V- Lihor Troin. p. lAIV
'i \Wu\ \> L.W'II i'\ CIA'I.
• Aichivr-; il iii^ii uciioij II. 'M)h: varalioiies, quae coininuniter îih^olvuiitui-; viiiflic«'L ilit'bus canirularibiis, a ((uattuor temporibus s. Cra^-is 1 i- si'pt. ai l'.-^tuiii s. Lnca»' 18 octob.i et a Dominica L.H^tarc vel palinaniui ail ft'stiini s. Maix-i 25 avril).
tenus à faire leurs cours avec régularité et conscience. Mais il y avait encore une quantité d'autres arrêts, beaucoup de festivitates, sans leçons ni disputes, chônnées totalement ou à moitié. Chaque faculté avait des statuts et des usages divers^). Le nombre des jours de travail diminuait donc en conséquence; à chaque instant un dies non legibilis venait suspendre le cours des études et des exercices universitaires. A Toulouse, on comptait 93 de ces jours auxquels il fallait ajouter encore les vigiles, les crastina ou lendemains de fête, parfois même les octaves entières, fériées en une certaine mesure*). Ces prescriptions toutefois ne concernaient que les cours principaux dont les livres obligatoires (libri ordinarii, formales) désignés pour les élèves candidats à un grade étaient Tobjet. A titre de compensation pour ces intermittences de cours, afin d'occuper le temps des élèves et de compléter les études, il était permis à ceux qui enseignaient des matières supplémentaires, moins importantes, de faire leurs leçons les jours non legibiles, même pendant les vacances, de sorte que, malgré ces fêtes nombreuses, l'écolier zélé ne manquait jamais de travail. Les bacheliers des artistes professaient pendant le carême et les jours caniculaires; ils organisaient alors des disputes; le dimanche avaient lieu les disputes ordinaires. Evidemment, cela ne devait pas porter préjudice aux offices religieux, et se trouvait d'ailleurs pleinement justifié, en ce que, comme s'exprime le statut de Vienne de 1389 3), il vaut mieux »que nos écoliers et bacheliers, même les jours fériés, se rendent à l'école qu'à l'auberge, et se battent à coups de langue qu'à coups de sabre«. Les cours extraordinaires, c'est-à-dire ceux où il n'était pas traité des livres obligatoires (ordinarii), expli-
*) Pour la faculté des artistes nous possédons la liste de ces jours — de fostivitatibus per facultatem celebrandis — dans le Lib. Prom. XXI.
') Kaminel dans Schmid, Geschichte der Ërziehung. II, 429.
*j Kaufinann, Die Geschichte der deutschen Univ., II, 264.
qués avec moins de suite, pouvaient aussi être faits pendant les fêtes et les vacances. Nous aurons une idée de ce qu*étaient les devoirs des professeurs secondaires, enseignant les matières d'importance moindre, en lisant les règlements concernant le décrétiste chargé d'expliquer le quatrième livre des décrétâtes. Dans les conclusions de 1464 il est spécifié qu'il professera «sabbatis vigiliarum((, les jours de fêtes et pendant la canicule. Lorsque vers la fin du siècle une coUégiature fut fondée pour ce décrétiste ^), on lui imposa l'obligation de donner des leçons le samedi et autres jours où les nova iura sont enseignés, c'est-à-dire les jours fériés du collegium iuridicum et pendant les vacances, entre la Noël et l'Epiphanie après le dimanche Conduclus F^aschae jusqu'à la S. Georges (24 avril), de la S. Michel (29 sept) à la S. Gallus (16 oct). Mais lorsque ce collégial obtiendra dotation plenière, dont au début il ne jouira qu'en partie, il devra, en plus des jours désignés, travailler le dimanche et les jours de fêtes, à l'exception des principales et des fêtes mobiles, de celles de la Sain te- Vierge et de S. Jean Baptiste.
C'est à dessein que nous avons reproduit toutes ces prescriptions, car elles sont fort instructives sur les devoirs incombant aux maîtres auxiliaires de luniversité et, en même temps, témoignent de la continuité des occupations à runiversité médiévale, où de nombreuses fêtes allégeaient les charges des maîtres titulaires, pour en rejeter le poids sur les professeurs à situation plus modeste. Enfin, si l'écolier m.'inr[uait d'occupations à l'université, il en trouvait aux domiciles des professeurs ou dans les bourses; dan» ces dernières en elïet on faisait assez souvent des cours, surtout à partir du moment où commença à crouler le vitMl ordre des choses et où les règlements promulgués par runiversité ne furent plus respectés comme jadis. Du resti', cet écolit'r avait une foule de répétitions, de dispute»
'• Voir Cod viniv. H, 180 rt Concl. univ. U91.
pratiquées même pendant les vacances, d'exercices en un mot ayant pour but de le familiariser avec la dialectique et de lui apprendre à manier l'arme aristotélique.
On se mettait de fort bonne heure à l'ouvrage. D'après le liber diligentiarum les leçons commençaient en hiver à la treizième ou quatorzième heure et duraient jusqu'à la vingt-deuxième. Si l'on compte à partir du coucher du soleil en hiver à 5 heures, cette treizième heure équivaut à 6 h. du matin, et la vingt-deuxième, à 3 h. de l'aprèsmidi. On est un peu surpris de cette matinale reprise de la besogne en hiver, car le luminaire était fort cher, et les croisées, en général garnies de toile, ne laissaient pénétrer que fort parcimonieusement le jour. Les fenêtres à vitres étaient un grand luxe, môme dans la seconde moitié du XVI-e siècle. En 1463, à Prague, on s'en permit une pour le lectorium de théologie du fameux collège Charles ^). 11 est donc probable qu'un unique flambeau placé près du professeur servait à éclairer toute la salle*). En été, on commençait à la neuvième heure pour terminer à la vingtième. Si l'on part de 8 h. du soir, c'est à 5 h. du matin qu'on arrivait à l'université où l'on restait jusqu'à quatre heures du soir. Vers onze heures en hiver on dinait, c'està-dire on avait le prandium'); on soupait à cinq heures. Les heures de la matinée étaient consacrées aux matières obligatoires pour les examens, aux libri ordinarii. Dans l'après-midi avaient lieu les leçons »extraordinariae«, dans lesquelles on enseignait »cursoriquement<c Mais il était fréquent qu'on lût les livres ordinaires après le prandium;
M Anno D. 1463... comparatum est vitrum per facultatem artium ad fenestram unam in leciorio theologorum collegii Caroli, ne irabres et tempestates impediant magistros in legendo et disputando. Cf. Mon. univ. Frag. I, 2, 81 et Rashdall, The universities of Europe II, 2, 666.
*) Acta Rect. 933 (2 X-bre) un étudiant se plaint d'avoir été attaqué summo mane et alias ante auroram ipso actore ad lecciones suas audiendas in Collegium artistarum transeunte.
•) Lib. dilig. p. 117.
en outre, dans les heures du soir, fort souvent des exercices étaient organisés par les maîtres qui étaient astreints à deux »actus«, c'est-à-dire à une leçon et à un exercitium *). En lisant la liste des cours dans le Liber diligentiarum de la faculté des artistes, on se perd dans un fouillis de dates, et dans l'instabilité de ces dates; tout de suite du reste on remarque que le commencement et la fin des leçons sont indiqués à des heures fort variables. Les deux semestres d'hiver et d'été étaient délimités assez ex«actement et d'une manière uniforme; mais dans le cours de ces semestres les leçons s'ouvraient ou prenaient fin avec beaucoup d'arbitraire, ne fut-ce que parce que certains sujets exigeaient pour être traités et épuisés par les maîtres un laps de temps plus ou moins long, selon les conceptions de l'époque. Le Computus, par exemple, pouvait être expliqué pendant un mois; la seconde partie d'Alexandre, pendant six semaines, les ouvrages de Pierre d'Espagne demandaient trois mois; la métaphysique d'Aristote absurbait tout un semestre, la Physique et l'Ethique trois trimestres. Aussi existait-il des règlements spéciaux sur ))le temps à consacrer à chaque livrer -;. Pour ces motifs, il était donc impossible d'obtenir la régularité uniforme des cours. C'est aussi pourquoi les leçons du semestre d'hiver commençaient à des termes différents. Prenons pour exemple le semestre d'hiver de 1508/9. Quelques-uns inauiJTurent leurs ler-ons dès l'ouverture de l'école, a principio iiinovationis, c'est-à-dire le 19 octobre; d'autres, dans les premiers jours de novembre, d'autres, vers le milieu de décembre: il y en a enfin (jui montent en chaire dans la seconde^ moitié de janvier seulement'). Même diversité pour la lin dc^s leçons. Ceux-ci lisent jusqu'au carême;
V Lil). Proinot. lAII LXIII. Dans le s.Mnostre d'hiver 1514 15 l'cxtraih^us M.iiiin «iarbarz. lit à la vlIi^'t-(Hlat^ième ht*ur(*, soit à 5 hriiics. Acta ricii. 28;S7
• Lil). Proiuot. Mil
■' Lil» \n\\\s K') H')
ceux-là pendant le carême, plusieurs après la suspension pascale reprennent leurs cours jusqu'au terme même du semestre d'hiver, dans les derniers jours d'avril *). On n'était pas moins irrégulier en été. L'école se fermait au commencement de juillet; parfois cependant certains maîtres se remettaient à leurs leçons après la canicule, tandis que d'autres s'en abstenaient. De temps à autre, après la canicule, on faisait un cours nouveau de peu d'étendue*). Il n'était pas rare en effet de voir enseigner de suite dans le même semestre deux choses différentes. A cette incertitude résultant de l'objet même des leçons venait s'ajouter la versatilité et la négligence des maîtres qui, à plaisir, abrégeaient ou interrompaient leur enseignement. Les doyens fulminaient contre cet oubli des devoirs; dans le semestre d'été de 1505, par exemple, le doyen met en note du cours de Métaphysique professé par Vincent de Cracovie: maie finivit, una hora très libres expedivit').
Quant au choix des sujets par les maîtres, il était réglé par diverses ordonnances dans chaque faculté. A l'université incombait le soin de veiller à ce que les leçons principales touchant les libri ordinarii fussent données. Dans les facultés supérieures, il y avait d'habitude des professeurs fixes pour des matières strictement déterminées. Il en était autrement chez les artistes. Là régnait l'opinion que tout professeur est apte à enseigner toute science faisant partie des arts libéraux, et il n'y avait, à peu d'exception près, aucune chaire à attribution précise. Aussi au début de chaque semestre se distribuait-on les livres ad evitandam invidiam et rancorem. C'est le sort qui décidait de cette distribution. Deux fois l'an, le 12 mars, jour de S. Grégoire, et le premier septembre, jour de S.
*) Voir par exemple lo semestre d'hiver 1509 10 dans le Lib. Dilig. p. 90.
') Ibid. p. 88, 89. 99, 145.
^) Lib. Diligent, p. 70.
Giles, les maîtres es arts se réunissaient »pro recipiendis ordinariis(( ^). Par la même occasion on faisait choix des heures et des salles.
Au collegium maius il y avait sept lectoria; ils portaient les noms suivants: le grand lectorium theologorum. les lectoria plus petits de Ptolémée, Maro, Socrate, Aristote, Platon et prope valvam. De plus, les leçons aux facultés supérieures difTéraient de celles des artistes, en ce que dans les premières un seul cours durait deux et même trois ans, tandis que chez les artistes il ne se prolongeait pas au delà d'un semestre, excepté quelques leçons de neuf mois ((ui empiétaient sur le semestre suivant.
Les cours se basaient tous sur un livre considéré comme canonique. Le professeur le lisait et l'expliquait chapitre par chapitre, hérissant le texte d'un buisson de commentaires, accrochés à chaque ligne, et parmi lesquels il s'égarait souvent. C'était là le grand défaut de la méthode médiévale. Au lieu de regarder les faits et de les étudier, de contempler la réalité et la nature, on s'enfermait, on se murait dans la lettre d'un ouvrage, et la lettre pouvait alors rester morte et le livre scellé de sept sceaux. Books were put in the place of things — a dit avec raison au sujet de ce système un intelligent auteur anglais. Les fréquentes disputes ne parvenaient pas à animer ces matériaux inertes, car la dispute n'était en quelque sorte que la danse macabre de cette pensée toujours en quête d'abstractions, toujours errante dans les nuages, et ne touchant jamais la terre où elle eût puisé la force nécessaire pour prendre essor vers le progrès. L'abus de la méditation — superlluitas ineditationis — était la marque de ces études; plus tard on est tombé dans l'excès contraire, dans l'abus de la lecture et de l'écriture.
' Lib. l'roinot. VI ot CLVI.
Le recteur et le conseil administratif de
Funiversité.
Election du recteur. — Droits d'élection et d'éligibilité. — Devoirs
du recteur. — Ses auxiliaires. — Les appariteurs. — Le conseil privé. —
L'assemblée des professeurs et sa compétence.
C'est le recteur de Tuniversité qui avait la haute main sur le bon ordre des cours, et lorsqu'il apprenait qu'un maître s'était rendu coupable de négligence, il intervenait et sévissait. C'était le chef et le directeur de toute l'institution. «Le recteur de l'université, dit Putanowicz, qui tient le gouvernail, tant de la direction des études que de la police intérieure, étend son pouvoir sur tout, sur les membres omnium facultatum et sur la jeunesse scolaire«. Aussi importait-il à l'université de confier à d'habiles et dignes mains ces graves fonctions. Casimir-le-Grand avait autrefois décidé que, selon ce qui se passait à Bologne, les élèves choisiraient le recteur parmi eux. Cette disposition ne fut pas maintenue dans l'université réformée de Jagellon. Les recteurs furent élus par les maîtres et parmi les maîtres. Nous ne savons au juste comment avait lieu cette élection. Les conclusions de 1515 ne nous donnent à ce propos que quelques vagues indications. A cet acte
devaient assister »tous les docteurs, les maîtres de toutes les facultés, les bacheliers et les étudiants en costumes d'apparat, et attendre jusqu'à ce que le nouveau recteur fût dési^né«. Le plus ancien statut où l'élection du recteur soit bien décrite est de 1607, sous le rectorat de Sébastien Krupka ^). Il s'exprime de la manière suivante: Les docteurs et maîtres de toutes les facultés en ce moment présents choisiront parmi eux quatre délégués; les bacheliers de toutes les facultés en ce moment présents en choisiront deux. Ces six personnes désigneront ensuite sept autres maîtres lesquels désigneront à leur tour cinq maîtres ou docteurs, chargés d'élire le recteur. C'est, comme on le voit, une procédure des plus compliquées, semblable à celle qu'on suivait à Erfurt. Dans le statut de Waieszynski de 1724, nous trouvons un mode d'élection encore plus étrange; les jeunes magnats, ex nobilissima iuventute, y ont droit de vote préalable. C'est ainsi qu'il était accordé aux élèves une certaine influence sur les élections, comme cela existait dans les universités italiennes et à celle de Casimir-le- Grand ^j. Ne pouvait toutefois être élu qu'un des maîtres de l'université*); on s'écarta pourtant plusieurs fois de ce principe dans les premières années de l'université, où parvinrent au rectorat certaines personnes que recommandaient leur haute situation, ou la bienveillance qu'elles avaient témoignée à l'école, et qui ne faisaient pas partie (lu corps enseiûfnant, comme Szafraniec, en 1404, et Alexandre, duc de Mazovie, en 1422. iMais c'étaient des choix tout-n-fait exci^ptionnels; réglementairement en effet on ne pouvait ('lire (|u'un des maîtres en fonctions, très rarement un maître en philosophie, le plus souvent un gradé
' S/.iiiski dans Ifs Archiv«'s d'hist. lit. II. 401.
' Ar.'hivcs d'hi-t. lut. II. :i70.
.Sans doute d•"^ l'oriLTine on posa en principe ce que nous li-ons dans les statuts dr 17'2î (Archives d'hist. lit. II, 371): De ullus in r.'ctoi-«'!n ••liLiatui'. qui non sit aclu laboruns.
des facultés supérieures, docteur du décret, bachelier ou licencié en théologie.
» D'ordinaire, dit Putanowicz, était élu un docteur ou un professeur ex facultatibus superioribus« ^). Il arrivait fréquemment, et même cela devint d*une pratique courante, qu'on élût recteur un professeur qui venait d*être promu au doctorat ou à la maîtrise es décrets ou en théologie. C'est ainsi, par exemple, que peu après avoir été reçu docteur es décrets, Jean Elgot fut nommé recteur, en 1427. Thomas Strzempinski, docteur canoniste, en 1431, est placé à la tète de l'université en 1432; passé maître en théologie au commencement de 1443, il est réélu au rectorat pour le semestre d'hiver 1443/44*). Il ne pouvait être question de prendre le recteur à tour de rôle dans chaque faculté, ne fut-ce que parce que la faculté de médecine existait à peine et ne subsistait le plus souvent que grâce au travail et aux leçons d'un seul homme, lequel même fit défaut à plusieurs reprises. Les conclusions de 1515 enfin exigent que soient éligibles seulement ceux »qui continuam habent residentiama, à Cracovie.
Cette élection jusqu'en 1419 avait lieu une fois par an; à partir de cette dernière date on élut deux recteurs, l'un pour le semestre d'été, le jour de la S. Georges (24 avril), l'autre le jour de S. Gall (16 octobre). Cette dernière élection passait pour plus importante, car dans cette période à la charge rectorale étaient assurés de plus gros revenus; elle était »pinguior«. La pratique de cette double élection subsista même après le premier partage; ce ne fut qu'après 1777 que le recteur fut nommé pour une année tout entière.
Le recteur avait une foule d'obligations, il devait gouverner l'université, en surveiller les biens, et y faire
M Etat intérieur... studii gêner. Cracov. (1774) chap. III. ') Voir M. l'abbé Fijalek, Etudes pour l'hist. de l'univ. de Crac, p. 161—163 et Jacques de Paradis, 274.
régner le bon ordre. Avec le temps on allégea ce fardeau en nommant un procurateur pour l'administration des biens de l'université^), et un notaire, pour en défendre les droits*). ))La charge de procurateur universitaire consiste à connaître de toutes les affaires universitatis, revendiquer les loyers, in quovis foro iure agere. par ces recettes, satisfaire à tout, faire exécuter les réparations urgentes dans les collèges, payer les salaria et les anniversaires aux professeurs, soit sur les domaines, soit sur les loyers... tenir en ordre les registres, les perceptions et les dépenses ^)«. Ce procurateur et ce notaire étaient aussi pris dans le corps enseignant.
Malgré ces exonérations il restait encore beaucoup de besogne au recteur. L'université du moyen âge en effet se composait de diverses corporations qui existaient simultanément et se complétaient l'une l'autre, tout en jouissant d'une certaine autonomie. Le recteur avait pour mission d'empêcher les abus de cette autonomie, d'éteindre les discordes dans les corporations et entre corporations, et la juridiction dont nous avons parlé absorbait beaucoup de temps, accumulait un écrasant labeur. Le recteur avait deux huissiers, nommés par l'université et appelés ))Sapientiae«. Bedelli viri bonae condicionis et famae et aliquantuni literati per universitatem eligantur duo. Le recteur doit toujours en avoir un à ses ordres, tandis que le second parcourra tous les lectoria, contrôlera Tassiduité des professeurs, rendra compte des negligentiae aux doyens tous U\s samedis, puis présentera au recteur les registres d(.'ii> raj)ports des doyens"*?.
Mais avant tout le recteur avait recours à rassislance
'j IM'ocuriitor i:enor;ilis bonorum universitatis de biennio in hit^iiniuin (lel)et elii^i. Ai'ta Uoct. 2994.
' On voulait il(''|à iiisiiluer un notaire en 1494; cette pensée fut roprisc en ITK)!. iN'oir l(»s ( onclusiones de ces dates).
•* Putanowicz 1. c. ('hap. l\'.
'. Aivhivi's (i'hist. lit. II. 391.
et aux lumières des plus anciens ou des plus éminents des membres de l'université. Nous apprenons que le recteur juge cum suis consiliariis ^), choisis parmi les vieux professeurs, qu'il prononce des sentences de dnorum coadiutorum nostrorum iurisperitorum consilio*); qu'il convoque souvent en séance les doyens et ses conseillers'). En 1422^ révêque Jastrzembiec dit que le recteur de l'université, de concert avec les trois doyens de théologie, de droit canon et des arts, doit gouverner l'université, — habeant regimen et ordinationem omnimodam universitatis. Peu à peu se forma de ces doyens et de ces conseillers le sénat académique. Ce consilium ou consistorium existe aussi dans d'autres universités, à titre de conseil du recteur et de comité ayant à remplir plusieurs fonctions administratives, au nom et à la place du corps des maîtres; à Leipzig, les consiliarii font l'office de jurés et d'auxiliaires du recteur dans l'exécution des ordonnances universitaires*). Le recteur est encore tenu à convoquer telle ou telle faculté à part, lorsqu'il s'agit d'une réforme touchant cette faculté, ou d'une question de congé; il nous est aussi parlé de réunions où sont appelés les maîtres de toutes les facultés et seulement le doyen des artistes^). Mais ce dernier cas est peu fréquent, car l'organe principal du gouvernement était l'assemblée plénière des maîtres de toutes les facultés. Le recteur invite à ces assemblées les professeurs payés, omnes doctores, decanos facultatum, promotos ad S. Florianum et coUegiatos; une autre formule annonce la convocatio decanorum omnium facultatum, magistrorum^ doctorum omnium actu leorentium et laborantium de utro-
V) Acti Rect. 101.
-) Ibid. 2056.
*) Conclusiones univ. 1605, 12 novembre.
*) Kaufmann, Geschichte der deutschen Univ. II, 165. Plus tard ce conseil compta 18 membres et môme davantage. Voir sur sa composition les Archives pour Thist. lit. II, 375.
*) Voir Conclus, univ. année 1498.
Morawski. III. 19
que collegio; il est aussi question de séances où prendront part omnes doctores et magistri dumtaxat salariati. Ces assemblées se tiennent d'habitude au collège du roi Ladislas, rarement au collège des juristes, in stuba communi domus Canonistarum. Nous ignorons comment on obviait à Cracovie, à ce que la prépondérance des artistes n'écrasât point les autres facultés moins nombreuses^); dans d'autres universités on employa divers moyens pour contrebalancer cette majorité. La compétence de ces assemblées plénières était fort étendue et fort variée. Sous la présidence du recteur se réunissaient les professeurs de toutes les facultés pour délibérer sur la situation générale de l'université et pour réy:ler les affaires de chaque faculté et des particuliers. Les questions touchant la fortune de l'institution y étaient étudiées, non moins que les défectuosités à réformer dans les facultés. Ces assemblées nommaient encore les titulaires à certains postes universitaires. Nous lisons dans des documents que le lector ordinarius in modicinis, iuris canonici et lector ordinarius in theologia sont désignés par le choix de tous les professeurs*); d'autre part, la médecine n'étant parfois et môme la plu- ))cirt (lu temps représentée ([u'insuffisamment, ses affaires étaient examinées en assemblée plénière. L'ingérence de ce con Livrés dans la nomination des professeurs à la faculté de droit est signalée à chaque instant. Il présente pour le canonicat du château, la cure de Luborzyca, la prébende de Sainte Madeleine. La composition du collegiuni iuridicum dépendait donc des décisions de ce conseil, et mcnie on v discutait souvent sur l'attribution des logements (h* ce collegium. Il dispose de certaines pré-
') Voir Katifinann, ( 'leschiciite (1er deut'^chen Univ. II, 162.
-| Conclus, univ. l îTf) ot 1 iSO. A celte dornièro date dans le but d'élire nn ordinarius en thcoloirie rassemblée; est moins complote: coiivocati<» druni lln'oloi^ica.*. eanonicae et medicinae facultatum ao decanoiuni eurund<'iii . . . Les articles sont passés sous silence.
bendes incorporées à Tuniversité, comme, par exemple, la cure de S. Nicolas. Les congés ou »licentiaea des professeurs d'une durée considérable sont aussi soumis à son approbation. Il avait donc, comme on le voit, des pouvoirs fort vastes, empiétant même mainte fois sur Tautonomie et les prérogatives de chaque faculté.
Facultés et collèges.
Statuts de l'université. — La faculté de théologie. — Les artistes: maiores, minores, extranei. — Le doyen des artistes, ses fonctions. Le collegium du roi Ladislas et ses habitants. — Entrée à ce collegium. — Organiî»ation de la maison ; son préposé. — Devoirs du préposé; biens collégiaux. — Table commune. — Les écoliers au collegium. — Bénéfices et promotions à ces bénéfices. — Fortune du collegium maius. — Le collegium minus et son organisation. — Le collegium des juristes; le collegium medicinae.
La vie intérieure des facultés ne nous est qu'imparfaitement connue, parce que leurs statuts ont été égarés en majeure partie. Nous possédons plusieurs statuts des artistes d'époques dilTérentes, les statuts des théologiens de 1521, ceux des médecins de 1433, mais nous ne possédons ceux des juristes qu'en une rédaction du XVIII-e siècle. Tous ces documents sont fragmentaires, sans suite, et partant il nous est impossible de connaître exactement le développement de chaque faculté en particulier^); cependant les conclusions de l'université et les statuts des collèires, comme le collegium maius et le collegium minus.
») Sur los statuts de l'université consulter les remarques de Szuj?>ki dans les Archives pour Thist. lit. Il, 363.
•comblent en quelque mesure ces lacunes, car collèges et facultés étaient étroitement unis.
La faculté de théologie était installée au grand collètre, rue Ste Anne. Nous avons parlé de sa composition à plusieurs reprises. Le statut de Dobrocieski de 1603/4, énumère les dix professeurs de cette faculté; c'étaient les huit promoti au chapitre de S. Florian, le chanoine de la cathédrale et l'ordinarius. Les vieux professeurs parvenus au doctorat paraissaient rarement en chaire^); renseignement était confié aux bacheliers et aux licenciés. Sur ces derniers reposait le fonctionnement de la faculté, et ils avaient en outre certaines obligations à Tégard de la faculté des arts d'où ils étaient sortis. Ils étaient notamment tenus à des leçons et à des disputes philosophiques; si Tuniversité les exemptait des leçons, ils n'en devaient pas moins assister aux actus sabbativi, c'est-à-dire aux disputes des maîtres, le samedi. Mais ces jeunes théologiens parvenaient la plupart du temps à se libérer de ce fardeau pour se consacrer entièrement à la théologie — in theologia dumtaxat legentes*). Cette abstention était mal vue, mais tolérée, et même vers 1561 ^) les théologiens furent dispensés des actus sabbativi, et en 1603 l'université décréta que les chanoines de la collégiale de S. Florian s'occuperaient exclusivement de théologie — reliquendo promotos ad S. Florianum pro laboribus in facultate theol. Il y avait moins
*) Voir là-dessus Kaufraann, Geschichte der deutschen Universitâton II, 3H4f.
') Conclus, univ. 1523.
') Acta Rect. a. 1561: conclusum est peramplius magistros, baccalarios s. Theologiae, laborantes in legendo cursu et sententiis, liberos esse ab ingressu disputa tionum artisticarum diebus sabbativis.. Non enim conveniens est, ut apposita manu ad aratrum sacrae scripturae rétrocédât quis ad profanas professiones . . . Nec urget aliqua nécessitas, cum sufficiant hi qui ad haec tenentur ex officiis suae professionis. — Il était cependant recommandé aux théologiens ut disputationes theologicae frequentium fièrent.
de cours à la faculté de théologie que chez les artistes^ car elle comptait moins de professeurs et d'élèves. On ne sait au juste où avaient lieu ces cours. Au collegium malus un vaste lectorium portait le nom de lectorium theologorum. Il serait donc permis de penser que cette salle était destinée tout spécialement à ces leçons. Mais le Liber diligentiarum, dès la première année de sa rédaction (1487) nous apprend qu'elle était occupée été et hiver par les artistes. En ce cas, les théologiens enseignaient-ils dans^ leurs propres demeures, ou dans quelque école paroissiale? Les actes sont muets sur ces questions. Dans le Liber diligentiarum des artistes on trouve par hasard, au semestre d'hiver de 1488, un cours de Jean de Staniszewice sur les libri Sententiarum. En dehors de cette mention, ce registre ne dit mot des théologiens, ce qui d'ailleurs n'est que naturel. Les statuts de la faculté de 1521 ^) traitent surtout de la collation des grades en théologie. Le statut de Dobrocieski de 1603/4 nous apprend que «conformément aux anciennes coutumes», dans les trois heures de la matinée professait d'abord l'ordinarius, puis les docteurs joqui, d'habitude, lisaient à tour de rôle«; il n'y avait que fort peu de ces docteurs parmi les théologiens. Au commencement du XVII-e siècle, on redoute même à chaque instant qu'ils fassent complètement défaut, »ne universitas sine theolo* giae doctoribus remaneata, ce qui eût rendu difficiles ou même impossibles certaines fonctions de la faculté*), comme les promotions et la présidence des disputes. Ils lisaient, avons-nous dit, à tour do rôle, un jour chacun, et recommençaient ensuite, «([uatenus qualibet die una lectio magistroruni theoloçriae pro honore universitatis et studii utilitate habeaturcc *). Kntin le matin les sententiarii devaient expli(|uor leur sujet alternativement, tandis que dans les^
') Archives pour l'hist. lit. I, 73.
'i Ibid. II, .-m.
'i Syno[)sis Statut, univ. Nr. 16, p. 26 (Archives de runivenité)»
*) Archives de Tuniv. Nr. 265, p. 254.
quatre heures de raprès-midi enseignaient les bacheliers de la faculté. L'ordre de ces leçons était surveillé par le doyen qui^ chez les théologiens, comme en général dans les facultés supérieures, était élu pour un an^): Toutes les heures manquées sans raison plausible était défalquées lors du payement trimestriel (dismembratio) des émoluments, et cela d'après un tarif assez élevé pour les théologiens, plusmodéré pour les artistes. Ainsi s'exprimait en espèces la rétribution accordée à chaque leçon. La faculté se gouvernait autonomiquement pour Tacceptation et l'avancement de ses membres; toutefois l'ordinarius en théologie était choisi par tous les professeurs rémunérés, en séance plénière de l'université. Ce n'est que dans la seconde moitié du XVI-e siècle que cette élection fut attribuée au collegium maius.
Nous allons passer aux artistes que tant de liens rattachaient aux théologiens. Rappelons qu'à cette faculté appartenaient des membres fixes — continue in artibus laborantes — et des membres qui, par leurs travaux et leurs pensées, appartenaient aux facultés supérieures, particulièrement à celle de théologie, et figuraient parmi les artistes de nom plutôt que de fait. Cette amplissima facultas occupait deux maisons ou collèges; dans l'un de ces établissements elle voisinait avec les théologiens; l'autre^ plus petit, lui était exclusivement réservé. Ses membres se divisaient en trois catégories: la première, composée de& collégiaux supérieurs, parmi lesquels se plaçaient d'abord les six maîtres royaux; dans la liste des cours de Técole jaL'"ellonienne ces collegiati maiores sont au nombre de neuf ou dix, rarement onze, encore plus rarement douze. En faisaient partie, outre les professeurs royaux, le collégial de la chaire fondée par Szafraniec sur les revenus de la terre de Trontnowice, ainsi que certains chanoines de S. Florian. Avec le temps vint se joindre à eux le collé-
') Archives pour l'hist. lit. II, 381.
gial de la chaire Krôl dont Miechowita avait augmenté la dotation. Le collegium minus comptait douze professeurs tout au commencement du XVI-e siècle.
En dehors de ces deux groupes, il y avait les extranei, c'est-à-dire ceux qui venaient à peine de subir Texainen de maîtrise, ou qui, arrivés de l'étranger, sollicitaient la reconnaissance de leurs titres, et s'étaient en attendant attachés à l'université. Au début, ils étaient considérés comme extranei extra facultatem. Pour y être introduits, ces maîtres devaient travailler avec zèle pendant deux ans (biennium complere), faire des cours, prendre part aux disputes du samedi et disputer dix fois extraordinarie*). Ce n'est qu' après ce stage qu'ils étaient accueillis à la faculté (suscepit facultatem artisticam).
Le doyen de la faculté avait toute autorité sur ces trois classes. Il s'attachait d'abord à ce que les collégiaux royaux et les chanoines de S. Florian s'acquittassent de leurs »duo actus«, fissent régulièrement leurs cours et leurs exercitia, c'est-à-dire éclaircissent par des interrogations et des discussions ce qui dans Aristote paraissait un peu obscur ou trop concis^). C'était lui qui devait veiller sur lintégralité des leçons Aristotéliques. La tâche n'était guère aisé(% car ceux qui travaillaient aux facultés supérieures, los chanoines de S. Florian par exemple, délaissaient volontiers leurs obliiTations philosophicjues; aussi dans la première moitié du siècle apporta t-on quelque soulagement aux labiurs des maîtres: certains exercitia furent comptés >pr() (luobus... actibusK, de sorte que le professeur qui les avaient diriLrés, n'était plus astreint à faire un cours à part, et malgré cela était considéré comme »actu regensa'). Ce inêini^ doytMi était responsable du bon ordre au coUe-
'I Muczlvow^ki, Lil). Pioinot. V.
') Fusiiis et apcrcius oa pcr quat^stiones ac disputaciones re- <*ol('nU»s (jue in jihilosopho coarcius et toccius tradita sunt Liber IM-om. LVIII.
•l Librr l>rumot. XXVII.
gium minus; il avait soin que les collégiaux fissent les leçons qui leur étaient prescrites et en général remplissent consciencieusement leurs devoirs; de plus, il avait souvent à lutter avec la phalange indisciplinée des jeunes extranei, toujours ardents à rompre en visière au vieil ordre des choses consacré par les siècles et aux statuts de l'université. Sur lui reposait encore la régulière observation des actus sabbativi, autrement dit des disputes hebdomadaires. Collegae maiores, minores et extranei, étaient à cet effet divisés en trois sections, et le tiers des maîtres de chaque catégorie devait chaque samedi prendre part à ces disputes (in ordine suo dispùtare ordinarie) ^). Toute négligence à ce sujet devait être scrupuleusement relevée par le doyen et sig-nalée au recteur*).
A la faculté des arts il y avait deux fois élection du doyen ^). Etait éligible un Collega maior, minor et même extraneus appartenant à la faculté; cependant ce n'était que quatre ans après avoir obtenu la maîtrise qu'un jeune membre de la faculté pouvait être honoré de cette dignité*). Il avait fallu entourer cette élection de mesures préventives fort détaillées, pour éviter les manifestations tumultueuses qui auraient pu se produire avec de si nombreux professeurs ayant droit de vote, avec surtout de si jeunes extranei. L'ordonnance de 1480 rappelle les troubles qui avaient éclaté alors qu'on avait introduit certaines réformes à la faculté de philosophie. Par cette ordonnance des droits étendus étaient reconnus aux collégiaux supérieurs, tandis
*) Cela s'appelait actum visitare iuxta ordines tripartitos.
-) Putanowicz, dans son Etat intérieur et extérieur Studii Crac, ch. XIII délinit comme suit les obligations du doyen: Régler les actes des disputes de chaque samedi et de chaque dimanche pour le semestre entier; il doit lui-môme être présent aux actes du samedi des maîtres, lui-môme argumenter sur les quatre propositions philosophiques en discussion, éclaircir, aplanir les difficultés, noter les professeurs absents de la dispute, etc.
^) Liber Promet. III.
*) Ibid. III. Voir encore XXXIIÏ.
qu'elle restreignait ceux des extranei. En définitive un »turnu8« fut établi pour ce décanat: après qu'il avait été aux mains d'un collégial inférieur, il passait à un collégial supérieur, pour revenir ensuite à un inférieur, de celui-ci à un supérieur, puis à un extraneus ^), enfin à un collega maior. Dans Tespace de trois ans, trois doyens devaient donc être choisis parmi les collégiaux supérieurs, deux parmi les inférieurs, et un extraneus. Dans les semestres d'hiver, plus lucratifs à cause des examens à la maîtrise les doyens devaient être des collégiaux maiores*). Le doyen touchait comme rémunération 20 florins en été, 26, en hi ver, payés par la caisse commune de la faculté ^); plus tard en 1480, ces honoraires furent portés à 30 florins*).
Il était astreint à organiser des exercitia sur la Phy sique d'Aristote. Les sommes perçues de ce fait étaient ver sées au trésoi commun de la faculté, puis, chaque semestre, réparties entre la totalité des professeurs de la faculté*).
Le collegium du roi Ladislas où demeuraient en majeure partie les maîtres, était lié par mille attaches à la faculté de théologie et à celle des arts. Cette coordination de dilTérents corps, pourvus toutefois d'une certaine autonomie,
*) Los extranei demeurant en ville et étant pour la plupart dénués (le re-^sources, on décida en 14^85 (Liber Fromot. XLIl): Quilibet extraneoruin in decaïunn electus provideat sibi de loco mansionis congnio statui (^t honoslo, ubi ad euni sine despeclu aut aliqua displiceiitia iriagistri inti»rini venire possint.
') Ibid. XLI.
') Ihid. XXXIV.
*) Ibid. XL.
^) Voir Lib. Proniot. .XXXV: Fiscuni facultatis augeri volumus ex his ([lias quistjuo proinuvendiis in artibus, iuxta formain ab anticpio in statnlis dcscriplani. pro oxercitio phisicorum solvere... ienetur ptHuniis. Et avant le baccalauréat, comme avant la maîtrise, Técolior devait subir et payer ces exercitia. Voir encore ibidem CLVIH: Docarii exercitia. ad cpiae in Phisicis ordinarie facienda ex anti([ua consuetudine obligatur.
ces ressorts nombreux, par lesquels l'organisme était mis en mouvement et qui se contrariaient en fonctionnant simultanément, — amenaient souvent des complications et des désordres dans les institutions médiévales et dans l'organisation de l'université de cette époque.
Le collège du roi Ladislas était un établissement constituant un corps à part, jouissant d'une franchise fort large, et, en raison de sa composition, usurpant les attributions de chaque faculté, surtout de celles de droit et des arts, parfois même de celle des canonistes. Il avait été en effet créé pour les maîtres de philosophie, mais pour ceux qui, se destinant aux facultés supérieures, préparaient des élèves, en se préparant eux-mêmes aux hautes études de l'université. Aussi l'autorité de ce collegium agissaitelle sur l'ordre des cours et la situation des maîtres dans les autres facultés. En 1544, par exemple, l'assemblée des professeurs du collegium accorde un congé à Nicolas Kasznica, bachelier en droit canon *). Par suite de son développement ultérieur, cette maison devint l'habitation des théologiens et des artistes et porta le nom de ceux-ci ou de ceux-lcà. A l'époque qui nous intéresse spécialement, y demeuraient le chanoine de la cathédrale de Cracovie, l'ordinarius theologiae, les professeurs-chanoines de S. Florian, le collégial de Trontnowice, les six professeurs royaux et, depuis quelque temps, le collégial astrologue de la chaire Martin Krol -). Nous avons dit qu'avant qu'on en eût dé-
>) Concl. Domiis Maioris 1445.
') A proprement parler les astronomes de Stobner et de Martin Krôl étaient dos coUegiati minores. C'est pourquoi, d'après un arrêt de 1476 (Cod. univ. Crac. III, 46) ils devaient loger au Collegium minus. Dans un codex de la bibl. jag. Nr. 69 (XVlI-e siècle) nous lisons cependant au sujet du Collegium maius: Astrologum unum alit. Nous ne saurions dire à quelle époque eut lieu ce partage des astronomes entre les deux collèges. Mais remarquons que lorsque Miechowita dota à nouveau la chaire de Martin Krôl, en 1522, il se réserva de décider ultérieurement si cette collegiatura debeat transferri de minori Collegio ad maius. (Concl. univ.).
taché le collegium minus, les collegiati minores, qui n'avaient pu trouver asile ailleurs, s'étaient aussi réfugiés et avaient été accueillis dans ce collège, mais seulement »ex favore et gratia« ^), car il était réservé aux promoti, c'est-à-dire aux chanoines de S. Florian et aux maîtres royaux.
Les collèges étaient des compagnies de maîtres réunis sous un même toit, mangeant à la même table et, en plus de leurs dotations particulières, ayant des revenus communs, attribués à tout le collegium. En Allemagne, on créa des institutions de ce genre pour les magistri seulement; de même à Cracovie. Ce n'était qu'en fort petit nombre et, le plus souvent, pour le service des maîtres que les écoliers y étaient admis. Ce bâtiment, d'abord assez exigu, mais plus tard considérablement agrandi par l'achat 4e trois maisons rue S. Anne, contenait autrefois, au premier étage, un vaste lectorium pour les théologiens, et, au rez-de-chaussée, six lectoria pour les philosophes *). Là se trouvaient aussi des ))Commoda« pour les professeurs-colléi^iaux.
Une conclusion de 1508 atteste la réelle autonomie de ce collèy:e; il y est écrit que la maison du roi Ladislas tut, dès l'origfine, «libre, soit dans ses élections et nominations du petit au i^rrand collegium, soit dans la réception (les extranei au Coileg'ium minus«. Quelques mots au sujet de ces nominations. D'après un règlement de 1449, on ne coopt(»rait au grand collegium que des hommes ))('apal)les et méritants, c'est-à-dire d'un savoir solide, et de moeurs éprouvées 2)«. Dans les statuts du collegium de 1429, le mode d'élection est déterminé, avec l'observation (|u'()n ne devra point considérer si le candidat est indigène
*) ('oiiclus. Duinus Maioris 1419.
'i Miiczkow ski, Habilatioiis et coutumes des étudiants cracov. 18t2. p. 8.
*) (Jonclus. Doinus Maioris 1 H9: Ad inaius collegium assumantur inagisin idonei et inorili, provocti videlicet in scientiis et probati de inoril)iis.
ou étranger, mais tenir uniquement compte de sa valeur'). Dans les statuts du XVIII-e siècle nous trouvons une autre condition: personne ne sera nommé au Collegium maius sans avoir passé par le studium de théologie et y avoir fait ce qu'on appelle le «cursusa *). Il est probable que cette considération spéciale pour la théologie remontait au moyen âge; elle répondait d*ailleurs complètement à la destination du collegium maius créé pour ôtre le foyer de cette science.
Celui qui était admis au collegium, en devenant membre d'une nouvelle corporation, se soumettait à ses lois et à ses chefs. A la tête de l'institution il y avait un praepositus, élu chaque semestre. Il administrait la maison, y assurait le bon ordre et la paix, avait charge de la discipline intérieure et même de la conduite des maîtres hors de ses murs, conduite qui devait être irréprochable et tout exemplaire. Chacun se faisait un devoir de rehausser la dignité de l'institution, dignité religieuse et presque monacale, dont toute la vie du collegium devait se revêtir. Des prescriptions rigoureuses sur les relations avec les femmes, sur les sorties en ville, autorisées seulement à certaines heures, faisaient obstacle aux défaillances. Les manquements à la règle, les querelles entre maîtres, les verba pungitiva dans l'enceinte du collegium, étaient réprimés et punis par le praepositus. Ce dernier prenait encore soin des biens collégiaux: tous les ans il visitait avec ses conseillers les bénéfices dont les professeurs tiraient leurs rentes, se rendait minutieusement compte de leur état*). La maison du roi Ladislas avait en effet sa fortune particulière et sa propre administration. A tour de rôle, les collégiaux gérèrent d'abord la terre de Boszczyn^j; mais
») Archives dliist. lit. I, 12.
») Ibidem lï, 383.
*) Ibidem II, 380.
*) Les revenus de ce domaine «enraient à récompenser Tassiduité aux disputes du samedi. Voir CoacL onir, 1622: in vim rîsita-
on s'aperçut bientôt que ces mutations continuelles, — alternatum reginnen — ruinaient cette propriété, et, en 1441, l'université intervient dans la régie de Boszczyn. Une seconde terre, Trontnowice, avait été léguée pour le collégial et laltariste de S. Barthélémy ^); aussi était-elle administrée par cet altariste, ou mise en ferme. Les autres collégiaux puisaient leurs ressources dans des dîmes, altaries et canonicats. Certaines sommes provenant de fondations ou de legs couvraient les dépenses communes; de plus, les collégiaux, à leur admission, payaient une taxe d'entrée »introitaliacc. Ces réceptions se faisaient en grande pompe, avec force rasades et festins. Elles durent même parfois dépasser en gaîté les convenances, puisque les statuts ultérieurs, comme, par exemple, celui de Dobrocieski, en 1604, protestent contre ces dispendieux et luxueux oiucundi ingressus« ^). Hebdomadairement les membres du collegium acquittaient une cotisation pour la table (ponere bursam)*), en outre, une fois l'an, on percevait une taxe pour le chauffage (lii^naria) de la salle cemmune (stuba communis) du colleirium.
Les statuts rédigés en 1429, nous permettent de pénétrer dans cftte maison, d'en connaître les règlements
i'u)n\s actuLiin. Le Cod. 57 des Archives de l'université, Regestrum inaioris Collegii expose tout au long les travaux administratifs du praepositns,
*) Ajoutons ici d'aprùs Putanowicz, Etat intérieur et extérieur Studii gcmT. (Jrac, ch. 10, qu'après la mort de Szafraniec, Jean Isner acheta pour l'univorsité la seconde moitié du domaine de Trontnowice (Noir Cod. univ. Crac. I, 83). Putanowicz écrit: Une moitié de cette ti'rre assii^niéo à l'altariste 8. Bartholomei primi ministerii fut donnée Collegio niaiori par Jean Szafraniec, custode de la cathédrale d(j Cracovie et Pieire Szafraniec, l'autre moitié fut acheti''e par M. loanncs Isnerus, sacrac theol. doclor et professor, qui fonda une deuxième aliarie à l'église cathédrale. A partir de cette époque le Collegium mains paya sur le j)r()duit de la terre de Trontnowice six deniers à la bourse dc> pauvi-es d'Isner.
') Arch. pour l'hist. lit. II, 384.
^) Voir Acta Kect. 557.
presque conventuels. Le praepositus s'occupait de la vie matérielle, des subsistances et des boissons*), du gardemanger et de la cave; tout excès était par lui réprimé. Il était aidé dans sa tâche par la familia domus composée du procurateur ou économe, des cuisinières, du portier et du sommelier ou échanson.
Putanovvicz dit à propos de ce praepositus domus et de ses fonctions: wll a (collegium maius) son directeur semestriel, assisté de deux conseillers, chargé du regimen politicum internum. juxta Statuta Communitatis et de la fourniture des vivres. Ce directeur, en cas de besoin, fait les Convocationes des docteurs et professeurs, consigne dans un registre les resultata ex convocatione, touche les loyers, les emploie selon la volonté des fondateurs, donne ses ordres à la familia, avertit en temps opportun le procurateur de l'université des réparations à exécuter, solde les anniversaires au moment marqué, veille à la fermeture et à la garde du collegium, afin que les maîtres ou leurs serviteurs ne restent pas en ville jusqu'à une heure avancée de la nuit ou ne couchent extra collegium, et punit les transgressions commises sur ce point. Kt puisqu'il est le représentant de la loi, en lui est prima instantia in delinquentes professores et servitores. A l'expiration de son mandat le praepositus rend compte de perceptis et expensis et la Communitas approuve les registres où sont inscrits ces comptes» -). C'est un tableau pris sur le vif des multiples travaux de ce fonctionnaire.
Les repas au collegium avaient lieu, suivant un ordre strictement défini, à trois tables, dans la salle commune, hypocaustum commune. On faisait la lecture pendant ces repas, afin d'éviter inutiles garrulationes; de plus, tous les mois, les maîtres, à tour de rôle, devaient y prononcer un
*) Nous lisons dans les Conclus, univ. de 1441: praepositus pro consolacione dictorum collegiatorum unicuique ipsorum singulis diebus unam quartain cerevisiae gratuito det...
') Etat intérieur et extérieur Studii generalis Crac. chap. X.
bref sermon (collatio ad clerum), pour que l*âme fut nourrie en même temps que le corps. L'ordinaire était très frugal. Les collégiaux ont une table commune assez modeste et simple, dit Putanowicz. On y mangeait quantité de poissons; la multiplicité des jeûnes contribuait à la rigueur du régime. L*eau et la bière étaient les boissons habituelles. Quelques fondations en faveur de la cuisine de la communauté relevèrent un peu le menu quotidien; maître Stanislas Biel, par exemple, laissa une certaine somme pour onze repas de fêtes tous les ans. Disposition digne d'un homme qui, rapporte un témoignage contemporain, wgaudebat fratrum sodalicio, honesta laetitia ac hylaribus symposiisa *). Lorsque, au commencement du XVI-e siècle, les maîtres adoptèrent l'usage de célébrer l'anniversaire de leur naissance en traitant leurs collègues, »au préjudice de leur àme et au danger de contracter diverses maladies», un préposé de l'époque, Michel d'Olsna, voulut porter remède à ces abus et fixa le maximum de la somme à dépenser, »afin que dorénavant les bourses des maîtres fussent à l'abri de telles atteintes, et que leur corps se conservât en bonne santé« -). On prit aussi la coutume, à partir d'une époque que nous ne saurions préciser'), d'accueillir à la place de S. Jean Kanty un pauvre, pauperem perpetuum, le plus souvent un prêtre sans ressources, désigné par les membres du collège. A son arrivée on le saluait par les mots: Pauper venit; à quoi le président du repas répondait: Christus venit. Cette pieuse et belle tradition perpétuait le souvenir du saint maître à l'université.
La maison, avons-nous dit, était réservée aux maîtres; cependant elle donnait asile à d'autres habitants, parce que les maîtres y recevaient nombre d'écoliers, soit
') Archives de l'univ. Cod. 69, p. 60.
*) Conclus, domus maioris 1507.
') On en parle déjà dans le Cod. jag. 3859 (année 1512) p. 37^ comme d'une antiqua consuetudo.
en qualité de serviteurs, soit afin de garantir aux riches une constante protection, aux pauvres le pain quotidien. En 1446 et 1447, on se plaignit de cette multiplicatio servitorum vel scolarium; sans doute certains maîtres avaient mésusé du droit de recevoir des étudiants. C*est pourquoi on traça alors de strictes limites à ce droit. Dans les conclusions de 1446 ^) est inséré un arrêté aux termes duquel «désormais chaque maître ne pourra prendre à son service et héberger dans sa chambre qu*un seul étudiant; il sera en outre défendu aux écoliers de se coucher et de dormir dans les corridors, dans la stuba communis ou dans le logement du procureur». Nous lisons dans un autre document ^j de 1447, que chaque maître pourra conduire à table un seul écolier, à savoir: celui qui sera attaché à sa personne (unum scolarem proprium). Au cas où il en logerait plusieurs autres, il payera pour chacun d'eux six deniers aux échéances des quatre-temps (pro secretalibus), et pourvoira à leur entretien et à leur nourriture avec ses propres ressources ^). Les collégiaux devaient donc verser pour les jeunes gens qu'ils prenaient en pension une certaine redevance à la caisse du collegium... ratione sui habitantis. C'est ainsi qu'à la fin du XV-e siècle, Bernard de Nissa et, ensuite, Jean de Glogau durent débourser une rétribution «pro suo principe», Jean Gasztold; de même qu'au commencement du XVI-o siècle, Stanislas Biel, pour Paul Holszanski; Michel de Breslau paye ))pro suis quattuor studentibuscc*). Tout membre du grand collège nou-
*) Conclus, dom. mai.
•1 Archives d'hist. lit. I, 16.
") Dans la suite de cet acte on prévoit le cas où un extraneus vel alia personna habiterait pour quelque temps le collegium, ce qui sans doute se produisait rarement, et Ton fixe le montant de la rétribution à exiger de ce locataire. Voir toutefois p. 13: De ingressu extnineorum ad collegium: statuimus quod nullus extraneus ad Collegium et praecipue ad mcnsam admittatur. Voir encore sur les écoliers les Conclus, dom. mai. de 1483.
*) D'après une note manuscrite de Muczkowski.
Morawski 01. 20
vellement admis jouissait du bénéfice de Trontnowice ou du poste de maître royal. Il parvenait ensuite à de meilleures prébendes, secundum ordinem et senium.
Etre promu au chapitre de Saint Florian constituait un avancement considérable. Il y avait dans ce chapitre huit postes réservés aux professeurs, à savoir: le décanat, la custodie, la chantrerie, quatre canonicats anciens, et enfin un cinquième institué par Zbigniew Olesnicki, en 1427. Des trois chancelleries attribuées au chapitre de S. Florian, en 1401, devaient naître trois nouveaux canonicats et trois nouvelles chaires à l'université; mais nous avons vu que cette fondation ne fut réalisée qu'en partie et que d'ailleurs les collégiatures spécialement dotées par les fonds des chancelleries ne furent qu'éphémères. Les revenus provenant des dîmes des trois chancelleries de Posen, de Sieradzk et de Lenczyca, furent néanmoins répartis entre les maîtres du grand collegium et accordés à certains maîtres. C'est la domus maior qui dispensait ces bénéfices, providebat de praebendis S. Floriani. Celui qui pour la première fois sollicitait une de ces prébendes adressait dans ce but une supplique au collegium^); celui qui possédait déjà le titre de chanoine et désirait obtenir la prélature était dispensé de cette supplique-). Evidemment Tancienneté, c'est-à-dire ordo optionis secundum senium vocationis ad domum, était avant tout prise en considération. Mais souvent on voyait surgir des conflits et des contestations au sujet de cette ancienneté, conflits (|uo l'assemblée des collégiaux était appelée à résoudre. Ce n était pas non plus sans difficulté qu'avait lieu la promotion à la chantrerie. Cette prébende était cum egrt^ssu, elle [)ouvait entraîner la perte de la chaire au
'i Conclus, (loin. mai. de» 1507. Conclusuin est, ut illo qui optât priinuin canonicatuni polat fi providn-i per domuin de tali canonicatu.
*i Ihid.: si vf'ro c^t i.ini aolu cunonicus et sequitur eum ordo prat'latiir-on optaiidi simplioiitT optabit talom praelaturam eum
tonhnir»Mitfin ^\\\r alitjua p»*tiiiono.
collegium pour un certain temps, et n'était pas en outre bien reniée. Le chantre en effet qui en même temps était curé d*01kusz, n'était pas admis à la répartition des revenus communs du chapitre; il ne participait pas, selon l'expression de Putanowicz, »in coaequationem proventuum Capituli«; et l'église d'Olkusz, ))imposant monument en pierre, aux murs endommagés», exigeait de grands frais d'entretien. On refusait donc d'opter pour la chantrerie; et si l'on y était promu par élection du chapitre, souvent on déclinait cet honneur^). Aussi cette prébende était-elle fréquemment donnée au plus ancien des maîtres royaux*). Le maître qui acceptait la chantrerie se réservait alors toute faculté de pouvoir réintégrer le collegium (regressus) et d'opter en cas de vacance pour un autre bénéfice. Le Collegium maius était donc le dispensateur de ces canonicats; il nommait à ses propres chaires et à celles du Collegium minus; il avait en outre le patronat de la cure de S. Anne à laquelle était toujours porté un de ses membres, celui de la cure de Zielonki, ainsi que plusieurs autres bénéfices; c'est ainsi qu'il attribuait des altaries à quelques maîtres peu rétribués d'autre part. Ces droits, le nombre des maîtres qui trouvaient asile dans ses bâtiments, enfin une certaine fortune collégiale, grâce à laquelle elle put à plusieurs reprises venir en aide à l'université et au souverain lui-même, assuraient à la maison des artistes une prépondérance incontestable dans l'organisme de l'école jagellonienne. Il en était de même ailleurs; à Heidelberg la faculté des artistes était parvenue à une
*) Voir Conclus, dom. mai. 1454: plurimi electi praefatum beneficium renuerunt. Voir aussi les conclus, de 1606 et 1507.
'i Cela se passe ainsi: le praepositus, au cours de la séance de rassemblée soumet la chantrerie à l'option, c'est-à-dire questionne à tour de rôle omnes et singulos seniores dres et magistros . . . usque ad N. N. coliegiatum tune maioris Collegii regalem, qui quidem magister... in loco et ordine suis dictam cantoriam optavit et acceptavit, — Cette manière de procéder est tirée des Conclus, dom. mai. de 1506.
large aisance et faisait des prêts aux particuliers et aux institutions besogneuses^). Une vaste chapelle à l'entretien et à l'ornement de laquelle on veillait avec soin *), une ))librairie«, créée au commencement du XVI-e siècle, grâce aux démarches de Thomas d'Obiedzin et de Mathias de Miechôw, librairie qui ne tarda pas à être fort riche, ajoutaient encore à la splendeur de cette maison. Du reste, les membres du grand collège, par reconnaissance faisaient tous leurs efforts pour augmenter les biens de l'institution et la faire prospérer; ils léguaient leurs livres à la librairie, à la maison leurs meubles, vases précieux, coupes, cuillers, souvent d'un travail remarquable, éternels témoignages de générosité que ces bienfaiteurs décédés transmettaient aux vivants. Bientôt le collegium posséda une grande quantité de ces ustensiles domestiques').
Les collégiaux du grand collegium étaient patrons du petit qui fut été institué en 1449, sur le modèle de la maison des artistes et qui, sous bien des rapports, resta dans la dépendance de cette dernière. Douze à quatorze maîtres minores devaient être logés dans ce collegium; parmi eux était considéré comme »maximus« le maître jouissant des revenus de la terre de Szydzin *). Leur champ d'action était relativement peu étendu; ils préparaient aux f.u:ultés supérieures en qualité de i)miiium facultatum seniinariuni tecunduni. De plus, ces collégiatures se distinliuaient des chairt'S supérieures en ce que leur destination et leurs lonrtions étaient rigoureusement déterminées; le même iiiaîtif. tant ([u'il occupait le poste à lui conlié, n'en-
^ riu)i'lM»cke. (i<v^c-hichto dcr Univ. Heidelberg, 81.
' Au <n)<'t .Ir raUarisl(' do cette chapoUe voir Cod. un. IV, 109.
") \'()ir 1<» Inri cmieiix manuscrit ilcs archives de Tuniversité Nr. Gî>. Kt-LTi^irLiiii . . . supdlrctili^. . . doinus maioris. On y trouve des U*iZ< (lo Micli-'l (It* Wiclnn. .Ican Sacianus, Adalbert de Brudzewo (p. '^2]\ c('u\ (!.■ ( 'alliiiia({u»' p. ;j3 rt de .Iran (iasztold (p. H4;. Il est à ^'Hihaitt'r (pi'oii piihlin »'e iiiaiui«;ciMl.
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seignait que ce à quoi ce poste Tobligeait ^). Les petites collégiatures subsistaient en majeure partie de revenus d'altaries; aussi Putanowicz dit-il avec raison à leur sujet «qu'elles dépendent exclusivement des altaries«.
L'organisation de la maison était semblable à celle du collegium maius. Il y avait un préposé élu pour trois mois et assisté de deux conseillers; les maîtres mangeaient à une mensa communis. Pour en couvrir les frais, les collégiaux versaient une cotisation hebdomadaire (ponere bursam); en outre, les nouveaux venus payaient des introitaies. On siégeait à table par rang d'ancienneté; les chambres (camerae) étaient aussi assignées en tenant compte de ce rang. Nous savons qu'on admit encore à ce collegium un certain nombre exactement limité d'écoliers. Il est clair que fort souvent on eut à déplorer des désordres dans la maison habitée par les jeunes maîtres, que la vivacité et l'intempérance de la jeunesse portèrent plus d'une fois atteinte aux statuts monastiques de l'établissement. Aussi les jugements rectoraux vinrent-ils fréquemment frapper le Collegium minus qui, par son ardeur, sa hardiesse, fut en avant de tous les autres à l'époque de l'humanisme*^).
Nous ne possédons que de fort maigres renseignements sur le Collegium des juristes. Nous avons déjà parlé de la création fort ancienne de ce collegium et des quatre professeurs qui, dans la première moitié du siècle, y enseignaient. Jean Szafraniec fut un des plus grands bienfaiteurs de cette faculté*); après lui, Thomas Strzempinski
') Conclus, dom. mai. 1449: Ne dieti Oollegiati Novi Collegii in laboribus et loctionibus passim sint promixti, ipsorum collegiaturas per facultates disponimus.
U'Q IK'^'^T^! * 7«"7"' '«^ ^'^^"'« de ce oollegiu.n à partir de U*9 et li/6. dans les Arch. de litt., I. 95 et 102.
•i 11 donna aux juristes la maison de Cracovie dont parle Puanow.c^ Etat... etc. 8 XI: Ils avaient encore une maison au Château de Orucov.e, maison réparée par Jean Szafraniec. chanoine «t
se sigrnala aussi par ses largesses: il dota deux altaristes chargés d'enseigner nova iura; enfin le senior de la bourse de Dtugosz était aussi tenu à des leçons. Les facultés de droit jouaient un rôle marqué en certaines universités, y constituaient presque un corps à part II n'en fut jamais ainsi à Cracovie. Toutefois nous voyons dans des documents postérieurs que cette faculté eut parfois un vicechancelier particulier^). Il était donc d'usage que le chancelier se fît remplacer aux examens de droit par un autre personnage qu'à ceux de la faculté des artistes. Le doy<*n des juristes fut d'abord élu pour un semestre; à partir de 1558, à l'instar des facultés de théologie et de médecine, il resta en fonction l'année entière; cette modification fut introduite dans les statuts parce qu'on avait beaucoup de difficulté à faire accepter le décanat pour le semestre d'été, fort peu productif.
Le siège principal des canonistes était, ou tout au moins devait être le collegium de la rue Grodzka: un jardin était contigu, et l'on s'y rendait pro refrigerio post labores ^j. Mais à cette faculté la vie collégiale n'était guère développée. Dans l'immeuble de la rue Grodzka, à côté des décrétistes, habitaient d'autres personnes, des maîtres d'une autre faculté, des élèves'^), souvent même des locataires complètement étrangers à l'université; et cet élément introduisit bien des fois au Collegium la désunion et le tumulte. L'accueil dans cette maison manquait en effet de discernement; et les actes de l'université abondent en
à eux cmmIcc. D»'s le XVI-e siècle les professeurs la considéraient »pro re (leperdilîu.
h Siatuta facuUalis iuridicae (1719i: le bachelier en droit est tenu de s'adresser au procancellarius universitatis, si facultas iuridica siiinn seorsiviiin procaiicellarium non habeat, sicut ante habebat. - Revue de droit (18lUs p. XXX.
') Conclus, univ. 1521 et 1027.
') Par exemple, en U16. l'élève .lodocus Czeginhals tnoratur... in collrgio iuristaruni, chez un des maîtres ùs arts y logés. Voir CoDclusiones univ. 14-^9.
plaintes sans cesse portées contre les troubles qui se renouvellent à chaque instant jusqu'en 1579 où, ainsi que nous rapprennent les Acta Rectoralia, on se propose de porter remède énergique au mal.
Aussi la vie collégiale se ressentait-elle beaucoup de cet état de choses. Probablement, comme dans les autres collèges, on y choisissait un praepositus; mais celui-ci restait impuissant, faute de règlement précis et respecté. Ce ne fut qu'en 1572 qu'on projeta de rédiger des statuts pour le CoUegium des juristes *), projet qui fut mis à exécution quelques années après. Sans ces statuts, il était évidemment impossible d'y faire régner le bon ordre qu'on voyait chez les artistes. C'est pourquoi les décrétistes vivaient à peu près livrés à eux mômes, ne se réunissant pas même pour les repas en commun, chacun faisant ménage à part*). Ils ne résidaient pas sous le même toit, car Elgot avait légué, vers le milieu du XV-e siècle une maison particulière à l'usage du lector ordinarius; et les autres membres de la faculté sans doute se dispensaient volontiers de la cohabitation avec leurs collèg\ies. Cette vie relâchée dievait nécessairement amener le relâchement dans les travaux scolaires. Nous avons déjà dit que fréquemment la politique arracha les décrétistes à leur enseignement; mais la négligence sans aucune excuse entrava mainte fois Pessor normal de la faculté. De 1452 à 1579, elles ne sont que trop nombreuses, les doléances accusatrices contre les maîtres indolents ou oublieux de leurs devoirs.
Ce collegium n'eut donc pas la même importance que celui des artistes; une faculté sans lois directrices ne pouvait s'épanouir en une large autonomie. Aussi voyonsnous que l'université entière a le droit »ex antiqua praxi et consuetudine«, de nommer aux chaires de la faculté
*) Conclus, univ. 1572.
') Nous lisons dans les Statuta CoUegii iuridici de 1719 (Revue de Droit, 1864, p. LXIII): Licet hactenus communis Collegii mensa sit intonnissa.
canoniste ^). Cette ingérence de Tuniversité en corps s'étendait si loin qu'elle allait jusqu'à l'assignation des »commoda«, c'est-à-dire des chambres dans le collegium iuridicum. On ne saurait par conséquent mettre ce dernier en parallèle avec l'autre, et dans la formule utrumque collegium, c'est certainement en faveur de la maison du roi Ladislas que penchait la balance.
Nous nous sommes occupé de la faculté de médecine à plusieurs reprises. Là non plus il n'y avait aucune vie collégiale. Les maîtres étaient peu nombreux, et parmi ceux qui enseignaient, dès le XV-e siècle il y en eut beaucoup de mariés; il ne pouvait donc être question d'organisation englobant toute la faculté dans une existence en commun. Si dans les conclusions de 1525 il est parlé d'un Collegium medicinae, ce terme désigne simplement l'ensemble des professeurs de médecine et des autres docteurs de la ville, qui, en réalité, appartenaient à la faculté et avaient droit à y être élus.
') Ibid. XI. Voir Acta Rect. (1647). Cod. Arch. univ. 19, p. 181: Vocatio ad Collegium iuridicum fit per totam uoiversitateni.
Règlements et dérèglements des maîtres.
Costumes universitaires. — Ecarts des jeunes professeurs. — Exemples de contraventions fréquentes; quelques types de maîtres rc^fractaires. — Michel de Bystrzykow. — Martin Kulap de Tarnowiec. — Ivrognerie invétérée. — Martin Garbarz de Cracovie. — Mathias de Frzedborz. — Peines infligées aux maîtres.
Ce que la bourse était pour l'écolier, le collège l'était pour le maître. Il avait pour but de grouper les maîtres sous une discipline sérieuse, imitée des règles ecclésiastiques auxquelles les universités médiévales, par suite de leur caractère tout spirituel, pouvaient aisément se plier. Les membres de l'institution avaient en outre un costume particulier, imprimant à tous les supposita universitaires une sorte de caractère religieux et réprimant, jusqu'à un certain point, toute velléité de s'écarter de la règle. Nous ne dirons que quelques mots de ces costumes. Remarquons toutefois que les statuts exigeaient que les écoliers portassent vestis clericalis, longue souquenille de couleur sombre, avec ceinture à la taille; comme coiffure, le capuce ou la calotte. Les maîtres avaient un vêtement analogue; la barrette était réservée aux gradés, bacheliers et docteurs. Outre cette tenue quotidienne, il y avait un costume officiel, la toge ou tabardus, dont se revêtaient l'éco-
lier pour subir un examen, le bachelier, pour ses cours ou disputes, et surtout le maître, dans tous les actes de ses fonctions universitaires ^). L'école veillait avec soin à la stricte observation des règlements touchant le costume, et réprimait sévèrement toutes les infractions commises, soit par insubordination de la jeunesse, soit par indigence des maîtres qui ne manquaient pas d'alléguer leur pauvreté, quand on leur reprochait de se soustraire à l'obligation de porter le tabardus.
Lorsque, vers la fin du XV-e siècle, commença à se manifester un courant révolutionnaire contre toute l'organisation médiévale de l'université, on s'attaqua aussi aux costumes traditionnels. C'est pourquoi, en 1508, Mathias de Miechow s'éleva contre les membres du grand collège qui avaient négligé de se procu^'er une toge. L'affaire fut portée devant levèque Konarski qui enjoignit au maître de s'en tenir rigoureusement aux statuts, exception toutefois était faite en faveur des chanoines de S. Florian, à qui sans doute il fut permis de porter le costume de leur dignité*). A cette époque, les infractions aux vieilles prescriptions somptuaires se renouvellent sans cesse; maîtres et élèves se révoltent à Tenvi contre elles ^). En 1533, le recteur inflige un blâme au coUegiati minores qui se sont permis de paraître à table in vestibus curtis et lagicalibus; à quoi les coupables répondent que depuis longtemps c'est un usage adopté à leur collegium. Néanmoins le recteur les menace de peines sévères et leur rappelle qu'ils doivent assister aux repas in vestibus decentibus, statui eorum congruentihus. ut puta tunicis longis, talaribus, more clericali faeJis et biretis rotundis*). Malgré ces foudres et ces
') Pour plus (le détails voir l'oxcellent travail de M. Karbowiak: Costunn^s des maîtres et des élôves à Tuniversité jagellonienne. Crac. 189U. \'oir aussi Kaufinann, (iesch. der deutschen Univ. II,
»; Arch. de l'univ. Fasc. 491, n. 16177.
') Acta Hect. 2171.
*) Acta Fiect. n. 8195 et 3197.
rigueurs, au cours du XVIe siècle l'université délaissa les anciens costumes ecclésiastiques coninne tenue quotidienne; les élèves tout au moins obtinrent une certaine latitude dans le choix de leurs habits^).
Tout semblait donc contribuer à imposer aux esprits turbulents le joug d'une organisation régulière, tout, même le costume. Nous avons vu comment les écoliers tentèrent en mainte circonstance de s'arracher à cette contrainte. Les maîtres, eux aussi, troublèrent plus d'une fois le bon ordre. Quand on parcourt les Acta Rectoralia on est frappé, ainsi que nous avons eu lieu de l'observer déjà, par la rareté relative des attentats contre les bonnes moeurs;* çà et là seulement on trouve mentionnés des procès dont des cuisinières sont les héroïnes habituelles. Par contre, ils signalent une foule de violences, de voies de fait, de rixes, d'échanges de coups et horions nécessitant l'intervention du chirurgien en même temps que celle de la justice 2). C'est surtout parmi les jeunes confrères du corps enseignant, non moins que parmi les écoliers que se multiplient ces brutalités. Les Collegiati minores ont un penchant prononcé à éluder les règlements et les prescriptions: ils aiment, entre autres, à habiter dans les hospitia, pour se dispenser ainsi de la vie collégiale'). La décision prise en 1534 jette un jour singulier sur les faits et gestes de ces jeunes gens, à table et chez eux. «Puisqu'il arrive souvent, lisonsnous dans cette pièce*), qu'après une altercation on en vient aux coups et à l'usage des armes, pour mettre un frein à l'irascibilité et l'humeur agressive de ces personnes, nous instituons des châtiments sévères. Si, pendant le repas, quelqu'un ose frapper un de ses voisins avec un plat, une assiette, un couteau ou tout autre ustensile qui
*) Karbovviak 1. c. p. 18. Voir aussi Thorbecke, Geschichte der Univ. Heidelberg. 60;61.
*) Voir Acta Hect. n. 827 (1480).
') Acta rect. n. 522, 2389.
*) Archives d'hist. lit. T. I, 113.
lui tombera sous la main, il sera passible d'une .amende pécuniaire et devra en outre une indemnité à sa victime*.
Il ne faut pas sans doute se hâter de généraliser, en s'appuyant sur des documents comme celui que nous citons, documents qui ne sauraient être considérés comme des sources historiques de premier ordre; toutefois il n'en est pas moins évident que ces ordonnances répondaient à un besoin, qu'elles attestent un mal à déraciner, un mal à prévenir.
Si les jugements rectoraux nous dévoilent quelques abus criants de la vie contemporaine, ils sont muets sur ces maîtres innombrables qui, dans le silence et le travail, accomplissaient consciencieusement leurs devoirs et contribuaient au progrès de l'institution à laquelle ils avaient voué leur vie. Nous avons apprécié leurs mérites: leur histoire est l'histoire de l'université. Si nous y ajoutons maintenant quelques historiettes tirées du greffe des actes judiciaires, c'est pour être complet, pour qu'on ne nous accuse pas de laisser dans l'ombre le revers de la médaille.
Le recteur eut bien des fois à réprimander des maîtres s'atlardant à des promenades nocturnes dans la ville. En 1520, par exemple, Martin de Szamotuly, collegiatus maior, est censuré, occasione nocturnae vagationis ac inquietationis hominum'). Nous lisons dans ces actes le nom de quelques personnatres et le récit de quelques méfaits sur le([uel nous nous arrêterons un instant
Michel de Bystrzykow, malgré sa philosophie, maltrré son éducation parisienne et ses titres scientifiques, fut un IVnnent d'airitation au sein de l'université. Chicanier, taquin et agressif, il cherche continuellement noise aux habitants do la b(uirse de Jérusalem dont il est le senior en 1481) 90. Un beau jour niônie on l'assaille et le blesse. On lui reproche d'abuser de son autorité, de ne pas prendre
'I Acla Hoct. 2iSS.
part aux repas en commun, de festoyer en particulier et d'entretenir aux dépens de la bourse des serviteurs n'appartenant pas à la maison^). En 1500, il eut un sérieux conflit avec le recteur; ayant comparu devant ce dernier, il l'invectiva et refusa de reconnaître sa juridiction: on l'incrimina aussitôt d'oflense grave au recteur, au sénat et à l'université entière. Michel de Bystrzykow revint alors à de plus doux sentiments; sa colère se calma, et, rétractant ses injures, il implora le pardon de ceux qu'il avait outragés^). Il eut aussi plusieurs afïaires d'argent avec des écoliers qu'il traduisit en justice pour obtenir le payement de ses résomptions. En 1497, un curieux différend le met aux prises avec un autre maître, Paul de Zakliczew. Michel accuse ce dernier de diffamation: Paul, prétend-il, a raconté publiquement que Michel de Paris a soustrait à la caisse des artistes quelques florins de bon aloi qu'il y a remplacés par de fausses pièces de monnaie^). Ce bruit était peut-être calomnieux, mais il n'en est pas moins caractéristique: il témoigne des haines que Michel, par son âpreté au gain, s'était attirées; des documents contemporains nous apprennent ([u'il possédait une maison avec un jardin dans le voisinage de l'église S. Pierre et S. Paul*). Martin Kulap de Tarnovviec, fut un tout autre homme, un vrai produit du terroir cracovien. Inscrit à l'université en 1477, il devint maître en 1490, et dès lors professa aux artistes jusqu'en 1524; étant ensuite passé à la théologie, il obtient le baccalauréat de cette faculté et y enseigne à titre de lector ordinarius, en 1528^). Il parvint à un âge fort avancé, car il ne quitta ce monde qu'au mois de février 1538. Un contemporain écrit à son sujet dans le livre des
•) Acta Hect. 1221, 1223, 1232, 1326.
^ Ibid. \S74^ et 1876.
') Acta Hect. 1815 et 1835.
*) Archives de l'université, parchemin n. 681. *) Acta Hect. n. 2940. 11 figure à ce titre et à celui de Cancellarius posnanionsis dans les conclusiones D. M. de l'année 1530.
promotions^): «D'une grande aménité de relations, fort pauvre, il séteignit de la douce mort des vieillards; il était aimé de ses collègues à cause de son esprit caustique et gaillarde. Cette causticité lui attira pourtant des procès pour médisance, et il comparaît, en 1504 et en 1528, devant le tribunal rectoral, pour répondre à cette accusation. C'est le type du professeur jovial et facétieux. Malheureusement il ne puisait pas toujours à des sources irréprochables l'inspiration pour sa verve railleuse. Il avait en
outre un penchant prononcé pour la dive bouteille de-
testabile vitium ebrietatis. Admonesté à plusieurs reprises à propos de ce péché favori, il fut enfin en 1512, sommé de comparoir devant le recteur Mathias de Miechow qui le condamna à une amende. Contrit et repentant, il avoua avoir fêté trop copieusement la dernière fête, et — humiliter et cum frequenti incurvatione — il demanda pardon, renonçant pour l'avenir à Bacchus et à ses pompes-». Ce hardi et bon compagnon, iucundus in vita, par sa jovialité, sut trouver ^ràce auprès des autorités et de SOS confrères qui fermèrent les yeux sur ses faiblesses et ses chûtes.
Ce ne fut pas, hélas! un cas isolé d'ivrognerie parmi les maîtres. Kn 1488, près de la bourse de Jérusalem, on roua de coups Vincent de Léopol, doyen des artistes, à tel point i|ue le malheureux fut trouvé gisant ensanglanté dans le ruisseau, et qu'on dut le transporter inanimé à son domicile. Dans l'instruction (jui fut ouverte au sujet de cet attentat, on insinue que la victime de l'agression susdite pouvait bien avoir été prise de vin*). Ce ne sont plus des insinuati'Wis, des soupi;ons, mais des accusations formelles ((uo l'on porto >ur Martin tuirbarz (en latin Cerdo), originaire di' (i:irl»ary. à Cracovie. 11 travailla fort longtemps
-■ .\ol,i l;-r:.>r. 217:) li'M. N^o
à l'université, de 1511 à 1552, travail sans excès toutefois, car dans le registre des cours nous voyons fort souvent qu'il a manqué les leçons, les disputes, ou bien qu*il les a abrégées^). Perpétuellement tourmenté par des embarras d'argent, il est sans cesse détourné de ses obligations par la chasse aux subsides. Les Acta Rectoralia nous révèlent que Ton a frappé de saisie ses revenus, en 1530, 1532, 1535*). Pour endormir ces chagrins, fruits d'une mauvaise conduite, il ne trouvait rien de mieux que de les noyer dans la boisson. Il en vint à un tel degré d'oubli de sa dignité que Ton fut sur le point de le chasser du Collegium maius qu'il troublait, qu'il avilissait par sa présence et son intempérance^). On s'en tint, semble-t-il, à des menaces: on a toujours eu de la répugnance pour les mesures rigoureuses en Pologne.
Mais la figure la plus hideuse de ce groupe de bons vivants est celle de Mathias de Przedborz, maître en 1513. A partir de 1520, il est porté dans les actes avec la dénomination de senior bursae- pauperum, et comme membre du Collegium minus. Il avait la meilleure collégiature, celle de Szydzin, et, pour ce motif, était en rapports continuels avec les paysans qu'il ne surpassait guère d'ailleurs en culture intellectuelle. Il faisait ses cours d'une manière fort superficielle, fort nonchalante; parfois même il ne les faisait pas du tout, et fuyait l'université pour les cabarets cracoviens où il passait son temps à jouer, à boire et à se livrer à la débauche avec des rustres, si bien qu'il était presque continuellement en état d'ivresse*). De plus, en qualité de tenutor ou possesseur de Szydzin ^), il commit une foule de prévarications. Il avait là comme favori un certain Modziel, et à l'instigation de ce madré
») Voir Liber dilig. p. 203.
•) Acta Rect. 3028, 3170, H330.
'I Acta Toiniciana 1632—1533. xMS.
*i Acla liector. 2914 (année 1527).
*) Voir sur Szydzin, Cod. * «niv. n. 77, p. 54.
villageois, il persécutait les autres tenanciers du domaine, et particulièrement un nommé Goworek. Les dimanches et jours de fête, maître Mathias habituellement se rendait dans ses terres, et, dans Tauberge du village, s'enivrait, scandalisait, épouvantait par ses propos dissolus et ses actes immoraux les simples populations rurales de la contrée; après ces exploits, il allait passer la nuit chez son digne ami Modziel. Les infortunés pay&ans, persécutés à chaque instant, portaient plainte au recteur; la mesure déborda enfin en 1527, et le coupable fut cité au tribunal universitaire: on menaça de lui enlever sa collégiature, et s'il ne s'inclinait pas devant la sentence rectorale, de porter l'affaire devant le chancelier qui, en vertu de ses pouvoirs, le châtierait, le condamnerait même à la prison. S'il continuait à boire, il serait tenu de payer une amende pour chaque cas d'ivresse constatée.
Les fautes plus graves, comme les révoltes, Tinsubordination, entraînaient l'exclusion ou excommunication du colieg-ium ou de l'université. Parfois le délinquant était privé pendant un certain temps de ses émoluments, du droit d'enseignement et d'avancement (ascensus). C'est ainsi qu't'n 1465, le maîtrf^ Simon de Srem, pour cause de rébellion, fut exclu des cours et vit son traitement supprimé pour une année (suspenditur a salario et lectura)*). Cepeiulaiit, si la peine devait être plus grave, si l'excommunication devait se prolonger ou être définitive, il est vraisein hlahh^ cju'une telle mesure n'était prise qu'avec l'assentiment du chancelier qui, en ces circonstances, déléguait sa pleine autorité au recteur (auctoritas coercitionis), et ce dernier, muni d(» c<'S jK)uvoirs, jugeait alors l'alTaire, et prononrait la s<»ntence ").
'• ( otirlii^ioin's iiniv. 14Gj.
■ Ac;;i li'M-t. 22r>2. ( -mI. umv. IV. 40.
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Conclusion.
Nous venons de parcourir la première et la plus brillante période des annales de l'université jagellonienne; nous avons exposé les grandes idées qui guidèrent le studium, et présenté les grands hommes qui en firent un centre de progrès. De Pierre Wysz, Mathias de Cracovie et Paul Vladimiri jusqu'à Miechowita, leur phalange nombreuse combat pour la grandeur de la vieille école dont les destinées vont maintenant se modifier et qui va entrer dans une nouvelle phase de son existence. Tous ces ouvriers de la première heure ont un caractère commun: 1 amour de la science, de l'institution et du pays. Ils ont tous conscience de la grande mission éducatrice et civilisatrice qui leur incombe et dont le rayonnement doit s'étendre largement au delà des murs du collegium; ils comprennent tous que ceux-là seuls ont droit à une mention dans l'histoire de l'humanité, qui ont eu souci de l'amélioration des hommes et ont su marcher à lavant-garde de leur siècle. Les palpitations précipitées des coeurs de ce temps-là trouvèrent en eux de bienveillants échos, et rien ne leur fut étranger du grand mouvement des âmes. Ces semeurs se succédèrent en chaîne ininterrompue dans les chaires de Cracovie, transmettant de génération en génération »vitae lampada«, auxquels leur peuple vint emprunter la lumière et la force.
Cet éclat, cette énergie, se manifestent encore brillamment au XVI-e siècle; mais ils pâlissent au XVII-e,
Morawski. III. 21
malofré quelques remarquables personnages, comme l^etricius et Bro/ek: ils s'éteignent en des luttes stériles contre vm ordre alors tout puissant. Le XVIII-e siècle ne parvint pas à enrayer cette décadence. Cette dernière époque est remplie tout entière par le culte reconnaissant envers Jean Kanty; les esprits tournent tous les efforts à obtenir sa canonisation, et cette préoccupation rejette dans l'ombre tous les autres travaux universitaires. En 1775, malgré les deuils, à la veille du grand naufrage national, on célèbre avec solennité l'anniversaire de cette canonisation. Parmi les inscriptions sur les emblèmes de circonstance, il y en avait une qui frappait par ses dimensions énormes: Reipublicae aeternitas!
Ceux qui devaient entretenir et propager le feu sacré dans cette République, à peine avaient pu parvenir à en conserver une étincelle jusqu'au bord de l'abîme creusé par les fautes de la nation, par les crimes de l'étranger, par le malheur du pays. Mais le lleuve d'oubli n'inonda pas tout de ses ondes. Les débiles héritiers de la pensée d'Hedvige purent encore d'une main mourante lancer au delà du gouffre la «torche vivifi.mtea que recueillirent des hommes nouveaux et ([u'ils firent planer quand même au-dessus de la Poloirne. Les temps étaient bien changés pourtant, les conditions bien difficiles; ce n'était plus dans la joie qu'on jetait au sol les semences des futures moissons; il n'était plus jKM'niis d'être insouciant de ses lourds devoirs, de ne plus sentir la lourde responsabilité pour les pertes irréparables. Klle brille aujourd'hui, cette torche ramassée dans le désastre, elle brille de toute sa clarté, elle projette sa lueur sur K? |)assé de la |)atrie, éclaire ses grandeurs comme aussi ses faiblesses, montre au présent la route à suivre dans l'avenir. Jadis l'université fut créée pour conquérir des âmes, répandre en Orient la \\)i et la science de TOcoident. Tout autre aujourd'hui est sa tâche. Ses conquêtes scJenti(i<{ues n'ont d'autre but ([ue le bien de l'humanité, et, pour\ rt'Uîssir, elle doit pénétrer â la moelle, à l'essence môme
de l'âme du peuple, raméliorer, cette âme, la purifier de ses souillures, la renouveler. Si l'écolier médiéval à son entrée au collegium, se soumettait à la cérémonie de «la secousse», plus tard cette secousse sans marques extérieures burlesques, conserva pour les générations suivantes une signification symbolique, d'une portée tout aussi grande. «Plus vous élargirez, vous améliorerez vos âmes, — a écrit notre immortel poète national — plus vous élargirez vos droits et vos frontières». Cet élargissement, cette amélioration des âmes dans le travail et par le travail peuvent s'obtenir. Nous avons eu des poètes qui, à l'exemple de l'Amphion Thébain, ont tenté de réédifier avec leur lyre les murs de leurs cités. Nous avons eu des prédicateurs et des maîtres qui, comme ces devins dont parle Dante, avaient le visage toujours tourné derrière eux, non par châtiment, mais par amour, par regret. Bénissons leur mémoire et reconnaissons leurs mérites. Aujourd'hui les difficultés croissantes exigent de viriles résolutions et des volontés viriles. Il faut contempler en face la duré réalité et marcher fermement vers les temps futurs. Et la devise du César romain mourant: Laboremus — devrait désormait être celle de notre université, celle de notre corps social tout entier.
Thou art a scholar, speak to it Toi qui es écolier, parle-lui donc,
dit Marcellus à l'ami d'IIamlet, Horatio, quand leur apparaît tout à coup le spectre du roi assassiné. A nous aussi, membres de l'école cracovienne, a été confiée la tâche de parler aux ombres, de les faire sortir de la nuit du passé, de les ressusciter, de leur demander le récit de leurs actions, et d'ofïrir ce récit en présent à l'université, à l'occasion du cinqcentième anniversaire de sa fondation. C'est à nous qu'incombe l'honneur de tirer la leçon toujours
enfermée dans le passé, de montrer que quoique la vie seule perpétue la vie, la voix des morts n*est pas sans force, sans vertu vivifiante, et qu'on peut lui appliquer ce qui est dit dans les Actes des Apôtres de l'apparition de Saint Pierre: »ut veniente Petro saltem umbra illius obumbraret quemquam illorum, ut liberarentur ab infirmitati* bus suistt. Et d'ailleurs c'est bien là le plus beau rôle, la vraie mission de l'histoire.
En écrivant ce livre, nous avons toujours eu sous les yeux le présent et, en même temps, les époques écoulées;^ nous nous sommes laissé guider par Tamour de ceux qui nous ont précédés, de ces grands travailleurs qui ont jeté tant de germes civilisateurs dans le monde, qui ont formé l'essentiel de notre âme; par l'amour de nos contemporains aussi, héritiers de ces brillants aïeux, qui, dans les circonstances les plus difficiles, ont le lourd devoir de continuer la glorieuse et lointaine tradition que leur ont léguée les siècles; par notre attachement enfin pour notre chère institution où depuis si lonirtemps bat le coeur de ta Pologne intellectuelle, où la langue nationale retentit sans trêve, pour la plus grande gloire du pays et pour son réconfort Tantôt, il est vrai, elle prend les accents de Cassandre, tantôt ceux de Wajdelota^j; mais elle enchante toujours et réjouit, mais elle verse aux générations le courage et l'espéranco. mais elle les nourrit d'un pain pur et sacré, comme la foi t*t la vertu elle-même.
Nous ne nous sommes pourtant pas laissé aveugler par ers s(Miliments alïectueux et n'avons pas dissimulé les côlés somhrt's de notre tableau. Toutefois ils sont nécessaires à riiistorien ces sentiments. Lorsque Ulysse descendit aux enlÏM's, 1rs ombres ne lui parlèrent qu'après avoir goûté du sanir «lu sacrilice ([u il venait d'olTrir. De même l'historien f|ui écrit avec le sang de son coeur et, dans notre mallieurtMisc patrie, avec ses larmes, ne parvient qu'à ce
' \\a].| 'l.)!.!. a.-lo liihii;mi'-n, cclt'hrô par Mickiewioz. N. D. T.
prix, à ranimer les âmes d*autrefois, à leur prêter une voix •que comprennent ceux qui sont la chair de leur chair, les os de leurs os.
Notre récit embrasse à peine deux cent ans, depuis la fondation de Casimir-le-Grand jusque vers le milieu du XVI-e siècle. Nous ne l'avons pas poussé plus loin, parcequ'à partir de cette dernière époque l'université, sortant de la route qu'elle avait suivie, court à une rapide décadence. Nous n'avons pas non plus parlé de la Réforme; ce n'est guère qu'après 1550 que ses effets se firent spécialement sentir. Notre travail ne comprend donc qu'une période relativement courte; il n'en est pas moins encore fort volumineux. Nous n'aurions d'ailleurs pu l'abréger qu'en méconnaissant l'importance de l'université de Cracovie à cette époque, et en négligeant de présenter au iecteur des personnages qu'il doit connaître. Car, il faut, lorsqu'on retrace l'histoire d'une grande institution, s'occuper d'une multitude de détails et d'acteurs presque insignifiants par eux-mêmes, mais dont l'action simultanée a eu de larges conséquences. La liste de ces maîtres, comme l'armée de Xerxés, est fort nombreuse, mais ne compte que peu d'hommes. Cependant le dernier d'entre ces professeurs, pourvu qu'il fût consciencieux, put susciter par ses paroles, des actes et des pensées admirées par les siècles. Aussi la responsabilité de celui qui enseigne est-elle énorme; il renouvelle tous les jours le miracle de la multiplication des pains, en parlant du haut de sa chaire à ses élèves. C'est pourquoi, dans notre galerie de ces aïeux de nos esprits, plus nobles que beaucoup de fondateurs de grandes familles, nous avons, à côté des superbes, dessiné aussi les humbles.
Pour remonter à ces âges disparus, les guides ne nous ont pas manqué, quoique personne n'eût encore tenté de faire une histoire générale de l'université. Aux premiers siècles de son existence, cette institution tient une iarge place dans les annales nationales; elle n'inspira pour-
tant alors aucun historiographe. Ce n*est qu'au XYII-esiècle qu'on eut la première idée d'une étude de ce genre- Martin Radyininski, né en 1610, auteur de Fastes, rédigés en 1658, et d'))Annales«, continués jusqu'à l'année 1660^ tenta de nous donner la biographie des anciens maîtres et de retracer le développement de la grande école, à partir de son origine. Ce travail resté manuscrit^), est plutôt un recueil de matériaux qu'une oeuvre achevée et ne se distingue, ni par la sûreté des informations, ni par une critique sévère. 11 n'en est pas moins précieux et estimable^ car, sous le fatras des puérilités, on découvre parfois des faits sur lesquels les documents que nous possédons sont absolument muets. Nous avons encore une histoire succincte de l'université, ouvrage anonyme écrit au XVll-e siècle et qui n'est pas sans valeur*). Un long silence succède à ces deux essais. Les historiographes, il est vrai^ d'après la fondation de Sébastien Petricius (1621) doivent, en racontant les événements contemporains, tenir compte de riiistoire particulière de l'université; mais, pour nous, leur recueil ne présente aucun intérêt: on sait d'ailleurs qu'une grande partie en a été égarée.
Dans la seconde moitié du XVIlIe siècle, après le premier partage de la Pologne, l'abbé Joseph Putanowicz, professeur de l'université, écrivit une monographie intitulée: Etat intérieur et extérieur fStan wewn^trzny i zewnçlrzny) Studii a-eneralis universitalis Cracoviensis (1774). C'est une sorte de courte statistique de l'organisation de l'école, de ses dotations, de sa situation, en d'autres termes une esquisse qui, parla sobriété de ses renseignements puisés à la source vivante, mérite d'être consultée. Au seuil même du XlX-e siècle, Soltykowic/ publia, en 1810: «L'université de Cracovie, depuis sa t'cuidation, en 1H47, jusqu'à nos jours». Cet ouvra'je est dédié au iirand-duc de Varsovie, Frédéric
' (V)(l. Jair. 225 .'l '2'2(\.
-' Cod. .]i\^. r)9, K. 08.
Auçuste. L'auteur déclare qu'il n'a pas eu de prédécesseur et qu'il a dû wrecueillir çà et là, dans des manuscrits ou des imprimés, dispersés dans les bibliothèques, les documents concernant l'histoire quatre fois centenaire de l'universilé«. Comment s'estil acquitté de la tâche qu'il avait assumée? Ce tableau, sous forme de discours adressé au prince, par conséquent trop bref, est aussi trop pompeux. Il ne contient rien, il ne nous apprend rien d'intéressant. En revanche, les notes qui l'accompagnent sont riches en indications sur les événements et les hommes. Elles ont servi sans aucun doute de point de départ à bien des monog:ra|)hi('S ultérieures.
En 1840, parut le premier volume de la grande ))Histoire de la littérature polonaise» par Michel Wisznievvski. Dans ce travail si remarquable l'auteur s'arrête spécialement à ce qui a trait à la civilisation, à la science, à l'enseignement dans notre pays; il a en outre consacré tout un chapitre de son quatrième volume (1842) à l'histoire de l'université, de l'année 1400 au règne de Sigismond-le- Vieux. W'iszniewski était un savant de premier ordre; malgré des défectuosités, malgré l'insuffisance de ses connaissances paléographiques, cause de nombreuses erreurs dans l'interprétation des manuscrits, il a laissé une oeuvre de large portée, vraiment supérieure à tout ce (ju'on avait fait avant lui. En cette même année 1842 vit le jour le petit volumes de Joseph Muozkovvski: «Logements et moeurs des étudiants cracoviensa. Bibliothécaire de la collection jagellonienne, ce laborieux érudit conçut dès lors le dessein d'écrire une histoire complète de l'université et fut surpris par la mort avant d'avoir fini d*en recueillir tous les matériaux. Entre-temps il livra au public: »Notice sur la fondation de l'université de Cracovie« (1859), et, la même année, wStatuta nec non liber promotionum« ^}. Il avait en
V! Miuzkowski travailla dès 1880 sur l'histoire de notre civilisation; il débuta on 18W) par un article sur les manuscrits de Martin
l{ad\ niii'isUi.
outre réuni une foule de notes qui sont aujourd'hui conservées dans les cartons de la Bibliothèque. D'un savoir peu commun, Muczkowski mit la plus infatigable ardeur à la recherche de la vérité qu'il poursuivit sans cesse et à travers toutes les difficultés. Doué du sens critique le plus fin et le plus habile, il compulsa patiemment les bibliothèques et les archives pour en tirer les éléments de Toeuvre à venir. Amoureux de l'ordre, il était systématique en tout: aussi peut-on accueillir avec pleine confiance les indications qu'il a sévèrement contrôlées, solides assises d'un monument qu'il n'a pu construire: quae alteri saeculo prosint^).
Le regretté Joseph Szujski voulut reprendre la plume arrachée aux mains de Muczkowski et mener à bien l'histoire projetée; une fin prématurée vint briser ces espérances et ces rêves. Nous employons cette dernière expression ))rêves«, parce que Szujski mettait tout son coeur dans ce qu'il entreprenait et, unissant au culte du vrai celui du beau, cherchait à donner à sa chère patrie un noble aliment spirituel. Les dernières années de cette existence si brève et si bien remplie furent tout entières absorbées par la préparation de cette vaste histoire de l'université cracovienne et de la science polonaise. Nous n'en connaissons que quelques pages détachées, des fratrinents (|u'il lut dans ses conférences de 1880 — 81, sur la Renaissance et la Réforme en Pologne. Ces conférences éiaririrent soudain la question et montrèrent de nouveaux horizons à leurs studieux auditeurs; elles étaient d'ailleurs tout animées du souflle enflammé de cette âme brûlante (le tendresse et saiyrnant de toutes les douleurs de son pays, (le cette âme ({u'il eût voulu faire passer dans ceux qui récoutaient, tâche héroï([ue et sublime dans laquelle
') LuUaszfwic'z dans son »Histoire des écoles dans le Royaume et dans 1(* (iran(l-I)uché do Lithuaniea (Posen 1849—61) parle abondanirn^Til de rnnivorsili' dans le i)reTnier et le troisième volume, en ^^^^n«'TaI d'après les travaux de W'iszniewski et de Muczkowski.
il s'épuisa et se consuma. Nous avons toujours eu présente à notre esprit la mémoire de ce grand écrivain, dont nous avons osé recueillir l'héritage; même en présence de ce cinquième centenaire, elle n'a jamais pâli à nos regards cette glorieuse figure de l'instituteur de notre peuple, qui dans une vie si courte sut faire tenir tant d'époques et inspirer tant de pensées et tant d'actions.
Bientôt on se mit à publier les sources où avaient puisé Muczkovvski et Szujski. De 1870 à 1884, quatre volumes du ))Codex diplomaticus« de l'université furent imprimés, par les soins et sous la direction de l'infatigable fouilleur du passé polonais, Zegota Fauli. Cette publication se continue.
Pour s'acquitter de cette lourde obligation, l'université a eu le rare bonheur de rencontrer le plus actif et le plus consciencieux des travailleurs, M. Ladislas Wisîocki. On lui doit le «Liber diligentiaruma (1886) et les »Acta Rectoralia« (deux volumes 1893 et l897), modèles du genre, par lesquels toutes les recherches sur l'histoire de l'université sont singulièrement facilitées. Les notices du même écrivain, et en première ligne celle qu'il donna à propos de l'édition du «Liber diligentiarum«, témoignent d'une étude approfondie des archives.
Ces ouvratres en firent bientôt naître une foule d'autres. Signalons ceux de MM. Karbowiak et Birkenmajer que nous avons mis à profit, et surtout les excellents mémoires de M. l'abbé Fijalek, composés au moment même où nous écrivions ce livre. Nous avons été heureux de pouvoir tenir compte dans notre ouvrage de ces remarquables travaux, si richement documentés: nous avions déjà sous la main les «Etudes» (1898) et nous devons à l'obligeance de l'auteur la communication des bonnes feuilles de la monographie de Jacques de Paradis.
Ce livre a donc été écrit au milieu du mouvement d'intérêt pour tout ce qui touche à l'université, suscité par l'approche des solennités jubilaires. Ce mouvement n'a pas
laissé de nous inquiéter et, tout à la fois, de nous tenir en éveil. Notre livre a des défaute, nous le savons mieux que personne; à mesure qu'on examine mieux les choses et qu'on pénètre plus avant dans les événements, les lacunes à combler se montrent de plus en plus nombreuses. Nous ne doutons pas que maint personnaire à peine esquissé dans notre histoire ne soit bientôt présenté sous un jour plus éclatant; la wPolonia apud Italos scholastica« de M. l'abbé Fijatek a contribué largement à ces suppléments d'informations. Il faut aussi s'attendre à ce que Torgranisation de l'université dont nous ne nous sommes occupé qu'en passant, dans quelques chapitres où il est question d'améliorations qui y furent apportées, et dont nous n'avons exposé quelques détails que dans la dernière partie de notre oeuvre, fasse naître des monographies spéciales et complètes. Nous l'avons à dessein exclue de notre livre, parce qu'elle fut d'ailleurs semblable à celle des autres universités du moyen âgre et qu'elle eût excédé de beaucoup les limites que nous nous étions imposées.
Nous avons eu surtout en vue de faire ressortir les idées directrices qui ont présidé à chaque étape du développement (le l'université. Nous espérons qu'en génénil nous n'avons trahi ni la vérité ni la réalité des choses. 11 nous a été permis de découvrir plus d'un fait inconnu, plus d'une particularité ii»:norée; nous le devons surtout aux énormes matériaux accumulés par les recherches aux- ([uelles les universités au moyen àire ont donné lieu dans ces dernières années, et à nos propres investigations dans les ai'chives et bil)liothè(|ues. Les »Conclusiones« de notre universitc', tout aussi bien les ))Conclusiones universitatis«, à part il- de 1441, fjue les «Conclusiones domus maiorisc, depuis 14o2. nous ont été de la plus grande utilité. La l»il)liotlnMjue iaL:ell()iiiiMuu\ c(^lles des Czartoryski, des Ossolinski. (le l)/il\(')\\, (le l'université de Breslau, enfin les opulentes archives (1(î notre université ont mis à notre disposition une luule de manuscrits. L'admirable catalogue-
des manuscrits de la bibliothèque jagellonienne, par M. W'isîocki (1877 — 1881) nous a été d'un grand secours. Nous n'igrnorons pas néanmoins que bien des documents, et à Cracovie même, nous ont échappé et qu'ils nous réservent des additions et des corrections à faire.
Des conseils fort précieux et des encouragements dévoués sont venus noui soutenir et nous éclairer dans notre travail. Nous adressons ici nos plus chaleureux remerciements à M. le Dr. Wistocki; à M. Ulanowski, professeur à l'université, maître incomparable, pour qui le déchiffrement des vieilles chartes n'a pas de secret, ami vigilant, toujours prêt à prodiguer ses services, serviteur zélé de la science; à M. l'abbé Fijatek, qui nous a ouvert avec largesse les trésors amassés par sa persévérance de bénédictin; à M. Birkenmajer, une autorité en mathématiques et en astronomie ((ui a bien voulu nous guider lorsque nous avons eu à traiter ces matières hérissées de difficultés. Nous lui devons une grande partie du chapitre concernant les mathématiques. Nous n'avons ajouté à ses indications que ce que d'autres ouvrages cités nous ont fourni, ou encore ce ([ue nous a suggéré le cours de notre récit. Nous exprimons aussi notre reconnaissance à tous nos collègues, à tous les amis qui nous ont aidé de leur savoir ou stimulé de leur sympathie, à MM. Marian Soko- Jowski, Crei'/enach, Miodonski, Luszczkiewicz, Tomkowicz, Potkahski, Kutrzeba, Winiarz, enfin à M. Abraham dont les découvertes dans les archives romaines ont jeté un nouveau jour sur la période initiale de notre université. Nous devons aussi la plus vive gratitude à M. le Directeur et aux employés de la bibliothèque jagellonienne. qui ont apporté à nous obliger la meilleure volonté et l'amabilité la plus rare.
Mais en dehors de ces sympathies, nous avions encore pour exciter notre zèle les exhortations que nous criait notre antique cité, par les mille voix de ses m )numents, de ses souvenirs historiques, glorieux témoins de son magni-
lu|ue passr. Kllt^ Cïtt si éloquente pour nos C(»eur8. la vifiiie vilU*. «'ivcc st's irr.inds morts dont les traits sculptt-s dans la pierre semblent cnntonipler rêveurs la tristesse actuelle (|iii tes <*nt«)ure. et nous hénir avec tout c«*t ci mou r qu'ils mtus 4)nt appris et ([ui n<»us ramène pleins de vén«*ratton devant leurs imai^t^s Casimir*le-(irand (*t Jairellon rfpi>M.*nt au W'awel: lt*s cendres sacrées de la reine Hedviire. au pied (lu irrand autel, paraissent invoquer: Kxoriare aliquis...! Kt ({ue n*stet-il aujourd'hui de la irrande tH'uvr« (|u'ils accomplirent? Il reste leur foi, leur espérance, leur charité; elle reste, cette université créée pour répandre le savoir sur toutes les contrées de l'ancienne Pologne, elle restt» et réchaulTe les «^mes et ennoblit les esprits, t >n pvul lui appli(|uer les paroles (|ue Laurent de Medicis adressait en 1472. a runixt-rsité de Pise restaurée: nSolatium vett*ris amissat* liliertatisc — oui. consolation dans la détres^se. mais LTaL^e aussi de résurrection.
Index des noms propres.
REMARQUE. Les pages sans chiflVes romains se rapportent aa premier volume. — Lalettre n. désigne une note.
Aesticampianus (Soraraerfeld)
Jean, le jeune: III, 81, 85.
Aesticampianus (Sommerfeld)
Jean, le vieux: IH, 81.
Agricola Rodolphe, lejeune: III,
Hi7, 109, 115. 130, 140.
Agricola Rodolphe, le vieux: III,
d'Aillv Pierre: 121.
Alaniïs (Alain de Lille): 2H1; II,
Albert, bourgmestre de Craco-
vie: 29.
Albert-le-Grand: II, 256.
Aide Manuce: ill, 122, 127.
Alexandre, duc de Mazovie: 111,
Alexandre, duc de Ruthénie: II,
Alexandre Jagellos, grand-duc
de Lithuanie: II, 243.
Alexandie Jagollon, roi: III, 6,
Alexandre V, pape: 127.
Alexandre VI, pape: II, 246, 248.
Alexandrins, princesse de Mazovie, soeur de Ladislas Ja-
geilon: 111.
AlphonsoVilI, roi de Castille: 22.
Alsace: voir Table analytique
des matières.
Amatus. anatomiste juif: 11,296.
Amatus Jean, Sicilien: II. 269;
Amboldo lohannis de Campino:
Amédée de Savoie (Félix V): II,
Aniicinus Jean: III, 113.
André Syetkonis, duc de Ruthénie: II, 239.
Anianus, poète: III, 120, 156.
Anne de Cilli: 182.
Anne, fille de Gédymin: 11.
Anne, princesse de Mazovie: 111.
Annono Isidorus: 206.
d'Arciszew Jacques: III, 249.
Aristote: 221; III, 194.
Augustins: 8, 14.
Auguslins de poenitentia: 114.
Augustin Saint: 8.
Aventinus Jean: 111, 192.
Avignon, université: 24.
Bacon Roger: 275.
Badtoli Léonard: 199.
Baldo Quirini: II. 10.
de Hâle Jean: II, 288.
Balinski de Balin : II, 278.
Balma Guillaume: II, 59.
de Bamberg Jean: 167.
de Bandkow Adam: 267.
Barbo Pierre (Paul II): III, 185.
Baruchowski Jean: III, 78, 83.
Barvczka Martin: 11.
Basilros Chalcondylas: III, 122.
Batory Etienne: III, 1S4.
HawoJ, village: 29.
de Bavsio (luido: 264.
de Beau fort Henri: 187.
Bcbel Henry: lll. 89.
Beber Jean: II. 250.
B(hU Erasme: III. 86.
Beheni Balthasar: III, 25.
Bellini Giovanni: III, 15.
Belonka (Bielonka) Nicolas: III,
BelszMartin: III, 131.
Beiza Martin: 237.
Bencio Franrois: H, 289.
Bénédictins: voir Table analytique des matières.
Benoit XII, pape: 24
Benoît XIII, pape: 1l^4, 125,153.
Ber (iTsiniis) Jean: II, 269, 288; m, î)3, 60, 100.
Bernardins: voir Table analytique des matières.
Bernharth fJocklin): III, 109.
Beroaldus: lll 151.
de Besuntiis Antoine: II, 40.
Ber(|uin : 111, 170.
Bpssarion. cardinal: III, 186.
Bcthman Jean: lll. 1 15.
de Bel hune Evrard: 224.
les Bctniau: lll, 1"8.
Bierirzvch: 288.
Bi.'l Siaiiislas: II, 294, III, 44, loi. 2\\).
Bi fil d'< HUusz Martin: III, 178,
(1. Iji-Uii[)i.' B.-rnard: III, 73, 193.
lilaiiclmii Jran : lll. 185.
r.l.^.'iisis prlnis: [X\ 251-.
d • i;!ni,i.. Nicolas: 262, 306; II,
t , Biiin^ui Aiuir'': II. \h\).
Biiiii^ki Pi'ir''-: lll. 17.
d" HociiNn (d'- Louiez) Adam:
liorlmaii : III, in:»
(!'• lîoiiiiia Wr.lfllin J(\in : IlI,
l-lo-.C'-. Iraduct.'ur d'Aristot»':
I;..l.-;la<-l.-l'i.-ux: 30.
Bnl.<la l'hiT.-: ISi
Bon-- Sioi/a: II. 270; III. 171.
B...I1.T: lll 2i.
l'.unlili Maii'o: II. (iO. 73.
B..riiini Anv.>ni(): III, 199.
Bonifaoe VIII. pape: 37.
Boniface IX, pape: 57, 67, 75,
Boryszewski llose André: III,
de Borzynow Derslaw: 262; II,
de Bossis Gabriel Antoine: 206.
Boszczyn. village: 213; III. 301.
de Boturzyn Jacques: 215.
de Boxice Jacques: II. 284; III,
BôschensUMn, maître d'hébreu :
Branda Castiglione: II, 48.
Brandys Pierre: 93.
Brassicanus: III, 96.
de Brega Henry: 293; II, 161.
de Breslau (Vratislavia) Michel