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Histoire de l'Université de Paris

Ce livre a été publié pour la première fois il y a quinze ans, aune époque où, comme aujourd'hui, l'Université était l'objet d'attaques vives et passionnées! S'il avait un mérite au moment de son apparition, c'était celui de l'opportunité; ce mérite , nous croyons qu'il l'a encore , et c'est ce qui détermine cette seconde publication.

Ce livre n'a donc pas été fait pour les circonstances au milieu desquelles nous nous trouvons, et cependant il doit en recevoir un nouvel et plus grand intérêt. Œuvre de conscience, travail de plusieurs années, il a été écrit en dehors des préventions qui agitent tant d'esprits, et l'auteur n'a rien à effacer, rien à rétracter de ce qu'il imprimait sous la Restauration.

Au moment où la question de la liberté de l'enseignement préoccupe à bon droit tous les hommes qui ont souci de l'avenir de la France; au milieu des fâcheux débats qu'elle suscite, c'est peut-être une pièce importante du procès que l'histoire de cette Université célèbre qui touche presque au berceau de la monarchie, et sur laquelle est venu se enter, en quelque sorte, le grand établissement impérial.

Les leçons de l'histoire appartiennent aux générations qui suivent; elles font leur expérience. Si l'Université de Paris, cette fille aînée des rois , exerça pendant tant de siècles le monopole presque entier de renseignement, quel danger en est-il advenu pour la religion de nos pères, pour le progrès des lettres et des sciences, pour le bien de l'État? Si tant de

fois, avec tant de persévérance, l'Université s'opposa à l'introduction dans sou sein des corps religieux, l'histoire est encore là pour dire que sa résistance était principalement inspirée par les sentiments les plus purs de l'orthodoxie et du patriotisme.

Ces luttes de nos pères ne doivent pas être oubliées : qu'on ne perde jamais de vue les remarquables et prophétiques paroles d'Étienne Pasquier lorsque, plaidant en 1564 pour l'Université contre les Jésuites, il s'écriait devant le Parlement : « Et si toutes ces remonstrances ne vous esmeuvent, « nous appelions Dieu à tesmoin et protestons à la face du h monde, que nous n'avons t'ai II y à nostre devoir, afin que si » nos craintes se réalisent, au moins la postérité cognoisse que « ce siècle n'a été despourveu d'hommes qui de longue main « ont preveu la tempeste future. »

PRÉFACE

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