GALIEN
sion. Il faut alors administrer des lithontriptiques pour amener l’expulsion de sable. Si la douleur ne cesse pas c’est qu’un abcès s’est formé et le décubitus tantôt droit, tantôt gauche, provoque une douleur et indique le côté malade. Quand un abcès s’ouvre au dehors le malade est soulagé, mais il faut hâter la cicatrisation, car mie ulcération se produirait. Celle-ci se reconnaît à l’aspect de l’urine, au pus et au sang qu’elle contient. L’expulsion de petits morceaux de chah' entraînés par les urines est un signe certain de l’ulcération. Galien s’étonne d’en avoir vu de si longs qu’il se demande comment le rein a pu les contenu’ : ailleurs il a cependant bien observé des caillots urétéraux.
Quant au diabète, Galien le considère comme rare et est peu précis ; il l’appelle diarrée de l’urine, hydropisie ; il n’indique que la soif ardente du malade, l’obstruction du rein par des humeurs épaisses, par un calcul. Il donne alors la description de l’oblitération complète de l’iu'ètre qui paraît se rapporter plus à une hypertrophie prostatique qu’à un rétrécissement de l’urètre.
« Le conduit de la vessie, l’iu'ètre peut être obstrué de trois manières : ou bien il présente une tumeur contre nature si considérable qu’il est bouché par elle ou par un autre corps contre nature, sorte d’excroissance soit charnue, soit calleuse, ou bien le canal lui-même se gonfle et forme une tumeur énorme provenant d’une inflammation, d’un squirre, d’un abcès ou d’une tuméfaction quelconque. Enfin une masse charnue s’élève dans le conduit à la suite d’une ulcération ; il s’y dépose lentement une substance engendrée par une hunieiu’ épaisse et visqueuse ; ailleurs, le conduit pourra être obstrué par une pierre, un caillot, du pus ou une humeur épaisse et visqueuse. »
Enfin, Galien décrit une affection vésicale qui est liée à une atonie et à l’arrêt de la fonction péristaltique de la vessie; elle se produit quand la moelle est affectée et que la fonction de ce muscle est suspendue ; par contre, quand les fibres du corps de la vessie sont lésées, il y a rétention et c’est encore une des formes d’ischiu'ie déjà décrite ; elle se reconnaît à une tumem’ appréciable au-dessus du pubis. Dans ce cas, on couche le patient sur le dos, on presse sur le ventre jusqu’à ce que l’m'ine soit expulsée; si elle ne l’est pas, il y a obstruction de l’urètre.
D’après cela, on devra supposer qu’un calcul est engagé dans le col de la vessie. S’il s’agit d’un enfant faites-le coucher sur le dos, les jambes beaucoup plus élevées que le reste du corps, puis secouez-le en divers sens, de façon que la pierre tombe du conduit. Après ces manœuvres, dites à l’enfant d’essayer d’uriner. Si l’urine est évacuée, vous possédez le diagnostic exact et en même temps vous avez trouvé le mode de traitement. Si la rétention persiste, vous secouerez de nouveau plus fortement ; si elle persiste encore, alors avec l’instrument nommé cathéter, vous expulserez la pierre du col et vous rouvrirez le passage à l’urine. Si au contraire les signes de la pierre ne paraissent pas avoir précédé la rétention et s’il y a écoulement de sang, il est probable qu’un caillot obstrue l’urètre.
Ailleurs l’écoulement de sang n’a pas précédé l’ulcération de la vessie, mais le caillot s’est formé peu à peu, ou bien le sang, coulant par les uretères des reins dans la vessie, forme le caillot.