HO I? K HT CIIOU ET
gnie de s’en tenir à cela sans exiger d’autres choses de luy, n’estant pas raisonna bl e qu’on l’ait dégagé d’une Académie comme celle où il es toit et qu’on luy ait fait faire un voyage de 150 lieues et après cela ne se pas tenir aux conditions qu’on luy avoit escrittes, mais luy en proposer d’autres qu’il ne peut accepter. Qu’ainsi pour toutes ces raisons il prioit la Compagnie de le dispenser de signer ces Theses en mettant: Sic sentio. La Compagnie l’ayant oui et estant sorti avec ses parents, a esté jugé qu’il seroit dispensé de signer ces Theses de la façon susdite, seulement qu’on l’obligeoit à signer l’escrit qui contient telles paroles :
« Je soussigné déclaré (pie je n’adhere point aux nouveaux sentiments re- « jettés parla Venerable Compagnie- et notamment à la doctrine de l’universalité « de la grâce et de la non imputation du premier péché d’Adam. Et je promets que « j’enseignerai, lorsque les occasions s’en présenteront, sur ces matières, suivant « l’ancienne traditive de cette Eglise et conformement aux Reiglements de la Vene- « rahle Compagnie, du 6 Août 1647 et du lorJuin 1649, et que je n’enseigneray rien « au contraire ni en public ni en particulier. — li. Cliouet — Le 11 septembre 1669 »
« Apres avoir protesté qu’il relaschoitde son droict pou rie bien de paix a volontairementsignél’actesusdit. Et a esté ordonnéqu’au plustost il sera conduit devant Messieurs pour prester serment, afin de pouvoir estre receu en la Compagnie h »
Comme on pouvait s’y attendre après la signature forcée d’une formule de ce genre, le nouveau professeur s’arrangea pour que les « occasions » susdites ne se présentassent jamais à ses leçons.
Aux yeux de Descartes, la philosophie, qu’il regarde encore comme la science de toutes choses, est comparable à un arbre dont la métaphysique serait la racine et la physique le tronc. De ce tronc partent et se ramifient, comme des branches plus ou moins touffues, toutes les sciences, dont l’objet est la connaissance de l’univers. L’activité professorale de Cliouet, déjà très absorbée, nous en avons la preuve, pendant son séjour à Saumur, par l’étude de la physique cartésienne, s’attacha surtout aux branches de l’arbre, évitant le plus possible les racines qui plongeaient trop avant dans le sol. Le vaste champ des sciences naturelles lui restait ouvert. 1 1 s’y engagea toujours plus avant et put revendiquer sans crainte en ce domaine, ce droit de douter avant de conclure, de se déterminer sans acception d autorité d’aucune sorte, qui fait la gloire de son maître. De plus il avait lu Bacon, médité Gassendi, et sut donner à ses élèves le goût de la méthode inductive et de
1 Reg. Corap., 17 septembre 1669. Cf. Ibid., 24 septembre et 1er octobre. Robert Cliouet a signé sur le registre même, comme ci-dessus.
l’enseignement préparatoire
la recherche expérimentale. Il n’eut plus de démêlés au sein de la Compagnie et lit en paix, avec ses auditeurs, dans la chapelle du Cardinal, qu’on aménagea spécialement pour ses cours, la révolution dialectique d’où devait sortir, après lui, Genève savante.
Jacob Vernet, qui rédigea l’éloge historique de Chouet, au lendemain de sa mort, et qui, sans avoir été lui-même son élève, s’appuyait vraisemblablement du témoignage de l’un des plus qualifiés, s'est exprimé ainsi au sujet, de ses leçons :
« Personne n’a mieux entendu que lui l’art d’enseigner et (ce qui n’en est pas la moindre partie) l’art de faire aimer ce qu’il enseignoil. Personne n’a mieux fait sentir ce que peut la raison bien dirigée, soit par une grande retenue à ne poser que des principes évidens, soit en prenant soin de définir exactement les termes, soit par une adresse inimitable à déduire les idées immédiatement l’une de l’autre et à marcher pas à pas, toujours le flambeau à la main. Il faisoit entrer la lumière dans les esprits; et souvent la simple manière de poser la Thèse lui tenoit lieu de preuve, tant ses idées étoient claires et avoient une proportion naturelle avec l’entendement humain1. »
Pierre Bayle, dans une de ses lettres, datée du temps qu il était étudiant à Genève, nous donne certains détails sur ce même enseignement qui permettent de constater à la lois son succès et sa tendance nettement expérimentale :
« Pour la Philosophie, elle fleurit ici extrêmement. M. Chouet, fils du libraire, et neveu île M. Tronehin, enseigne celle cl e M. Descartes, avec grande réputation et un grand concours d’étrangers; aussi faut-il avancer que c'est un esprit extrêmement délicat et également poli et solide. 11 a enseigné la Philosophie à Saunutr pendant quelques années, mais une chaire s’étant trouvée vacante dans sa patrie, il s’y retira pour l’occuper. 11 fait tous les Mercredis des expériences fort curieuses, ou il va beaucoup de monde. C’est le génie du siècle et la méthode des philosophes modernes. Il en fait de fort exactes touchant le venin des vipères qui est matière sur laquelle les philosophes d'Italie et ceux de Paris sont partagés. Ceux-là veulent qu’il consiste dans un suc jaune qui est contenu dans les vésicules de la gencive, lesquelles Amenant à se crever à mesure que la vipère enfonce sa dent dans la chair, le suc jaune se répand dans la plaie, et coagule le sang, ensorte qu’il se fait des obstructions, qui empêchent le mouvement libre
1 Bibliothèque italique. XII (Genève, 1731), p. 113.
RO B Eli T CHOL'ET
du sang et des esprits, dont s’ensuit la mort de l’animal; et ceux-ci au contraire prétendent que le venin vient de certains esprits irrités, ou d’une humeur qui a son conduit par certains filets qui sont dans les dents des vipères. Il s’est écrit plusieurs livres pour et contre, et chaque parti s’appuie sur plusieurs épreuves laites sur quantités d’animaux. Celles (pie M. Choüet a faites sur des pigeons, des chats et des poulets, qu’il a lait mordre à des vipères irritées, sont beaucoup plus favorables aux Italiens qu’aux Français. Il a fait aussi l’expérience de l’argent vif, du seyphon, du thermomètre, de l’eolypile, des larmes de Hollande, et plusieurs autres et se prépare à faire au premier jour celles de l’aimant. Il est allé -même sur des montagnes qui sont à 4 ou 5 lieues de Genève, pour y faire l’expérience de l’argent vif; car, comme il l’explique par la pesanteur de l’air, son opinion est bien confirmée, s’il arrive que plus le lieu où on en fait l’expérience est haut, plus aussi l’argent vif descend dans un tuyau qu’on tient renversé, et il a trouvé la chose comme il la vouloit, car au lieu que l’argent vif demeure suspendu à la hauteur de 26 pouces à Genève, il descendoit jusques à 22 pouces sur la montagne, ce (pii vient de ce qu’y ayant moins d’air du sommet delà montagne jusqu’à l’endroit où il finit, que depuis le pied de la montagne jusqu’au même lieu où il finit, il faut moins d’argent vif sur le sommet de la montagne qu’à la racine, pour faire l’équilibre de l’air avec l’argent vif, en quoi consiste sa suspension. Mais il vous faudroit décrire par le menu l’ordre et la manière de cette expérience, si je voulois vous faire bien entendre ce que je vous en dis h »
Le professeur genevois du XVIIIe siècle, observateur, collectionneur, alpiniste, n’est-il pas tout entier en puissance dans ce savant qui élève des vipères pour élucider une question controversée entre les philosophes d Italie et ceux de F rance, qui court les monts pour vérifier les découvertes de Pascal ?
Nous savons que lorsque le jeune maître, qui avait naguère attiré à Saumur « grand nombre d’escholiers de toutes les provinces du Royaume, » quitta sa première chaire, une partie de ses élèves le suivirent1 2.
Il exerçait sur la jeunesse une influence extraordinaire, parce qu’il était tout entier à elle et à sa vocation professorale. A une époque ou la plupart de
1 Nouvelles Lettres de M. Bayle. I, 28 ss. D’après la différence d altitude indiquée par le baromètre de Chouet, on peut conjecturer que la montagne sur laquelle il luisait ses expériences, « à 'i ou 5 lieues de Genève, » était la Dole, l’une des plus hautes sommités du Jura.
" Lettre inédite à Louis Tronchin, du 29 juin 1669. (Archives de Bessinge). — Procès-verbal de la séance de la Compagnie des pasteurs de Saumur, du lundi 17 juin 1669 : « Monsieur Choüet, pro- « fesscur en philosophie, ayant été demandé par MM. les ministres et professeurs de Genève, aulho- « risés dans leur demande par le Conseil de la République, pour exercer la profession en philoso- « phie parmi eux; la Compagnie, voyant de quelle importance il estoil de perdre un personnage, qui « nous a tous édifiés extrêmement par sa piété et par sa conduite et dont la grande capacité, jointe
L ENSEIGNEMENT PREPARATOIRE
ceux qui enseignaient la philosophie exerçaient concurremment, soit les fonctions du ministère, soit la profession de médecin, un professeur de carrière était doublement apprécié des étudiants. Il le savait par expérience. On lit dans une des lettres, où il parle à son oncle, Louis Tronchin, de l'éventualité de sa venue à Genève et de 1 inconvénient majeur qu’il y aurait pour lui à devoir soutenir une dispute : « Il est de la dernière importance pour la Chaire « de Philosophied’avoir un homme qui ne se mesle d’autre chose que de cela ; « les choses ne peuvent jamais aller bien quand un Professeur se mesle d’un « autre mestier qu’il prend plus à cœur. En un mot il faut que celuy qui rem- « plira la charge soit un homme qui se donne tout entier à cette seule estude. « Si on inspirait bien ces pensées dans l’esprit du Conseil, il se pourroit faire « que si on reparloit d’election, ds en diroyent quelque chose à Messieurs les « Ministres. 11 faut faire, s’il vous plaist, tout ce qu'on pourra pour en venir « là, car je ne vous promets point de disputer, pour les raisons que je vous « ai alléguées dans mes autres lettres, quoy que je face le voyage h »
Un professeur qui ne « se mesle d'un autre mestier » que le sien peut accorder du temps à sa correspondance scientifique, élargir le cercle de son activité locale et prolonger au loin le secteur de rayonnement de l école à laquelle il appartient. Chouet s’imposait cette tâche. Les archives de Bessinge nous en ont conservé un touchant et précieux témoignage.
Un étudiant de Nîmes lui écrivit un jour, d’Annonay, pour lui demander son sentiment sur certaines questions qui l’embarrassaient particulièrement. La réponse, travaillée comme un mémoire, approfondie comme une dissertation, se termine par quelques lignes bien caractéristiques, destinées à demander au jeune homme quelques détails sur lui-même. Le maître ne savait pas
« à une merveilleuse dextérité qu’il a à bien enseigner, a fait fleurir extraordinairement notre Aca- « demie et nous a attirés grand nombre d’escholiers de toutes les provinces de ce Royaume, a estimé « qu’il falloil faire toutes les instances imaginables pour l’obliger à ne se retirer pas de cette Aca- « demie, ce qui aussi a esté exécuté. Mais, après avoir ouï ledit sieur Choiiet en tout ce qu’il a « représenté là-dessus et après avoir examiné meurement toutes choses, il a été jugé qu il y avoit « de la nécessité à luy accorder sa liberté; ce qu’elle a fait par cet acte quoiqu’avec un très sensible «déplaisir, croyant que la perle que nous faisions en celle occasion estoil irréparable et qu’il nous « seroit comme impossible de remplir dignement sa place. Seulement elle l’a prié de demeurer « encore en cette Académie environ deux mois pour présider à la dispute des maîtres es arts, ce qu’il « nous a fait espérer de faire, autant que sa santé et que ses affaires le luy permettroient. Après quoy « la Compagnie l’a remercié de l'affection, du zèle et de la fidélité qu’il a apportés à faire sa charge « et luy a souhaité toute sorte de prospérité. » (Communication de M. Eugène de Budé.)
1 Lettre du 6 avril 1669. (Archives de Bessinge.)
ROBERT CHOUET
même qui l’interrogeait. 1 1 répondit en professeur parce que tel était son seul et unique métier. Il s’estima suffisamment payé de sa lettre par ces lignes : « .le « vous asseure, Monsieur, que je la receus, comme je recevrois un royaume, « et que de ma vie je ne me suis tant laissé transporter à la joie, que je le fis « alors1. »
Robert Chouet avait le sentiment très net, devenu rare, au temps qu’on a qualifié non sans raison de moyen âge de la réforme, que les hommes de science doivent se débarrasser de tout préjugé théologique et confessionnel, que les barrières qui parquent les nations et les cultes ne sont point faites pour eux. Dès l’année 1(167, durant laquelle Gaspard Wyss avait reçu un appel de ses compatriotes zuricois, on avait songé, pour le remplacer éventuellement à Genève, à celui qui lui succéda deux ans plus tard. Gomme Louis Tronchin en avait écrit quelque chose à son neveu, il en reçut la prière de ne faire aucune démarche. Dans sa réponse, ce dernier dit quela nomination, si elle lui vient, sera la bienvenue, mais il ne veut pas qu’elle soit sollicitée et il ajoute, touchant Saumur, où il se trouve bien : « Imaginez-vous, je vous prie, que « je suis dans un des plus agréables lieux et des plus polis de l 'Europe, que « je suis dans une ville fort commode pour les gens de mon mestier, à cause « de diverses personnes, et de la Religion et Catholiques Romains, avec qui « je puis conférer de Philosophie ; que je suis proche de Paris, qui est asseu- « rément la source des gens de lettres, et qu ainsi je suis informé d’une infi- « nité de choses qui regardent les sciences, (pie peut-estre j’ignorerois, si « j’estois ailleurs2. »
Lorsque, Wyss étant mort subitement, Chouet fut appelé à Genève, de la façon la plus honorable, par la Compagnieet par leConseil, il posa comme condition de son acceptation, qu’on lui accorderait la permission de voyager, pendant six mois au moins, lorsqu’il le demanderait et que l’état de l’Académie le pourrait souffrir. « On ne doit pas faire difficulté de m’accorder cela, « — lisons-nous dans sa lettre, — parce que je ne le demande que pour me « rendre plus utile au Public en voyant la Hollande, l’Angleterre, et Paris, où « la véritable Philosophie est cultivée avec soin3. » Peu d’années plus tard en
1 Lettre du 1er juillet 1680. [Ibid., Correspondance de Chouet et de L. Sarrasin, proposant, classée a la suite des lettres de Chouet à Louis Tronchin.)
2 Lettre du 21 décembre 1667.
3 8 juin 1669.
L ENSEIGNEMENT PREPARATOIRE
effet, en 1672, on rencontrait Robert Chouet dans le salon de Conrart, berceau de l’Académie française.
Nous avons trouvé parmi les manuscrits de la Bibliothèque de Genève plusieurs copies, mises au net, des cours professés par le maître qui sut y rajeunir l’étude des sciences philosophiques, b un, son cours de logique, débu te par une charge à fond contre les scolastiques, qui recherchent « non la naturedescho- « ses, mais la pensée d’Aristote, qui croient que c’est un sacrilège de différer « avec lui, d’un travers d’ongle, et qui se refusent à eux-mêmes et aux autres « la faculté de jugement et jusqu’à la liberté du doute1. » L’autre est un cours de physique, c’est-à-dire, selon la terminologie de l’époque, de sciences naturelles. Une part assez large y est faite à l’astronomie et notamment à l’exposé du système de Copernic. Toutes les objections faites à ce système sont examinées et réfutées avec soin, tout particulièrement l arguaient théologique, tiré îles passages de l’Ecri ture sainte qui supposent, chez le lecteur, une conception géocentrique de l’univers2.
Dans l’histoire des idées, rien n’est parfois plus difficile que de préciser une grande date; nous nous trouvons ici exceptionnellement favorisés à cet égard. L année même où Robert Chouet commença ses leçons dans l’Académie de Calvin, paraissait l’ouvrage posthume dans lequel celles de son prédécesseur immédiat, Gaspard Wyss, ont été conservées. On lit dans I hommage de la première partie, la Logique, au Sénat de Zurich : « Vous juge- « rez... non seulement qu il n’y a rien dans notre Philosophie qui soit au des- « sus de la portée d auditeurs débutants, ou qui soit en désaccord avec la saine « Théologie, mais encore, et plutôt, que tout y tend à servir la saine Théo- « logie...,3» et dans la seconde partie, consacrée à la Physique, et dédiée au Petit Conseil de Genève, on trouve la question de savoir « si toutes les étoiles ont une lumière propre » résolue par la citation décisive des termes employés au chapitre XV de la première Épître aux Corinthiens4.
Cette même année 1669 parut, également à Genève, la première édition
1 Syntagma logicum. {Ms s. Bibl. de Genève, Ml. 7G d.)
2 Syntagma plvysicum. (Ibid., Ml. 71l>. Cf. Mj. 37.)
s Caspari Wyssii Professoris philosophiæ in Academia Genevensi Logica, (juæ est cursus philosophiei Pais Prima: in-8, Genève, 1669, Epistola dedicatoria, datée du 18 octobre 1668.
4 Caspari li yssii Professoris philosophiæ in Academia Genevensi Physica, t/uæ est cursus philosophiei Pars Secundo: in-8, Genève, 1669, p. I \ 3 s.
ROBE HT CHOU ET
française de la fameuse Histoire de la Société royale de Londres , de Thomas Sprat, dont le I > 1 1 1 est moins encore tic raconter l’institution et de faire connaître les premiers travaux d’une compagnie célèbre, réunie pour la propagation de la méthode expérimentale, que d’exposer la supériorité de cette méthode elle-même et de démontrer tru elle ne menace ni les universités, ni surtout la religion chrétienne. La Société royale de Londres avait pris cette fière devise, qui résume en trois mots la pensée de ses fondateurs : Nullius in verba. Ce fut aussi la devise de Chouet et de ses élèves.
L’enseignement tle la philosophie nouvelle fut poursuivi à Genève pendant (très de vingt années par celui qui avait eu la gloire de l’introduire successivement dans deux académies. Comme il ne pouvait partager son enseignement avec son collègue, il demanda que le nombre d heures en tùtdoublé. Tandis que Puerari continuait île faire quatre leçons par semaine et de présider une dispute, il en faisait huit, les lundi, mardi, vendredi et samedi tle midi à deux heures consécutivement, consacrant toute l’après-midi du mercredi aux exercices tle ses étudiants et à ses démonstrations expérimentales L Sa renommée scientifique qui, pour les contemporains, répondait complètement à l’importance tle ses leçons, a souffert assez rapidement, semble-t-il, du fait tju’i 1 n’a presque rien publié. Aujourd’hui, c’est un inconnu qu’il faut remettre à sa vraie place. Jacob Vernet, lorsqu’il écrivit son éloge, semble avoir prévu cet injuste oubli tle la postérité. Il en mentionne la cause et d’avance il en venge sa mémoire : « Il a fait plus, — dit-il, — que d’ètre auteur; il a été un tle ces grands maîtres qui en forment d’autres. »
En IG86, ce maître fut enlevé à sa chaire par une nomination au Petit Conseil, où il devait siéger, tour à tour comme conseiller, secrétaire d’Etat et syndic, jusqu’en 17-51 . Il avait occupé cette chaire assez longtemps pour en avoir définitivement expulsé l’ancienne discipline. D’ailleurs il ne cessa de porter le plus vif intérêt à l’Ecole et, dès qu’il le put, se fit élire scolarque. C’est dans cette nouvelle fonction que nous le retrouverons, actifet toujours menant le train des réformes, pendant tout le premier quart du XYIII'' siècle. Revenu dans sa patrie à vingt-sept ans, — l’âge de Calvin, lorsque Farci le retint à Genève pour y commencer sa tâche, — il eut sur le créateur de l’œu-
1 H e g- . Conseil, 25 décembre 1677