VOL. II
PARIS CIIACOYIK
Aï.rHONSB PICARD ET FILS
(.;. OEBKTHNEll ET COMP.
H2, Kao Bonaparte 8a. \ aS, Rynok glôwny 23.
fflSTOIRE
DE
L'UNIVERSITÉ DE CEACOVIK
Au commencement du quinzième siècle^ un poëte d'origine polonaise, enthousiasmé par Téveil et le progrès de la civilisation dans son pays, s'écriait:
Cracovia civitas!
Te civium unitas, Te cleri pluralitas Vironim maturitas, Matronarum fecunditas, Rerum ornât copia.
C'est la plume de Stanislas Ciotek qui a tracé ce panégyrique inspiré par le spectacle de grandeur et de félicité qui se déroulait alors dans tout le royaume, et par la reconnaissance pour Cracovie, brillant foyer d'où s'épandaient les lumières et les exemples. Depuis 1423, un homme domine la »cleri pluralitas» et la nvirorum maturitas« célébrées par Ciotek. Cette puissante personnalité. Tune des plus éminentes de l'histoire de Pologne, par la supériorité de son intelligence, la vigueur de sa volonté, laissa son empreinte sur toutes les manifestations de l'esprit de son époque, et, pendant de longues années, dirigea l'essor de la pensée nationale. Si la »civium unitas« dont parle le poëte, régnait dans la société du moyen âge beaucoup plus que dans celle qui la remplaça, il n'en faut moins noter que des signes avanircoureurs des temps nouveaux s'y manifestaient déjà et que des idées hardies, des ferments de scission, des lueurs de renaissance venaient parfois en ébranler la paisible harmonie.
Si Ton a fréquemment dépeint Zbigniew Oleénicki comme le représentant le plus prononcé, le plus caractéristique du moyen âge, Tincarnation du système de la suprématie de TEglise sur TEtat, nous aurons à établir que cette conception n*est qu'à moitié exacte et diminue celui qui reste sans doute une haute personnification de son époque, mais qui fut aussi comme le sont tous les grands hommes un énergique semeur pour Tavenir. Le glaive d'une main pour attaquer ou se défendre, il jetait de l'autre les fondements des progrès futurs. Nous sortirions de notre sujet en racontant la vie de ce prélat. Nous n'en avons pas moins placé son nom en tête de ce livre, car, comme nous l'avons dit, c'est autour de lui et sous son influence que gravita le mouvement intellectuel de son temps. A ce titre il nous appartient et doit tenir une place considérable dans une histoire de l'université dont il fut le chancelier.