CHAPITRE XXXII
Sollicitude de Mgr Milon à l*égard des élèves de Tuniversité. — Le formulaire. Mort de M. Bachasson Dévouement de MM. Montresse
et Ruel , professeurs de médecine , et de deux agrégés de la même faculté. — Le concours. ~ M. d*AumoDt. — Suppression de la seconde chaire de médecine.
L'heureuse issue des négociations dont nous venons de parler appela les sympathies des familles sur l'université de Valence, et imprima lin nouvel essor aux études dans toutes les facultés, surtout dans <;elles des arts et de théo* logie, qui virent grandir notablement en peu de jours le nombre de leurs élèves. Parmi ces derniers on distinguait beaucoup de jeunes clercs venus à Valence de tous les diocèses voisins pour suivre les cours théologiques de l'université. Mgr Milon, désirant protéger leur jeunesse et l'honneur de leur état contre les dangers qui les environnaient de toute part, recommanda au recteur de tenir la main à ce qu'ils vécussent d'une manière édifiante, et se conformassent dans leurs habits comme dans leurs mœurs aux règles des saints canons, et au cas où ils viendraient à s'en écarter, il voulut que chaque professeur leur refusAt les attestations d'études qui leur étaient indispensables pour être promus aux grades universitaires. Le recteur et
9 A ces causes, de Ta vis de notre conseil, nous avons, par le présent édit, statué et ordonné que la chaire de médecine vacante en Tuniveraté de Valence soit et demeure éteinte et supprimée, et avons réuni les fonctions de ladite chaire à celle du sieur d'Aumont, à l'effet, par ledit sieur d'Aumont et ses successeurs, de jouir des gages et émoluments attachésauxdites deux chaires, à la charge par d'Aumont et ses successeurs de faire chaque année aux élèves de la faculté un cours d'anatomie. »
Aussitôt que le recteur eut reçu ce décret, il convoqua ses collègues, et ceux-ci résolurent. d'un commun accord qu'attendu que le décret paraissait avoir été surpris par fraude ou par intrigue, et qu'il était d'ailleurs nuisible à l'université, on supplierait Mgr l'évèque de Valence d'en solliciter au plus tôt la révocation; mais le prélat, instruit des intentions formelles de la cour, leur fit entrevoir qu'il était inutile d'insister auprès d'elle, et qu'il fallait se résigner, pour l'honneur même du corps enseignant, à exécuter sans murmure l'édit de suppression.