L’UROLOGIE E.N GRÈCE ET A ROME
L’examen de ces objets contribue à rendre plus vivant le tableau que les écrivains et les poètes satiriques ont tracé de Eome à cette époque. M. le Hupouy, dans un travail x>lein d’érudition et d’esx)rit, a relevé dans les poètes satiriques de ce temps, Juvénal, Martial, Perse, etc., beaucoup de maladies décrites avec le plus grand réalisme ; on en x>arle couramment et comme
d’une chose vulgane ; la blennorragie, les condylomes, les lücérations, peut-être syphihtiques , y sont ridiculisés quelquefois avec esprit, ordinanement en termes grossiers qui rendent ces lectures répugnantes. On y voit aussi indiqué, comme chez les peuples de l’Orient, que l’iu’ine servait de base à certains médicaments et aussi, d’après Catulle, à des cosmétiques et même à des dentifrices.
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Septime Sévère, comblé d’honneiirs et entouré d’une vénération universelle.
Son grand mérite est d’avoir combattu les théories sans base et sans valeur, qui partageaient les médecins de cette époque ; les méthodistes qui, à la suite de Themison et d’Asclépiade, rapportaient tout au resserrement et à la dilatation des vaisseaux et orifices, les pneumatistes, secte plus philosophique que médicale, qui admettaient l’introduction d’un esprit dans le corps de l’homme et attribuaient les maladies à ses désordres ; les solidistes qui, avec Erasistrate, réagissaient contre la théorie humorale d’Hippocrate, enfin les
Fig. 16. — Bas-relief découvert près d’une source lliermale (Collection Burroughs Wellcome).
empüistes grossiers qui ne voyaient que le fait matériel, et encore qui le voyaient mal.
Tout en les combattant, Galien a repris et modifié ces théories ; il se les est assimilées ; il les a superposées pour ainsi dire à la doctrine d’Hippocrate, de qui son sens droit et son esprit chnique proclament la suprématie. Bien qu’il ait ajouté peu de vues personnelles et originales aux idées du maître, il a néanmoins créé un corps de doctrine éclectique : le Galénisme.
Est-ce ce système qui a assuré à Galien la domination sur tout l’art médical i Ses commentateurs en sont convaincus et le prennent pour thème d’interminables dissertations ; mais à nos yeux l’autorité de Galien est puisée à une autre source qui est l’observation consciencieuse du malade. Il est avant tout clinicien ; il a suivi et étudié les malades ; en fait d’anatomie x>athologique il n’a connu, il est vrai, que ce qu’il pouvait en recueilhr en l’absence d’autopsies, mais il a vu la lésion de l’homme vivant ; il l’a décrite et en a souvent pénétré le mécanisme. Là est pour nous son titre de gloire et nous pensons qu’il n’aurait jamais exercé une telle influence si ses écrits ne révélaient la vérité clinique.
L’LÎKOLOGni: EN GRECE ET A ROME
Malheiu’euseinent, cette faculté d’observation n’a pas été mise au service de ses idées doctrinales ; celles-ci restent spéculatives, de sorte que Galien nous apparaît tantôt comme le représentant d’un dogmatisme intransigeant et tantôt comme l’initiateur de la médecine clinique et expérimentale.
Déjà considérable à la fin de sa vie, l’autorité de Galien s’est encore accrue dans les années, puis les siècles qui l’ont suivi, en particulier au moment de la chute de l’art médical, si rapide au déclin de l’empire romain, Galien, dont les œuvres embrassaient à peu près toute la médecine et auxquelles aucun autre ouvrage n’était supérieur, prit des proportions grandioses et jamais divinité ne fut entourée d’un plus profond respect. Pendant plus de douze siècles, il exerça un empire absolu auquel on ne peut comparer que l’influence d’Aristote sur la philosophie, et nous verrons les luttes que Vésale et Paracelse auront à soutenir pour secouer son joug.
Pour ne pas sortir des hmites de ce travail, nous nous bornerons à résumer quelques passages des études de Galien sur l’appareil urinaire, en particulier sur l’anatomie des reins et de la vessie. Bien que ces descriptions se rapportent à l’anatomie du singe, ces quelques lignes ont fait loi et, plus ou moins commentées, elles ont servi de guide aux médecins jusqu’à Aœsale.
« Les reins, composés de fibres et de chair, alïectent une disposition particulière qu’on ne voit nulle part ailleurs ; cette chair est dense poiu’ que le sang, la traversant difficilement, ne s’échappe que sous forme d’urine ; elle se replie sur elle-même en involutions nombreuses, aussi des pierres y prennent-elles naissance. Les reins ont la forme de la lettre C ; au milieu se trouve une cavité par où pénètrent les artères et les veines qui émanent d’une des trois branches de la veine cave. C’est par cette voie qu’ils attirent l’humidité superflue du sang qui filtre à travers une membrane, et est recueillie dans une cavité pour passer dans deux conduits qui se dii-igent vers la vessie. Donc le rein est divisé par une membrane filtrante en deux cavités, l’une qui contient du sang, l’autre inférieure remplie d’urine.
« Ces canaux émonctoires arrivent dans la vessie par deux trous qui sont obhques, pour empêcher le reflux de l’urine. La vessie a deux tuniques : l’externe est composée de fibres longitudinales qui sont attractives ; d’autres fibres disposées en largeiu’, compriment la vessie. Au niveau du col ces faisceaux de fibres se ferment en lem* centre et peuvent s’ouvrir à certains moments. Le fond de la vessie est double pour ne pas être altéré par les humeurs ou le sang mélancholiqiie ».
La pathologie urinaire est plus complète. Les maladies des reins sont toutes englobées sous la dénomination néphrites que Galien définit ainsi : UtMasîs, id est calculi morhus neyliritis apyellatus. C’est donc le sable ou les concrétions plus importantes qui sont la cause des affections qu’il va passer en revue, abcès, ulcérations rénales, hématurie, etc. Il est naturel (lue Galien, comme les auteurs qui l’ont précédé et suivi, ait tout rapporté à la lithiase, car les autres entités morbides leur avaient échappé, et poiu' eux tous les troubles qu’ils constataient sur le vivant dépendaient des seules causes connues d’eux : le pus et le calciü.
L’enclavement d’un calciü dans le bassinet provoque des douleiu’s in situ et irradiées qui iiarfois se calment brusquement à la suite de son expul-