‹ Histoire de l'Université de lois d'OrléansChapitre 27 sur 27 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Cette Université a laissé un long souvenir dans la mémoire de ceux qui avaient été les témoins de ses succès. Dans tous les temps, depuis la reconstitution des écoles de droit, on a demandé aux divers pouvoirs qui se sont succédé la restauration de la grande école d'Orléans.

Cambaeérès, archi-chancelîer de l'Empire, à son passage dans cette ville, fut visité par les derniers docteurs que le temps ou la tourmente révolutionnaire avaient oubliés; ils s'enorgueillirent devant lui d'avoir appartenu à cette institution, et lui parlèrent comme s'ils étaient constitués en corps et comme ils l'auraient fait si l'ancienne Université eût continué à exister; ils lui demandèrent d'user de sa haute inlDluence pour le rétablissement de cette école.

Sous la Restauration, la ville d'Orléans, par ses administrateurs, par ses magistrats, s'adressa deux fois au pouvoir pour obtenir cette faveur, et toujours elle invoquait la gloire de l'ancienne Université.

La Cour d'appel d'Orléans, s'associant, depuis la révolution de juillet , au vœu manifesté par ceux qui composaient cette compagnie sous la monarchie légitime, adressa les mêmes vœux , et cela à deux reprises différentes, au gouvernement ; et toujours elle obéit k l'impulsion qui lui était donnée par le conseil général du département du Loiret et par le conseil municipal de la ville.

Ces vœux ne furent point exaucés, mais ils attestent le sentiment profond inspiré par la haute position scientifique qu'avait su conquérir et conserver jusqu'à sa fin ce foyer de lumières, dont la renommée

s'est perpétuée, non-seulement dans la ville qui, à bon droit s'en glorifie, mais encore s'est étendue et perpétuée dans les pays oh l'étude du droit,, de la philosophie et des lettres est le plus en honneur.

On a vu un noble habitant de l'Allemagne venir exprès à Orléans visiter son école et se faire conduire dans la salle où Pothier enseignait (1).

On a vu, de nos jours, un étranger à la ville d'Orléans parcourir la cathédrale, y chercher le tombeau du grand jurisconsulte, et s'indigner de son isolement, qui le soustrait k tous les regards, et de sa modestie , accusant l'indifférence des jurisconsultes et des citoyens d'une ville pourtant si fière de lui avoir donné le jour et de l'avoir possédé jusqu'à sa mort.

Pour nous, que ni l'éclat des études et de la position sociale ne rattachent k ces nobles souvenirs, nous avons essayé de tirer de l'oubli une grande institution, au moment où l'oubli allait s'étendre sur elle et Ta couvrir de ses ténèbres. Puissions-nous ne pas nous être montré trop au-dessous de cette entreprise , dont nous sommes encore effrayé au moment même où nous la terminons; ou du moins nous faire absoudre de notre témérité par le mobile même auquel nous avons obéi, et qui, nous l'espérons du moins, en frappant tous les esprits, nous conciliera leur indulgence !

[i] Éloge dePolMer, par M. Letrosne.

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