vint étonner le monde par la hardiesse cle ses conceptions, par la férocité de ses

maximes, par l'étonnante grandeur de ses entreprises, par l'inconcevable bassesse de ses inimitiés, par la constante atrocité de ses vengeances, et par la double soif, et du sang des français, et du sang de ses membres.

Lorsque les siècles auront fui, et que la postérité trouvera dans l'histoire la peinture fidèle du peuple Français pendant le règne de la Convention Nationale, elle croira qu'elle fut tracée par quelque imagination déréglée, et s'indignera peut-être de l'outrage fait à ses ancêtres, par des écrivains qu'elle supposera dévoués au mensonge. Comment croire en effet qu'une nation constamment admirée sur la terre par la douceur de ses mœurs ; par la délicatesse de son goût ; par la recherche de ses usages ; par sa légèreté toujours aimable dans sa pétulence, et toujours active sans être ennemie de Tordre et des devoirs ; constamment jalouse d'être par ses sentimens généreux, par la noblesse de ses dévouements, par son exquise sensibilité, le modèle de tous les peuples; comment, dis-je, croire qu'une telle nation soit tout-à-coup sortie de ce caractère qu'elle tenait tout à la fois de la nature prodigue pour elle»

et de la civilisation perfectionnée par elle? il est trop vrai cependant ; un seul jour éclaira ce phénomène inconcevable. La rage des discordes civiles ; l'indifférence et pour le crime et pour les vertus; la patience au sein des privations, et l'emportement au milieu des contradictions les plus puériles ; l'acharnement le plus inconcevable à se détruire, uni à l'invincible volonté de vaincre tous les rois ; tel devint tout-à-coup le français que tous les sentimens de l'honneur, bien plus encore que la gloire de ses armes, avaient mis au premier rang des peuples de la terre. Le jour est arrivé, où sur la surface de son vaste empire il ne sera pas un point que le crime ne souille, et que, par un contraste que l'on n'expliquera jamais l'héroïsme ne signale. Républiquains et Vendéens, également français, également enfans d'une même patrie, s'ataquent, se heurtent, se déchirent sans pitié ; un double fanatisme, les met en présence ; les victoires et les défaites se succèdent sans relâche; chaque jour est une campagne, chaque campagne une vengeance, chaque vengeance une réprésaille.

Les uns meurent pour l'autel et pour le trône,

les autres pour la toge parricide de leurs Brutufr imaginaires. Ailleurs, Montagnards, et Girondins tentent le sort des batailles. Ici c'est la république qui combat le république. L'une et Fautre faction, admiratrices de Tantique Rome, n'auront pas la patience de se soumettre à ses longues destinées. Elles touchent encore au palais de Tarquin, et déjà Marius et Silla se disputent l'empire du monde. Toutes les cités populeuses, tous les asiles de l'opulence et du commerce, renon-' cent à l'instant à leurs spéculations brillantes. Janus trouve paF tout des temples, et par tont les portes en sont ouvertes. Nantes oppose un mur d'airain à la royauté menaçante, et bientôt Nantes s'écroule, anéantie sous l'ingratitude républicaine. Bordeaux, Marseille, superbes de leur fédéralisme, expient par le sang de leurs enfans le crime d'avoir conçu la république, ainsi que Wasinghton l'avait entendue n'ar-guère aux limites de l'océan.

Toulon, plus impatiente sons le jong, s'inquiette peu d'être déshéritée par la patrie, pourvuqu'elle brise son esclavage ; et se livrant à l'Angleterre, abandonne l'honneur d'être con-

titf-f&MÀ' tes eftèiT'ftairçtàsï*:' • Ljtèny % rôll'# désormais iinmbrteHé, braVé à la fort lé foudré el ; l'opinion;' et vàirièae par le nùiflbré, expiré enfin avefc gloire soiis les cbups d'utt ' in&ttiê Sporus. • Paris; colosse immobile a* mïKéfe <tet tant de cit&' agissantes fetf rivale*;* tfesééïftïte au taureau dé Phalariôï et en apparence fty sensible à la -gloire cbiftihë à ( la hinté, vtâ marque plus dans le ihttride que pair les 'fctiS sourds des ïnomfe^ableà vifctrAltes qu'elle dévbiH? dans ses vastes eritràillesi 'Laissant àtèc 1 m# différence sortir' de» son sein !te sîgnttî tiërpïtok crîptiohs téptiWicairiès et des réaction* ro^ alistës; elle uflittourèi lfr'jRikTabjeetidn là Jxhtef basse, à ïa sublimité la plus éftoimàntfe. ' Il fest? trbp vrai : ce Contrasté si ' extraordinaire, le* peuplé de Paris #i eri offrit l'exemple : pendant! deux ans. Oïl le Vit avec une patience îî& concevable éùpporteî, pbur ciihsi dire sàîïtf . plainte, pendant ip&hzë' mois une dhtettîè, craî n'était qu-appâÈtënte i paSser des jours et dei riittis entières à la porte' des boulangers pôitf

recevoir une ohce dé jpéSïr qui n'était pas marigeable; sâris 'èôMer le' Joindre signe d'imi patience et dé* revtolte; taïidis que souvent il

Ç HUTQIKB P*6 FACTIONS DB

a^meujb^ittputnà^coup pour l'intérêt du premier brigand, ddtat ( 1 ambition avait besoin de sa présence . pour apuyer ses projets criminels. On vit ce peuple regarder avec insouciance la profanation de tous les objets de • son culte; côtoyer dans les rues les dépouilles de ses temples sans y faire la plus légère attention, et dans le même instant prodiguer 1 avec le plus admirable désintéressement tout ce qui lui restait de ressources, dès qu'on les lui demandait au nom de la patrie. On le vit s'indigner, non pas de la perte de Marat, mais de Tàssasinat commis sur, sa personne ; dé-

tester ce moyen employé par Charlotte Cordey, et cependant donner des éloges à son courage en regretant que la nature de son crime ne lui permît pas de l'arracher au supplice; et cependant malgré ce sentiment intime de justice efc d'humanité, laisser pendant plus d'un an des milliers de victimes marcher à l'échâfaut, sans songer une seule fois qu'elles étaient inocentes. Quiconque eût prétendu faire à cette époque, une étude réfléchie de la France, eût prononcé qu'elle, était habitée par deux peuples bien distincts ; l'un timide, tou»

jour» tremblant sous la main du premier audacieux qui voulait l'asservir, véritable serf des passions de tout homme puissant, et celuici était le peuple de l'intérieur ; l'autre, plein d'honneur, de loyauté, de véritable patriotisme, des plus noble sentimens d'une indépendance généreuse, d'une liberté réfléchie, et d'une obéissance libérale ; et celui là était le penple des années. Telle fût a peu prés la phisionomie de la nation française pendant foute la session de la Convention Nation* aie. •,,-..

Nous avons vu pendant l'Assemblée législative des orages nombreux, mais toujours inutiles à la gloire de la représentation nationale ; nous allons les retrouver plus violens encore au sein de la Convention ; mais ceux ci rejailliront sur toute l'Europe ; et si leurs résultats devinrent souvent funestes à la tranquilité générale de la France, si tous furent marqués par la chute, l'exil, ou la mort cfune foule de députés, s'ils frappèrent indifféremment les tètes les plus marquantes des deux partis, ils imprimèrent néanmoins une énergie à tous les mouvemens du corps politique que

H) HrStÔIÎlEiDBS ÏACtIONS DE

l'bn ne devait 1 guère attendre' d'un peuple déjà fatigué $ et donnèrent un caractère de grandeur â 'toutes les déterminations de cette Assemblée si Redoutable par sa composition; Cette fois, ^ s deux factions sty trouvèrent totalement en présence. La'fàction Jacobine; ou pour mieu* me faire entendre la faétïon de ' la commune, avait détenttirïé la compo»> sitioa de la^députation de Paris-} '<et \k se tiré*** vaiént tous les chefs de l'insurrêction du 4 di:S Août et des massacres de Septembre. ' Vi La société des Jacobins avait par sa correspond dance, exeréé quelque influence si» <tesr dominations des départements, et procuré •> aktti quelques» Tënforts au* f sfcpôts de FanArchie &t du terrorisme ; mais la Gironde, qui dans ieS provinces jouissait d'une popularité quelle n ? a>J vait pas su conserver dans Paris* ïvttit. été plus heureuse, et s'était renforcée de tout cte qôé les départemens possédaient ^ncére d'hommes élôquens et énergiques. Il semblent que les anarchistes s'alamérent de cette j ïn&sse qui se' présentait pour les combattre'; et que hé croyant pas les Jacobins des auxiliaire» 't&sëi forts pour les soutenir dans cette attfcque;

cherchèrent à se créer une armée de réserve* en fondant cette société, dite des cordeliers* où vinrent s'agglomérer tout ce que Paris renfermait d'hommes parfaitement atroces. C'est de là que nous verrons sortir les Chaumet, les Vincent, les Hébert, les Dumas, les Fouquier* Tinville et tant d'autres, qui bientôt successeurs de la commune actuelle viendront enchérir encore sur ses principes désorganisateurs»

Parmi les recrues que la Gironde avait faites, il faut distinguer surtout Barbaroux, jeune, homme, provençal audacieux et bouillant, dont l'éloquence sauvage s'accordait assez bien avec son caractère emporté. Aujourd'hui déserteur du parti de la commune, et d'abord commandant des Marseillais, Danton, Robespierre, et Marat, avaient été les hommes dont il avait suivi les opinions en arrivant dans la capitale ; mais malgré l'apreté de son caractère, il était né avec un sentiment du juste et de l'injuste qui lui faisait facilement appercevoir le parti le plus convenable à la raison. Barbaroux avait la passion de la liberté ; et comme toutes les réputations diminuent ou s'altèrent, à mesure que les distances aug-

mentent, Danton, Robespierre, Marat et beaucoup d'autres hommes de cette espèce, étant considérés aux extrémités du royaume comme les patriotes les plus purs que la révolution eut produits, il était donc assés ample qu'ils fusent les premiers dans l'estime de Barbaroux quand il se rendit à Paris ; mais quand-il les eût vus de près, et qu'il eût dé* mêlé leurs intentions secrettes, si contraires à sa volonté, il les abandonna sans peine, et se jetta dans le parti où il crut reconno&tre la franchise et la droiture républicaines plus convenables àson génie incapable dedisshno* tation.

Quand la Convention s'ouvrit, la situation des choses était bien changée. Le trône n'existai t plus ; l'autorité du roi, et ses fautes prétendues ne pouvaient pi» servir de prétexte aux menées des factieux, ni colorer d'une apparence de justice aux yeux du peuple la hardiesse de leurs attentats. Il fallait maintenant que les ambitions se montrassent à découvert, et Ton peut dire que lorsque la Convention NationmJe décréta dans sa première séance l'a* boëtkm delà royauté, et la fondation de la

république, ce grand changement ne fut autre chose qu'une déclaration de guerre entre les deux partis. Ils abatirent une autorité, reconnue légitime de puis onze cent ans, non pas pour la déposer entre les mains du peuple et le consulter sur celle qu'il croirait lui convenir le mieux, ce qui n'aurait été que rendre hommage aux véritables principes, mais simplement pour se substituer à sa place* l'exploiter à leur profit, s'en partager les dépouilles ; . s^nquêtant fort peu de ce que la nation de viendrait après eux. Il est des matérialistes en politique, comme en religion ; vivre, et jouir $ voilà leur but ; après leur mort, le néant.

Cependant cette Convention, qui d'un seul mot changea la forme dp l'un des plus grands empires de l'Europe, et brisa dans une minute ce que tant de siècles avaient respecté, consacra une grande partie de cette séance mémorable à des puérilités. On mit en discussion quels honneurs seraient rendus au président, quel titre on lui donnerait, de quelle forme serait son fauteuil; et vingt autres choses de cette importance. La république fut décrétée, et le soir la ville fijt illuminée.

Qu'elle illumination! Gela ressemblait assez à ces torches nombreuses qui dans la nuit éclairent les funérailles des morts. Peu de jours ne se passèrent sans que les deux partis ne se heurtassent. La Gironde se croyait forte ; elle commença l'attaque. Elle accusa le parti terroriste, de ne s'être empressé d'adopter la république, que pour mieux établir 3a tyrannie. Elle accusa ouvertement Danton et Robespierre, de prétendre à la dictature ou tout au moins au triumvirat. Surpris par cette levée de bouclier inateridue, ils se défendirent mal ; mais Marat monta à la tribune et déclara que la proposition d'un dictateur avait été faite par lui comme la seule mesure capable de sauvdr la France* qui ne serait libre que lorsque l'on aurait fait tomber encore six cent milles têtes. Il n'est point d'exemple qu'un homme ait jamais éprouvé plus de mépris,' d'afronts, d'outrages, qu'en éprouva dans cette séance cet inf&ïné jongleur.; il n'est point d'exemple qu'un homme ait jamais supporté les mépris, les afronts, les outrages, avee une impassibilité pareille. On petit juger du dangereux ascendant que co

LA RÉVOLUTION EBnfcNÇAWE; 15

monstre, avait pris sur la populace révolution-*; naire, par la démence des aplaudissemens dont les tribunes acceuillirent sa sahguihaire prcK pasition/zLe^lendemaifl elies forent 1 moins audacieuses, lorsque Robespierre \ fut directe-: ment attaqué; et -lors que le décret d'accusàî taon fat porté contre lui, elles ijestêrent frajw pées d'époavante. v Elles n'osèrent userxle cette insolente liberté, avec la quelle elle&se per-i mettaient souvent de huer les opinions desf orateurs. Robespierre, déconcerté lui même; ne sachant que répondre, demanda huit jours pour se justifier. .. Si la Convention plus prévoyante eut mis à profit la circonstance, je no dis pas que la chose publique eût été sauvée,: mais à combien d'inocens eût elle sauvé la vie; La Gironde perdit tout, par un sentiment d'é-* quité qui l'honore sans doute, mais qui n'était guère applicable à m pareil homme. ,EHé jugea qu'on ne pouvait condamner personne sans l'entendre, et en principe elle axait raison y mais Robespierre n'étail-il pias déjà convaincu^ et un criminel se justifie-t-il quand fces forfait* ont été public&?i Robespierre connoi^sa^tttiieiixz que la Gironde 1^ béhéfice -du temps^^^iK

révolution, huit jours sont des années ; les in* térêts changent, l'entousiasme se refroidit, et le coupable échappe.

Pendant ce temps les armées françaises commençaient leurs années de gloire. Nice et Montai ban sont prises par le Général Anselme. Custines s'empare de Spire, de Worms, et de Mayence. Le siège de Lille est levé. Kellerman rentre dans Verdun, et dans Longwy.

Les Prussiens enfin ont évacué le territore français.

Ce serait une erreur de croire que le conseil exécutif eût quelque part à ces succès. Il s'occupait bien plus de l'intérêt des factieux que de celui des armées ; et le ministre de la guerre à cette époque eût été, peut-être, très embarassé de dire si la France avait des armées. Ce ministre était Pache. Peu d'hommes ont plus marqué par la nullité de leurs moyens, par la profondeur de leur hypocrisie, par la bassesse de leur ingratitude et par la saleté dégoûtante de leur extérieur. Ce misérable tartufe avait séduit Roland : et sou naturel pervers avait échappé à l'œil perçant de Madame Roland. C'était par leur soins qu'il

avait été promu. Ils avaient cru en le choisissant appeller au ministère un homme simple dans' ses mœurs, ami du bien, étranger aux cabales, attaché à ses devoirs ; et ne se donnèrent qu'un ennemi implacable. Son premier soin, son soin unique, fut de perdre celui dont il tenait son élévation ; et Roland n'eut pas de persécuteur plus acharné. Cette méprise dans Madame Roland est assez extraordinaire ; elle avait une défiance patriotique que souvent » elle poussait à l'excès ; et facilement accessible aux préventions, je l'ai vue taxer de maratisme des hommes, plus ennemis de Marat que peut-être elle ne l'était elle même.

Les dangers de la guerre en s'éloignant, laissèrent à la Convention un champ plus libre pour s'élever contre ceux qui l'avaient attirée en France. Elle rendit son fameux décret, qui bannissait pour jamais les émigrés du territoire de la république, et prononçait peine de mort contre ceux qui transgresseraient cette loi. La suppression de la croix de Saint Louis fut une des conséqueuces de ce décret ; et s'aVançant pas à pas vers ce sistême d'égalité qu'elle prétendait établir, elle remplaça

tom. il. c

le mot monsieur par le mot citoyen; et grâce à l'indignation que Ton portait aux hommes qui s'en décorèrent les premiers, ce titre de citoyen, le plus noble que Ton puisse convoiter, devint un objet d'horreur pour les français, et est encore aujourd'hui une expression que le ridicule poursuit. Ce décret contre les émigrés: eut âne destinée bizarre* Depuis i'originô de la révolution on avait vu souvent des loix arrachées p^r la faction dominante.

Après l'époque où elles étaient rendues elles devenaient souvent une portime de discorde, que lea factions contraires jetaient habilement, au milieu des assemblées, toutes les foi» quelles voulaient tourmenter ou avilir la faction dominante. Il en fut tout différemment du décret contre les émigrés. Celui-ci eut la propriété particulière de rapprocher tous - les esprits, toutes les fois que des mains habiles l'employaient à cet usage. Ainsi par exemple, quand les chocs presque journalliers entre la Gironde et la MontagnefaJ dégénéraient en une violence vraiement alarmante, et. menaçaient de rendre la sallp des séances l'arène d'un combat à mort, la portion mîxtç <$é"k

LA R&VOOjUTIOK Fît AtfÇAISEi ï£

Convention élevait alors unie voix^ timide ehj

apparence; et- conjurant ces gladiateurs ad'afo*

jurer leuife haînës ï personnelle* ^es i supqcftiaifc

de Vooèuper de la chose publique et de donner

à la; loi des émigrés' les d4velopemen&J eb;kj

complément qui lui manquaient encoarennAloïà)

le calme • se rétablissait, : pour . quelques instana

du moins ; tctas les esprits se réupissaiejrtSdans

une- même ' opinion, et un nouveau trak àé

pipoe&M ajoutait unie -oipbre de plus à petotë

sombre esquisse du î malheur 4e t%nt > de fa*

millet • Ce fut à cette déplorable ; • tactique

qae> Ton dut, ent^aùtre,, k côrifiscation -gêné*

raie des biens dé tous les- homme? abseps ; le

défcrétqui mettait horà de la loi tous leiéntig^&

que l^n trouverait sur f le «eriitpira ' français}

quinze jours ; apirèsi >le publication^' du dèctféfcj

et i*0*nbre d'atitàtëë meures non inoinj» iêvtAtk*

tkmattik-^. Aii^i Fôn pourrait dire que si cds

£rit*ttipe& btôttàteft-, adoptés par la Convention;

fbrént iùîs^î ^ati^/^e fut bien plus pai^te

faute "du- parti que l'on appelait les tfiôdérés»

que par un mouvement spontané 'Mies deb&

rifen&és ! fedtions qui se disputaient rett^rè;

IMiMMil- est vrai qtte la; faiblesse est toujours

fO HISTOIRE (DES F^CfMQNS DE

plus bruella /.que la tyrannie- Quoiqu'il. eu. soit an nejpeut s'empêcher d'être étonné de la dondpite impolitique de 4a Convention. Jamais aucune assemblée n eut autanj; besoin* piur affermir sa puissance* de réloignfement des \ /ennemi» » extérieurs; et pour comà&ettft& sans - crainte '. le ( grand .attentât qu'elle méditait idéja^ et que les Jacobins commençaient* à h& pcéscrire y de jse placer, dan^uiœ position indépendante;., et œpenda^t ^^^prévoyr anfce^i l'empêcha de .-xâfléch&à <œt^^<^s$i*ê.; e*i ; $aorifiant itoutj à son esprit, de^ fépublic^r ftbme, s^geaitt; l'antique Rome dm&, s$s viç#£ bien ^ pins qu^ dans; 3es vertus, mettant , la digpitéodahs'lesivaineà formules et ne**] dwfc la* jA^iâttbla i grandeur, i #11q ; prit J' wg^tjtudp poW) llum Ideti appari^ges ;de r ia puissance 4Ê£ mtoràtiq*i£»i t jet < #e jdufc à roheiaier^ iqcgrtnk dicei, etfruwientef Jj5« jgénérâwtiqui lafei^fl imm? e, ; i JElfe d^tit#&< (jçiGéjaéyal Montesqp&p qiiiijvpftifc 4e ji^^cwq^ljrft.^ ^vç^Aj^JJft £&,&*&££ fe f^iéjcaJi ÇustiBeiS,;idQçt; 4 lji ^çqç; dwfe iiftbifei.w^it 4^1iû 7f seHçaçt^e {1 t^ut^k

de Jetmftappes, ce* Dùirtoùrierdcœtleoouragiè et là victoifef lui assument lu conquête do kt> Belgique. ' Cet : exemple* 4 malheureux ^ufadte donnait : d'une égalité '*£rit entendue, avait* te double danger et *le décourager lé ïtàlheùm} qui veut avec 'raison que 1 «la gloire'' «cquitf^pfcrf son sang soit honorée et respectée, • et de jè*P hardir des misérablesy tels que M&rat* p&f exemple; à renchérir sur «ces dédams ridiotrîé&[ *n-y ajoutant Foijtragef et ■ » l'insolence* * » €tè n'est-jbomt Anë faMe ; pendant le lapide séjèufe que Dumourier fit à * Paris, après la b^taill^dé Jemmappe* un soir il ampachez -]*ù**&à Talroav avec une vingtaitfe -d'amis. Qrofr&tq on que -Marat* s'étant présenté & la p*ôr«é^à1ae<I quelques lins de ses suppètSy et l'ayant fbrfc&$ osa pénétrer jusques dam la salle à mang^tfà cette -société était réunie ; et là, sans auté&i égard m pour le maître de la maison, tïi p»ufr les 'femmes qui se trouvaient à ce eoupéiy -interpella < avec une arrogance vraiment ' itiguiè

le Général pumourier dé lui renidre- ctfrrtp^ Ah motifequilui avaient f^it livrer bataîMè»; Ravisa de lé gouhnander rtietemeht, pour av#h\ disait-il, exposé la vie des soldas pou* isatis-

2& HISTOIRE DES FACTIONS tDE

fewe..json.iOKgtfeil, etofut' Jusqu'à le menacer dé la vengeance diirpeuple. . Le Général Dui»<t>tfrier cQnserv&dans cette circonstance toute sA dignitéi ;, et ne .daigna pas descendre à entrer -dtaE là /moindre explication avec un tel homme.) Mara* sortit furieux. IL exprima son mécontentement ^aar . les paroles les j)lus ob- 8Kjènee:i'0iais il ne dut qu'à sa qualité de dépuAé^lea itténfegbmena dont on usa avec lui.

Sans .cela il. sût i été jette pair les fenêtres, et iJ, M lè' méritait. ,La conquête de la Belgique avait; i jsui^i la bataille dé Jemmappes- Lp. Çqftv^ition Nationale^ .persistant dans 3on im^ pplrtiqUO conduite, au, lieu de «tenir compte à P±miourief d^un, jaussi important service, fer grtitide «ne pas 's'en, appercevoir. Dumourier tfindigm à ]a >fin d'une indifférence aussi, dépjtaçée. :I1 lui opposa cette fierté naturelle à tfm^ Jes, (généraux, qui. làont convaincus qufe H$ta% leur doit : de la reconnoissance, et s'- ^patiïna.en.winqueurr c'est à dire en homme «q^i, , $> , la, ^ fconsciencç et de son utilité, et de cfUfe ipuissanoe .que l'ion tient des succès. Pe f s<«i/C^, ta GpnVcapttion, fidèle à son sistêmfe* 4»it pitm d'apparat à sa «îorgUe républicaine,

et copiant avec mal adresse le sénat de Rome fit entendre au géaiéral qu'il était encore trop peureux d'avoir vaincu, et qu'il n'avait nul droit, ni sur sa conquête, ni même surdon armée; et l'aveuglement de la Convention était poussé au point quelle semblait autoriser par son silence les efforts multipliés que faisaient les Jacobins pour semer par leurs agens l'insubordination et l'indiscipline parmi les soldats, et se laissait abuser au point de considérer comme des patriotes persécutés ces misérables désorganisateurs toutes les fois que la sévérité des chefs de l'armée les bannissait des camps pour garantir le militaire de leur criminelle influence. Ce n'était pas encore assez ; sa funeste imprudence se fit encore mieux sentir à l'égard des pays conquis ; son intérêt était de se les attacher par un régime doux et juste tout ensemble ; de protéger les propriétés autant que les personnes ; d'éviter surtout de les heurter dans leurs opinions religieuses. C'est par l'instruction que la philosophie combat les préjugés ; mais employer pour les détruire la violence ou le mépris, c'est ajouter à leur force, c'est redoubler leur in-

tensité. Elle envoya, des commissaires pour organiser cette conquête. Ces commissaires furent Danton, La Croix, et Camus. Camus, le plus honnête, le plus probe, et le plus religieux des hommes ; mais que pouvait-il contre Favide cupidité de ses deux collègues destinés sans doute à voler comme à mourir ensemble.

A leur suite accourut une foule de veautours dont la vorace indigence vint se repaître des richesses des Belges. En peu de jours tout disparut; argent, grains, boissons, produits des manufactures. De la spoliation des maisons, on passa à la spoliation des temples.

Nos arts se sont enrichis sans doute de cette moisson, faite dans des contrées que depuis deux cent aas les arts embelissaient de tout ce que le pinceau avait pu produire de plus précieux. Mais la sévérité de l'histoire veut que Ton dise que la source de ce bienfait fut injuste et odieuse. L'histoire est faite pour dire les conquêtes, mais ne doit jamais pallier les excès des conquérons. f&J Doit-on badiner avec les poisons ? Doit-on féliciter la nature de les avoir fait, naître parce que l'industrie de J'homme est parvenue à en extraire des re-

medes? Ces vexations aliénèrent ce peuple qui ' par un noble sentiment d'indépendarieq avait souri à Taproche des français ; et lorsque bientôt la fortune volage ramènera les Autrichiens dans ces campagnes, d'où la valefir française les avait chassés, le souvenir de nos déprédations leur rendra un peuple qu'il ne tenait qu'à nous de leur arracher sans retour.

Tandis que ces fautes se commettaient au dehors, une découverte «n apparence importante occuppait dans Paris la curiosité publique, et> intriguait vivement une foulé de députés marquans. C'était la découverte de cette armoire defer, dont l'existance fut, diton, révélée au ministre Roland par un serrurier de Versailles. Le serrurier, la grande capacité de cette* armoire, et les nombreux cartons que le ministre Roland y trouva, si l'on s*en rapporte au récit de quelques historiens, sont autant d'erreurs populaires. L'armoire, ou pour mieux dire la cachette avait à peine trois pieds de haut, sur deux pieds de large et un pied et demi de profondeur. Elle ne pouvait avoir été que l'ouvrage d'un maçon où d'un tailleur de pierre, puis quelle était

pratiquée dans l'épaisseur de la muraille du palais* du côté des jardins ; et si Ton veut que le roi en eût eu connoissance, ce qu'il a constamment nié, (et certes l'on . peut s'en rapporter à lui tout aussi bien qu'à ses ennemis, si intéressés à Je compromettre), il n'aurait -pas eu besoin à coup sur de s'exposer à l'indiscrétion d'un serrurier, puisque s'amusant ki même de la serrurerie, il lui eût été facile de forger la grossière porte de tôle, qui fer* mait cette armoire, et que l'aprentif le moins expérimenté . rougirait d'apporter à l'homme qui la lui aurait commandée. Au reste je prie le lecteur de me permettre de lui dire. que je parie ici en témoin occulaire. Quand au serrurier il n'eût jamais d'autre existance que celle que lui donna la . Convention en daignant l'écouter, lorsque incité par les Jacobins, qui lui avaient fait sa lepoq, il vint à la barré inculper Lojiis XVI, et » lui imputer un crime, dont la supposition palpable eût du attirer un prompt châtiment sur la tête de cet imposteur. Traçons rapidement les détails de cette anecdotte qui s'est passée sous mes yeux.

I/Ar nfevOfcUyjON FRANÇAISE 27

Pendant les premières semaines qui suc* cédèrent au dix Août, le palais des Thuileries livré pendant vingt quatre heures à. la de* mence populaire et : non pas à son brigandage, était resté ouvert; la commune ptses adhérerai n'avaient pas négligé de le vkiter ; et moins scrupuleux que le peuple avaient jugé convenable de s'approprier tout ee qu'ils y avaient trouvé à leur convenance. Rien ne leur était échapé, que les objets absolument cachés, ou les choses dont île poids et le volume ne per* mettaient pas qu'on pût les dérober aux regardé sous les manteaux où les redingotes. La Convention se détermina enfin à mettre un terme à ce pillage clandestin ; et nomma une commission de trois de ses membres pour surveiller le château. Le ministre Roland, pour seconder les intentions des législateurs, forma de son côté une commission, composée de quelques citoyens, qu'il chargea de réunir l'immense» mobilier des Thuileries, et d'en dresser l'inventaiBe.^ Cette commission devait procéder sous l'inspection immédiate des commissaires de la Convention, et correspondre

officiellement avec le ministre. Le hasard

attacha à cette commission, en qualité de commis subalterne, ou si Ton veut de garçon dé bureau, un nommé d'Angleterre. Cet homme extrêmement alerte, actif, et intelli* gent/eut en peu de jours une connoksànce parfaite des localités et des: appartenions lès plus retirés. Je ne sais trop par quelle raison, il obtint en peu de jours la confiance de Roland. Cela venait peut-être du système que ce ministre s'était fait^ que pour connaître là vérité dans les administrations, c'était toujours parmi lés emploies inférieurs qu'il fallait la chercher ; système qui souvent lui à fait de* ennemis par le mécontentement qu'il faisait éprouver aux chefs,^ mortifiés de voir leurs rapports révoqués en doute sur les assertions d'un simple commis* Quoi qu'il en soit, le ministre Roland inquiet peut-être de quelques papiers qu'il craignait que les députés commissaires ne vinsent à trouver, avait confidentiellement recommandé à ce d'Angleterre de lui faire connaître tous les endroits du château où des papiers pourraient se trouver déposés. Celuici, pour lui faire sa cour, ne négligea rien pour le satisfaire, et dans la crainte que quelqu'un

LA: RÊV QIiU.TION FR A3TÇAI&B; 2*J

ne le devançât danp sa recherche et ne: luit :

ravît le prix, se garda bien surtout jd'ea parler

4 la commission. .Dès lors il -ne quitta, plus,

pour ainsi dire, le, château dtes ^huileries», -B

y, étpit ,çlàs ï cirv) herçires du matin ;: et ; îminuiti

l\y çefrouvAit souvent encore. r.pîLe«j commis-*

saire? s'étwnajent de cet empressement* Les

uns l'attribuaient à spn sèlè, les autres . à de»

motifs moins hoaorahles pour luiiî enfin;à force

de. fatigues i, il parvint à satisfaire^ Rolande

Ju$qMe 1&, le secr/ét n'avait pas transpiré. Un

nwtip, #ers les di&hewes, la commission étant

assemWé^ ,c* v^Ja pré venir que le Ministre

Rolande vQuI^nt «mporteo: des, ; papiers hors du

çhat^ù* venait d'èlfô:$n&tk aoy», de .péristyle

pa^> la sentinelle. Cette i sentiœlle* ainsi que

toutes, celles qui étaient disposées autbur A»

château, , recevait sa consigne . . de »la > comk

mi&siw. Deux; cojgui^spires ise ; lèverait <ài

i'instajtf, et furent k\fa po^ponr donner à Je

œpfy&ç\lp l'grfofï de ternes' sortir : lejj»i»i«trib

&e*> papiers : gfe'&i j^ruportait avec kii/étaien*

contenu* 4ap» mîe,3imgie.i*pjeite, et làk»

foire çrwe-, / Ubesjujjemi» qu'il ntouètait

point i sorti d'autres avant ; . et qu'il n'en sortit point d'autres après. Comme d'Angleterre se troûyait avec lui il ne put nier que ce ne f&t lui <|hi eût enseigné cette armoire au ministre.

IL conduisit aiore la commission à la place où elle était pratiquée v Le procédé dont' on avait usé pour la dérober aux yeux avait été asses ingénieux. ËUè était située entre deux* fenêtres, dan» un passage qui conduisais de la chambue du Toi à ce qu'il appelait soft laboratoire; et ou se trouvaient la forge et les outils qui i servaient • : à son amusement/ A cette époque les murs du palais étaiei* encore couverts des a^ei^ns lambris que Uopyavait placés du «temps de • Catherine de Médieis* Les années- et* ^humidité avaient presque ctfkoé^ les arabesques dont la peinturées avait décorés, et 'presque partout les parties de ces lanlbris étaient di^oia^egj On avait profité de cette -circonstance* i 'On avait' enlevé lun de tees paneaux ; Yàrmeke 1 avait été creusée 1 ; W papiers y avaient ét£ déposés ; la porte de tolei avait été' placée* et fermée j- et en ré ta- Uisttkit i kq pameatty ' o» r ^vàit^^u^4soki de le ftttteeraru âmp SttaM état* 'd£ vétustés fin

effet, -il eût été difficile de devines qu'une armoire fut cachée sous ce lambris* , S'il «est vrai qu'une commission de la ConventioarN»* tioiiale employa plusieurs jours à lîé&aifeen d# ces papiers, il faut supposer, ou que le ministre Roland y en ajouta beaucoup, ou que la com* mission affecta, de prolonger le temps pour faire croire à leufc importance- .. S'il s'en . trouvait quelques uns susceptibles de compromet tre Roland et ses amis, peut on. douter, qu'il n'eût eu soin de les: sous traire; mais si l'ar? moire ne contenait pas d'autres* jpiècjea, que celles dont cm chercha à faire tant de bruit, et dont on essaya de torturer les expressions pour les faire servir à la condamnation du roi, il n'est pas présumable que ce monarque si sage eût pris tant de précautions pour les conserver; et certes, prévenu depuis si jlàngT temps des, dangers qu'il courait, sanft doute (il les eut brûlées si elles eussent été de naturç à le compromettre; ! Au reste s'il ; faut dire ici mon opinion tonte entière, c^ttei.àcmoiïq rife vait rien de moderne; en réxamjn&rtt awc attention, tout anonçait. au contraire quelle était faite de puis xieaabre) d'jannéefti A |«tf

tout où ht- -pierre avait été taillée, unei teinte noire, effet naturel du temps, avait renplacé la blancheur quelle aurait du avoir ; la porte de tôle n'était pas exempte de rouille ; et l'ouverture en était difficile par le peu d'élasticité des ressorts de la serrure. Je pense donc qu'elle çtvait servi à un tout autre usage ; que son origine remontait à celle du château même, et que Catherine de Médicis, adonnée à l'afetfologie f judiciaire, l'avait fait faire pour Cacher mystérieusement les talismans que les ^étendus magiciens lui vendaient au poids de For, pour amuser sa crédulité.

- Quoiqu'il en soit, que cette armoire fut moderne 1 ou ancienne \ que les papiers emportés par Roland y eussent été déposés, ou qu'il les e*rt saisis ailleurs ; la vérité est que toute cette affaire fut une intrigue ourdie par la Gironde, &t dOnt> Roland ne sut peut-être pas tirer parti. La Gironde alors s'exagérait sa puissance, et ne sf ocupait 'qite de multiplier les preuves dont elle prétendait J teser pour confondre ses ennemisu ïj* plus cruelle accusation sans N doute quelle eût pu lancer contre Robespierre et Danton éÙt étéde les convaincre de royalisme,

et d'avoir des témoignages écrits de Toffre 4» leur» services à Louis XVL ; Ellft pouvait sc| flatter, d'en découvrir quelques uns aux Thui-, leries. Personne n'ignorait :que -Robespierre* avait sollicité la place de gouverneur du Dau-; phin. L'on savait aussi que, plus » d'une fois» Danton avait reçu de fortes sommes du roi,, en promettant de les employer . pour jsqn jSQiyiçe» Cette recherche de papiers; n'eut pa» fd'autrfc but que l'espoir, de % trou ver iquejqftes .-tiftgn mens de leur correspondance avec la. çw*> ifit k permission accordée par e^eng^^^rabl^ Soulavie d'examiner» sons prétexte d& recueillir v des matériaux pour l'histoire* tous les .wfirp* papiers .que la commission avait rassemblé^ n'eut pas d'autre motif ,que, cette enquêté/ mistérieuse. . Il parait que toutes» cgsSre-i cherches furent infructueuses ^t/iL est pilésur mahie que si la légère esclandre :que. fit l'^nres* tation du ministre Roland à . la jporte / des, Thuileries n'eût pas dévoilé ce mi?i&e,il estpré^ sumable dis je, que l'on n'eut pas. fait mention de ces papiers, et que l'anecdote de Farinoijja de fer n'eût jamais existé.. Mai* dans! ufe temps ou tout était soupçons, garder 1a silence

tom. II. d

54 HISTOIHB DBS FACTION8 DE

sur uft sujet semblable, c'eût été courir à sa perte.' • Rqland fut donc obligé d'en donner conftoissance à la convention et n'eut pas le temps nécesteaire, pour colorer sa révélation de la manière la plus favorable à son parti. Il eut da «km™ le bon esprit de n'inculper . pe* sonne directement. Pour affecter l'impartialité, si il cita quelques membres du parti jacobin, il eitade même quelques membres delà Gironde, entrautres Vergniaux. Les noms de Barërre et de Merlin de Douay furent égale* ment iptfonoéeés: mais eh général les fttits qùîl allégua paruirenjt de si peu d'importance qu'il fut facile à tous de se justifier. Telle fut Kksstie de cette grande affaire, dont l'unique* résultat fut d'envenimer encore les haines entre les deux partis ; les chefs jacobins n'ignorant pas les motifs qui avaient fait agir les Girondins ; et le* Girondins ne se consolant pas d J avoir perdu cette occasion de dépopulariser leurpj adversaires* La situation du roi n'en devint que plus malheureuse:* Chaque parti chercha dès lors à se vanger sur lui des rêve» de 1 lettié' ambitions trompées. Chaque jour «ne fou& ^adçesses, - sollicitées dans leg dé

partemens par les agens du terrorisme^ obstruait pour ainsi dire la correspondance de la convention. La Montagne tonnoit contre la lenteur que l'on mettait à juger ce monarque infortuné. La Gironde affectait le même empressement; mais par un motif différent elle cherchait à accélérer ce juge* ment, dans l' espérance de sauver Louis XVI.

et déjà le mot appel au peuple, avait été jeté en avant. En effet, sans discuter ici cette question, savoir si un roi peut être mis en jugement par ses sujets, en admettant pour un moment l'affirmative, il est certain que ce ne pouvait être qu'à la nation en corps à prononcer sur cet objet et à indiquer à quel juge elle prétendait confier une mission d'un aussi grand intérêt. Depuis long-temps la convention retentissait de dénonciations contre le roi. Loin quelle se donnât là peine d'en examiner la véracité ou la fausseté, elles étaient accueilles avec transport ; et plus* elles étaient virulentes, plus elles obtenaient sa sanction. En se déclarant les juges d'un homme, que déjà ils avaient condamné publiquement

pieu de cent ibis, c'était violer tous les prin-

36 HISTOIHrE DES FACTIONS. DE

cipes, tourner en dérision la justice même, et accepter sans honte le titre d'assasins pour donner un libre essor à des vengeances et à des inimitiés. La Convention décréta qu'elle jugerait Louis XVI. * C'était encorfe un., viol manifeste de tous les principes, et un renversement de toutes les idées reçues. . Des hommes ont il le droit de s'instituer les juges d'un autre homme? Un tribunal quelconque lie peut tenir son autorité de. lui même. Il faut qu'elle lui soit conférée par une puissance supérieure. Dans les monarchies, il . la tient du souverain: dans les républiques, il la reçoit du peuple: et cela doit être ainsi. La puissance qui ordonne de juger, ne peut jamais être la puissance qui juge ; car, qu'elle, serait alors la garantie de l'innocence, si il n'existait pas une puissance supérieure au tribunal, .auprès de la quelle elle pût se réfugier, si elle était injustement condamnée? Il faut bien sans doute dans l'état social, un tribunal qui juge en dernier resort ; mais il faut bien aussi que l'on trouve une puissance en dehors de lui, qui puisse faire graoe t au condamné si l'humanité l'exige ou si la nature de sa^ faute le per-

LA RÊVOLt/TIOlSf FRANÇAISE. 37

met ; ou bien qui puisse ordonner la révision de son procès, si l'innocence est reconnue victime, ou de la fausse application de la toi* ou de la partialité des juges. La Convention nationale s'arrogea donc un droit qu'elle n'avait pas, et qu'elle ne pouvait avoir. 'Elle se l'arrogea sciemment, et c'est en cela qu'elle fut vraiment coupable, puisque cette question fut longuement débattue, et que nombre d'orateurs, et Lanjuinaisentr'autres, lui démontrèrent tout le vice d'une semblable usurpation.' ; Pendant ces débats, le malheureux mo*narque était abreuvé d'amertumes. L'on ne concevra jamais avec quel excès d'insolence et d 'inhumanité la commune de Paris traitait cette famille déplorable. Le dernier degré de bassesse où l'homme puisse descendre^ c'est le mépris pour le malheureux. L'on frémirait de retracer les outrages dont on l'accabl* ast chaque jour, et le rafinement de scélératesse que mettait cette commune dans les mauvais traitemens qu'elle lui faisait essuyer. Ella savait par exemple que sa plus grande douleur serait de se voir séparé, de sa famille, et d'être priyé des consolations qu'il ne pouvait plus

trouver que dans le sein de son épouse, de sa sœur et de ses deux enfans. Eh bien ! pendant plus de quinze jours, la commune chaque matin lui fit annoncer que cette séparation fatale aurait lieu dans la journée. Ainsi par une barbarie qui ne se conçoit vraiement pas elle faisait descendre goûte à goûte la douleur dans son ame et tour à tour enfonçait ou retirait le. poignard dont elle se plaisait à le déchirer. Que des hommes grossiers ne soient pas touché» des égards que Ton doit à la dignité royale; que l'opinion empêche de mettre quelque prix à la noblesse du sang et fasse disparaître* cette grande magie dont la majesté des rois est revêtue par lés idées que l'on y attache» et que la main des siècles lui imprime ; cela se conçoit; le peuple n'est communément ébloui que par l'éclat eltérieur : si cet éclat disparait, il retire son estime; mais voir sans pitié souffrir un innocent ; se faire un jeu d'accroitre ses souk fiances ; s'amuser du spectacle de ses larmes, et flétrir par les outrages un cœur déjà flétri par les douleurs; c'est goûter le plaisir des as&asins, c'est troquer la qualité d'homme contre la qualité de boureau. Les

imagination romanesque, qui voudraient qufc les rois dans toutes les positions de la vie cfcn* serrassent toujours une sorte de représentatioû théâtrale, ont paru regretter que le roi pendant son» séjour au temple n'eût pas toujours côïu> serve cette espèce de dignité, dont à leur avis les souverains ne devraient jamais s'écarter; Là reine, à cet égard, leur parait bien supé* rieure à Louis XVI. Cette noble fierté, disentils, qui semble être le partage de la maisOtt d'Autriche, ne l'abandonna jamais. - Hélas !

dé quoi vont s'occuper ces censeurs ? il s'agit bien ici de dignité royale? quand jeirtends raisonner de la sorte, il me semble assiter à ces spectacles de l'ancienne Rome, ou le peuple exigeait que le gladiateur mourant conservât encore toute l'élégance de ses formes et lai dignité; de ses gestes. Moi je dis, malheur à celui qui réduit à l'état où se trouvait Louai XVI, se souviendrait encore du rôle de rbi.

Qu»nd on est père, quand on est tendre époux, ami fidèle et sensible, quand on est innocent enfin, et que Ton touche de si près aux portes du tombeau, le cœur a Bien d'autres affections à éproutèr c^oe celles qui tiennent au souvenir

d'une grandeur anéantie; c'est en se livrant à <)W:> affections diverses que Ton est vraiment gçmd : à mes: yeux. On me pardonnera de • préférer la sensibilité à la vaine morgue ; et quand la fortune inconstante rejeté les rois dwsja classe ordinaire et que l'infortune les repiqué à notre niveau, je leur sais bon gré d'oublier qu'ils furent rois pour ne plus se souvenir que du rôle d'homme. Charles premier dédaigna, dit l'histoire, de répondre JL ses Juges; et Louis XVI. eut la condescendance de- répondre aux siens. Je ne sais le quel des deux monarques eut tort ou raison ; mais je trouve dans la conduite de Louis XVL upt : sentiment de bofahommie, un attachement i sa propre réputation, un homknage rendu à k| vérité, qui me touchent et qui m'attachent; $ j'admire celle dé Charles premier, elle laisse mon corur froid ; mais la simplicité de Louis XVL fait couler mes larmes ; et dans ce moment je de dis encore j'aime bien mieux qu'il soit homme que roi. La convention nabo»

Dtale refusa long-temps de lui permettre d'avoir des* 'défenseurs. C'était dire» qu'en a-t-il besoin puis qu'il feut qu'il périsse ? Il est des

indignités dont on rougit, lors même qu'on né rougit plus de rien. Ce ne fut pas pour l'intérêt de Louis XVI. qu'enfin elle consentit qu'il en eut ; ce fut pour son intérêt à elle même. Tous les hommes aspirent à une réputation intacte, et la convention croyait aussi devoir des mé-> riagémens à la sienne. Elle rendit donc pour un moment hommage à l'équité pouï échapper aux reproches d'avoir pour un moment dérogé aux droits de l'homme. Louis XVI. choisit Target pour défenseur. Target refusa ! ! Tron* chet lui fut substitué. Malsherbes, le ver* tueux Malsherbes sollicita l'honneur de lui être adjoint. La Convention, les tribunes mêmes, restèrent muettes detonnement» On admira 'Malsherbes, et sa demande lui fut accordée. Tronchet et Malsherbes se rendirent donc au temple et commencèrent de concert avec Louis XVI. à travailler à sa défense. U fallait répondre à cinquante sept chefs d'accusation. Le tems pressait. L* multitude de pièces- qu'il fallait examiner, lai scrupuleuse attention qu'il fallait apporter à la composition de leur plaidoyer exigeaient, de&i heures beaucoup plus longues que celles- q*i

leur étaient accordées. Ils sentirent qu'il leur serait impossible de suffire . à ce travail. Us désirèrent un adjoint de plus ; Mafeherbes se chargea de le choisir; et ce choix honorable tomba sur Desèze. La convention n'osa, s'y refusera . .; ■■

Le sort que Ton destinait à Louis XYL occupait l'Europe. Toutes les cours s'agir taient. Mais toutes, si l'on en excepte l'A** gleterre et l'Espagne, se bornèrent à de vaines menaces, plus capables . d'accélérer sa • mort, que de la diférer. Elles s'occupaient dès lors à former une nouvelle coalition ; mai&ûne coa* htion pouvait bien vanger Louis X VL mais bob pas le sauver. L'Espagne fit une dé* marche plus directe. Que pouvait l'Espagne toujours lente, toujours paresseuse, contre une niasse d'hommes dont l'activité naturelle était encore redoublée par. la violence des passions diverses dont die était agitée. En outre,. I'£s4 pagne jusque là n'avait pas été heureuse dans la goetrre quelle avait entreprise contm la Ftance: et F intercession des vaineus à co*x

Mais honneur à l'Angleterre* LtAngletero»

LA RÉVOLUTION FRÀNÇAI9I* 43

que jadis le feu des factions avait placée daA$ une circonstance semblable, était la seule na» tion à qui 1* expérience accordât le droit d'é* clairer la France. En mettant sous ses yeu* sa propre histoire, elle lui rendait le service de lui faire connaître les suites que pourrait avoir la grande tragédie qu'elle préparait, et faisait poux ainsi dire naître* avant le temps* la postérité en faveur de la France, en offrant à ses regards le tableau déjà vieilli des malheur* amenés par la mort de Charles L Ja* mai* peut être séance du parlement n'honora d'avantage la nation anglaise, que celle où ce grand corps représentatif s'occupa des dangers de Louis. Jamais Fox, jamais Sheri* dan» jamais Grey, ne furent plus éloquents, àe mirent plus en lumière cette loyauté qui ne compose pas avec la justice. Tout ce que le sentiment de l'humanité peut trouver de res* sources dans des âmes profondément sensibles } tout ce que la gloire d'une grande nation peut rencontrer d'ihtérêt dans une nation rivale e^ généreuse ; tout ce que l'amour de la vérité prête de force à la droiture des intentions* pour empêcher deè hommes d'imputer à crime

l'instabilité des grandeurs dans un de leurs semblables ; tout, dis je, fut employé par ces hommes célèbres pour provoquer une démarche utile en faveur de Louis. * Que le nom de ces grands orateurs soit à jamais béni par nous; par nous, véritables enfans de cette liberté, objet éternel de notre culte ; de cette liberté si longtemps prophanée, si cruellement souillée dans notre patrie. Nous devrons à jamais à ces grand orateurs la gloire de pouvoir dire : tandis qu f en France la tyrannie au nom de* la liberté conduisait Louis XVI. à réchafaâd, Louis XVI. trouvait dans un coin du monde ses plus chauds défenseurs parmi des hommes vraiment libres ; et si la France n'eût été peuplée que d'hommes et comme eux, et comme nous, Louis XVI. vivrait encore. La Convention feignit de ne pas s'apercevoir de ce grand trait de caractère; et ©'étant républicaine que de nom, et mettant constamment les mots à la place des choses, traita. <¥a*tuce punique ce mouvement que Rome, qu'elle affectait de nommer son modèle, eût jadis honoré dans Carthage même.

La défense de Louis XVI. achevée, il re-

parut à la barre, accompagné de ses défenseurs. Desèze fut celui qui porta la parole ; son discours fut tout à la fois clair, précis, lumineux, et éloquent. Il ruina de fond en comble toutes les inculpations ; il en démontra la fausseté, l'impossibilité et par conséquent Y imposture ; et jamais l'innocence d'un accusé ne fut plus parfaitement établie, plus évidemment prouvée. Pendant tout ce temps, Louis fut calme ; et répondit tranquillement à quelques questions qui lui furent encore adressées.

Après cette séance, bien longue pour lui, il fut reconduit au temple. A cette éqoqué, il était séparé de sa famille. Son épouse, sa sœur, ses enfans ignoraient également ce qui se passait au dehors. La commune l'avait ainsi voulu. C'était un moyen de rendre les derniers adieux de Louis XVI. plus déchirans, et elle se fût bien gardée de le dédaigner. Rentré au temple, il se trouva donc seul ! Seul ! dans un moment semblable.

La convention après avoir entendu les défenseurs, faisant tout ensemble les fonctions de jury et de juge, s'occupa de la manière dont^ les questions seraient posées. La première

fut! Louis ert-ii coupable? La majorité fot pour l'affirmative. Quels juges! Son innocence venait de leur être prouvée. Toutes fois il fut des députés qu'il ne faut pas confondre avec les hommes acharnés à la perte de Louis. Ceux là montrèrent du courage dans cette crise si dangereuse. Je dis dan* gereuse, parce que les jacobins pendant tout le temps qu'elle dura, disposèrent chaque jour autour de la convention des assasins qui menaçaient de mort, soit à leur entrée, soit à leur sortie, les députés qui se prononçaient en faveur de l'accusé. Ce fut aissi, par exemple, que lorsque Ton en vint à cette question ; Louis a-t-il conspiré? ils s'écrièrent; avant d'établir cette question, il faut répondre à celle ici ; a-t-on conspiré contre Louis ? Les deux grandes factions rivales, restèrent sans réponse; mais pour se débarrasser promptement de la honte de ce silence et détourner l'attention de la confusion qu'il leur faisait éprouver, elles se hâtèrent de se prendre corps à corps, et la Gironde commença l'attaque en remettant sur )e tapis la proposition de l'appel au peuple. C'en fut assez pour enflammer la colère de

m JDA RÉVOLUTION FRANÇAISE. 47

la Montagne. : Elle prétendit que c'était tin moyen inventé pour soustraire Louis à la vengeance du peuple, dans l'espérance qu'il pourrait resaisir le pouvoir; et récompenser grandement les députés perfides qui lui auraient ainsi facilité le retour à la tyrannie. La Gironde repartit par un démenti formel. . Elle déclara que c'était elle au contraire qui avait fiât connoître tous les forfaits d'un roi parjure* Mais vous, ajouta-t-elle, qui vous montrez si ardans à punir le roi, pourquoi vous montrez vous si lents $t punir les massacres du deux Septembre- La Montagne affectant un air d'impartialité répondait, nous les punirons aussitôt que la tyrannie aura été frappée.

La Gironde répliquait, vous employés tous les moyens de terreur, pour nous forcer à la condamnation d'un homme dont personne ne prend la défense; et dès que l'on s'élève contre les crimes d'un monstre tel que Marat, vous vous armez en sa faveur; et voussouffrez bien que ce brigand siège parmi nous.

Vous avez fait prendre avec un précipitation indigne de cette assemblée un décret qui bannit à jamais la famille des Bourbons, et

48 HISTOIRE DES FACTIONS Dfi

nous voyons cependant encore Philippe d'Orléans tranquilement assis dans cette salle, et braver sous votre égide le décret qui l'atteint tout comme un autre. La Montagne répondait, toutes ces récriminations ne sont que des subterfuges; punissez Louis; et le jour viendra de punir Marat et d'Orléans.

C'était ainsi que chacune des deux factions exprimait tour à. tour Tard ente soif du sang dont elles étaient dévorées ; à cela près que céjle de la Gironde avait du moins quelque apparence de justice dans ses reproches* Les partis étaient alors tellement en garde l'un contre l'autre, que rien ne se décida plus sans que l'on n'eût recours à l'appel nominal. C'était une tactique inventée par les jacobins pour désigner à leur sicaires les députés dont ils voulaient la perte. Avant que l'on y procédât, pour savoir si l'appel au peuple aurait Heu, un dernier orateur se fit encore entendre. Il établit avec une tranquilité, un sang froid, une impassibilité que l'on ne concevrait guère dans un homme, dont l'ame est cependant sensible, si Ton n'était fondé à imputer ces qualités apparentes à la profonde frayeur dont il ' était

atteint lui même ; il établit, disje, tout le danger, que ferait courir à la chose publique, toute la difficulté que ferait éprouver une convocation générale du peuple, dans une circonstance semblable ; il calcula le temps que cette mesure employerait, et quelle latitude elle donnerait à toutes les puissances armées contre la république, pour essayer de délivrer Louis XVI. Il laissa de côté tout ce qui lui était reproché, pour ne le considérer que comme une victime malheureuse, dont la raison d'Etat demandait le sacrifice : ce sacrifice est pénible sans doute, maïs ce n'est qu'ainsi que Ton peut éteindre entièrement l'espoir des ennemis de la France. Discours plein d'artifice, malheureux assemblage de sophismes, dont le funeste résultat fut d'entraîner les hommes timides, de les étourdir sur l'iniquité du jugement, et de les rendre sourds à la voix de leur conscience qui les retenait encore sur le bord de l'abime. Il faut le dire cependant ; de beaux mouvemens de Famé, de beaux éclairs de sensibilité, perçaient de loin en loin à travers les ténèbres de ce cahos.

ic Lanjuinais, par exemple, s'écria." Comment

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