ÉCOLES GRATUITES
Ecole des sœurs de SaÀnl-Vinccnt-de-Paul. L'établissement dans notre ville des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul date du 3 septembre 1778. Elles y furent appelées par Mgr de Grave, qui les installa dans l’ancien prieuré de Saint-Félix. Elles étaient d’abord au nombre de quatre seulement ; elles sont seize aujourd’hui. Elles s'occupent, conformément au but de leur institut , des soins à donner aux malades, des secours à domicile et de l’éducation des jeunes filles du peuple.
L’école communale des sœurs de la charité est justement appréciée dans la ville de Valence. Elle est fréquentée par quatre cents élèves , réparties en cinq divisions. Lorsque l’instruction de ces enfants est à peu près terminée, elles sont reçuesdans une sixième division qu’on appelle Ouvroir, la plus intéressante et la plus utile de toutes. Là, sous la surveillance de maltresses habiles , elles apprennent tous les travaux qui complètent l’éducation des jeunes filles de cette condition; tous les travaux d’aiguille, la coupe et la
coulure des habits, l’entretien et le blanchissage du linge ; c'est la pratique des professions auxquelles elles sont destinées. Plus précieux que l’enseignement perfectionné qu’on leur donne dans les classes , l’enseignement de l’Ouvroir en fait des femmes utiles. On cite plus d’une jeune tille qui , élevée de la sorte, a soutenu ses parents pauvres ou infirmes par un travail toujours recherché parce qu'il était bien fait.
Dans le Compte définitif d’administration des recettes et dépenses communales, pour l’exercice de 1859, présenté au conseil municipal de Valence, on lit ce qui suit :
0 Vous savez, Messieurs, avec quel zèle et avec quel succès l’enseignement est donné dans notre établissement de Saint-Félix. Les jeunes filles y sont formées non seulement aux connaissances variées de notre enseignement primaire perfectionné, mais encore à tous les travaux de leur condition. Inutile de vous dire que ce que les maîtresses s’efforcent de cultiver, c’est le cœur par l’enseignement religieux et l’exemple de toutes les vertus. Aussi cet enseignement est-il recherché avec empressement par notre population ; les sœurs y consacrent tous leurs soins, et le bureau de bienfaisance toutes ses ressources. ®
C’est en effet le bureau de bienfaisance de notre ville qui a pourvu jusqu’ici à l’entretien de l’école des sœurs de la charité. La ville leur paie une subvention de trois mille francs. Le bureau pourvoit au surplus des dépenses, et fournit le local, le mobilier et le complément du traitement des sœurs.
Autres écoles gratuites. Une autre classe gratuite, tenue par les religieuses de la Nativité depuis près de cinquante
ans, est fréquentée par une centaine de jeunes tilles du faubourg Saunière et de la banlieue. Celte œuvre de zèle et de dévouement est toute à la charge de la congrégation.
Les sœurs de Sainte-Marthe ont aussi ouvert récemment sur la paroisse de Notre-Dame une troisième école gratuite, qui n’est pas moins nombreuse.
Enfin l’école protestante, au Champ-de-Mars, réunit près de quatre-vingts élèves, et reçoit de la ville un secours de cinq cents francs.
Au Bourg-lès-Valence, l’école communale gratuite est tenue par les sœurs du Saint-Sacrement ; on y compte environ soixante-dix élèves.