CHAPITRE XXXIX
Le petit séminaire de Valence, depuis 1830 jusqu'il nos jours (1861).
En 1816, une fusion s’étant opérée entre le séminaire et le collège de Valence, les élèves des deux établissements suivirent, dés lors, les mêmes cours et reçurent les leçons d’un personnel de professeurs composé d’ecclésiastiques et de laïques. M. l’abbé Fière avait remplacé M. Borelen qualité de principal du collège; ses successeurs furent en 1820 M. l'abbé Désessarts, en 1823, M. l’abbé Duc, et en 1828 M. l’abbé de Lavarenne (I). La direction du séminaire avait été confiée en 1812 à M. l’abbé Fière, et plus tard à M. Duc. M. l’abbé Belle en fut nommé supérieur en 1823, et fut remplacé par M. l’abbé Mourrier en 1830. L’union du séminaire et du collège cessa la même année. L’administration du collège voulut alors avoir un principal et des professeurs laies; les professeurs ecclésiastiques passèrent au petit séminaire; les portes de communication des deux établissements furent murées, et le séminaire, obligé de se suffire à lui-même, dut trouver dans un local déjà trop étroit le logement de ses professeurs, et des salles pour ses classes.
Cette séparation, loin de nuire au séminaire, sembla le faire entrer dans une nouvelle voie de prospérité. L’opi-
(1) Les successeurs de M. de Lavarennè ont été M. Barjnn , M. Choisnard, M. Thibaud et M. Quère.
nion publique se prononça en sa faveur. Les hommes d’ordre, effrayés de l’ébranlement général que la révolution de juillet, œuvre du libéralisme voltairien, avait produit en France, comprirent la nécessité de se rapprocher de la religion, et envoyèrent leurs enfants dans les écoles dirigées par les ecclésiastiques.
L’enseignement du petit séminaire fut mis sur le même pied que celui des collèges et des lycées. On y fit tontes les classes depuis la huitième jusqu’à la philosophie. Les arts d’agrément y furent cultivés : dès 1833, nous voyons la musique et le dessin dans ses programmes. Une société littéraire, ouverte aux élèves des classes supérieures, y fut organisée enl834,sousle nom &' Académie, e\. ne contribua pas peu à entretenir et à développer parmi les élèves le goût des bonnes études. Cette société, dont les séances publiques jetèrent parfois un certain lustre sur l’établissement, succomba en 1850 devant lesexigences, peut-être exagérées, de la préparation au baccalauréat. Rien ne l'a encore remplacée, et sa suppression forme une lacune regrettable.
L’accroissement rapide du petit séminaire ne fit que rendre plus sensible l’insuffisance du local qu’il occupait. Les élèves, entassés les uns sur les autres, n’avaient ni assez d’air, ni assez d’espace. Il fallait ou agrandir l'établissement, ou le transporter ailleurs. Ce fut alors que le clergé du diocèse de Valence, sur l’appel de son vénérable évêque, donna un grand exemple de générosité et de zèle pour la gloire de Dieu, en sacrifiant une partie de son traitement afin de réunir les fonds nécessaires pour la construction d’un nouveau petit séminaire. Nous regrettons de ne pouvoir reproduire ici la lettre-circulaire que Mgr de La Tourrette adressa à son clergé pour lui demander cet acte de dévoûment.
Cette invitation paternelle d’un évêque qui était sincèrement aimé de tout son diocèse fut accueillie comine elle devait l’être : le clergé s’imposa le sacrifice demandé ; les fidèles imitèrent leurs pasteurs; les noms se multiplièrent sur les listes de souscription; les offrandes arrivèrent de toutes parts. Aussi mit-on promptement la main à l’œuvre ; un terrain admirablement situé avait été acheté à un kilomètre de la ville, du côté du levant, et, le 24 août 1835, les ouvriers commencèrent à creuser les fondations de l’édifice.
La pose de la première pierre se fit solennellement le 20 avril 1836, en présence de M. Saladin, préfet de la Drôme, de M. Bonnet, maire de Valence, de MM. les vicaires généraux, des chanoines et du clergé de la ville.
Les constructions furent poussées avec tant d’activité, que ce vaste édifice fut achevé , à l’exception de la chapelle, dès le 18 juillet 1838. La communauté y fut installéece jourlà, fête de saint Bonaventure. L’ancien bâtiment, qui avait reçu bien des améliorations aux frais du diocèse, fut rendu à la ville, sous promesse d'une modique indemnité.
Le 3 avril 1840, Mgr de La Tourrette qui avait vu se réaliser un projet si cher à son cœur et si glorieux pour sa mémoire, fut enlevé à son diocèse; et, selon le vœu qu’il en avait exprimé, il fut enseveli dans le séminaire qu’il avait fait construire. Scs restes, déposés d’abord dans la chapelle provisoire qui sert actuellement de salle d’étude, furent transportés plus tard dans la nouvelle chapelle. On lit cette épitaphe sur son tombeau, placé au milieu de la nef :
Hic qmescit RR. DD. Maria-Joscphus-Ânt.-Laur.-La- Rivoire de La Tourrette, episcopus Valentinensis. Ofnil die ni aprilis , anno Domini mdcccxl, cpiscopatûs xxi. In hoc sernina/rio , rjuod ex ,rre clcri præsertim , fidelium
quoque , ncc non suo, ædijicaripiè procuraverat, sepeliri voluil. R. I. P.
Quand Mgr Chatroussc fut nommé au siège de Valence, le petit séminaire de Notre-Dame existait depuis deux ans, mais les frais de construction netaient pas entièrement payés, et la chapelle restait à bâtir. La dette pour les constructions achevées était de 177,797 fr. 90 c. La dépense à faire pour bâtir la chapelle projetée était évaluée à 40,000 fr.
Mgr Cliatrousse, dans une circulaire du 0 août 1841, après.avoir rendu un juste hommage à la mémoire de son prédécesseur, et félicité le clergé et les fidèles du diocèse de Valence de leur empressement à élever les murs de la maison du Seigneur, fait un nouvel appel à la générosité de ses prêtres, de ses diocésains, les invitant à offrir «ne dernière obole pour la dernière pierre de ce sanctuaire clérical , où Dieu prépare les jeunes lévi tes au service des autels et « la grande œuvre du salut des peuples.
Cette circulaire était accompagnée d’un compte rendu des sommes souscrites, payées ou à payer, indiquant par ordre alphabétique les noms de tous les souscripteurs. On y voit avec édification le nom du pauvre et celui du riche, l'offrande de l’ouvrière , de la veuve, de la sœur hospitalière à côté de celle du grand seigneur, du rentier, du riche propriétaire. M. Chatroussc, vicaire général à Grenoble, y figure pour une somme de cent francs : il ne savait pas alors la part qu’il prendrait, dix ans plus tard, à l’achèvement de l’édifice auquel, quoique étranger, il apportait sa pierre
Le total des recettes, au moment où fut publié le compte rendu, était de 340,122 fr. 20 c.
Les fonds à recouvrer, sur lesquels on pouvait compter, malgré la probabilité de quelques non-valeurs, étaient de 52,852 IV. 40 e.
Il fallait donc que l’appel de Mgr Chatrousse fit entrer dans la caisse de l’œuvre une somme de 164,945 fr. 50 c. pour qu’on pût payer les dépenses faites et entreprendre la construction delà chapelle. Les trésors de la Providence sur lesquels il avait compté s’ouvrirent de nouveau ; les souscriptions se renouvelèrent; les premières constructions furent payées, et la chapelle, bâtie à l'aile du midi, compléta l’édifice. Il est vrai que Monseigneur, par sa générosité inépuisable, se montra un noble et digne instrument de la Providence en ajoutant à la somme de 2,800 fr. qu’il avait précédemment versée pour le paiement des premiers travaux, une somme de 32,000 fr. qui servirent à payer la construction de la chapelle (1).
Cette chapelle fut consacrée solennellement par Mgr Chatrousse, à la clôture de la retraite pastorale de l’année 1845, comme on le voit par une inscription gravée sur une tablette de marbre noir, qu’on a placée dans la chapelle à côté de l’autel de la sainte Vierge.
M. Mourier , dont toute l'ambition était de faire fleurir la piété au petit séminaire, n’avait pas attendu cette époque pour réaliser par tous les moyens possibles ce vœu de son cœur. Déjà, en 1835, il avait obtenu de Mgr deLaTourrette une ordonnance par laquelle le séminaire était nonseulement consacré, mais encore donné à la très-sainte Vierge, qui en était déclarée souveraine maîtresse et unique supérieure. Cette ordonnance, renouvelée et confirmée par les successeurs de Mgr de La Tourrette, se lit
(1} Le produit de la souscription n'aurait pas sufll it payer la dette. Mais des legs pieux , des dons particuliers ajoutés aux économies de la caisse du séminaire, complétèrent la somme nécessaire pour le solde des frais de construction.
chaque année, en grande cérémonie, à la fin de la retraite ; les maîtres et les élèves renouvellent, dans cette conjoncture, leur consécration à Marie, les premiers en reconnaissant qu’ils tiennent d’elle leur autorité, et les seconds en lui promettant amour, respect, obéissance, comme à leur première supérieure.
Quand la communauté cul été transportée dans le nouveau séminaire, et surtout quand la chapelle eut été bâtie, M. Mourier donna un nouvel essor à son zèle en établissant diverses sociétés pieuses, et en ranimant la ferveur des sociétés précédemment établies, auxquelles il procura des indulgences et autres faveurs spirituelles.
Ces différentes pratiques de piété n'étaient ni proposées à tous les élèves, ni mises en usage toutes à la fois, mais elles offraient tour à tour des moyens variés pour entretenir dans l’établissement l’esprit de piété, de prière et de foi, sans lequel le christianisme ne serait qu’une science comme une autre, privée de vie et dénuée de toute influence sur la conduite et sur les mœurs.
Une institution qui se rattache à celles-là, quoiqu’elle soit venue plus tard. c’est la Conférence de Saint-Vincent de Paul, qui réunit chaque année dans son sein trente à quarante élèves choisis parmi les plus influents, pour recueillir des aumônes et les porter aux familles pauvres qui sont dans le voisinage du séminaire. Cette association, si propre à donner aux jeunes gens des goûts sérieux , l'habitude d’une sage économie , de la charité, de la bienfaisance, de la compassion pour le malheur d’autrui, n’a été fondée qu'en 1854, sous l’administration de M. l’abbé Eynard.
Les soins donnés à la pratique de la religion ne nuisirent jamais aux autres études. Les élèves du petit séminaire
cultivaient les sciences et les lettres avec d'autant plus d’ardeur et de succès qu’ils étaient plus pénétrés du sentiment du devoir, inséparable du sentiment religieux. Le programme de leurs- études était, avons-nous dit, à peu près le même que celui des collèges de plein exercice et des lycées. Il devait sc rapprocher autant que possible de l’enseignement universitaire, pour que les élèves pussent prendre leurs grades en sortant de leurs classes, s’ils le désiraient. On vivait alors, il est vrai, sous le régime du monopole, et les séminaires n'avaient pas le droit de présenter leurs élèves aux examens du baccalauréat. Pour être admis à ces examens , il fallait présenter , d’après le Statut du 17 décembre 1820, un certificat constatant qu’on avait suivi pendant une année au moins un cours de philosophie dans un collège ou dans une institution où cet enseignement fût autorisé. Il en résultait que les hautes classes dans les séminaires étaient désertées par tous les élèves qui avaient besoin du diplôme de bachelier : car, connaissant la nécessité d’aller faire leur philosophie dans un collège, ils trouvaient un avantage à y faire leurs autres classes et les classes supérieures, qui sont une préparation plus immédiate à l’examen.
Toutefois, comme une exception au Statut du 17 septembre 1820 avait été admise en faveur des candidats élevés dans la maison de leur pire, oncle, frire ou tuteur, il arrivait que les parents, après avoir laissé leurs enfants au séminaire jusqu’à la fin de leurs cours, les envoyaient aux examens du baccalauréat, avec un certificat d’études domestiques : d’où la nécessité de suivre le plan des études universitaires.
Cette nécessité se fit encore mieux sentir lorsque
Mgr Chatroussc voulut à tout prix multiplier le nombre des bacheliers parmi les membres de sou clergé. Déjà, en 1841, Sa Grandeur essaya de mettre à profit , dans ce but, un article presque oublié de la législation universitaire, portant que les élèves des écoles ecclésiastiques pourraient se présenter aux examens pour obtenir un diplôme spécial , qui ne servirait que pour arriver aux divers grades des facultés de théologie. Cependant, une fois promu aux ordres majeurs , le possesseur de ce diplôme spécial était libre de l’échanger contre un diplôme ordinaire. Mgr Chatroussc désirait vivement que les élèves de son petit séminaire saisissent ce moyen qui leur était offert pour arriver au baccalauréat, mais ce ne fut jamais qu’une faible minorité qui réalisa ce vœu. Les jeunes gens destinés à une carrière profane n’avaient que faire du diplôme spécial, bon seulement pour arriver aux honneurs théologiques , et ceux qui se destinaient à l’Eglise ambitionnaient peu le diplôme ordinaire, ouvrant les voies à des carrières où ils ne voulaient pas entrer.
Cependant une vive lutte s’était engagée entre l’université et les partisans de la liberté d’enseignement. Mgr Chatrousse y avait pris sa part en publiant un mémoire plein de force , de modération, de sagesse, sous le titre de : Réflexions de Mgr l'évêque de Valence, à l'occasion du projet de loi concernant l’instruction secondaire, présenté à la chambre des députés le 1 1 mars 1841. Mais le monopole était trop bien affermi pour tomber sous les coups pacifiques de la discussion, il fallait une révolution pour l’ébranler. Sous la république, M. de Falloux donna son nom h une loi qui établissait en France, du moins dans une certaine mesure, la liberté d’enseignement : ce fut la loi
du 15 mars 1830. Par colle loi la nécessité du certificat d’études était aboli, et les séminaires, tout aussi bien que les lycées et les collèges, pouvaient présenter leurs élèves aux examens du baccalauréat. L’accès était libre ; Mgr Chatrousse le rendit obligatoire pour son clergé. A la suite d’un synode dans lequel la question avait été discutée et résolue, le prélat, sanctionnant le vœu de la majorité, porta le décret suivant :
« Considérant la nécessité d’avoir des prêtres gradués pour diriger les institutions ecclésiastiques du diocèse, x et l’avantage de rehausser le clergé dans l’opinion publique sous le rapport de la science,
» Nous avons ordonné ce qui suit :
» Aucun élève ne sera admis dans notre grand séminaire avant d’avoir subi devant nous ou devant nos délégués un examen qui puisse nous donner une garantie de sa capacité. Pour se présenter à cet examen, il devra être pourvu du diplôme de bachelier. Toutefois nous pourrons, dans certains cas rares, dispenser de cette dernière obligation. La présente ordonnance sera mise en vigueur à partir de l’année scolaire 1851-1852 (1). »'
Il fut donc établi en principe que l’entrée du grand séminaire serait désormais interdite à tout élève qui ne serait pas pourvu d’un diplôme de bachelier. Mais, en fait, il arriva ce qui arrive toujours pour ces sortes de mesures trop énergiques : les exceptions, qui devaient être rares, devinrent si nombreuses, qu’elles détruisirent la règle au lieu de la confirmer : le diplôme de bachelier fut, comme
(I) Mandement de Mar l’évêque de Valence pour la publication des
statuts arrêtés dans le synode de Valence, le 29 août 1850, vil* statut, sur les études, l" octobre 1850.
autrefois le privilège du petit nombre. Toutefois la préparation de l’examen pour le baccalauréat resta obligatoire pour tous les élèves du petit séminaire, jusqu’à la mort de Mgr Ghatrousse. La classe de philosophie devint, comme dans les collèges et les lycées , un cours préparatoire au baccalauréat, et, par conséquent, une espèce de récapitulation des études antérieures, complétées et perfectionnées par l’étude de la logique et par des exercices de composition et de style d’une grande utilité. Persuadé néanmoins que les vraies études philosophiques seraient plus ou moins laissées en souffrance, au milieu de cette universalité de connaissances exigées par le programme du baccalauréat, Mgr Chatrousse établit une seconde année pour l’étude de la philosophie scolastique, comme préparatoire à la théologie. Cette seconde année de philosophie devait se faire au grand séminaire de Romans. Ainsi se trouvait accompli, jusqu a un certain point, le vœu du concile d’Avignon, qui recommande (chap. xxxii) d’établir, pour les élèves qui se destinent au sacerdoce, deux ans de philosophie, y compris l'étude des sciences physiques et mathématiques. Mais cet ordre de choses a duré peu de temps. Mgr Lyonnet, ayant égard aux demandes des familles, dont il est bon de ne pas aggraver les charges, dispense maintenant de la première année de philosophie tous ceux qui réclament celte faveur. La dispense est devenue générale, et presque tous les élèves qui aspirent à l’état ecclésiastique vont au grand séminaire au sortir de leur rhétorique. Il ne reste dans la classe de logique du petit séminaire que les élèves qui ont besoin du diplôme de bachelier ès-lettres ou de bachelier ès-sciences, pour se faire une position dans le monde.
La préparation des examens universitaires a introduit
forcément dans le plan d’études ce qu’on est convenu d’appeler la bifurcation. Elle consiste , comme son nom l’indique, à diviser les classes en deux sections, qui sont tantôt réunies pour étudier des matières communes , et tantôt séparées pour s’occuper de matières spéciales. Dans l’une des sectious on supprime l’étude du grec, les compositions .latines, tant en prose qu’en vers, et on s’occupe presque exclusivement de mathématiques, de physique, de chimie et d'histoire naturelle. Dans l’autre, on se borne à quelques notions d’arithmétique, de géométrie et de physique, pour concentrer l’application des élèves sur des études et des exercices uniquement littéraires. L’enseignement commun aux deux sections a pour objet l’explication des classiques français et latins, l’étude des principes généraux de la littérature, jointes à des exercices de composition française.
Dans les collèges et lycées cette bifurcation se fait dès la classe de troisième. Au petit séminaire elle n’a commencé jusqu’ici qu’à partir de la classe de seconde.
Une autre innovation importante qui s'est faite au petit séminaire de Valence, par suite de la loi du 15 mars 1850, consiste dans l’établissement d’un cours de français. Ce cours, fondé en 1850-51, pendant que M. Pialla était supérieur, a pris sous M. Eynard , son successeur, d’assez grands développements, et se compose maintenant de cinq années d'études, dont les deux dernières sont alternativement, sous le môme maître, un cours de rhétorique et un cours de philosophie. Les mathémathiques, la physique, la chimie, l’histoire naturelle, la tenue des livres, les notions du d. oit français, le dessin linéaire, l’arpentage, les langues vivantes, etc., font de ce cours de français une école pré-
paratoire aux diverses écoles du gouvernement , et cà toutes les carrières ouvertes à l’industrie, au commerce et à l’agriculture.
On peut mentionner encore , du moins au rang des institutions secondaires, la fondation d’un gymnase, en 1849-50, pendant la dernière année de l’administration de M. Mourier. Dès l’année suivante , les exercices gymnastiques paraissent dans le programme de la distribution des prix. Les élèves du gymnase donnent des séances auxquelles le public est invité.
Mais une des créations les plus importantes pour la prospérité du petit séminaire, c’est l’établissement des religieuses, chargées des soins de l'infirmerie, de la lingerie, de la direction et des divers offices de la cuisine et du réfectoire, de la propreté du dortoir. Ces religieuses , au nombre de quinze en ce moment, appartiennent à l’ordre des Trinitaires, dont la maison-mère est à Valence. C’est sous l’administration et par l’initiative de M. Eynard, supérieur , que cette belle fondation a été faite, non sans rencontrer divers obstacles suscités par les préjugés et la prévention. Il a fallu , pour donner aux religieuses un logement convenable et indispensable , agrandir la maison en allongeant l’aile du nord. Ces nouvelles constructions, qui ont coûté plus de quarante-trois mille francs, ont été payées par le produit d’une loterie que M. Eynard avait organisée, par les économies de la caisse et principalement par les dons de Mgr l’évêque.
Les religieuses Trinitaires commencèrent à exercer leur emploi à la rentrée des classes de l’année 1854.
Mgr Chatrousse , qui portail un si tendre intérêt à son petit séminaire et avait fait pour sa prospérité de si géné-
reux sacrifices, lui a laissé par testament une rente annuelle de cinq mille six francs, en faveur des enfants pauvres qui se destinent à l’état ecclésiastique. A l’exemple de son prédécesseur, il avait demandé à être enseveli dans l’église du petit séminaire. Son corps repose dans le sanctuaire, du côté de l’évangile, un peu en avant du monument en marbre noir, qui attend encore son buste et son épitaphe.
Le séminaire a aujourd’hui pour supérieur M. l’abbé Bron ; il y a vingt professeurs et deux cent cinquante élèves.