F. — DE GALIEN AUX ARABES
Galien, de même qu’Hii)pocrate, n’a pas formé d’élèves directs, et après sa disparition, un grand vide se fait dans l’histoire de la médecine. Deux siècles séparent Galien d’Oribase et, pendant cette période, nous ne pouvons guère citer que Serenus Sammonicus qui s’occupe plus des superstitions régnantes et de la puissance des amulettes que des doctrines médicales, mais qui malgré tout est assez souvent cité par les auteurs.
Cœhus Aurehanus, né en Orient peu après la mort de Galien, semble ignorer ce dernier. Ses œuvres ne seraient, d’après une déclaration qu’il fait avec une modestie rare à cette époque, que la traduction de Soranus ; mais il y a beaucoup ajouté. Il distingue les tmnem’S des reins des inflammations €t des pyonéphroses, et même des abcès extra-rénaux qu’il attribue à une chute, un coup ou des excès vénériens ; enfin il a donné une description exacte des néphrites, qu’il divise en aiguës et clu’oniques, légères et fortes et qui déterminent des hydropisies des membres. Le traitement de ces maladies doit être exclusivement médical, et Cœlius Aurelianus rejette les incisions et les cautérisations.
Antyllus, que nomment souvent ses contemporains et ses successeiu’s, a joui d’une grande réputation comme chh’urgien. Il reproduit la description de la taiUe de Celse, et donne un conseil qui sera répété depuis lors par tous les auteurs : faire l’incision périnéale exclusivement à gauche. Ailleurs, il insiste sur l’importance de l’hygiène, des exercices, des soins de la peau et d’un régime qui se rapproche de celui des arthritiques. Il recommande les bains de soleil en plaçant les malades sur un tablier de cuir s’ils sont hydropiques, néphrétiqties, atteints d’alïections cardiaques et vésicales, surtout s’il s’agit de jeunes gens ; faut-il reconnaître là la tuberculoses urinaire ? Enfin, il prescrit les eaux minérales bitumineuses ou balsamiques, c’est-à-dire apx>ropriées aux affections de la vessie.
Oribase, compatriote de Galien, naquit à Pergame vers 300 ; il fut mêlé à la politique de son temps et en subit les vicissitudes. Après avoir contribué à l’élévation de l’empereur Julien, il fut envoyé eu exil chez les Barbares après la mort de son protecteur ; mais les cures merveilleuses qu’il fit chez ces derniers attirèrent sur lui l’attention de l’empereur Valentinien qui le rapi)ela à Eome. Son œuvre principale, sa Synopsis, vaste encyclopédie commencée par ordre de Julien, a pom’ but de réimir la somme des connaissances médicales de son temps mais ne présente qu’une médiocre originalité.