‹ Histoire de l'urologieChapitre 33 sur 76 · G I.ES ARABES. — L’ÉCOLE DE SALERNE ET LE MOYEN AGE · texte numérisé non relu

G I.ES ARABES. — L’ÉCOLE DE SALERNE ET LE MOYEN AGE

pense avec Abulcasis que la taille chez la femme est plus difficile que chez l’homme à cause de la situation de l’utérus entre la vessie et le rectum, mais il ne dit nulle part qu’il ait lui-même pratiqué cette opération.

On a supposé qu’il a eu l’idée de la taille latérale lorsqu’il a conseillé de conduire la pierre dans le lieu qui est « entre l’anus et les testicules », et d’inciser sm’ la pierre, « dans l’endroit où on la percevra ». Comme il ne parle pas du col vésical, on a dit qu’il proposait d’ouvrir le corps de la vessie, supposition invraisemblable car il partageait les idées d’Hippocrate sur les plaies de la vessie.

Son principal mérite est d’appuyer ses descriptions chirurgicales d’im exposé anatomique bien sommaire encore et dont le seul intérêt est de prouver qu’il a disséqué des cadavres.

Son élève Lanfranc cite avec respect les écrits de son « maître de bonne mémoire». Avec lui la chirurgie sort des limites de l’Italie, qui avait le monopole de l’enseignement médical et chirurgical à un moment où la concurrence de Montpellier était négligeable. On ne sait rien de sa naissance ; il exerçait à Milan quand Mathieu Visconti, contre qui il avait pris parti, l’exila de ses domaines ; il vint à Lyon, poursuivit ses études, puis songeant à l’avenir des deux enfants qu’il avait, quoique clerc ; il y pratiqua la chirurgie avec im tel éclat que Jean de Passavant, doyen (?) de la Faculté de Paris, l’appela auprès de lui. Son succès fut immense et des milliers d’élèves accomwent à ses leçons de toutes les parties de l’Europe. Il poursuivit son enseignement pendant plusieurs années, au moins jusqu’en 1295, installa à l’Université de Paris la chirurgie, qui, on le sait, jusque-là abandonnée aux barbiers était tombée dans l’empmsme le plus grossier. La difficulté des voyages empêchait beaucoup d’élèves d’aller en Italie ; le prix et la rareté des manuscrits les rendaient inaccessibles aux masses ; il fallut la parole de Lanfranc poim propager les principes chùiu’gicaux. Ses leçons forment une Grande cyrurgie, assez personnelle et empreinte de toute l’érudition possible à cette époque.

L’aspect des urines n’a à ses yeux qu’une importance relative pour le diagnostic des calculs vésicaux, car les couleiu-s rouge ou citrine invoquées jusqu’à lui se retrouvent dans les fièvres et d’autres maladies. Il en est de même de l’expulsion des graviers. Lanfranc n’autorise la taille que chez les enfants de 12 ans ; avant et après cet âge les chairs sont trop molles ou trop fermes, la plaie suppure, les mines se suppriment et le malade succombe. Il ne parle du cathétérisme que comme un moyen de repousser un gravier engagé dans le col; il laissait sans doute ces opérations aux ambulants. Cependant il ne j)artageait pas complètement les préjugés de son temps car il déplore avec amertume d’avoir été obligé de se conformer à la tradition.

Pendant que Lanfranc ramenait des élèves vers la France, les écoles d’Italie se dépeux3laient, celle de Salerne d’abord, qui cependant soutint longtemx)s encore sa gi-ande réputation, et surtout celle de Bologne dont l’éclat a été passager ; ce fut la conséquence de règlements rigoureux et intolérants qui interdisaient ijar exemple la sortie de tout manuscrit hors de la ville. Une quinzaine de maîtres, dont Malgaigne a retrouvé les noms, s’exi)atrièrent et allèrent au loin suivre l’exemple de Lanfranc.

Kncvcloprdie n’ Urologie.

l’oME 1. Pl. 3.

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