‹ Histoire de l'Université de GenèveChapitre 125 sur 213 · I. K HE l)K DORDRECHT · texte numérisé non relu

I. K HE l)K DORDRECHT

laquelle le recteur de 1635, selon l’usage, termina son allocution, et qui retentit certainement ce jour, saisissante, impressionnante, du haut de la chaire de Calvin, sous la voûte de Saint-Pierre.

« A toi donc, ô Dieu, éternel en la Tri ni lé, l’unique Protecteur tle l’Église tle Genève, q ni liens en In mai n le ciel, les terres et les mers, et nos sentiments et nos pensées, le monde tle la matière et le monde de l’esprit, nous élevons nos âmes, ainsi < 1 1 1 il convient, avec soumission, et de Genève fondée, maintenue, réformée, rajeunie et, jusqu'à ce jour, protégée el vengée, nous le rendons l’honneur et la gloire, te montrant ta louange gravée en traits profonds dans nos cœurs. C’est toi, û Eternel, c’est un décret de ta puissance, qui a élevé notre Genève, qui d’inconnue qu elle était l’as faite illustre, de païenne chrétienne, de romaine réformée, de corrompue amendée, de ténébreuse éclatante de lumière, d’esclave indépendante et libre... C’est toi, ô Éternel, qui as voulu que l’indépendance religieuse el politique de cette Eglise et de cette cité demeure inébranlable pendant le cours de tant d’années, que dis-je ? pendant un siècle entier, au milieu de tant de troubles et de révolutions, au milieu des ruines du vieux monde craquant de toutes parts. C’est par un bienfait de ta bonté «pie nous pouvons aujourd'hui, du sein de cette grande el belle assemblée, faire monter jusqu’à toi, pour l’Eglise, pour la Cité, pour l’Ecole entière, sauvées et prospères, un hymne de jubilé, un chant séculaire d’actions de grâces dont le souvenir se perpétuera à jamais. »

« Achève, Seigneur, achève l’œuvre excellente que tu as commencée au milieu

de nous et en nous Revêts notre haut Conseil de ton esprit de sagesse, de

constance, de courage et de sainteté. Prends sous ton égide les Rois, les Princes, les États, soit confédérés de notre République, soit protecteurs en quelque manière de son indépendance et de son intégrité. Donne à tes serviteurs l’éloquence, la concorde, l’ardeur, la persévérance, la patience et le succès dans leur œuvre. Donne à cette Académie, donne a celte Ecole, des maîtres lidèles, une jeunesse docile, une moisson abondante et de beaux jours en nombre. Donne au peuple de Genève une foi solide et ferme en la vérité orthodoxe, une vie conforme à cette foi et le prix d’une foi et d’une vie qui te sont agréables : le bonheur... Accorde à notre Église et à notre École, qui viennent d’achever heureusement la traversée de ce siècle écoulé depuis la Réformation, de vivre d’autres siècles et beaucoup. Que Genève soit toujours prospère el bénie, que la République soit préservée, que l’Église soit sainte, l’Académie florissante, leCollège toujours fréquenté ! Que notre ville, pour résumer d’un mot l'objet de nos prières, reste ta ville , la cité en laquelle le droit que tu as donné demeure intact et sacré, l'autorité des magistrats respectée, en laquelle le haut enseignement conserve son éclat, l’enseignement populaire reste en honneur, où le peuple de Genève continue de jouir de sa liberté et de sa tranquillité, oii soumis à toi seid, dépendants de toi seul, consa-

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FRIDERI CVS SPANHEMIVS S.S. T HEOL. DOCTOR ET PROFESSOR TR1MO XN CENEUEN5I POST IN LVCDVNO- B ATAUA ACADEMIA .EIV5DEM QVE P. T. RECTOR ÆTAT. XLV1I . A° dû b CXLVII.

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