LA VISITI' UE BOXAPARTI-: AU COLLÈGE DE CALVIN
LE i" frimaire de l'an VI, le général en chof de l'armée d'Italie, se rendant au congrès de Hastadt, voulut voir Genève. L'ancienne Répul)lu[ue, révoluliounée, mais toujours deboul, mil ses citoyens sous les armes, fit tonner ses canons et reçut le héros de Lodi avec le cérémonial imaginé jadis pour les princes du Saint Empire.
Bonaparte connaissait Genève par les Li-lfres sur la Suisse de Coxe, qu'il avait lues en 1791, et par Jean-Jacques Housseau, qu'il avait médité, annoté, commenté, qui avait été, en philosophie et en politique, le maître de ses vcdics lalx.ricuscs au régiment de La Père. Les Genevois connaissaient Bonaparte |)ar les proclamations de l'armée d'Italie. Ceux de la bourgeoisie et du peuple, qu'une constitution nouvelle venait de ])orter aux alïaires, acclamaient eu lui tout ensemble le vainqueur de la monarchie sarde, de cette maison de Savoie (pii était encore aux yeux de leur imagination l'ennemi héréditaire, et le soldat invincible delà Révolution. Une des premières médailles frappées à sou efligie avait été gravée par un Genevois, Ferrier, et l'exemplaire en or qui en lut envoyé au citoyen général était accompagné d'une
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