L HISTOIRE
par son fils, clans I espoir de lui voir occu per sa chai re après 1 ni . A u tout jeune homme qu on lui proposait de la sorte, la Compagnie préféra Veruet, alors recteur, cpii venait de publier ses extraits de Giannone. Toutefois Jean-Pierre Cromelin, un laïque, avait les sympathies du Conseil. On le dédommagea en le nommant sur sa demande « professeur honoraire d Histoire civile » lien exerça les fonctions, annotant le cours d histoire ancienne de son père, mais sans faire autrement œuvre d historien, jusqu’en 1747, année où il partit avec un congé de la Seigneurie pour accompagner un jeune Anglais en son tour d Furope.
Filtré au service du duc de St-AII>ans, le second Cromelin demanda et obtint en 1751, sa décharge définitive. L année précédente, il avait présenté, pour donner ses leçons à sa place pendant son absence, I lorace-Bénédict Perrinct des Franches, avocat. Ce dernier, cpii appartenait par sa mère à la famille Turrettini, avait eu l’agrément cl 1 1 Conseil. Il enseigna une année en I Auditoire de Belles-lettres, espérant être agrégé formellement à I Académie. Messeigneurs en décidèrent autrement. Le professorat du collègue de Vernet étant à titre honoraire, il fut arrêté, lorsqu i 1 se retira, « qu'il n’yavait point de place vacante1 2. »
Jean-Pierre Cromelin devait plus tard, comme ministre rie la République près la cour de France, se montrer d iplomate et habile, en particulier dans h-s soins qu il se donna pour la révision du procès et la réhabilitation de la mémoire de Jean Calas 3.
L enseignement de I histoire universelle, tel < pi il était prévu par b' programme général du stage d humanités, était peu fait pour engager celui qui le donnait à faire œuvre personnelle, surtout à partir du moment où cet enseignement fit retou r au l i tu la ire de la chaire de Belles-lettres, presque complètement absorbé par des attributions pédagogiques. Tout au plus pouvait-il provoquer la publication d'un J/i/rgc, tel cpie celui de Vernet4. Mais le goût
1 Keg. Coin p. , 16 cl 2 1 janvier 1 739. ( / , . plus loin l , p. 520 s .
2 Keg. Conseil, 21 juillet J747, 14 août 1750, 14 et 22 juin 1751.
3 Keg. Conseil. 16 mars 1765. (Grenus, Fragmens, pag. 848. ) Perri nul des Franches, élan! roi ou nié à Paris, d’où son grand père. David Perrinel de la Serrée, était originaire, s’al lira la laveur du comte de Vergennes et dut à ce privilège d’être chargé à son tour des alla ires do Genève do 1777 à 1785.11 succédait en ces fonctions a Xecker cl rendit de grands services, sinon à la République, du moins au Conseil . (Keg. Conseil, 24 juin 1 777 et 81 oclobre 1785. — Grenus, /. c. . 860 cl 878. )
1 Abrégé d histoire universelle pour lu direction des jeunes gens : in- 12, Genève, 1758,
LE SIECLE DES PHILOSOPHES
(le 1 histoire était né clans I Ecole et bientôt Genève eut I honneur de donner un historien au Danemark, Paul-llenri Mallet. 'Elève et protégé de Jacob Yernet, Mallet avait obtenu sur sa recommandation, en 1750, la place de lecteur français, créée deux ans auparavant, pour La Beaumelle, à Copenhague. Lorsqu il revint en congé dans sa patrie, en 1761, précédé du renom que lui avaient val u ses ou v rages sur les monarchies Scandinaves, il fut agrégé au corps académique avec son titre danois. Engagé bientôt dans de nouveaux voyages, chargé de nouvelles publications, telles que l'histoire de la maison de Brunswick et celle de la maison de liesse, il ne lit pas encore de leçons à I Ecole; mais, en 1770, sur la demande du Sénat académique, il reçut du Conseil le titre de professeur honoraire d Histoire civile, qui devait passer après lui à Sismondi '. Mallet reconnut l’honneur qu'on lui faisait en commençant un cours bisannuel d histoire moderne, dont le succès fut complet. Malheureusement sa santé était chancelante et ses I ra vaux personnels étaient u ne charge plus que s ul lisante pour lui . Il semble avoir cessé ses leçons vers 1775'.
A q uelques an nées de là, nous voyons M a 1 1 et obi igé de s’adresser à un collaborateur pour la I roisiéme part ie de son Histoire de liesse. Ce collaborateur, dont le nom ne parut pas, devait s’appeler un jour Jean de Mu lier. Venu à Genève comme précepteur dans la famille Tronchin, le jeune Sclialf housois y était devenu l’ami et y fut tour à tour le commensal de Charles Bon net, à Genthod . et de I ancien procureur-général Tronchin, l’auteur des Lettres de la campagne, à la Boissière. Il écrivait alors le premier volume de son Histoire des Suisses et songeait à se lixer définitivement dans la ville qui était devenue,
1 Reg. Sénat acad., 26 janvier 1761, 15 février 1763. t!eg. Coinp., 30 janvier el 20 lévrier 1761. Reg. Conseil, 3 mars 1761 et 5 juin 1770. (Grenus, /. c. , 338 el 347. ) Cf. Reg. Conip. . 8 juin 1770.
2 Reg. Sénat acad. , 18 mai 1770 : « M. le Recteur a renouvelé la proposition faite céans plusieurs fois u de donner à M. le professeur Mallet, agrégé à I Académie, un titre qui le mette à portée de donner des « leçons publiques, dont on pourrait retirer un grand avantage. On a été unanime à appuyer celte propo- « sition et, pour en assurer mieux le succès, M. le Recteur a été chargé de s’entretenir là-dessus avec « M . Mallet, pour sa voir de lui quel est l’objet sur lequel il souhaiterait le plus que ses leçons tombassent, u
4 juin : « M. le Recteur a rapporté qu'il s’est acquitté de sa commission auprès de M. le Professeur " Mallet, qui lui a paru très sensible à li n vil a lion obi igeanle du Sénat académique, et qui. ayant demandé «quelques jours pour y réfléchi r, lui a répondu que, selon qu’il l’avait fait connaître en plus d’une océans ton. i I était très disposé à donner des leçons publiques sur l’Histoire ci vile moderne ; qu il se propose- •i rail de faire un cours en deux ans, cl d interroger les Etudia ns de B elles- Retires sur ce qu’il aurait fait « dans I année, qu’il priait qu’on n exigeât rien de lui pendant l’été, mais qu’il s’engageait volontiers à « donner deux leçons parsemaine, depuis la rentrée, après vendanges, jusqu’à la lin de l’année académi- « que. Ces offres aya nt agréé à 1 Assemblée, M rs les schol arques, ont été priés de porter l’affaire au Magni- « lique Conseil el de l’a ppu ver de leurs sull rages. » ÇA', ibid . IBsepl. 1764, 4 février 1766. I 1 juin 1776. »
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